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Chapitre 4 — La brûlure intérieure

Author: Dledition
last update publish date: 2026-08-17 01:31:43

Valentina

La nuit est tombée sur Buenos Aires. Je suis seule dans mon appartement, allongée sur mon lit. La fenêtre est ouverte, les bruits de la ville montent jusqu'à moi. Les klaxons, les rires, les musiques lointaines. Mais je ne les entends pas. Mon esprit est ailleurs. Prisonnier d'un regard sombre et d'une voix grave.

Joaquín Herrera.

Je répète son nom dans ma tête. Il sonne comme une promesse. Une menace. Une énigme. Je ne devrais pas penser à lui. Je devrais me contenter de l'image qu'il renvoie : un professeur froid et distant, inaccessible. Mais je ne peux pas m'empêcher de creuser. De chercher ce qui se cache sous la glace. De l'imaginer dans des situations qui n'ont rien à voir avec l'université. Des situations où il ne serait plus un professeur, mais un homme. Un homme affamé, brutal, dévorant.

Je me tourne sur le côté. Les draps sont frais contre ma peau. Je n'ai gardé qu'une culotte en dentelle noire. Mes seins sont nus, mes jambes dénudées. La chaleur de la journée est retombée, mais une autre chaleur m'habite. Elle est née dans l'amphithéâtre, tout à l'heure, quand nos regards se sont croisés. Elle n'a fait que croître depuis. Elle me consume lentement, de l'intérieur.

Je fais courir mes doigts le long de mon bras, lentement. Ma peau est tiède, réceptive. Chaque effleurement réveille des terminaisons nerveuses qui n'attendent que ça. Je pense à ses mains. Ses mains posées à plat sur le bureau. Ses doigts qui se serrent quand il se retient. Cette tension dans sa mâchoire. Il était en colère. Pas contre les étudiants. Contre lui-même. Contre ce qu'il ressentait. Et il l'a senti, cette chose entre nous. Cette attraction magnétique, animale, impossible à ignorer. J'en suis certaine.

Je glisse une main sur mon ventre. Ma peau frémit sous mes propres doigts. Je ferme les yeux. L'image de Joaquín s'impose derrière mes paupières. Son visage sévère, ses lèvres fines, ses yeux qui me fuient. Je l'imagine en train de me regarder. Vraiment me regarder. Pas avec cette retenue glaciale, mais avec toute la faim qu'il réprime. Je l'imagine en train de défaire les boutons de ma robe, un par un, sans se presser. Je l'imagine en train de poser sa bouche sur ma peau, de descendre lentement, de me goûter.

Ma main descend plus bas. Mes doigts écartent le tissu de ma culotte, trouvent la chaleur humide. Je retiens un soupir. Je me caresse lentement, en pensant à sa voix. Cette voix grave qui m'a parlé pendant deux heures sans jamais s'adresser directement à moi. Cette voix qui m'a frôlée sans me toucher. Je l'imagine en train de me murmurer des mots interdits à l'oreille. Des mots sales, crus, qui me feraient rougir s'il les prononçait vraiment. Des mots qui me feraient mouiller encore plus.

Je l'imagine derrière moi. Ses lèvres contre mon oreille, ses mains sur mes hanches. Il me tiendrait fermement, sans douceur, avec cette autorité qu'il affiche en cours. Il me plaquerait contre le mur, relèverait ma jupe, arracherait ma culotte. Il me prendrait là, debout, sans attendre. Sans me demander mon avis. Parce qu'il saurait que je le veux, que je le désire, que je ne demande que ça.

Mon souffle s'accélère. Mes doigts s'activent, pressent, tournent, s'enfoncent. Mon bassin se soulève à la rencontre de mes propres caresses. Je gémis, les yeux fermés. L'image devient plus nette : Joaquín me pousse contre son bureau, me fait pencher en avant. Ses mains agrippent mes hanches, il s'enfonce en moi d'un coup sec. Je crie. Il ne s'arrête pas. Il me prend avec une violence contrôlée, chaque coup de reins plus profond que le précédent. Il me possède. Il me dévore. Il oublie toutes ses règles, toutes ses limites. Il n'est plus qu'un homme affamé, et je suis sa proie consentante.

Je jouis avec un cri étouffé. Mon corps se tend, se relâche, parcouru de vagues brûlantes. Mes doigts continuent leur va-et-vient, prolongent le plaisir jusqu'à la limite du supportable. Je reste immobile, haletante, les doigts encore posés sur mon sexe. Je murmure son prénom. Joaquín. Le son de sa voix dans ma tête, le goût de son nom sur mes lèvres. C'est délicieux. Et terrifiant.

Je rouvre les yeux. Le plafond est blanc, impersonnel. Mon cœur bat encore vite. Ma respiration est saccadée. Je me redresse, m'assois sur le bord du lit. Une vague de chaleur me traverse encore, souvenir du plaisir qui vient de me submerger. Je pose ma main sur ma poitrine. Mon cœur bat toujours aussi fort. Ce n'est pas normal. Ce n'est pas moi. Je ne m'attache jamais. Je ne rêve jamais d'un homme après l'avoir quitté. Alors pourquoi lui ? Pourquoi ce professeur froid et distant ? Pourquoi cette brûlure qui ne s'éteint pas, même après l'orgasme ?

Je me lève, marche jusqu'à la salle de bain. L'eau froide coule sur mon visage, dégouline dans mon cou, entre mes seins. Je frissonne. Je me regarde dans le miroir. Mes joues sont rouges, mes yeux brillants. Mes lèvres sont entrouvertes, encore gonflées par le plaisir. Mes tétons sont dressés, visibles sous le tissu de ma culotte. J'ai l'air d'une femme qui vient de se faire posséder. Mais ce n'était que moi. Mes doigts. Mon imagination.

Je retourne dans ma chambre. Je m'allonge à nouveau, mais je ne dors pas. Je pense à demain. Au prochain cours. À la prochaine fois que je le verrai. Je veux qu'il me regarde. Je veux qu'il me fuie. Je veux qu'il souffre de ce désir qu'il réprime. Je veux qu'il comprenne que je ne suis pas une étudiante comme les autres. Que je suis une femme qui sait ce qu'elle veut. Et que je veux lui.

Je veux le faire tomber. Je veux le faire ramper. Je veux le voir à genoux devant moi, les yeux pleins de désir et de honte. Je veux lui apprendre ce que c'est que de s'abandonner, de se perdre, de brûler.

Je souris dans l'obscurité. Je suis patiente. J'ai tout mon temps. Et lui, il n'a aucune idée de ce qui l'attend.

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