Ma mère est assise dans un fauteuil Louis XVI, droite comme une reine, une tasse de thé à la main. Quand elle me voit, ses yeux s'écarquillent une fraction de seconde , l'équivalent d'une crise de larmes chez une personne normale , avant de reprendre leur expression lisse.— Leila. Ma chérie.Elle se lève, tend les bras. Je m'avance, me laisse embrasser. Son parfum, le même depuis mon enfance, me serre la gorge.— Tu es fatiguée ? demande-t-elle en reculant pour me regarder. Le voyage ? Ces avions, c'est terrible. Et cette robe, tu l'as achetée là-bas ? C'est très...Elle cherche le mot poli.— Américain, je termine à sa place.Elle soupire, repose sa tasse.— Assieds-toi. Nous devons parler.Je ne m'assois pas. Je reste debout au milieu du salon, les bras croisés, à la regarder. Ma mère. Cette femme qui m'a appris à sourire quand j'avais envie de hurler, à me taire quand j'avais mille choses à dire, à plier sans jamais casser.— C'est lui, n'est-ce pas ?— Leila.— C'est Yanis. C'est
Última actualización : 2026-03-14 Leer más