LOGINChapitre 60
Livia
Les mots d'Eleanor résonnent encore dans l'air confiné de la chambre secrète, ils flottent autour de nous comme des papillons de nuit, et je reste debout près de la porte, les bras ballants, le cœur serré dans un étau, à écouter cette femme raconter les dix années de captivité que son propre père lui a infligées. Dix années enfermé
Chapitre 83AlexanderLes paroles de Livia ont balayé mes dernières résistances, elles ont fait tomber les dernières murailles que j'avais érigées autour de mon cœur, et je reste là, immobile, les mains posées sur les siennes, à la regarder avec une gratitude qui me submerge tout entier. Elle ne veut pas de mes excuses, elle ne veut pas de mon repentir, elle veut mon amour, elle veut ma confiance, elle veut que je cesse de fuir et que je l'accepte enfin comme le cadeau qu'elle est. Et dans ses yeux verts, dans ce regard d'émeraude qui a traversé mes ténèbres pour venir me chercher, je vois une vérité si pure, si lumineuse, qu'elle efface d'un coup toutes mes peurs et tous mes doutes.Elle se hisse sur la pointe des pieds, elle pose ses lèvres sur les miennes, et ce baiser, ce deuxième baiser, est u
Chapitre 82LiviaLes mots d'Alexander résonnent dans le silence de la bibliothèque, ils se heurtent aux murs de pierre et reviennent vers moi comme des échos de sa souffrance, et je sens mon cœur se serrer dans ma poitrine en voyant cet homme que j'aime se replier sur lui-même, se flageller, se punir pour des crimes qu'il a déjà expiés mille fois. Il est là, devant moi, les poings serrés, les mâchoires crispées, les yeux baissés comme un coupable devant son juge, et il me demande pardon, il me supplie de lui pardonner un baiser, un simple baiser, comme si ce geste d'amour était une faute impardonnable, comme si sa bouche sur la mienne était un crime de plus à ajouter à la liste de ses péchés.Je m'approche de lui, je réduis la distance qu'il a mise entre nous, et je pose mes mains sur
Chapitre 81AlexanderLe baiser s'achève, nos lèvres se séparent, et le silence retombe sur la bibliothèque comme un voile, chargé de tout ce qui vient de se passer, de tout ce que nous venons de nous dire sans mots, de tout cet amour qui a éclaté entre nous comme une digue qui cède. Mais alors que je devrais me sentir comblé, apaisé, vivant, quelque chose se brise en moi, une pensée parasite s'insinue dans mon esprit, une pensée qui me glace le sang et qui fait vaciller mon bonheur naissant. Je recule, je fais un pas en arrière, je détache mes mains de sa taille, et je baisse les yeux, incapable de soutenir son regard, incapable de supporter la douceur qui émane d'elle, incapable d'accepter ce que je viens de faire.— Pardonnez-moi, murmuré-je d'une voix brisée, une voix qui n'est plus qu'un filet
Chapitre 80LiviaLe baiser d'Alexander est une révélation, une renaissance, un bouleversement si total que je sens le monde entier vaciller autour de moi, et je m'accroche à lui comme une naufragée à une bouée, les doigts crispés sur ses épaules, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Ses lèvres sont douces contre les miennes, ses mains tremblent légèrement sur mes joues, et je sens dans ce baiser toute la peur et tout l'amour qu'il a retenus pendant des années, toute la tendresse qu'il n'a jamais osé offrir, toute la confiance qu'il m'accorde enfin. