LOGINChapitre 36
Camélia
Je me suis éloignée de Cassian quelques instants, juste le temps de reprendre mon souffle loin de la foule, et c'est à ce moment qu'il m'aborde.
Dimitri Volkov. Je le reconnais immédiatement, car j'ai vu son visage dans les dossiers que Cassian m'a laissés, dans les rapports de Moreau, dans les articles de journaux financiers qui évoquent la rivalité l&eac
Chapitre 42CassianJe réunis la sécurité dans mon bureau une heure plus tard.La pièce est plongée dans une pénombre que les appliques murales peinent à dissiper, et la lumière grise de l'après-midi filtre à travers les baies vitrées, dessinant des rectangles pâles sur le parquet d'acajou. Moreau se tient au garde-à-vous devant mon bureau, le visage fermé, les mains croisées dans le dos, les jointures blanches. Il est livide, d'une pâleur de craie qui trahit la peur autant que la honte. Il sait qu'il a commis une faute, une faute impardonnable pour un homme de sa fonction, et il attend la sentence comme un soldat attend le peloton d'exécution. Derrière lui, quatre hommes en costume sombre, les meilleurs de son équipe, ceux qui sont censés protéger le manoir jour e
Chapitre 41CaméliaLe lendemain matin, je trouve la bague dans mon lit.Je me réveille seule, Cassian étant parti tôt pour le siège comme il le fait chaque matin, et je m'étire dans les draps froissés, le corps encore engourdi par la nuit que nous avons passée ensemble, la peau encore imprégnée de son odeur, les muscles encore alanguis par ses caresses. La lumière du matin filtre à travers la baie vitrée, une lumière pâle et grise qui annonce une journée maussade, et l'océan gronde toujours au pied des falaises, inlassable, éternel, indifférent aux drames qui se jouent dans le manoir. Les bougies se sont éteintes depuis longtemps, ne laissant que des flaques de cire figée sur le marbre de la cheminée. Les draps sont en désordre, témoins muets
---Chapitre 40CaméliaLa deuxième nuit ensemble n'a rien à voir avec la première.La première nuit, dans la suite nuptiale du domaine provençal, était une conquête, un marquage, une possession brute et animale qui m'avait consumée et terrifiée à la fois. Ses mains étaient dures, précises, impérieuses, et il m'avait prise comme on prend une ville qu'on assiège, sans demander la permission, sans offrir d'excuses, sans laisser de place à la tendresse. Je m'étais abandonnée, oui, mais avec honte, avec peur, avec cette sensation de me perdre dans quelque chose qui me dépassait et que je ne comprenais pas.Ce soir, c'est différent. Ce soir, ce n'est plus une conquête. C'est un dialogue.Il est moins dur. Ses gestes sont
Chapitre 39CaméliaLe gala s'est terminé tard, bien après minuit, et la limousine nous ramène au manoir dans un silence qui n'a rien d'hostile. Un silence différent de tous ceux que nous avons partagés jusqu'à présent. Un silence chargé de tout ce qui n'a pas été dit ce soir, de tout ce qui s'est passé entre nous sur la piste de danse, dans les regards échangés, dans cette main qu'il a posée sur ma taille et qu'il n'a pas retirée de toute la soirée. Un silence qui n'est pas un vide, mais une présence. Une promesse. Un début de quelque chose.La lune est pleine au-dessus de l'océan, énorme, presque irréelle, et sa lumière argentée se reflète sur les vagues comme un chemin de diamants qui mène vers l'horizon, vers l'infini, vers
Chapitre 38EloïseJ'ai tout vu, et je commence à m'inquiéter.L'échange avec Volkov, d'abord. La façon dont elle lui a tenu tête, cette petite souris timide qui n'osait pas croiser mon regard le jour de son arrivée, qui tremblait en tenant sa valise ridicule dans le hall, qui bafouillait des mercis et des politesses sans jamais lever les yeux. Elle a riposté avec une intelligence et un mordant que je ne lui soupçonnais pas, elle a renvoyé Volkov à ses chères études avec une métaphore sur le vin qui l'a laissé pantois, et ce requin, ce prédateur qui a dévoré des hommes deux fois plus puissants qu'elle, a reculé. Il a reculé devant une femme qui, il y a quelques jours encore, n'était qu'une ombre, une doublure, un fantôme.Et
Chapitre 37CassianJ'ai tout entendu.Je m'étais éloigné quelques minutes pour régler une affaire urgente avec un associé, une broutille financière qui pouvait attendre mais que j'ai expédiée en trois phrases, mais je n'ai rien perdu de l'échange entre Camélia et Volkov. J'étais derrière elle, à quelques mètres, dissimulé par une colonne de marbre vert aux veinures dorées, et j'ai écouté chaque mot, j'ai observé chaque geste, j'ai retenu chaque expression. J'ai vu Volkov s'approcher d'elle avec son sourire de prédateur, cette arrogance qui le caractérise et qui a toujours été sa faiblesse. J'ai vu ses yeux translucides la jauger, la tester, la provoquer comme on provoque un animal pour voir s'il va mordre ou s'enfuir. J'ai entendu sa question empoisonnée,
Chapitre 33CassianJe la convoque dans mon bureau le lendemain matin.La pièce est baignée de la lumière grise qui filtre à travers les baies vitrées, cette lumière de Bretagne qui n'est jamais tout à fait claire, jamais tout à fait sombre, qui donne à tout ce qu'elle touche une teinte d'étain, un
Chapitre 32CaméliaLe dîner est terminé depuis une heure, et je me suis retirée dans la chambre conjugale, le carnet de Lilia ouvert sur mes genoux. Je ne dors pas. Je ne pourrais pas dormir, pas après ce qui s'est passé à table, pas après ce geste de Cassian qui m'a bouleversée plus que je ne veux
Chapitre 31CassianJe ne comprends pas pourquoi j'ai posé ma main sur la sienne.Le geste est venu de nulle part, un réflexe, une impulsion que je n'ai pas contrôlée, que je n'ai même pas vue venir. Ma tante Augustine venait de lancer sa pique, cette voix aigrelette qui m'a hérissé les nerfs depui
Chapitre 35CassianElle entre dans la salle de bal, et le temps s'arrête.Je l'ai vue se préparer dans la chambre conjugale, j'ai vu la robe vert émeraude qu'on a livrée ce matin dans sa boîte monumentale, j'ai vu les bijoux que j'ai moi-même choisis dans le coffre familial, j'ai vu la coiffeuse s'







