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LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON
LES LARMES DE MON EX-COMPAGNON
Author: Déesse

Chapitre 1 — La Marque qui n'existe pas

Author: Déesse
last update publish date: 2026-07-04 00:09:27

Le soir de notre septième anniversaire de mariage, alors que la meute entière danse dans la grande salle éclairée de mille lunes, je monte à l'étage pour offrir à mon compagnon le collier qui appartenait à ma mère.

Je pousse la porte de notre chambre.

Et je le vois. Le grand Alpha Lorenzo Vale, celui que je crois être mon compagnon destiné depuis sept ans, s'abandonne entre les cuisses d'une autre femme. Sa bouche est sur sa nuque, ses crocs plantés dans une chair douce, blanche, familière. La marque qu'il grave dans cette peau, je la connais. Je l'ai vue mille fois dans les livres sacrés. C'est la marque du compagnon, la vraie, celle qu'il ne m'a jamais donnée.

Et sous ses dents, gémissant de plaisir, se tord ma demi-sœur. Bianca. Bianca que j'ai élevée, Bianca que j'ai défendue, Bianca à qui j'ai tout donné.

Sept ans. Sept ans à croire que le lien fonctionnait mal parce que j'étais brisée. Sept ans à mendier une caresse, à excuser sa froideur, à me convaincre que ma cicatrice invisible finirait par cicatriser. Sept ans à travailler dans l'ombre pour renforcer sa meute, à négocier ses traités, à porter sa couronne de Luna comme une chaîne dorée.

Sept ans de mensonge.

Je ne crie pas. Je ne pleure pas. Je referme la porte doucement, comme on referme un cercueil.

Mais ce soir-là, quelque chose d'autre s'éveille en moi. Une chaleur ancienne, un feu noir qui court le long de mes veines, une soif que je n'ai jamais connue. Dans le miroir de ma chambre, mes yeux ne sont plus argentés. Ils sont rouges. Rouges comme le vin, rouges comme le sang qui bat sous la peau d'Lorenzo quand il dort. Et sur ma langue, deux pointes acérées commencent à percer, discrètes, patientes.

Ma servante Lucia me trouve à genoux devant le miroir. Elle ne semble pas surprise. Elle murmure un nom que je n'ai pas entendu depuis mon enfance : celui de ma mère disparue. Et elle me dit ce que personne ne m'a jamais dit : que je ne suis pas seulement une louve. Que je porte dans mes veines le sang endormi d'une lignée ancienne. Une lignée de vampires royaux, effacée par le feu il y a trois siècles. Un sang que la trahison réveille.

Le lien de destinée que je pleure n'a jamais existé. Il ne pouvait pas exister. Aucun loup ne peut se lier à une vampire. Lorenzo le savait. Bianca le savait. Tous m'ont menti.

Alors je souris, pour la première fois de ma vie, d'un sourire qui n'appartient qu'à moi.

Je ne révèle rien. Je continue à danser, à sourire, à embrasser Lorenzo sur la joue devant la meute. Mais dans le secret des nuits, j'écris. J'écris à l'ennemi. À l'Alpha des Ombres-de-Sang, Matteo Draegon, le hybride loup-vampire que la meute des Croc-de-Lune craint plus que la mort. Le dernier héritier d'une couronne interdite. Celui que ma mère, si les rumeurs disent vrai, connaissait autrefois.

Il me répond. Une seule ligne, à l'encre noire :

Je t'attendais, fille des cendres.

Ainsi commence ma vengeance. Un traité, puis une alliance, puis une union scellée dans le sang. Grâce à ce que je sais des secrets d'Lorenzo — chaque coffre, chaque espion, chaque dette, chaque faiblesse , je démonte pierre par pierre l'empire que j'ai construit pour lui. Les bras droits tombent. Les alliés se retournent. Les caisses se vident. Les frontières craquent. Bianca hurle. Lorenzo ne comprend pas d'où vient le vent.

Et pendant que le monde qu'il m'a volé s'écroule, j'apprends à séduire un roi. Matteo. Ses yeux d'obsidienne. Sa voix qui semble courir sous ma peau. Sa bouche qui, la première fois qu'elle frôle la mienne, m'apprend ce qu'est réellement une marque de destinée.

Le jour où la meute des Croc-de-Lune s'effondre, Lorenzo se traîne à mes pieds, sanglant, brisé, entouré de ses propres guerriers désormais rangés derrière moi.

— Tu es ma compagne, comment as-tu pu me trahir ?

Je penche la tête. Je repousse mes cheveux. Je lui montre, sur ma gorge, la marque véritable. Deux morsures entrelacées, celle du loup et celle du vampire. Une marque qu'il ne peut pas contrefaire, une marque qui rayonne d'un feu noir.

— Tu ne m'as jamais marquée, dis-je doucement. Il n'y a jamais eu de lien entre nous. Il n'y a jamais eu que ton mensonge et ma patience.

Mes crocs descendent. Mes yeux flamboient.

— Et maintenant, il n'y a plus que moi.

Chapitre 1 — La Marque qui n'existe pas

Giulia

La grande salle des Croc-de-Lune sent la cire chaude, le miel épicé et la peau des loups en fête.

Sous la voûte de pierre, sept lustres de cristal descendent comme des lunes captives. Chaque flamme fait onduler sur les murs des ombres qui semblent danser avant même les invités. Des tentures noires brodées de fil d'argent tombent depuis la charpente jusqu'au sol de marbre poli. Sur chacune, le même blason : un croc levé vers un croissant. Le blason de la meute. Le blason d'Lorenzo. Le mien aussi, en principe.

Depuis sept ans, ce soir.

Je descends l'escalier d'un pas mesuré. Ma robe est faite d'une soie noire si sombre qu'elle boit la lumière comme un puits. Une seule ligne d'argent court sur mon flanc, du sein à la cheville, tracée à la main par les couturières de la meute. Le collier de ma mère m'attend, dit-on, sur ma coiffeuse à l'étage. Je l'ai laissé là exprès.

Lorenzo a promis qu'il l'attacherait lui-même à mon cou ce soir, avant le bal. Il l'a promis avec ce sourire qui, autrefois, savait me faire baisser les yeux.

Aujourd'hui, ce sourire ne fait plus baisser mes yeux. Il fait battre mon cœur d'une manière que je ne sais pas nommer. Ce n'est plus du désir. C'est autre chose. Une prudence, peut-être. Une méfiance ancienne qui se tapit sous ma peau comme un animal qui refuse de dormir.

En bas, la meute se retourne à mon apparition. Les conversations tombent en une vague. Je sens deux cents paires d'yeux glisser sur moi. Sur ma robe. Sur mes cheveux relevés. Sur mon cou nu.

C'est là que tout le monde regarde, toujours.

Parce que sur mon cou, il n'y a rien.

Aucune marque de compagnon. Aucun sceau du lien. Rien.

Je porte à la place un ruban de velours noir. Toujours. Depuis sept ans.

On dit dans la meute que c'est un caprice élégant de la Luna. On dit que c'est pudeur, coquetterie, ou secret d'alcôve. Personne n'a jamais osé me demander pourquoi la Luna ne montre pas la morsure de son Alpha. Personne n'ose. Lorenzo a fait comprendre dès le premier jour qu'il tuerait quiconque poserait la question.

À l'époque, j'ai cru que c'était de l'amour. Un homme si jaloux qu'il ne pouvait supporter qu'on nomme ma marque autrement que par sa propre bouche. Il faut avoir vingt ans, l'âme intacte et le cœur affamé, pour croire qu'un homme qui interdit de parler cache une tendresse.

J'ai vingt-sept ans ce soir. Ma tendresse est morte quelque part en chemin, sans que je m'en aperçoive.

Lorenzo m'attend au bas des marches. Il est beau. Il faut le dire, parce que sa beauté fait partie de l'histoire. Cheveux fauves ramenés en arrière, mâchoire coupée à la serpe, uniforme sombre d'Alpha ceinturé à la taille, l'épée cérémonielle pendant au côté. Ses yeux jaunes comme la fin d'un été se plantent dans les miens. Il me tend la main.

— Ma Luna, dit-il, et sa voix roule dans la salle comme un tonnerre lointain.

— Mon Alpha, je réponds en posant mes doigts sur les siens.

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Comments (1)
goodnovel comment avatar
Seham
ده فرنسي حضرتك انا عاوزه عربي ......
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