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Chapitre 03: Une rencontre chaotique

Author: Lucentia
last update Last Updated: 2026-01-30 00:18:02

— Mais monsieur ? s’exclama le chauffeur, troublé.

L’homme à l’arrière resta impassible, le regard assombri figé droit sur Maggie.

— Paul, fais ce que je te demande ! lâcha-t-il, toujours aussi fermement.

Maggie était complètement absorbée.

La voiture se rapprochait d’elle et, malgré cela, ses pas demeuraient tout aussi lents.

Tout s’était figé autour d’elle. Les seuls bruits que Maggie entendait et écoutait étaient ceux de son cœur et de ses pensées qui la fragilisaient…

La voiture roulait. Sans s’arrêter, mais avec une tension moindre voulue par le conducteur, il espérait qu’elle puisse terminer son chemin sans qu’il n’y ait de drame.

Mais Maggie ne le savait pas.

Et de plus en plus, ses pas laissèrent place à un moment d’arrêt, tout simplement parce qu’elle ne pouvait plus se contenir… contenir ses larmes.

Et là, elle s’arrêta en plein milieu de la route, au plus grand désarroi du chauffeur.

Sa seule chance : c’était une petite ville et très peu de véhicules y roulaient.

Maggie s’effondra en larmes au beau milieu de la route.

— Monsieur ? Qu’est-ce que je fais, monsieur ? demanda le chauffeur, déstabilisé et choqué, le regard grand ouvert.

L’homme se redressa à l’arrière.

Ses doigts se réunirent. Et, avec un calme déconcertant, il répondit :

— Avance ! Et jusqu’au dernier moment, ne baisse pas d’intensité.

— Monsieur ?! s’exclama le chauffeur, confus.

— Paul, fais ce que je te demande ! répéta-t-il, toujours aussi fermement.

— Paul, exécute, c’est tout ! ajouta-t-il.

— Oui, monsieur, répondit le chauffeur, résigné…

Il actionna légèrement le levier de vitesse et la voiture roula de nouveau de plus belle, comme si de rien n’était…

Le chauffeur roulait, et ce n’était qu’à quelques mètres de Maggie, tout en pleurs.

L’homme à l’arrière lança d’un ton plus ferme :

— Klaxonne !

Le chauffeur s’exécuta aussitôt.

Le klaxon retentit de plus belle.

La voiture n’était plus qu’à quelques petits mètres de Maggie, qui n’avait pas encore pris conscience de ce qui pouvait se passer.

— Paul, ne t’arrête pas ! Continue et klaxonne ! déclara le monsieur encore plus ferme et sérieux.

Un dernier klaxon jaillit longuement.

Maggie se retourna, le regard grand ouvert de peur…

La voiture roulait ; elle ne sut quoi faire sur le moment. Elle se couvrit le visage de son bras, espérant que rien ne lui arrive.

C’est alors que la voiture s’arrêta net à une roue d’elle.

Maggie resta figée, tétanisée de peur, le bras suspendu sur son visage.

Soudain, la porte s’ouvrit.

L’homme s’avança vers elle.

Maggie ne le voyait pas. La peur l’avait figée derrière son bras.

Tout à coup, une main ferme l’empoigna par le bras.

Maggie cria de peur. Le monsieur lâcha son bras et lui agrippa les épaules. Il la secoua fermement jusqu’à ce que leurs regards se croisent.

Un regard assombri pour cet homme à l’allure imposante et mystérieuse. Et celui de Maggie reflétait un mélange de tristesse, ses yeux embués de chagrin, et de peur face à cet inconnu qu’elle avait en face.

— Vous êtes cinglée ou quoi ? s’exclama-t-il, remonté, sans perdre une minute de plus.

Maggie ne put sortir un mot de sa bouche.

Elle était figée, plongée dans ses yeux. Elle le regardait lui hurler dessus…

Sans protester.

— Vous devriez faire attention ! Vous auriez pu vous faire tuer… Vous vous rendez compte ?! s’exclama-t-il, plus fort encore.

