MasukJe m'éclipsai vers le boudoir privé situé au fond du couloir VIP, loin du vacarme de la salle de bal. La chaleur de la soirée et la proximité suffocante de Julian m'avaient laissé la peau brûlante.
Devant le grand miroir doré, je me contemplai. Ma robe en soie noire, coupée si bas dans le dos qu'elle dévoilait la naissance de mes hanches, moulait mes formes avec une précision presque indécente. Les fines bretelles en strass retenaient à peine le tissu sur ma poitrine. C'était une tenue faite pour provoquer, une armure de séduction. Mais sous ce masque de femme fatale, mon pouls battait encore à un rythme frénétique. La porte du boudoir s'ouvrit et se referma brusquement. La serrure tourna dans un cliquetis sec. Je me retournai, m'attendant à voir Julian, mais ce fut le visage décomposé et alcoolisé de Théo qui m'apparut. — Victoria... ou Céleste ? cracha-t-il en s'avançant vers moi d'un pas instable. — Tu es ivre, Théo. Sors d'ici avant que je ne fasse venir la sécurité. — Tu crois que cette robe va te protéger ? murmurat-il en balayant mon corps d'un regard malsain et affamé. Tu joues la grande dame dans les bras de Vance, mais je reconnais cette façon de lever le menton, cette arrogance... C'est toi, n'est-ce pas ? Il bondit en avant et me saisit brutalement par le poignet, me plaquant contre le marbre du lavabo. Son souffle fétide de whisky me donna la nausée. Ses doigts s'enfoncèrent dans ma chair tandis qu'il posait son autre main sur la soie de ma taille, essayant d'approcher ses lèvres de mon cou. — Lâche-moi, espèce de porc ! dis-je entre mes dents, essayant de lui enfoncer mes talons dans le pied. — Tu m'appartiens, Céleste ! Vance ne fait que jouer avec toi, mais moi... La porte du boudoir vola littéralement en éclats dans un fracas assourdissant. En une fraction de seconde, j'agrippai Théo par le col de son costume et le projetai violemment contre le mur opposé. Le bruit de son crâne tapant contre la boiserie résonna dans la pièce. Avant qu'il ne puisse se relever, je posai mon genou sur sa poitrine, écrasant sa gorge de mon avant-bras. — Si tes yeux se posent encore une seule fois sur elle, dis-je d'une voix si basse et venimeuse qu'elle fit disparaître toute trace d'alcool dans son regard, je ne me contenterai pas de te ruiner. Je te ferai disparaître. Théo haleta, terrifié, incapable de prononcer un mot. Je le relâchai avec dégoût et lui désignai la porte d'un signe de tête. Il s'enfuit en boitant, sans demander son reste. Je verrouillai à nouveau la porte derrière lui. L'atmosphère dans la pièce changea du tout au tout. Le silence devint lourd, chargé d'une électricité presque insupportable. Céleste était adossée au marbre, le souffle court, ses yeux émeraudes brillaient d'un mélange de colère et de désir inavoué. La bretelle droite de sa robe avait glissé le long de son épaule dénudée. Je m'avançai vers elle lentement, comme un prédateur prenant possession de son territoire. — Il t'a touchée, murmurai-je en m'arrêtant à quelques millimètres de son corps. — Je contrôlais la situation, tenta-t-elle de répliquer, mais sa voix trahit un léger tremblement. — Tu mentirais à n'importe qui, Céleste, mais pas à moi. Mes doigts vinrent se poser sur sa bretelle glissée. Je la remontai d'une lenteur calculée, frôlant la peau douce de son épaule. Un frisson violent traversa tout son corps. Sans rompre le contact visuel, je posai ma main au creux de son dos nu, là où la soie noire s'arrêtait, et l'attirai brusquement contre moi. Sa poitrine se plaqua contre mon torse. Mes yeux descendirent sur sa bouche entrouverte, humidifiée par la nervosité. — Notre contrat ne prévoyait pas que tu me protèges ainsi, chuchota-t-elle, son souffle chaud venant caresser mes lèvres. — Le contrat interdit les contacts non consentis, Céleste, répliquai-je d'une voix rauque, ma main glissant le long de la courbe de sa hanche pour la presser davantage contre mon corps impatient. Dis-moi de m'arrêter... et je m'arrête. Elle resta immobile, ses doigts s'enfonçant dans le tissu de mon costume au niveau de mes épaules. Au lieu de me repousser, elle leva le menton, son regard plongeant dans le mien avec une audace brûlante. — Et si je n'ai pas envie de te le dire ? Je ne lui laissai pas le temps de respirer. Mes lèvres attrapèrent les siennes dans un baiser profond, exigeant, empreint d'une possession totale qui balaya toute logique. Elle laissa échapper un léger gémissement contre ma bouche, répondant à mon baiser avec une ferveur sauvage, révélant la passion dévorante qu'elle dissimulait depuis si longtemps. La guerre ne faisait que commencer, mais ce soir, nous venions de signer notre propre perdition.Les mots d'Éléonore résonnèrent dans le fracas de la pluie et des réacteurs de l'avion comme une sentence de mort. Élodie... seule dans la tour minée.La terreur menaça de m'engloutir, mais la main de Julian agrippa la mienne avec une force herculéenne. Son visage, éclairé par les gyrophares des véhicules de sécurité qui encerclaient le jet, s'était transformé en un masque de marbre impitoyable. Il n'était plus seulement l'homme que j'aimais ; il était le prédateur ultime, le protecteur de notre clan.— Marc ! hurla Julian par-dessus le vacarme de l'aérodrome. Arrêtez cette folle, mettez-la aux fers et confisquez ce détonateur !Marc Moreau bondit, arrachant violemment la télécommande des mains tremblantes d'Éléonore avant de la plaquer au sol. Mais le rire hystérique de la sœur de Saint-Hubert perça la nuit.— Ce n'est qu'un relais ! cria-t-elle, le visage écrasé contre l'acier de la passerelle. Le commando dans la tour a l'initiateur principal ! Vous ne pouvez pas la sauver, Vance !
