LOGINÀ l'Ombre de nos Désirs Éliane pense avoir trouvé l'opportunité de sa vie lorsqu'elle est engagée comme archiviste personnelle par Kaelan, un magnat de l'industrie aussi fascinant que redouté. Sa mission : classer des documents anciens dans son manoir isolé. Le poste est trop bien payé pour être refusé. Mais très vite, elle comprend que le contrat qu'elle a signé va bien au-delà d'un simple emploi. C'est un pacte avec le diable. Kaelan ne veut pas seulement de ses compétences ; il la veut, elle. Tout entière. L'isolement du manoir devient sa prison dorée. Kaelan use d'un jeu pervers de séduction, de manipulation et de cruauté psychologique pour briser ses défenses. Il alterne entre une tendresse envoûtante et une froideur calculée, la poussant au bord du gouffre. Chaque interaction est un combat de pouvoir, chaque regard un défi, chaque toucher une brûlure ambiguë. La frontière entre le ravisseur et le protecteur, entre le bourreau et l'amant, devient de plus en plus floue. Éliane lutte contre l'attraction morbide qu'elle ressent pour cet homme qui détruit méthodiquement son libre arbitre. Les scènes intimes sont des batailles, des punitions, des récompenses, et parfois, des moments d'une vulnérabilité déchirante qui révèlent les propres démons de Kaelan.
View MoreÉliane
Le bruit de la plume qui gratte le parchemin est le seul son que je m’autorise. Ici, dans la bibliothèque ouest, le silence a une épaisseur, une texture. Il pèse sur les épaules comme un manteau de laine humide. Les étagères montent jusqu’au plafond voûté, des sentinelles de bois sombre veillant sur des armées de livres reliés de cuir. L’air sent la cire d’abeille, le vieux papier et quelque chose d’autre, une odeur froide et métallique que je n’ai jamais pu identifier.
Je suis une intruse dans ce décor de pierre et d’ombre.
Mon doigt suit la ligne d’un inventaire datant de 1892. … six chandeliers en argent, un service à thé en porcelaine de Saxe, un portrait de femme aux yeux de saphir… Je note tout sur mon carnet, de mon écriture la plus appliquée. C’est mon travail. Classer, archiver, mettre de l’ordre dans le chaos des siècles pour un homme qui est lui-même un chaos vivant.
Kaelan.
Même son nom, dans ma tête, est un frisson.
La porte de la bibliothèque s’ouvre sans un bruit. Je n’ai pas besoin de lever les yeux pour savoir que c’est lui. La pression dans la pièce change, l’air se raréfie, comme si la maison elle-même retenait son souffle. Je sens son regard sur ma nuque, une caresse glacée qui parcourt chaque vertèbre.
Je continue à écrire, feignant une concentration que je suis loin de ressentir. Mon cœur, lui, n’est pas dupe. Il cogne contre mes côtes, un oiseau affolé pris dans une cage trop fragile.
— Éliane.
Sa voix est plus grave que le roulement des tonnerres au loin. Elle ne résonne pas, elle imprègne.
Je lève enfin les yeux.
Il est appuyé contre le chambranle de la porte, vêtu d’un costume sombre qui épouse sa carrure puissante. Il ne sourit jamais. Ses yeux, d’un gris orageux, me déshabillent, m’analysent, me possèdent déjà. Il tient un verre de whisky entre ses longs doigts, qu’il fait tourner avec une lenteur hypnotique.
— Monsieur Valois.
— Le travail avance ?
— Oui. J’ai presque terminé le fonds du XIXe siècle.
— Bien.
Il pousse la porte derrière lui. Le léger claquement du bois me fait sursauter. Il traverse la pièce avec la démarche souple et mortelle d’un prédateur. Il ne marche pas, il rode. Il s’arrête de l’autre côté du lourd bureau en chêne, posant ses mains à plat sur le bois ciré. Ses cicatrices, des lignes pâles sur sa peau, me racontent une histoire que je n’ose pas encore lire.
— Vous avez l’air fatiguée. Cette maison vous pèse-t-elle déjà ?
— Non, monsieur. Elle est… impressionnante.
