LOGINPOV de MaëllePlus bas, je vois celui de Mia.Je pose aussitôt la main sur la page.— Ma fille n’a rien à faire là-dedans.— Votre fille fait partie de votre situation, et aucun père qui semble vouloir porter son nom.Ma chaise racle légèrement le sol lorsque je me redresse.— Ta gueule.Apolline ne hausse pas la voix. Elle retiresimplement la feuille de sous ma main et la replace dans le dossier.— Vous avez interrompu vos études, enchaîné des petits emplois et élevé seule une enfant dont personne ne connaît le père. Maintenant, vous quittez la chambre d’un homme fiancé à deux heures du matin. Je ne porte aucun jugement, Maëlle. Je vous explique seulement ce que les autres verront.Mon café arrive. Le serveur pose la tasse devant moi. Apolline attend qu’il s’éloigne.— Les gens aiment les histoires simples. Une mère célibataire en difficulté. Un homme riche. Une nuit dans un hôtel. Ils décideront vite laquelle de vous deux cherchait à obtenir quelque chose.— C’est une menace ?— Un
POV de Maëlle— Depuis qu’il est revenu.Son visage se ferme davantage.— Qu’est-ce que ça veut dire ?— Qu’on a couché ensemble.Les mots sont sortis plus facilement que prévu. Ce qui vient après est pire.Bastien sort son téléphone.— Qu’est-ce que tu fais ?— Je le rappelle.Je descends les deux dernières marches et lui prends le téléphone avant qu’il ait le temps de déverrouiller l’écran.— Non.— Maëlle, ce type est fiancé.— Je suis au courant.— Apparemment, ça ne l’empêche pas de grimper par ta fenêtre.— Et moi, j’ai vingt-trois ans. Je savais ce que je faisais. Je n’étais ni ivre ni forcée, alors tu ne vas pas régler ça avec lui comme si j’avais quinze ans.Bastien me reprend son téléphone, mais ne rappelle pas Sacha.— Et maintenant ?— Maintenant, c’est terminé.Il me regarde assez longtemps pour comprendre que je ne le crois pas complètement moi-même.— Très bien. Mais je ne veux pas te voir cachée dans une chambre pendant qu’une autre femme porte sa bague.La remarque tr
POV de MaëlleLes pas de Bastien se rapprochent dans le couloir.Mia se retourne vers la porte, ravie d’avoir trouvé un nouveau public.— Tonton, Sacha est passé par la fenêtre !Bastien apparaît pieds nus, un tee-shirt froissé sur le dos. Il allait sûrement lui répondre qu’elle avait encore rêvé, mais son regard tombe sur Sacha.Puis sur la fenêtre ouverte.Il remarque la poussière sur sa manche, la feuille accrochée à son pantalon et finit par me regarder. Son visage se ferme.— Qu’est-ce que tu fous là ?Sacha ne cherche pas d’excuse.— Je devais parler à Maëlle.— Par la fenêtre ?— Elle ne voulait pas descendre.Le regard de Bastien revient vers moi. Je remonte machinalement le col de mon haut avant de comprendre que ce geste ne fait qu’aggraver les choses.— On a fini de parler, dis-je. Il allait partir.Sacha ne dit rien.— Tu descends avec moi, dit-il à Sacha.Le ton reste bas, mais ce n’est pas une invitation.Sacha se dirige vers la porte. Bastien ne s’écarte qu’au dernier m
POV de MaëlleSacha franchit la distance entre nous avant que j’aie le temps de répondre.Sa main se referme sur ma nuque et sa bouche prend la mienne. Le baiser est brutal, impatient, sa langue prend la mienne sans relache.Je devrais le repousser tout de suite.Je le sais.Apolline était assise à côté de lui quelques heures plus tôt. Moi, il m’a ordonné de sortir. Maintenant, il entre par ma fenêtre et m’embrasse dans la chambre où ma fille dort à quelques mètres.Pourtant, mes doigts agrippent sa chemise.Sa main glisse jusqu’à ma taille et me plaque contre lui. Il approfondit le baiser dès qu’il sent ma résistance céder. Mon dos heurte le mur, et la chaleur de son corps efface pendant quelques secondes tout ce que je voulais lui dire.Quand il s’écarte enfin pour reprendre son souffle, je retrouve assez de lucidité pour poser mes deux mains sur son torse.Je le repousse de toutes mes forces.— Arrête.Il reste devant moi, la respiration plus lourde, mais ne cherche pas à me reprend
POV de MaëlleMa réponse ne semble pas l’étonner. Bastien disparaît dans la cuisine pendant que Mia me confie un zèbre dont il manque la moitié.Je passe le reste de la journée à faire comme si rien ne s’était produit. Je termine deux fiches pendant que Mia dessine près de moi, aide ma mère à préparer son bain et réponds à une question de Madame Roussel. Mon téléphone reste silencieux au fond de mon sac.Sacha ne cherche pas à m’expliquer pourquoi il m’a chassée de la salle.C’est mieux ainsi.Le soir, Mia réclame deux histoires parce que son pansement « travaille encore ». J’en négocie une et demie. À la moitié de la seconde, ses yeux commencent à se fermer.Je reste près d’elle jusqu’à ce que sa respiration devienne régulière. Sa chambre se trouve juste en face de la mienne, de l’autre côté du couloir. Je laisse sa porte entrouverte et allume la petite veilleuse offerte par ma mère.Mon téléphone vibre dès que j’entre dans ma chambre.Un message de Sacha.**Descends.**Je m’approche
POV de MaëlleApolline, elle, ne fait aucun effort pour cacher ce que signifie la photographie affichée entre nous.Ses doigts serrent encore le téléphone. La bague à sa main gauche appuie contre la coque. Lorsqu’elle regarde Sacha, son visage reste maîtrisé, mais sa bouche se durcit.Elle attend une explication.Je n’ai aucune envie d’être là quand il la lui donnera.Je commence à refermer mon dossier. Mes mains sont moins précises que pendant la réunion et l’une des photographies glisse de la pochette. Je me baisse pour la récupérer au moment où Sacha entre enfin dans la pièce.— Maëlle, laisse-nous.Je me redresse avec la feuille à la main.J’ai dû mal entendre.— Pardon ?Il referme la porte derrière lui, sans quitter Apolline des yeux.— Sors. Je dois lui parler.Le mot tombe dans la pièce avec une facilité humiliante.Apolline ne sourit pas. Elle ne me regarde même plus. Elle reste assise à la table, parfaitement à sa place, pendant que je range les documents assez vite pour évi







