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Chapitre 5

last update 公開日: 2026-05-15 05:57:28

Chapitre 5

Clara

Je suis réveillée en sursaut par des coups frappés à ma porte.

Des coups secs, nets, militaires. Trois impacts précis qui résonnent dans le silence de ma chambre comme des détonations. Mon cœur s'emballe avant même que mon esprit ne comprenne ce qui se passe. La lumière du petit matin filtre à travers les moucharabiehs, pâle et laiteuse. Je n'ai dormi que quelques heures.

Je me redresse dans mon lit, le souffle court, les cheveux en bataille. Ma valise est toujours sous le lit, prête à partir. Mon passeport est dans la poche intérieure de mon sac. J'ai passé la journée d'hier à me terrer dans ma chambre, à éviter tout le monde, à attendre que Marc règle les formalités pour que je puisse enfin quitter ce palais.

— Mademoiselle Moreau.

La voix qui traverse le bois sculpté de la porte est calme, posée, parfaitement neutre. Mais je la reconnais immédiatement. Idris. Le chef de la garde. L'homme au visage impassible qui m'a escortée depuis mon arrivée et qui m'a mise en garde sans jamais rien dire de précis.

— Mademoiselle Moreau, ouvrez, s'il vous plaît.

Je me lève lentement, les jambes encore lourdes de sommeil. Je n'ai pas le temps de me changer. Je suis encore habillée de la veille, mon pantalon de toile froissé, ma chemise chiffonnée. Je passe une main rapide dans mes cheveux et je m'approche de la porte, le cœur battant.

J'ouvre.

Idris se tient dans le couloir, droit comme un i, les mains croisées dans le dos. Il porte son uniforme sombre, impeccable. Son visage est un masque impénétrable. Derrière lui, deux gardes en armes encadrent la porte.

— Bonjour, mademoiselle Moreau, dit-il en inclinant légèrement la tête. Sa Majesté le Sultan exige votre présence. Maintenant.

Les mots tombent comme un couperet. Sa Majesté exige votre présence. Maintenant. Il n'y a pas de demande dans cette phrase, pas de question, pas d'alternative. C'est un ordre, pur et simple, enveloppé dans une politesse de façade qui ne trompe personne.

Je sens mon sang se glacer dans mes veines. Pourquoi maintenant ? Pourquoi si tôt ? A-t-il découvert mon appel à Marc ? Sait-il que j'ai l'intention de fuir ?

— Maintenant ? dis-je en essayant de garder une voix calme. Il est très tôt. Puis-je savoir de quoi il s'agit ?

— Sa Majesté ne m'a pas donné d'explication. Il m'a ordonné de vous conduire à lui immédiatement.

Le ton est ferme, définitif. Il n'y a pas de place pour la discussion. Pas de place pour le refus. Je pourrais protester, invoquer la fatigue, demander un délai. Mais je sais que ce serait inutile. L'escorte armée qui se tient derrière Idris n'est pas là pour négocier.

Je hoche la tête, les lèvres serrées, et je sors dans le couloir. Idris me précède, les deux gardes ferment la marche. Nous marchons en silence à travers les galeries du palais qui s'éveille doucement. Mes pas résonnent sur le marbre, se répercutent sous les voûtes. Les fontaines continuent leur chant éternel dans les patios.

Je repense à ma valise cachée sous le lit. À mon appel à Marc. À mes plans de fuite qui s'effondrent les uns après les autres. Si le Sultan a découvert mes intentions, je suis perdue. Mais peut-être que ce n'est pas cela. Peut-être qu'il veut simplement me parler du projet de restauration. Me donner des instructions.

Nous arrivons devant la porte monumentale en bois de cèdre sculpté. Les deux gardes qui la flanquent s'inclinent à notre passage et ouvrent les battants. Idris s'arrête sur le seuil et se tourne vers moi.

— Sa Majesté vous attend. Entrez.

Je franchis le seuil, le cœur battant à tout rompre. La porte se referme derrière moi avec un bruit sourd.

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