LOGINAprès, je remonte vers son visage. Ses yeux sont ouverts maintenant, brillants, vivants. Elle me regarde comme si elle me voyait pour la première fois.
— Pourquoi tu fais ça ? demande-t-elle.
— Parce que c'est la seule façon que j'ai de te dire ce que je ressens. Les mo
ÉleniSon nom est Markos Vérénis.Il arrive au domaine par un après-midi pluvieux, dans une berline noire précédée par deux motos. Je l'observe depuis la fenêtre de la bibliothèque, mon livre abandonné sur les genoux. Il descend de la voiture avec la lenteur calculée de ceux qui savent qu'on les regarde.Léandros est à mes côtés, silencieux, tendu. Sa main serre le dossier de mon fauteuil, les jointures blanchies.— Qui est-ce ?— Un associé. Ancie
ÉleniCinq jours.C'est le temps qu'il faut à Léandros pour retrouver Alkis.Cinq jours pendant lesquels je vis dans un état second, suspendue entre l'espoir et la terreur. Cinq nuits où je dors dans ses bras, où il me fait l'amour avec une intensité presque désespérée, comme si chaque étreinte pouvait être la dernière.Et puis, un matin, il entre dans la chambre, le visage grave.— On l'a trouvé.Je m'assois dans le lit, le cœur battant.
Après, je remonte vers son visage. Ses yeux sont ouverts maintenant, brillants, vivants. Elle me regarde comme si elle me voyait pour la première fois.— Pourquoi tu fais ça ? demande-t-elle.— Parce que c'est la seule façon que j'ai de te dire ce que je ressens. Les mots me trahissent. Mon corps ne ment pas.Elle caresse ma joue, mon front, mes lèvres.— Alors montre-moi encore.Je lui obéis. Toute la nuit. Ou ce qu'il en reste. Je lui montre avec mes mains, avec ma bouche, avec mon corps tout entier. Je lui montre le désir, la tendresse, la dévotion, le
Il me regarde longuement. Puis, lentement, il se lève, vient vers moi, prend mon visage entre ses mains. Ses pouces caressent mes joues, effleurent mes lèvres.— La vérité, dit-il, c'est que je ne peux pas vivre sans toi. La vérité, c'est que je tuerais pour toi. La vérité, c'est que je mourrais pour toi. Le reste... le reste n'a pas d'importance.— Il a de l'importance pour moi.— Alors je te dirai tout. Bientôt. Pas maintenant. Laisse-moi juste... laisse-moi te tenir.Je n'insiste pas. Je pose ma tête contre son torse, entoure sa taille de mes bras. Son cœur bat vite, trop vite. Il a peur. Peu
Léandros pose enfin son verre. Il s'approche de moi, lentement, dangereusement. Sa voix baisse d'un ton, devient un murmure rauque.— Et tu le crois. Tu crois un homme qui t'a abandonnée, qui a disparu sans un mot, qui t'a laissée seule face aux dettes, aux menaces, à moi. Tu crois son frère, qui t'a utilisée comme appât, qui a failli te faire tuer. Tu les crois, eux. Pas moi.— Je ne sais plus qui croire.— Alors choisis. Maintenant. Eux ou moi.La phrase claque comme un ultimatum. Eux ou moi. Comme si c'était si simple. Comme si l'amour et la vérité pouvaient se réduire à un choix bin
Elle ment bien. Presque parfaitement. Si je ne savais pas, je la croirais.— Tant mieux. Tu as envie de dîner ?— Oui. Je meurs de faim.Nous passons à table. Elle parle de la ville, des vitrines, des livres qu'elle a achetés. Je l'écoute, je souris, je pose des questions. Je joue mon rôle. Elle joue le sien.Et toute la soirée, je me demande quand elle va me le dire. Quand elle va avouer. Quand elle va me donner une raison de ne pas tout détruire.Elle ne le fait pas. La soirée se termine, nous montons nous coucher, elle s'endort dans mes bras.
Elle est belle. D'une beauté froide, sculpturale, qui a dû être éblouissante il y a trente ans. Les mêmes yeux que lui, ce gris acier, mais sans la chaleur qu'il arrive parfois à y mettre. La même mâchoire, mais plus dure, plus tran
ÉleniTrois semaines.Trois semaines de bonheur absolu, hors du temps, hors du monde.Trois semaines à apprendre chaque recoin de son corps, chaque expression de son visage, chaque intonation de sa voix. Trois semaines à me réveiller
Cette fois, il ne le murmure pas dans mon sommeil. Il le dit à voix haute, clairement, les yeux dans les yeux.Je voudrais répondre. Je voudrais lui renvoyer les mots, les poser entre nous comme un cadeau, comme une évidence. Mais ils restent bloqué
ÉleniLe réveil est doux, flottant, comme si je remontais à la surface d'une eau profonde après y avoir séjourné longtemps. La lumière du matin filtre à travers les rideaux épais, dessine des raies dorées sur les draps en désordre, sur mes bras nus, sur l'oreiller à côté de moi.L'oreiller est vide