— C’est un mot. Un autre serait « impitoyable ». Elle absorbe les faibles. Elle ne fait que refléter son propriétaire.
Il dit cela sans fierté, comme un simple constat. Une loi de la nature. Le loup mange l’agneau. Kaelan Valois brise les âmes.
— Je ne suis pas faible.
Les mots m’échappent, plus audacieux que je ne le suis.
Un sourcil à peine se lève. Une lueur d’intérêt, froide et calculatrice, s’allume dans son regard.
— Non ? Le croyez-vous vraiment ? Vous êtes entrée ici comme un petit oiseau effrayé, prête à vous envoler au premier cri. Vous pensez que votre intelligence vous protégera ? Votre volonté ?
Il contourne le bureau. Je dois lever la tête pour maintenir son regard. Mon corps se raidit, chaque muscle tendu comme une corde d’arc. L’espace entre nous se réduit, chargé d’une électricité sauvage.
— Je tiens mes engagements.
— Votre engagement, — il se penche, ses lèvres sont à quelques centimètres de mon oreille, son haleine chaude caresse ma peau —, va bien au-delà du classement de vieux papiers. Et vous le savez.
Son parfum m’envahit, le cuir, le whisky et cette essence pure, sauvage, qui n’appartient qu’à lui. Je ferme les yeux une seconde, luttant contre l’étourdissement, contre la peur… et contre autre chose, une chose noire et attirante qui se tord dans mon ventre.
— Le contrat…
— Le contrat, — sa main se lève et effleure une mèche de mes cheveux, un contact si léger et pourtant si brûlant —, est un morceau de papier. Ce que je veux, c’est votre soumission. Pas celle que vous donnez par devoir. Celle que vous criez dans le silence, celle que vous offrez quand il ne vous reste plus rien d’autre.
Je recule d’un pas, le dos heurtant une étagère. Je suis prise au piège.
— Vous ne l’aurez pas.
Un sourire, enfin. Il n’a rien de rassurant. C’est la chose la plus dangereuse que j’aie jamais vue.
— Nous verrons. Vous êtes ici pour trier le passé, Éliane. Mais c’est votre propre chaos que vous allez devoir affronter. Et moi, je serai là pour en ramasser les morceaux. Ou pour vous briser définitivement.
Il se redresse, son regard parcourt mon visage, mon cou, la base de ma gorge où mon pouls bat la chamade. Il boit une gorgée de son whisky, ne me quittant pas des yeux.
— Reposez-vous. Demain, nous commencerons le fonds du XVIIIe. Les écrits sont plus… fragiles. Ils demandent une attention particulière.
Sous-entendu : Vous aussi.
Il tourne les talons et quitte la bibliothèque aussi silencieusement qu’il était entré. La porte se referme.
Je reste adossée à l’étagère, les jambes tremblantes. Ma main serre le bord du bureau si fort que mes jointures blanchissent. La peur est un acide dans ma gorge. La colère aussi.
Mais pire que tout, bien pire, il y a cette trahison de mon propre corps. Cette chaleur qui persiste là où son souffle m’a touchée. Ce vide étrange et douloureux laissé par son départ.
Je regarde la porte close, le cœur battant la chamade.
C’est ça, l’impitoyable, me dis-je. Et je viens de signer un pacte pour en devenir la propriété.