Tout à coup, un bruit de portière qui s’ouvrait attira leur attention à tous les deux.

— Papa, c’est qui cette dame ? fit entendre une petite voix.

Le chauffeur descendit lui aussi de la voiture et se précipita immédiatement vers le petit.

— Excusez-moi, monsieur. Je n’ai pas pu l’en empêcher, déclara-t-il.

— William, rentre dans la voiture et assieds-toi sagement. Papa discute encore un peu avec cette dame, d’accord ? Écoute ce que Paul te dit.

— D’accord, papa, acquiesça le petit, qui rentra tout sagement dans la voiture.

Progressivement, l’homme posa à nouveau son regard sur Maggie.

— Que ce soit la dernière fois que vous vous retrouviez en pleine rue de cette façon. Si vous voulez vous faire tuer, trouvez un autre moyen. N’impliquez personne d’autre. Et que ce soit la dernière fois que je vous retrouve sur mon chemin, déclara-t-il sur un ton dur.

Sans lui laisser le temps de dire quoi que ce soit, il la relâcha brusquement, se dirigeant vers sa voiture.

Il rentra, et la voiture démarra de plus belle sous le regard troublé de la pauvre Maggie…

Elle suivit le véhicule du regard, la peur au ventre.

— J’ai… j’ai failli me faire renverser… si c’était le cas, qu’auraient dit papa, maman et Lucie… s’il m’était arrivé quelque chose, comment est-ce que je vais pouvoir tenir ma promesse ? murmura-t-elle, les pupilles encore grandes ouvertes.

Elle s’essuya immédiatement les yeux.

Puis elle s’empressa de traverser le plus vite possible. Elle courut, oubliant derrière elle ce risque bien trop grand qui avait failli lui coûter la vie et ses promesses.

Maggie marchait d’un pas le plus rapide possible, mais toujours avec ce sentiment d’impuissance et ce chagrin qui lui pesaient lourd dans la poitrine.

Des minutes plus tard, elle souffla. Les bras le long du corps et le regard braqué devant elle, la fatigue se lisait dans ses yeux, mais étrangement, un sourire se dessinait progressivement sur son visage.

Juste en face, l’orphelinat « Le Cœur sur la main » et sa fondatrice, Mère supérieure Sarah, qui revenait avec les tout-petits…

Son sourire devint de plus en plus grand, comme si, l’espace d’une seconde, toute sa peine s’était dissipée.

Elle s’arrêta, observant la joie des tout-petits et le sourire de Mère Sarah qui riait avec eux. Cela suffit à Maggie pour esquisser elle aussi un sourire.

Tout à coup, sa voix retentit jusqu’à eux.

— Mère Sarah ! Les enfants !

Elle se mit à courir en leur direction, et tous les enfants accoururent vers elle.

— Les enfants ! s’exclama-t-elle, toute joyeuse… on aurait dit une autre personne.

On était passé de la tristesse à la joie ; une personne rayonnante, bien loin de cette autre version d’elle.

— Maggie, ma fille ! l’interpella Mère Sarah en se rapprochant elle aussi.

— T’es déjà là, mon enfant ?

— Oui, mère. Vous allez bien ?

— Oui, nous allons tous bien. Pas vrai, les enfants ?

— OUI !!! répondirent-ils tous à l’unisson, un grand sourire illuminant chacun de leurs visages.

En arrivant dans cet endroit où l’amour et le partage primaient, où le sourire était important pour ces petites âmes qui n’avaient pas demandé à venir au monde, encore moins à perdre les seules personnes de leur vie qui les aimaient inconditionnellement…

C’est dans cette ambiance qu’elle travaillait.

Partager, aider, donner de la joie, rassurer : c’est ce que son quotidien lui imposait de faire, et qu’elle faisait avec le plus grand des sourires, et ce avec le cœur, malgré que ce même petit cœur qui rayonne pour les autres peine à trouver son propre rayon de soleil.

— On y va ? dit Mère Sarah.

Maggie acquiesça et tous rejoignirent l’intérieur.

