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Chapitre 2

Author: Anatory
last update publish date: 2025-12-31 01:50:33

Mes mains tremblent tellement que le stylo glisse presque entre mes doigts. Le bureau de Cameron Black semble soudain trop grand, trop froid, comme si les murs de verre se refermaient sur moi. Son regard vert, implacable, me transperce. Il ne bouge pas, ne cligne même pas des yeux. Il attend. Et chaque seconde qui passe rend l’air plus lourd, plus étouffant.

“Je... je signe,” murmuré-je enfin, la voix rauque, à peine audible. Ce n’est pas un choix. C’est de la survie. La peur me noue les tripes  peur de ce qu’il pourrait me faire si je refuse, peur de disparaître comme ces “témoins” dont j’ai entendu parler par accident. Mon esprit repasse en boucle les mots de la conversation volée : cartel, accident, propre. Non, je ne peux pas risquer ça. Pas pour un stage. Pas pour ma vie.

Cameron hoche la tête, un mouvement presque imperceptible, mais ses lèvres s’étirent en un sourire froid qui n’atteint pas ses yeux. “Sage décision, Amanda.” Il se redresse légèrement, dominant l’espace de sa présence massive. Je sens son parfum  un mélange de bois sombre et de musc  envahir mes narines, mais ça ne me fait pas frissonner de plaisir. Pas encore. Ça me donne juste envie de reculer, de mettre de la distance entre moi et cet homme qui me traite déjà comme une possession.

Je saisis le stylo, le cœur battant à tout rompre. Le premier contrat, le NDA, est facile : je paraphe chaque page sans même relire les clauses. Amendes astronomiques, prison potentielle si je parle. C’est du standard pour une entreprise comme celle-ci, me dis-je pour me rassurer. Mais le second... Mes yeux glissent sur les mots : “obéissance totale”, “disponibilité immédiate”, “satisfaire tous les besoins”. C’est un piège. Un contrat qui me lie à lui comme une chaîne invisible. Mes doigts hésitent au-dessus de la ligne de signature.

“Problème ?” demande-t-il d’une voix douce, presque moqueuse. Il se penche en avant, ses avant-bras posés sur le bureau, révélant plus de ce tatouage sombre qui serpente sous sa manche. Un corbeau, peut-être, ou une ombre stylisée. Symbole de quoi ? De mort ? De pouvoir ?

“Non,” mens-je, et je signe. Amanda Hayes. Mon nom, tracé d’une main tremblante, scelle mon sort. Je repousse les documents vers lui, évitant son regard.

Il les ramasse lentement, les examine comme s’il savourait ma capitulation. “Bien. À partir de maintenant, tu es mon assistante personnelle. Pas de demi-mesure. Tu réponds à mes appels à n’importe quelle heure. Tu anticipes mes besoins. Et si tu échoues...” Il laisse la phrase en suspens, mais le sous-entendu est clair. La peur me serre la gorge.

Il se lève, contourne le bureau avec une grâce féline qui contraste avec sa taille imposante. Je reste assise, figée, tandis qu’il s’approche. Trop près. Je sens la chaleur de son corps irradier contre le mien. “Debout,” ordonne-t-il calmement.

Mes jambes obéissent avant que mon cerveau n’ait le temps de protester. Je me lève, les genoux faibles, et me retrouve à quelques centimètres de lui. Il me domine de toute sa hauteur, et pour la première fois, je remarque les détails : les cicatrices discrètes sur ses jointures, comme s’il avait passé des nuits à frapper des ombres ; les veines saillantes sur ses mains, fortes, capables de briser ou de caresser  mais pour l’instant, l’idée me terrifie plus qu’elle ne m’intrigue.

“Regarde-moi,” dit-il. J’obéis, levant les yeux vers les siens. Vert émeraude, froids comme un lac gelé. “Tu as peur. C’est normal. Mais la peur est un outil. Elle te gardera en vie... et loyale.”

Il tend la main, effleure mon menton d’un doigt  un contact bref, presque électrique, qui me fait sursauter. Pas de plaisir, juste un choc de terreur mêlé à quelque chose d’indéfinissable. Une tension. Il incline mon visage vers le haut, m’obligeant à soutenir son regard. “Ton premier devoir : annule tous tes plans pour ce soir. Tu viens avec moi.”

“Avec vous ? Où ?” balbutié-je, la voix tremblante.

“Un dîner d’affaires. À Mayfair. Tu seras à mes côtés. Observatrice. Silencieuse. Et... présentable.” Son regard descend sur ma tenue jupe crayon, chemise blanche et je sens une vague de vulnérabilité m’envahir. Il n’y a rien de sexuel dans sa voix, pas encore, mais l’implication est là, latente, comme une menace voilée.

Il recule enfin, brisant le contact, et appuie sur un bouton de son bureau. Une porte latérale s’ouvre, et Elena entre, un sac à la main. “M. Black ?” demande-t-elle, professionnelle comme toujours.

“Emmenez-la au salon. Robe noire, courte. Maquillage discret. Et... le collier.” Elena hoche la tête sans sourciller, comme si c’était normal.

