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Chapitre 02: Sous le poids des responsabilités

Author: Lucentia
last update Last Updated: 2026-01-23 17:34:43

Le cœur lourd, la pression plus forte de jour en jour, Maggie, l’aînée, la grande sœur, devait assurer une responsabilité que ses parents lui avaient brusquement confiée.

Sa main recouvrant sa bouche alors qu’elle craquait, elle restait figée sous le poids de sa tristesse, son regard empli de larmes.

Le temps d’un instant, elle souffla, même si cela signifiait tout laisser sortir.

Soudain, la petite voix de Lucie se fit entendre au bout du couloir. Comme une alarme, un signalement qui l’obligeait à tout ravaler à nouveau d’un coup, Maggie s’essuya immédiatement les yeux.

D’un coup, ses larmes disparaissaient. Ses vêtements, ses mains, elle utilisait tout ce qu’elle pouvait pour se sécher au plus vite les yeux.

Entendant l’appel de la petite devenir de plus en plus constant, elle s’empressa de parcourir le couloir et d’aller la rejoindre.

— Oui, oui, Lucie, je suis là, mon cœur, s’empressa-t-elle en arrivant près d’elle.

Lucie la regardait vivement.

— Maggie, est-ce que tu pleures ? demanda-t-elle en voyant ses yeux encore un peu luisants.

— Non ! Non, ma puce. Je ne pleure pas. J’ai juste une petite poussière dans l’œil. Dis-moi, tu voulais me dire quelque chose ?

— J’ai terminé de manger. Est-ce que je peux venir avec toi ? fit-elle la demande de sa petite voix tellement douce.

Maggie ne comprenait pas. Ses pupilles se posèrent sur elle, intriguées face à cette demande surprenante.

— Papa et maman sont là, Lucie. Et moi, je vais travailler, répondit-elle en lui souriant tendrement.

Lucie se retourna, détournant son regard de celui de sa sœur. Sa mine devint triste. Elle croisa ses bras comme si elle était agacée.

— Maggie, moi je veux venir avec toi ! Papa et maman ne parlent pas avec moi ! Ils ne jouent pas avec moi. Ils me laissent toujours toute seule au salon.

À mesure qu’elle parlait, l’expression de Maggie devenait aussitôt plus triste. Elle ne pouvait que caresser tout doucement les cheveux de la petite, tentant de la calmer.

Brusquement, Lucie se retourna face à elle. Ses petits yeux s’agrandirent d’une ferme détermination qui n’était pas habituelle chez une enfant.

— Et je m’ennuie toute seule ici ! Je n’ai pas le droit de sortir jouer à l’extérieur. Je suis toute seule, Maggie. S’il te plaît, laisse-moi venir avec toi. S’il te plaît, Maggie, supplia-t-elle, les larmes au creux de ses yeux.

Maggie ne savait quoi répondre à cet instant. Tout ce qu’elle ressentait, c’était de la peine. Une tristesse plus grande que la sienne. Un chagrin en voyant sa petite sœur aussi triste.

Au fond, Maggie comprenait ce qu’elle ressentait. Leurs parents n’étaient là ni pour elle ; néanmoins, cela semblait déjà avoir trouvé écho dans son cœur. Mais pour sa petite sœur, cela était encore plus affligeant.

Sans qu’elle ne s’en rende compte, des larmes remontaient en surface. Sur-le-champ, Maggie détourna son visage de la petite Lucie et nettoya aussitôt le creux de ses yeux, avant de se retourner vers elle tout en esquissant un léger sourire sur ses lèvres.

— Écoute, Lucie… à l’orphelinat, je ne resterai pas non plus près de toi, tu sais. J’y vais pour travailler. Et je ne peux pas t’y amener sans demander la permission à papa et maman et à la mère supérieure.

Lucie serra le visage, pas du tout satisfaite de sa réponse.

— Maggie, s’il te plaît. Papa et maman ne le remarqueront même pas… ils s’en fichent de moi ! ajouta-t-elle tristement.

— Non ! Lucie, ne dis pas ça, ma puce. Papa et maman t’aiment, sauf qu’ils sont très occupés. On va faire une chose : tu aimes beaucoup dessiner, pas vrai ?

Lucie hocha la tête.

— Occupe-toi en dessinant et, une fois arrivée à l’orphelinat, je demanderai la permission à Mère Supérieure. Comme ça, de temps en temps, on demandera aux parents et je pourrai t’y amener, d’accord, ma puce ?

— D’accord, répondit-elle, un brin de frustration dans la voix.

Maggie la regardait. Elle savait que les remarques de sa sœur étaient justes.

Mais que pouvait-elle lui dire ? Qu’elle avait raison et que leurs parents n’agissaient pas vraiment comme ils le devaient et qu’ils lui mettaient une grosse pression qui pesait lourd sur ses épaules ?

Elle ne le pouvait pas.

Tout ce poids n’était que pour elle. Elle qui venait d’avoir vingt-deux ans, mais pas pour une fillette de sept ans qui n’avait rien demandé et qui méritait de vivre une vie beaucoup plus sereine et épanouie.

Maggie se pencha vers elle, lui faisant un bisou sur la joue.

Puis, avec le sourire, elle lui dit :

— Fais-moi de jolis dessins, d’accord ? Je te ramènerai encore plus de crayons de couleur.

Lucie semblait toujours aussi triste. Ses yeux étaient légèrement baissés et son expression était comme neutre, pas heureuse.

Maggie porta une main à sa joue, soulevant ses yeux droits vers les siens.

