Les odeurs. Le café. Le parfum bon marché des boutiques duty-free. L'essence des voitures de service. Et surtout, cette odeur spécifique, indéfinissable, unique , celle de Marseille. Un mélange de sel, de pastis, de bitume chaud, de poisson grillé, d'histoire. L'accent marseillais qui résonne autour de moi, ces consonnes qui claquent, ces voyelles traînantes, ces "putain" et ces "oh" qui ponctuent chaque phrase, cette musique rugueuse et vivante.Je suis chez moi.Je ne veux pas être chez moi.Le tapis à bagages tourne dans un ronronnement monotone. Les voyageurs s'agglutinent autour, fatigués, impatients. Des familles se retrouvent, des mères embrassent leurs fils, des couples s'enlacent, des enfants courent en criant. La vie normale. Celle que je n'aurai jamais. Celle que j'ai cru pouvoir avoir, deux ans, juste deux ans, avant que la réalité ne me rattrape.Je reste en retrait, adossée à un pilier froid, à observer. À attendre. Mon sac à main pend à mon épaule, trop lourd. Mon téléph
Last Updated : 2026-03-14 Read more