LOGINCHAPITRE CENT UN BLAMES (Le territoire du brigand)************************Lyra ouvrit lentement les yeux. Le plafond était blanc, contrairement au plâtre jauni de la chaumière ou aux poutres noircies par la fumée de la pièce où elle avait été ligotée. Cette pièce était blanche, propre et bien rangée. La lumière du matin filtrait à travers de hautes fenêtres drapées de lin transparent. La pièce sentait la lavande et le savon, avec une note piquante en arrière-plan, celle d’un baume. Les draps contre sa peau étaient en coton fin, épais, frais. Elle pouvait voir une cruche d’eau posée sur la table de chevet en bois sombre. À côté se trouvait un grand verre vide. Sur la table se trouvait également un bol recouvert d’un linge humide replié sur le bord. Les murs étaient nus, à l’exception d’un tableau. Elle se souvenait du feu. De la façon dont il avait grimpé le long des chaises empilées, vorace, rapide. Elle se souvenait de Lady Havad et de son sourire lorsque les flammes avaient at
CHAPITRE CENT LE TABLEAU À L'ENVERS (Territoire de la meute d'Argent) Kael posa sa valise sur le lit et sortit lentement ses vêtements. Il n'avait pas emporté grand-chose, sachant qu'il ne resterait pas très longtemps ici. Il avait encore des responsabilités à assumer chez lui. Il posa le journal intime de l’autre côté de l’armoire. Il travaillait parce que la femme de chambre personnelle de sa mère s’était enfuie loin du royaume. Son oncle Hustton l’avait-il rattrapée ? Était-il en train de la forcer à lui révéler comment déverrouiller la chambre de Lady Northwood ? Son cousin Gaston l’avait-il trahi ? Peut-être avait-il cédé les rênes du royaume à ses oncles ?Il secoua la tête. Il réfléchissait trop et n’avait pas besoin de ça pour le moment. Il devait se concentrer pour s’assurer d’accomplir sa mission dans une meute d’argent. Il ne pouvait pas se sortir de la tête cette petite statue qu’il avait vue là-bas. Si cette statue se trouvait derrière celle de son père, cela signifiai
CHAPITRE QUATRE-VINGT-DIX-NEUF LA SILHOUETTE À L'INTÉRIEUR ( Territoire de la meute Silver ) ***********************Primrose fixait la silhouette dans le miroir. Ce n’était pas son reflet qui la regardait.Son propre reflet se tenait là, les yeux fermés, fixant l’autre côté, et derrière ce reflet se tenait quelqu’un d’autre. Une femme faite d’ombres, un peu plus grande, trop immobile. Elle adressa un sourire crispé à Primrose. « Qui êtes-vous ? » demanda Primrose. Sa voix sort plus faible qu’elle ne l’aurait voulu. Elle avait l’impression que la chambre s’était rétrécie. La silhouette pencha la tête. Lorsqu’elle parla, ses lèvres ne bougèrent pas, mais le verre s’embua à chaque mot, comme si elle respirait l’hiver. « Je suis une messagère. »Primrose recula d’un pas, le regard rivé sur elle avec effroi. « Messagère pour qui ? »« Pour les souverains des profondeurs. » La voix était patiente. Vieille. « Ceux qui ne s’inclinent pas devant la lumière du soleil. Ceux dont ton seigne
CHAPITRE QUATRE-VINGT-DIX-HUIT LE CHEVALIER EN ARMURE ÉCLATANTE (Territoire des Rogue) Lyra toussa jusqu’à en avoir mal aux côtes. La fumée s’était déjà logée au fond de sa gorge, épaisse et âcre, s’y accrochant comme du goudron. Elle tira de nouveau brusquement sur les cordes, sa peau se déchirant sous le chanvre. La chaise ne bougea pas. Elle se contenta de grincer, comme pour se moquer de tous ses efforts.Elle mordit le nœud près de son poignet gauche. Ses dents raclèrent la corde, mais celle-ci ne se détache pas pour autant. Le feu gagnait en intensité et si elle ne s’en sortait pas à temps, elle serait réduite en cendres. La vérité ne serait jamais connue. Ses enfants ne sauraient jamais la vérité, pas plus que le royaume. Elle serait totalement oubliée. Des larmes brûlantes coulaient sur son visage et traçaient des sillons dans la suie qui se déposait sur ses joues. L'attise-feu en fer gisait sur l'âtre de l'autre côté de la pièce. Il était trop loin et hors de sa portée. C
CHAPITRE QUATRE-VINGT-DIX-SEPT UN APPEL À L'AIDE (Territoire de la Meute d'Argent) Avant qu'il n'ait pu faire un pas pour s'éloigner d'elle, il entendit Lady Sera murmurer d'une voix basse : « Bienvenue sur le territoire de la Meute d'Argent. »Il se tourna vers elle et leurs regards se croisèrent à nouveau. Ces yeux verts le fixaient droit dans les siens. Il lui adressa un doux sourire. Elle utiliserait son outil pour découvrir ce qui s’était réellement passé. Elle lui ferait gagner du temps tant qu’il serait encore là. « Allez, seigneur Kael, entrons. Vous devez être épuisé par ce long voyage. » Le seigneur Lucas fit signe aux autres de partir. « Puis-je faire visiter la maison à Lord Lucas ? » demanda Lady Helena en s’avançant avec un large sourire.« Ce ne sera pas nécessaire. Je m’en chargerai », répondit Lord Lucas en serrant les dents.Kael pouvait sentir l’hostilité entre eux deux. Et pendant un instant, il fut déconcerté. Pourquoi y avait-il de l’hostilité entre eux alo
CHAPITRE QUATRE-VINGT-SEIX LE PALAIS (Territoire de la Meute d’Argent) Kael resta silencieux pendant tout le trajet jusqu’au palais. De temps à autre, il regardait par la fenêtre, ses yeux s’attardant sur les femmes qui se pressaient dans la rue ou sur les hommes qui s’affairaient à l’approvisionnement de leurs boutiques pour la journée. Un vieil homme, devant l’atelier d’un horloger, fixait la calèche qui passait. Il se demandait ce qui pouvait bien passer par la tête de cet homme.Sa mère lui avait toujours dit à quel point Silver Pack était magnifique, mais il ne s’était jamais aventuré de ce côté-là. Il y avait tant de couleurs, vives et magnifiques. Peut-être un peu trop vives à son goût. Il aimait les choses sombres. À présent, il comprenait d’où sa mère tirait toute son inspiration pour s’assurer que la meute d’Ironwood soit colorée. Cet endroit lui manquait, mais elle avait des responsabilités plus importantes que ses désirs. La calèche s’arrêta devant un grand portail, en







