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Le Tabou
Le Tabou
作者: La clé du succès

chapitre 1

last update 公開日: 2026-09-02 00:09:23

Je me réveillai avec le sourire aux lèvres.

À travers les rideaux, les rayons du soleil entraient déjà dans ma chambre et réchauffaient doucement les draps. Pour une fois, je m’étais levée sans cette sensation de fatigue qui me collait souvent à la peau.

J’étais simplement heureuse.

Je ne savais pas encore ce que la journée me réservait, mais j’avais cette agréable impression qu’elle serait différente des autres.

Après m’être préparée, je descendis les escaliers en chantonnant.

À peine arrivée dans la cuisine, je trouvai mon père et mon cousin déjà installés à table. Tous les deux levèrent les yeux vers moi.

Mon père eut un petit sourire amusé.

— Bonjour, Maria !

Il prit une tasse de café posée devant lui et me la tendit.

— Tiens.

Je la pris entre mes mains. La chaleur de la tasse me réchauffa immédiatement les doigts.

— Merci, papa.

Il avait l'air particulièrement joyeux ce matin-là. Ses yeux pétillaient, comme s'il retenait une bonne nouvelle depuis un moment.

— Aujourd'hui est un jour spécial, annonça-t-il. Nous allons passer la journée ensemble. Juste tous les trois.

Je haussai les sourcils.

Tous les trois ?

Mon cousin, assis à côté de lui, se contenta de me faire un clin d'œil.

— Oui. Et on va faire quelque chose de vraiment amusant !

Il avait volontairement insisté sur les derniers mots.

Je plissai les yeux.

— Vous préparez quelque chose, c'est ça ?

Ils échangèrent un regard avant de sourire.

Évidemment.

Il y avait un secret.

Je m'installai à table et attrapai mon croissant. Après une bouchée, je reposai aussitôt mon regard sur eux.

— Alors ? Qu'est-ce qu'on va faire aujourd'hui ?

Ma curiosité était devenue impossible à cacher.

Mon père secoua la tête, amusé.

— C'est une surprise.

— Papa…

— Tu verras. Je pense que tu vas adorer.

Je soupirai, mais un sourire finit par apparaître sur mon visage.

Une surprise.

Très bien.

J'allais devoir patienter.

Sauf que patienter n'avait jamais été mon point fort.

Je terminai donc mon petit-déjeuner beaucoup plus vite que d'habitude. À chaque fois que je regardais mon père, il affichait ce même sourire mystérieux.

Le temps semblait avancer au ralenti.

Enfin, nous quittâmes la maison.

Mon cousin prit les clés de la voiture et s'installa au volant. Mon père monta à côté de lui, tandis que je pris place à l'arrière.

À peine avions-nous démarré que la musique retentit dans l'habitacle.

Je reconnus immédiatement l'une de mes chansons préférées.

Je montai un peu le volume et me mis à chanter.

— Tu vas nous casser les oreilles ! lança mon cousin en riant.

— Laisse-la chanter, répondit mon père.

— Merci, papa !

Je continuai encore plus fort, ce qui les fit rire tous les deux.

Pendant quelques minutes, je ne pensai à rien d'autre.

Il n'y avait que la musique, les plaisanteries de mon cousin et cette sensation agréable d'être entourée des personnes que j'aimais.

Puis, après quelques minutes de route, nous arrivâmes enfin à destination.

La voiture s'arrêta devant un immense parc.

Je restai un instant sans voix.

De grands arbres bordaient les chemins. Des fleurs de toutes les couleurs poussaient un peu partout et, au centre du parc, un vaste lac reflétait les rayons du soleil.

C'était magnifique.

Mon cousin coupa le moteur.

Nous descendîmes de la voiture.

L'air sentait les fleurs fraîches et l'herbe chauffée par le soleil. Au loin, des oiseaux chantaient entre les branches.

Je regardai autour de moi, émerveillée.

— Qu'est-ce que c'est que cet endroit ?

Mon père s'approcha de moi avec un sourire.

— Un parc où nous allons passer toute la journée.

Je le regardai, incrédule.

— Toute la journée ?

— Oui. Nous avons prévu un pique-nique, quelques jeux… et surtout, tu vas devoir profiter du soleil.

Je souris aussitôt.

— Ça me plaît déjà.

Nous trouvâmes un coin tranquille près du lac et étalâmes une couverture à carreaux sur l'herbe.

Mon père sortit la nourriture pendant que mon cousin fouillait dans son sac.

