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Chapitre 2

Author: Histoire
last update Petsa ng paglalathala: 2026-09-07 16:53:46

Chapitre 2

Cayden

La porte claque. Le silence retombe. Je reste debout au milieu du salon, les poings serrés. Elle est partie. Encore une fois. Et encore une fois, c'est ma faute.

Je devrais courir après elle. La rattraper. La retenir. Mais je ne bouge pas. Mes pieds sont cloués au sol. Mon orgueil me paralyse.

Je m'assois sur le canapé. Son parfum flotte encore dans l'air. Cette odeur de fleurs et de vanille. Elle est partout. Elle me hante.

Je repense à son visage. Ses larmes. Ses mots. Elle m'a demandé si je l'aimais. Et je n'ai pas répondu. Pas vraiment. Parce que je ne sais pas. Parce que j'ai peur.

Mélina est devenue ma faiblesse. La seule personne capable de me faire perdre le contrôle. Et ça me terrifie.

Je me lève. Je marche vers la fenêtre. La pluie frappe les vitres. Je la cherche des yeux dans la rue. Elle est peut-être encore là. Peut-être qu'elle attend. Mais je ne vois que des ombres. Des inconnus. Personne.

Je me sers un verre de whisky. L'alcool brûle ma gorge. Il ne calme rien. Il attise ma colère. Contre elle. Contre moi. Contre ce que je suis.

— Pourquoi est-ce que je fais ça ? je murmure.

Personne ne répond. Le silence est ma seule compagnie.

Je repense à notre rencontre. Il y a deux ans. Elle travaillait dans une galerie d'art. Elle était différente. Pas intéressée par mon argent. Pas impressionnée par mon nom. Elle me regardait comme un homme ordinaire. Et c'est ça qui m'a séduit.

Depuis, je la repousse. Je la blesse. Je la fais pleurer. Pourquoi ? Parce que je ne sais pas aimer. Parce que je ne sais pas montrer ce que je ressens. Parce que chaque fois que je m'approche trop, je panique.

Mon père disait toujours que l'amour rend faible. Que les sentiments sont des armes. Qu'un homme puissant ne doit jamais se laisser dominer par une femme.

J'ai grandi avec ces mots. Ils sont gravés en moi. Mais Mélina les fait vaciller. Elle me donne envie de tout oublier. De me perdre. De l'aimer sans retenue.

Et c'est précisément ça qui m'effraie.

Je pose mon verre. Je m'assois dans le noir. Je fixe la porte. Peut-être qu'elle va revenir. Peut-être qu'elle va ouvrir et me dire qu'elle me pardonne. Mais les minutes passent. Et elle ne revient pas.

Je prends mon téléphone. Je compose son numéro. Mon doigt reste suspendu au-dessus de l'écran. Je veux l'appeler. L'entendre. Lui dire que je suis désolé. Mais les mots ne sortent pas.

Je jette le téléphone sur le canapé. Je passe mes mains dans mes cheveux. Je me déteste.

— Tu es en train de la perdre, je me dis.

Et cette pensée me glace. Parce que je sais que c'est vrai. Elle est en train de m'échapper. Et je ne fais rien pour la retenir.

Je me lève brusquement. J'attrape ma veste. Je sors de l'appartement. L'ascenseur descend. Mon cœur bat vite. Trop vite.

Je sors dans la rue. La pluie me frappe. Je la cherche. Partout. Je tourne sur moi-même. Rien. Elle a disparu.

Je marche. Je ne sais pas où aller. Je ne sais pas où elle va quand elle est blessée. Je ne connais pas ses refuges. Je ne connais pas ses amies. Je ne connais rien d'elle. Pas vraiment.

Cette vérité me frappe en plein visage. Je vis avec elle. Je partage son lit. Mais je ne la connais pas. Je ne lui ai jamais posé les bonnes questions. Je ne l'ai jamais laissée entrer.

Et elle, elle me connaît. Elle connaît mes silences. Mes absences. Mes froideurs. Elle les subit. Elle les accepte. Elle les pardonne.

Comment peut-elle m'aimer ?

Je m'arrête au milieu du trottoir. La pluie ruisselle sur mon visage. Je lève les yeux vers le ciel noir. Je cherche une réponse. Une excuse. Une raison. Mais il n'y a rien.

Je rentre. Trempé. Épuisé. Dévasté.

Je m'assois sur le lit. Son côté est vide. L'oreiller porte encore son empreinte. Je le prends. Je le serre contre moi. Ce geste est pathétique. Mais je m'en fiche.

Je ferme les yeux. Son visage apparaît. Ses yeux clairs. Ses lèvres. Ses larmes. Ses mots.

— Si je pars, est-ce que tu me retiendras ?

Je n'ai pas su répondre. Je n'ai pas su mentir. Je n'ai pas su dire la vérité.

Parce que la vérité, c'est que oui. Je la retiendrais. Je la supplierais. Je m'effondrerais. Mais je ne peux pas. Je ne dois pas.

Mon père avait raison. L'amour rend faible. Et je suis déjà trop faible quand il s'agit d'elle.

Je m'allonge. Je fixe le plafond. Le sommeil ne viendra pas. Je le sais. Je vais penser à elle toute la nuit. À ses larmes. À sa douleur. À ce que je lui ai fait.

Et pour la première fois, je me demande si mon incapacité à montrer mon amour finira par détruire la seule relation à laquelle je tiens réellement.

La réponse me glace.

Oui.

Et je ne sais pas comment l'empêcher.

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