Des minutes plus tard,

Mère Sarah revint au salon. Son regard devint inquiet en voyant Maggie, qui semblait de nouveau absorbée par ses pensées.

— Maggie, l’interpella-t-elle en se rapprochant.

Maggie sursauta, se levant immédiatement de sa chaise.

— Mère supérieure, vous m’avez appelée ? Vous souhaitez que je fasse quelque chose pour vous ? demanda-t-elle, surprise.

— Non, mon enfant, ça va. Mais dis-moi, qu’est-ce qui ne va pas ? Il y a quelques minutes, tu m’avais l’air tellement soucieuse. As-tu un souci ?

Maggie peinait à la regarder dans les yeux… tout se bousculait dans sa tête. Elle était partagée.

— Je… je vais bien. Tout va bien, lança-t-elle brusquement, un sourire aux lèvres.

— Maggie, ma fille, je te connais. Et tu sais que tu peux me parler, tu sais, insista Mère Sarah de son ton calme et de sa voix si douce que Maggie se mit à réfléchir.

— Je… en fait…, balbutia-t-elle.

— En fait, je viens de me souvenir que la cour… la cour avait de la poussière. Je dois nettoyer la cour. C’est ça.

— La cour ? souffla Mère Sarah, surprise par sa réponse.

— Oui, mère… En fait, j’étais un peu gênée de vous dire que je commençais à m’ennuyer, et puis je viens de me souvenir qu’après le retour des enfants, il y a toujours une marée de poussière dans la cour. Donc du coup, je vais aller verser un peu d’eau pour la dissiper. Excusez-moi, mère, déclara-t-elle avec hâte et gêne.

Aussitôt dit, aussitôt fait : elle prit la route vers la buanderie.

Une fois dans la pièce, elle referma la porte derrière elle, et là, elle ne put s’empêcher de laisser couler des larmes silencieuses…

Comment vous dire que ma famille et moi avons besoin d’une avance aussitôt, mère ? Comment pourrais-je me le permettre alors que vous vous battez comme vous pouvez pour cet orphelinat ? Comment ?

Soudain, elle entendit des bruits de pas.

Instantanément, elle s’essuya les yeux et reprit le cours en posant de l’eau dans un seau.

Puis elle prit le balai et ressortit comme si de rien n’était.

En sortant, Mère Sarah se tenait face à elle, mitigée.

— Maggie, est-ce que ça va ?

Maggie feignit un sourire rapide.

— Oui, oui, mère… ça m’embêtait juste de vous le dire… maintenant je vais aller terminer cela au plus vite avant le déjeuner des petits.

Elle marcha d’un pas légèrement plus rapide, comme si elle essayait de se défiler, intriguant la mère supérieure, qui sentait bien qu’elle ne lui disait pas tout…

À peine arrivée, l’expression de Maggie changea de nouveau ; ses yeux ne mentaient plus. Elle était triste. La lueur dans ses yeux abattus en disait long.

Elle déposa son seau sur la véranda et ses yeux parcoururent la cour.

— Au moins, ce n’était pas faux…, murmura-t-elle avant de soupirer.

Elle se ressaisit et se mit aussitôt au travail.

Soudain, le portail résonna d’un coup.

Maggie se dirigea vers là, intriguée.

— Qui ça peut bien être ? murmura-t-elle.

Un autre coup retentit.

— Un peu de patience ! J’ouvre ! s’exclama-t-elle.

Elle tourna la clé dans la serrure et le portillon s’ouvrit face à elle.

En levant les yeux, ceux-ci s’agrandirent d’étonnement.

Le balai tomba de ses mains.

Elle ne s’y attendait pas.

— Vous ? Vous ? Vous ici ?

L’homme à l’allure imposante et au regard poignant d’il y a peu de temps…

Le monsieur qui lui avait bien fait comprendre de ne pas rendre les gens responsables de ses actes irresponsables se trouvait une nouvelle fois face à elle.

Et pour lui, son regard ne changea pas…

Il était tout aussi intrigué, mais conscient que leurs chemins n’étaient pas censés se recroiser.

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