KaelanLa Fondation se dresse devant nous comme un mausolée.Ses fenêtres illuminées projettent des rectangles de lumière dorée sur le trottoir. De la musique filtre à travers les murs épais, étouffée, lointaine. Des voitures de luxe déposent des invités devant l'entrée, et le bruit des portières qui claquent se mêle aux rires et aux conversations.Nous sommes à deux rues de là, dans la voiture garée à l'ombre d'un immeuble. Le moteur tourne au ralenti, le chauffage lutte contre le froid de la nuit. Éliane est à côté de moi, silencieuse, regardant par la fenêtre.— Tu veux encore un peu de temps ? demandé-je.— Non. Plus j'attends, plus j'ai peur. Allons-y.Je coupe le moteur. Le silence s'installe, seulement troublé par le bruit lointain de la vil
Il hoche lentement la tête. Puis il fait un pas vers moi. Un seul. Mais dans cet espace minuscule, c'est assez pour que nous soyons presque l'un contre l'autre.— Éliane...Sa main se lève, hésite, puis touche mon visage. Ses doigts effleurent ma joue, suivent la ligne de ma mâchoire, s'arrêtent sous mon menton. Sa peau est chaude, légèrement rugueuse.Je ferme les yeux une seconde. Juste une seconde. Pour m'imprégner de ce moment. De sa main sur moi. De sa présence. De tout ce qui est arrivé depuis que je suis entrée dans ce manoir.Quand je rouvre les yeux, il me regarde toujours. Et je vois dans ses prunelles quelque chose que je n'y avais jamais vu auparavant. Quelque chose de vulnérable. De vrai.— Il faut y aller, dis-je, même si ce n'est pas ce que je veux dire.— Oui.Il retire sa main. Le froid remplac
Le silence qui suit est assourdissant. Jacqueline la regarde, et pour la première fois, je vois quelque chose qui ressemble à du respect dans ses yeux. Ou peut-être juste une haine plus profonde.— Tu as du cran, petite. Je te l'accorde. Dommage que ça ne te sauvera pas.Elle se tourne vers moi.— Kaelan, je ne sais pas ce que tu crois faire ce soir. Je ne sais pas quel petit jeu tu joues. Mais sache une chose : tu as signé ton arrêt de mort en revenant. Et ta petite amie avec.Elle parle bas, pour que personne d'autre n'entende. Mais chaque mot est une lame.— Nous verrons, dis-je.— Oui. Nous verrons.Elle s'éloigne, happée par d'autres invités qui veulent lui parler. La foule se referme sur elle. Pendant une seconde, nous sommes seuls, Éliane et moi, au milieu de cette mer de visages inconnus.— Ça va ? dema
Nous nous plaçons près d'une colonne, dos au mur. Stratégie de survie. Voir sans être vu. Repérer sans être repéré. Les minutes passent. La foule s'épaissit. Les rires montent.Puis soudain, le silence.Un silence qui tombe comme un couperet. Toutes les conversations s'arrêtent en même temps. Toutes les têtes se tournent vers l'escalier.Elle est là.Jacqueline Delmas descend les marches, une main sur la rampe de marbre, l'autre négligemment posée sur sa hanche. Elle est vêtue de noir de la tête aux pieds. Une robe longue, simple, mortelle. Ses cheveux gris sont tirés en arrière, dégageant son visage. Son visage de statue, beau et cruel, sans âge.Elle regarde la foule comme une reine regarde ses sujets. Elle sait qu'elle est belle. Elle sait qu'elle est puissante. Elle sait que tous ici lui doiven
KaelanJe recule d’un pas, brisant le champ de force qu’elle essayait d’établir.— Tu te trompes, Delphine. Elle ne veut pas me sauver. Elle m’a déjà sauvé. En me montrant que je n’avais pas besoin d’être sauvé. Juste d’être vu. Et elle voit tout. Y compris l’ombre que tu représentes. L’ombre que j
KaelanLa paix est un cristal. D’une pureté absolue, d’une solidité trompeuse. On croit pouvoir la tenir dans le creux de sa main pour toujours. Un choc suffit. Une seule vibration malvenue. Elle se fêle, puis éclate.Une semaine s’est écoulée. Une semaine de matins légers, de projets chuchotés pou
ÉlianeLa vigilance devient notre seconde nature. Une discrète armure. Kaelan a augmenté la sécurité du domaine. Des caméras supplémentaires, un garde discret à l’entrée la nuit. Ce n’est pas paranoïa, m’assure-t-il, c’est de la prudence. Delphine est une requin financière, mais elle évolue dans de
KaelanLe salon est baigné de soleil. Elle est debout près de la cheminée, tournant le dos à la porte, examinant un tableau comme si elle en était encore la propriétaire.Delphine.Le temps ne lui a pas fait de blessures. Il l’a polie. Ses cheveux châtain cuivré sont plus longs, tombant en cascade






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