— Marie ! Répétez ce que vous venez de dire ! criai-je dans le téléphone que je venais de ramasser sur le tapis de la berline.— M-Monsieur... balbutia la gouvernante à l'autre bout du fil, la voix brisée par les larmes. Ils avaient des insignes officiels... Ils ont dit qu'il y avait une menace imminente et qu'ils devaient emmener le petit Léo dans un refuge sécurisé...À côté de moi, Céleste était d'une pâleur mortelle. Ses yeux pleins d'effroi me fixaient, sa respiration devenue court et saccadée. La panique menaçait de la submerger.Je attrapai ses épaules et la tirai contre ma poitrine avec une force désespérée, lui murmurant des paroles apaisantes tout en gardant un contrôle d'acier sur mes propres émotions.— Écoute-moi, Céleste... Regarde-moi, mon amour ! ordonnai-je d'une voix rauque mais d'une fermeté absolue. Nous allons le retrouver. Je te le jure sur ma vie. Personne ne touchera à notre fils.— Julian... mon bébé... murmura-t-elle dans un sanglot étouffé, se cramponnant à
L'air du salon privé du *Grand Hôtel* était saturé d'une tension presque tangible. Victor Mercier nous observait avec un calme déroutant, faisant tourner lentement le liquide ambré dans son verre en cristal.— Ce que vos pères vous ont caché ? répétah-je d'une voix glaciale en faisant un pas vers lui. Mon père est mort brisé par les dettes et les trahisons, Mercier. Et vous étiez censé être son ami le plus fidèle.— Je l'étais, Céleste, répondit Mercier d'un ton d'une douceur trompeuse. Et c'est précisément parce que j'étais son ami que j'ai accepté de disparaître. Le brevet énergétique que nous avions développé tous les trois — ton père, le père de Julian et moi — dépassait le cadre d'une simple invention industrielle. C'était une clé voûte, une réserve de valeur estimée à des milliards, conçue pour protéger nos familles en cas de faillite majeure.Julian s'avança à mes côtés, sa silhouette imposante bloquant toute possibilité de fuite pour notre interlocuteur.— Une réserve de valeu
Le silence qui suivit les révélations de Marc était si lourd qu'on aurait pu entendre une aiguille tomber sur le parquet en acajou du bureau. Je restai figée, le regard rivé sur l'écran où s'affichait le nom de l'homme que je pensais enterré depuis plus d'une décennie : **Victor Mercier**, l'ancien mentor de mon père.— Victor Mercier... murmurai-je, la voix tremblante. C'est impossible, Marc. J'ai assisté à ses obsèques quand j'avais douze ans. Mon père a pleuré sa mort pendant des mois !— C'est ce que tout le monde croyait, Céleste, répondit Marc depuis l'écran, son ton restant professionnel mais empreint d'une gravité évidente. Mais les documents saisis dans le coffre de Saint-Hubert ne mentent pas. Mercier a orchestré sa propre disparition pour échapper aux créanciers et protéger ce brevet énergétique. Et aujourd'hui, il revient pour réclamer sa part.Julian posa une main rassurante dans le bas de mon dos, me rapprochant de lui. Je sentais la tension qui raidissait ses épaules.—
Le grand hall du siège social de la holding Vance-Duval brillait sous les flashs des photographes venus du monde entier. La rumeur de la chute de Saint-Hubert et de l'arrestation de Robert avait secoué la bourse de Paris toute la matinée. Mais ce qui captivait tous les regards, c'était notre présence.Vêtue d'un ensemble tailleur écru au tombé parfait, je me tenais aux côtés de Julian. Nos doigts étaient enlacés, affichant une solidarité sans faille devant les caméras.— Mesdames et messieurs, déclara la voix puissante de Julian dans les micro-cravates, les rumeurs de dissension au sein de notre conseil d'administration sont définitivement closes. La holding réintègre l'intégralité des actifs de la famille Duval. Céleste et moi assumons désormais la co-présidence exécutive du groupe.Un murmure s'éleva dans l'assemblée des journalistes. Un homme au premier rang, représentant un consortium d'investisseurs rivaux, se leva, un sourire provocateur aux lèvres.— Madame Duval... ou devrais-
La lumière dorée de la matinée caressait doucement la chambre à coucher. Blottie contre la poitrine de Julian, j'écoutais le battement régulier de son cœur, savourant cette paix retrouvé après des semaines de tourmente. Pour la première fois depuis des années, mon esprit n'était plus hanté par le doute ou la peur.Julian fit glisser ses doigts dans mes cheveux avec une tendresse infinie, déposant un baiser sur mes lèvres.— Tu es si paisible ce matin, murmura-t-il, un doux sourire éclairant son visage.— Parce que je suis à ma place, répondis-je en me redressant doucement. Avec toi.Pourtant, malgré l'intensité de notre nuit et l'amour absolu qui nous unissait désormais, l'ombre du message de Marc résonnait encore dans un coin de ma mémoire. La clause testamentaire concernant notre fils, Léo.Un léger coup frappé à la porte de notre penthouse brisa notre bulle d'intimité. Julian enfila une robe de chambre en soie sombre, tandis que je glissai un déshabillé élégant sur mes épaules.Mar







