MasukLe grand hall de la Villa Rothschild brillait de mille feux. Pour la haute société parisienne, cette soirée n'était pas un simple bal de charité : c'était l'officialisation du mariage le plus scandaleux de la décennie.
Je me tenais près du buffet de champagne, vêtue d'une robe du soir en soie noire au dos entièrement nu. Mes doigts serraient le cristal de ma coupe avec une telle force que mes phalanges en devenaient blanches. À quelques mètres de là, Théo nous fixait, le visage déformé par la haine, un verre de whisky à la main. Sonia, quant à elle, tentait désespérément de sourire aux photographes, ravagée par la jalousie. Soudain, une chaleur familière enveloppa mon dos. Avant que je ne puisse me retourner, la main de Julian vint se poser directement sur ma taille nue. Son contact, chaud et possessif, me fit frissonner de la tête aux pieds. — Tu es tendue, ma chère épouse, murmura-t-il à mon oreille, sa voix grave vibrant tout près de mon cou. — Les caméras nous observent, Julian, dis-je à voix basse en essayant de garder un visage impassible, bien que mon cœur batte la chamade. N'en fais pas trop. — Au contraire, Céleste. Pour que Théo croie à notre histoire, nous devons lui donner un spectacle inoubliable. Sans me laisser le temps de répliquer, il me fit pivoter face à lui. Sa main glissa doucement le long de ma colonne vertébrale, traçant une ligne de feu sur ma peau, avant d'ancrer ses doigts dans ma taille pour me coller littéralement contre son torse puissant. La proximité était si intense que je pouvais sentir la chaleur de son corps traverser le tissu fin de sa chemise. Mon souffle se coupa. Le monde autour de nous sembla s'évanouir : les flashs des journalistes, les murmures de la foule, la musique... Il ne restait que son regard gris acier, plongeant dans le mien avec une intensité presque dangereuse. — Tu joues très bien ton rôle, Julian, chuchotai-je, le défi au bord des lèvres. — Qui te dit que je joue ? répliqua-t-il, un sourire sombre aux coins des lèvres. ### **[Point de vue : Julian Vance]** Elle essayait de paraître intouchable, mais je sentais le léger tremblement de sa respiration contre ma poitrine. Céleste était une joueuse redoutable, mais ce soir, elle oubliait que j'étais le maître du jeu. — Regarde Théo, murmurai-je en me penchant un peu plus, mes lèvres frôlant presque le lobe de son oreille. Il bouillonne. Il meurt d'envie de s'approcher, mais il sait que s'il fait un pas de trop, je le détruis financièrement avant la fin de la nuit. Un petit rire provocateur s'échappa de ses lèvres douces. Elle leva une main gantée et posa ses doigts sur mon revers de veste, réajustant mon col avec une lenteur calculée, un geste à la fois intime et diaboliquement séduisant. — Alors donne-lui une raison de devenir fou, Julian. Ce fut l'étincelle de trop. Mon bras se serra fermement autour de sa taille, l'attirant encore plus près, éliminant le moindre millimètre d'air entre nous. De mon autre hand, je saisis délicatement son menton, l'incitant à lever le visage vers le mien. Pendant une seconde qui parut durer une éternité, mes yeux descendirent sur ses lèvres peintes d'un rouge éclatant. L'air dans la pièce devint électrique. Autour de nous, le crépitement des appareils photo s'intensifia, mais je n'avais d'yeux que pour elle. — Tu joues avec le feu, Céleste, dis-je d'une voix basse et rauque. Et tu risques de te brûler. — J'ai traversé l'enfer pendant cinq ans, Julian, répliqua-t-elle, ses yeux verts brillaient d'un éclat sauvage. Le feu ne me fait plus peur. Avant qu'elle ne puisse ajouter un mot, je me penchai et déposai un baiser lent, appuyé et profondément sensuel au coin de ses lèvres, s'attardant juste assez pour marquer mon territoire devant la France entière. Un hoquet de surprise collectif traversa la salle. Au loin, Théo lâcha son verre, qui s'écrasa sur le marbre dans un fracas retentissant. Je me redressai lentement, gardant ma main posée sur sa taille, et croisai le regard foudroyant de Théo avec un triomphe glacial. La première bataille de cette guerre ne faisait que commencer.Les mots d'Éléonore résonnèrent dans le fracas de la pluie et des réacteurs de l'avion comme une sentence de mort. Élodie... seule dans la tour minée.La terreur menaça de m'engloutir, mais la main de Julian agrippa la mienne avec une force herculéenne. Son visage, éclairé par les gyrophares des véhicules de sécurité qui encerclaient le jet, s'était transformé en un masque de marbre impitoyable. Il n'était plus seulement l'homme que j'aimais ; il était le prédateur ultime, le protecteur de notre clan.— Marc ! hurla Julian par-dessus le vacarme de l'aérodrome. Arrêtez cette folle, mettez-la aux fers et confisquez ce détonateur !Marc Moreau bondit, arrachant violemment la télécommande des mains tremblantes d'Éléonore avant de la plaquer au sol. Mais le rire hystérique de la sœur de Saint-Hubert perça la nuit.— Ce n'est qu'un relais ! cria-t-elle, le visage écrasé contre l'acier de la passerelle. Le commando dans la tour a l'initiateur principal ! Vous ne pouvez pas la sauver, Vance !
