LOGINYANISJe laisse ma main glisser de sa joue, et c'est peut-être la chose la plus difficile que j'aie jamais faite de toute ma vie, plus difficile que de tuer un homme à mains nues en regardant la lumière s'éteindre dans ses yeux, plus difficile que de regarder mon père mourir dans mes bras en lui promettant de venger sa mort, plus difficile que toutes ces nuits d'insomnie où la culpabilité me dévorait vivant comme un cancer.Mes doigts quittent sa peau centimètre par centimètre, et chaque millimètre qui s'ajoute entre ma chair et la sienne est une douleur nouvelle, une souffrance inédite, une torture que je n'avais jamais imaginée.
Le plus inespéré.— Tu es si belle, dis-je, et ma voix se brise sur le mot comme une vague sur un rocher, comme un navire sur des récifs, comme un homme sur le corps de la femme qu'il aime.— Tu me l'as déjà dit. Plusieurs fois. Aujourd'hui, hier, avant-hier.— Je te le dirai tous les jours. Toutes les heures. Toutes les minutes. Jusqu'à ce que tu sois fatiguée de l'entendre, jusqu'à ce que les mots perdent leur sens à force d'être répétés. Jusqu'à ce que tu me supplies d'arrêter, et même alors, je continuerai.
Nos prénoms flottent entre nous comme deux oiseaux qui se cherchent dans la nuit, et je sens que quelque chose est en train de naître, quelque chose de fragile et de puissant, quelque chose qui pourrait tout détruire ou tout reconstruire.Nous restons là, immobiles, les yeux dans les yeux, et le monde autour de nous s'est dissous, et il n'y a plus que nos souffles courts et nos cœurs qui cognent et cette tension entre nous qui est si forte qu'elle en est presque visible, qu'elle en est presque palpable, qu'elle en est presque douloureuse.Je pourrais tendre la main.Je pourrais toucher son visage.Je pourrais l'embrasser.
LEILAL'air de la nuit est frais sur ma peau mouillée, et le contraste avec la chaleur de l'eau est si saisissant que je frissonne de la tête aux pieds, un long frisson qui parcourt mon corps tout entier et qui hérisse chacun de mes poils, qui durcit mes mamelons sous le tissu trempé de la robe que je tiens serrée contre ma poitrine.Nous sommes debout l'un en face de l'autre au bord de la piscine, et l'eau ruisselle de nos corps pour former des flaques sombres sur les dalles de pierre qui luisent sous la lumière de la lune, et le bruit des gouttes qui tombent sur la pierre est le seul son qui trouble le silence de la nuit tropicale.Je n'ose pas le regarder en entier.
Il retire sa main et recule d'un pas, et l'eau fraîche s'engouffre dans l'espace qu'il vient de libérer, et je frissonne de froid et de manque et de cette chose que je n'ose pas nommer.— Et si je te dis non ? demandé-je, et ma voix tremble. Si je ne te choisis jamais ?— Alors je vivrai avec. Je passerai ma vie à tes côtés sans jamais te toucher, sans jamais t'embrasser, sans jamais te posséder. Je serai ton mari sur le papier, ton gardien si tu veux, ton ami si tu me laisses l'être. Mais je ne serai jamais ton amant.Il y a une telle tristesse dans sa voix, une telle résignation, que mon cœur se serre dans ma poitrine et que je sens les larmes monter à mes yeux.— Et ça te suffirait ?— Non. Ça ne me suffirait pas. Ça ne me suffira jamais. Mais c'est le prix à payer pour ce que je suis. Pour ce que j'ai fait.
LEILAJe ne sais pas combien de temps nous restons ainsi, au milieu de la piscine, nos corps enlacés, nos souffles mêlés, nos regards qui ne se quittent pas.Le temps a cessé d'exister, ou peut-être qu'il s'est dilaté, étiré, transformé en cette substance élastique et indéfinissable qui caractérise les moments où tout bascule sans qu'on s'en rende compte.L'eau est chaude autour de nous, chauffée par le soleil de la journée et par les projecteurs immergés, et elle nous enveloppe comme un cocon liquide qui nous isole du reste du monde.Ses mains ont quitté mon visage et sont redescendues le long de mon corps, et elles se sont posées sur mes hanches avec une douceur qui contraste avec la dureté que je sens contre mon ventre.Ses doigts s'enfoncent légèrement dans ma chair, pas assez pour me fai