Le collier ? Mon esprit s’emballe. Qu’est-ce que ça veut dire ? Mais je n’ose pas poser la question. Elena me guide hors du bureau, vers un ascenseur privé qui descend à un étage souterrain. Un salon de beauté privé, avec coiffeuse, maquilleuse, et une armoire pleine de vêtements haute couture. “Ne t’inquiète pas, chérie,” dit Elena avec un sourire compatissant. “C’est le job. Il est exigeant, mais il récompense bien.”

Exigeant. C’est un euphémisme. Pendant que la maquilleuse s’affaire sur mon visage, je fixe mon reflet. Mes yeux sont agrandis par la peur, pas par l’excitation. Mon pouls n’accélère pas de désir ; il bat la chamade parce que je me sens piégée. La robe qu’on me tend est noire, moulante, avec un décolleté plongeant qui me fait rougir. Trop courte. Trop révélatrice. Je l’enfile dans une cabine, sentant le tissu soyeux contre ma peau, mais ça ne me fait pas me sentir sexy  juste exposée, vulnérable.

Puis, le collier. Elena me le tend : une chaîne fine en or blanc, avec un pendentif discret – un petit cadenas stylisé. “C’est son signe,” explique-t-elle en le fixant autour de mon cou. Le métal froid contre ma peau me donne la chair de poule. Un symbole de propriété ? Mon estomac se noue.

De retour au 67e étage, Cameron m’attend. Il me scanne de haut en bas, lentement, méthodiquement. “Parfait,” murmure-t-il. Pas un compliment. Une évaluation. Il pose une main au creux de mes reins pour me guider vers l’ascenseur  un toucher ferme, possessif, qui me fait tressaillir. Pas de frisson d’anticipation. Juste de la peur, pure et simple.

La voiture est une Bentley noire, chauffeur inclus. Nous roulons vers Mayfair en silence. Cameron travaille sur son téléphone, ignorant ma présence, mais je sens son regard glisser sur moi de temps en temps. La tension monte, électrique, mais pour moi, c’est de l’angoisse. Qu’attend-il vraiment ? Quels “besoins” vais-je devoir satisfaire ?

Le restaurant est exclusif : Le Gavroche, tables espacées, chandelles vacillantes. Nous sommes conduits à une table privée au fond, où deux hommes attendent déjà. L’un est un investisseur russe, trapu, avec un accent épais ; l’autre, un avocat britannique, nerveux. Le dîner commence : discussions sur des deals, des chiffres astronomiques. Je reste silencieuse, comme ordonné, sirotant un vin rouge que Cameron a choisi pour moi.

Mais sous la table, quelque chose change. Cameron pose sa main sur mon genou, un geste casual, comme s’il ajustait sa serviette. Je me raidis, le cœur cognant. Ses doigts restent là, immobiles, mais la pression est là – une revendication subtile. Les hommes parlent de “livraisons sécurisées” et de “partenaires discrets”, des euphémismes pour ce que je soupçonne être illégal. Mafia ? Blanchiment ? Je n’ose pas bouger, pas même pour écarter sa main. La peur me paralyse.

Soudain, un rebondissement : le Russe se penche en avant, les yeux plissés. “Et elle ? Qui est-ce ?” demande-t-il en me désignant d’un geste du menton.

Cameron serre légèrement mon genou  un avertissement. “Mon assistante. Fiable. Discrète.” Mais son ton est tendu, et je sens une vibration dans l’air. L’avocat britannique pâlit soudain, jetant un regard nerveux vers la sortie.

“Fiable ? Comme l’était votre dernier... associé ?” rétorque le Russe avec un sourire carnassier.

Cameron ne cille pas, mais sa main remonte imperceptiblement sur ma cuisse, sous la robe. Pas pour me caresser  pour me contrôler, pour me rappeler qui tient les rênes. Mon souffle se coupe. Pas d’excitation ; juste une panique sourde. “Mon dernier associé a commis une erreur,” répond Cameron calmement. “Il a parlé. Et maintenant, il ne parle plus.”

Le Russe rit, mais l’atmosphère est lourde. Le dîner continue, mais je sens que quelque chose cloche. À mi-repas, l’avocat reçoit un appel et s’excuse, prétextant une urgence. Cameron le fixe partir, les mâchoires serrées.

De retour dans la voiture, le silence est oppressant. “Qu’est-ce qui s’est passé ?” osé-je demander, la voix faible.

Il me regarde enfin. “Un traître. Il a essayé de nous doubler.” Sa main, celle qui était sur ma cuisse, se pose maintenant sur ma nuque, effleurant le collier. “Mais toi, Amanda... toi, tu as été parfaite. Pour l’instant.”

La voiture s’arrête devant un hôtel de luxe  pas chez moi. “Quoi ? Je rentre pas chez moi ?”

“Non,” dit-il simplement. “Ton contrat stipule 24/7. Ce soir, tu restes ici. Avec moi.”

Mon cœur s’emballe. La porte de la suite s’ouvre sur un penthouse somptueux : vue sur la Tamise, lit king-size, bar privé. Il enlève sa veste, retrousse ses manches, révélant plus de tatouages. “Déshabille-toi,” ordonne-t-il d’une voix neutre.

“Quoi ? Je...”

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