— Marie ! Répétez ce que vous venez de dire ! criai-je dans le téléphone que je venais de ramasser sur le tapis de la berline.— M-Monsieur... balbutia la gouvernante à l'autre bout du fil, la voix brisée par les larmes. Ils avaient des insignes officiels... Ils ont dit qu'il y avait une menace imminente et qu'ils devaient emmener le petit Léo dans un refuge sécurisé...À côté de moi, Céleste était d'une pâleur mortelle. Ses yeux pleins d'effroi me fixaient, sa respiration devenue court et saccadée. La panique menaçait de la submerger.Je attrapai ses épaules et la tirai contre ma poitrine avec une force désespérée, lui murmurant des paroles apaisantes tout en gardant un contrôle d'acier sur mes propres émotions.— Écoute-moi, Céleste... Regarde-moi, mon amour ! ordonnai-je d'une voix rauque mais d'une fermeté absolue. Nous allons le retrouver. Je te le jure sur ma vie. Personne ne touchera à notre fils.— Julian... mon bébé... murmura-t-elle dans un sanglot étouffé, se cramponnant à
L'air du salon privé du *Grand Hôtel* était saturé d'une tension presque tangible. Victor Mercier nous observait avec un calme déroutant, faisant tourner lentement le liquide ambré dans son verre en cristal.— Ce que vos pères vous ont caché ? répétah-je d'une voix glaciale en faisant un pas vers lui. Mon père est mort brisé par les dettes et les trahisons, Mercier. Et vous étiez censé être son ami le plus fidèle.— Je l'étais, Céleste, répondit Mercier d'un ton d'une douceur trompeuse. Et c'est précisément parce que j'étais son ami que j'ai accepté de disparaître. Le brevet énergétique que nous avions développé tous les trois — ton père, le père de Julian et moi — dépassait le cadre d'une simple invention industrielle. C'était une clé voûte, une réserve de valeur estimée à des milliards, conçue pour protéger nos familles en cas de faillite majeure.Julian s'avança à mes côtés, sa silhouette imposante bloquant toute possibilité de fuite pour notre interlocuteur.— Une réserve de valeu
Le silence qui suivit les révélations de Marc était si lourd qu'on aurait pu entendre une aiguille tomber sur le parquet en acajou du bureau. Je restai figée, le regard rivé sur l'écran où s'affichait le nom de l'homme que je pensais enterré depuis plus d'une décennie : **Victor Mercier**, l'ancien mentor de mon père.— Victor Mercier... murmurai-je, la voix tremblante. C'est impossible, Marc. J'ai assisté à ses obsèques quand j'avais douze ans. Mon père a pleuré sa mort pendant des mois !— C'est ce que tout le monde croyait, Céleste, répondit Marc depuis l'écran, son ton restant professionnel mais empreint d'une gravité évidente. Mais les documents saisis dans le coffre de Saint-Hubert ne mentent pas. Mercier a orchestré sa propre disparition pour échapper aux créanciers et protéger ce brevet énergétique. Et aujourd'hui, il revient pour réclamer sa part.Julian posa une main rassurante dans le bas de mon dos, me rapprochant de lui. Je sentais la tension qui raidissait ses épaules.—
Le grand hall du siège social de la holding Vance-Duval brillait sous les flashs des photographes venus du monde entier. La rumeur de la chute de Saint-Hubert et de l'arrestation de Robert avait secoué la bourse de Paris toute la matinée. Mais ce qui captivait tous les regards, c'était notre présence.Vêtue d'un ensemble tailleur écru au tombé parfait, je me tenais aux côtés de Julian. Nos doigts étaient enlacés, affichant une solidarité sans faille devant les caméras.— Mesdames et messieurs, déclara la voix puissante de Julian dans les micro-cravates, les rumeurs de dissension au sein de notre conseil d'administration sont définitivement closes. La holding réintègre l'intégralité des actifs de la famille Duval. Céleste et moi assumons désormais la co-présidence exécutive du groupe.Un murmure s'éleva dans l'assemblée des journalistes. Un homme au premier rang, représentant un consortium d'investisseurs rivaux, se leva, un sourire provocateur aux lèvres.— Madame Duval... ou devrais-
La lumière dorée de la matinée caressait doucement la chambre à coucher. Blottie contre la poitrine de Julian, j'écoutais le battement régulier de son cœur, savourant cette paix retrouvé après des semaines de tourmente. Pour la première fois depuis des années, mon esprit n'était plus hanté par le doute ou la peur.Julian fit glisser ses doigts dans mes cheveux avec une tendresse infinie, déposant un baiser sur mes lèvres.— Tu es si paisible ce matin, murmura-t-il, un doux sourire éclairant son visage.— Parce que je suis à ma place, répondis-je en me redressant doucement. Avec toi.Pourtant, malgré l'intensité de notre nuit et l'amour absolu qui nous unissait désormais, l'ombre du message de Marc résonnait encore dans un coin de ma mémoire. La clause testamentaire concernant notre fils, Léo.Un léger coup frappé à la porte de notre penthouse brisa notre bulle d'intimité. Julian enfila une robe de chambre en soie sombre, tandis que je glissai un déshabillé élégant sur mes épaules.Mar