Il en sortit finalement un ballon de football.

Il le lança légèrement dans les airs avant de le rattraper.

— Alors, qui veut jouer ?

Je levai immédiatement la main.

— Moi !

Mon père leva la sienne à son tour.

— Je participe aussi.

Mon cousin éclata de rire.

— Très bien. Mais ne venez pas vous plaindre quand je vais gagner.

— Dans tes rêves !

Je partis en courant derrière le ballon.

L'après-midi passa sans que je m'en rende compte.

Nous jouâmes, nous nous taquinâmes et nous rîmes comme des enfants. À plusieurs reprises, mon cousin trébucha presque en essayant de récupérer le ballon, ce qui nous fit rire pendant plusieurs minutes.

Entre deux parties, nous retournions nous asseoir sur la couverture pour manger quelque chose avant de repartir jouer.

Je ne regardai presque pas l'heure.

Je n'en avais pas envie.

Je voulais simplement profiter de ce moment.

Après plusieurs heures, nous décidâmes finalement de faire le tour du lac.

Le soleil commençait déjà à descendre dans le ciel. La chaleur de l'après-midi s'était adoucie et une petite brise faisait bouger les feuilles des arbres.

Nous avancions tranquillement, sans vraiment parler.

Pour une fois, le silence ne me gênait pas.

Il était agréable.

Puis, soudain, mon cousin s'arrêta.

— Regardez !

Il pointa quelque chose du doigt.

Je suivis son geste.

Sur le lac, un groupe de cygnes avançait lentement sur l'eau.

Je ralentis aussitôt.

Leurs plumes blanches ressortaient contre la surface sombre du lac. Ils glissaient tranquillement, sans faire presque aucun bruit.

Je restai bouche bée quelques secondes.

— Oh…

Un sourire se dessina sur mon visage.

— C'est magnifique.

Mon père passa doucement son bras autour de mes épaules.

— Oui. C'est vraiment beau.

Nous restâmes là sans bouger.

Le clapotis de l'eau arrivait jusqu'à nous, accompagné du chant des oiseaux et du bruissement léger des feuilles.

Je ne pensais à rien.

Je regardais simplement les cygnes.

Après un moment, mon cousin désigna un banc un peu plus loin.

— On devrait s'asseoir là-bas. Le coucher de soleil va bientôt commencer.

Nous suivîmes son idée.

Le banc en bois était encore chaud sous nos mains lorsque nous nous installâmes.

Quelques minutes plus tard, le ciel commença à changer.

Les couleurs du jour laissèrent doucement place à des nuances de rose, d'orange et de doré.

Je fixai l'horizon sans parvenir à détourner les yeux.

Tout semblait calme.

Paisible.

Je pris une profonde inspiration. L'air frais entra dans mes poumons, chargé de l'odeur des fleurs.

— C'est incroyable…

Ma voix n'était qu'un murmure.

Mon père et mon cousin acquiescèrent en silence.

La lumière du soleil couchant éclairait leurs visages.

Nous restâmes encore longtemps sur ce banc à parler de tout et de rien.

Mon cousin raconta quelques histoires qui nous firent rire. Mon père en ajouta d'autres, et je me surpris à rire jusqu'à en avoir mal aux joues.

Je voulais que ce moment dure.

J'aurais aimé pouvoir arrêter le temps.

Pour quelques heures, il n'y avait ni problèmes, ni inquiétudes, ni choses à régler.

Seulement nous trois.

Ma famille.

Alors que le soleil disparaissait peu à peu derrière les arbres, je ressentis une douce chaleur dans ma poitrine.

Cette journée n'avait rien d'extraordinaire.

Nous avions simplement mangé ensemble, joué, marché autour d'un lac et regardé le coucher du soleil.

Et pourtant, pour moi, elle comptait énormément.

Je compris à cet instant que ce n'étaient pas toujours les grandes choses que l'on gardait le plus longtemps dans son cœur.

Parfois, il suffisait d'un après-midi avec les bonnes personnes.

Je regardai mon père, puis mon cousin.

Un sourire discret étira mes lèvres.

La journée touchait à sa fin, mais je me sentais heureuse. Vraiment heureuse.

Et je savais que, peu importe ce que la vie nous réserverait plus tard, je garderais précieusement ce souvenir.

Cette journée passée avec ceux que j'aimais.

Cette journée où, pendant quelques heures, tout avait semblé parfaitement simple.

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