— Maintenant, je veux te voir sourire, ma puce. Tu es tellement plus mignonne quand tu le fais. Je n’aime pas te voir triste, ça me rend très triste aussi, dit-elle.

Soudain, le regard de Lucie s’ouvrit plus grand. Elle porta ses petites mains sur celles de Maggie qui soutenaient son menton.

— Non ! Non ! Maggie, je ne veux pas que tu sois triste. Regarde, je souris ! s’exclama-t-elle.

Elle sourit aussitôt, pour le plus grand bonheur de Maggie qui ne voulait qu’une chose, et d’ailleurs la plus précieuse à ses yeux : voir sa petite sœur toujours heureuse.

Et sa petite sœur, elle aussi, malgré son jeune âge, savait qu’elles pouvaient compter l’une sur l’autre.

— Je suis très contente, Lucie. Je ne serai pas triste. Souris toujours comme ça. Un jour, on ne sera plus très tristes toutes les deux. Et on sera très, très heureuses avec papa et maman. D’accord ?

— Oui, Maggie, répondit Lucie.

— Maintenant, je dois y aller. À tout à l’heure, ma puce.

Maggie se leva et avança jusqu’à la porte. Juste au moment de la franchir, elle se tourna vers sa sœur dont le sourire avait déjà disparu. Mais dès lors que leurs regards se croisèrent à nouveau, toutes deux se mirent à sourire… même si, au plus profond, c’était dur.

Maggie lui fit signe d’au revoir de la main et Lucie fit pareil.

Puis elle se retourna et franchit la porte.

Avant même d’avancer, la porte au bout du couloir claqua vivement.

— Maggie ! hurla la voix de sa mère.

Maggie se retourna, tétanisée, mais dès lors qu’elle vit les yeux de sa sœur, un léger sourire se dessina sur ses lèvres.

Maggie rentra aussitôt.

— Oui, maman !! répondit-elle avec hâte.

Sa mère se montra face à elle.

D’un ton dur, avec la mine serrée, sa mère lui dit :

— Parle avec cette mère de l’orphelinat. Nous avons besoin de l’avance. Est-ce que c’est compris ?

Malgré son visage mitigé, Maggie hocha rapidement la tête.

— Oui, maman, répondit-elle en trouvant un peu de force intérieure.

— Vas-y donc.

Avant de ressortir, Maggie jeta tout de même un regard sur la petite Lucie et lui sourit de nouveau pour la rassurer, puis elle s’en alla, plus stressée que jamais.

À peine la porte franchie, un torrent de pensées l’envahit sur-le-champ. Elle avançait, mais c’était comme si ce n’était qu’une ombre qui marchait.

Elle avançait dans une bulle où tout ce qui l’entourait n’était que ses craintes, la pression…

— Maggie ! Bonjour, ma fille ! l’appela une maman.

Même les appels ne pouvaient la ramener.

— Ah ! Mais qu’est-ce qu’il lui arrive ? s’interrogea cette dernière.

— Maman, qu’est-ce qui t’arrive ?! demanda une jeune fille qui la rejoignit à l’extérieur, bien apprêtée.

— C’est Maggie, Christelle. D’habitude, chaque matin, elle me salue, mais aujourd’hui, ce matin, elle semble ailleurs.

— Maman, ce sont les soucis d’argent qui font ça ! lâcha la jeune fille en poussant un léger rire.

— Mais si c’est ça, apporte-lui ton aide. Aide-la à trouver du travail, lança la mère.

— Moi, l’aider ? Qui m’a aidée ? En plus, tu ne peux pas obliger quelqu’un à faire quoi que ce soit. Si elle le voulait, elle me l’aurait demandé, répondit-elle en ajoutant son rouge à lèvres.

— Mais Christelle !

— Maman, s’il te plaît. À ce soir ! Bisous !

Elle s’en alla en claquant ses talons pointus sur le sol.

Point de vue de Maggie

Je ne me sens pas à la hauteur de ce que je peux leur apporter. Je veux être une bonne fille pour mes parents et une meilleure sœur, mais je ne sais comment leur faire plaisir. Je fais tout ce qu’il faut, mais je ne suis jamais à la hauteur.

Un léger sourire, le moindre encouragement, je ne les reçois pas.

Est-ce ça, la famille ?

Cela se résume-t-il au poids de ce que tu rapportes en termes d’argent ?

Je vais tout de même continuer à me battre, même si cela implique de multiplier plusieurs boulots.

Les pensées de Maggie pesaient lourd sur elle. Elle marchait comme si plus rien n’existait… même plus la route…

Elle suivait un itinéraire qu’elle connaissait déjà depuis bien des années, mais elle ne se rendit pas compte qu’elle devait prendre un chemin qui lui demandait beaucoup plus d’attention…

La route.

Marchant sans regarder, elle ne se rendit pas compte de ce qui l’attendait…

Une voiture roulante n’était plus qu’à quelques mètres.

Elle avançait doucement, sans se rendre compte du danger.

Soudain, le chauffard klaxonna, une, deux fois, rien.

Ce qui intrigua le passager à l’arrière : un homme à l’allure imposante.

— Paul, qu’est-ce qui se passe ? demanda-t-il sur un ton ferme.

— Monsieur, excusez-moi, mais c’est cette jeune femme sur le chemin qui semble avancer à l’aveugle.

Le monsieur porta son regard froid et durci droit devant, posé sur elle…

Puis, sur un ton tranchant :

— Vas-y, roule ! ordonna-t-il sans détour.

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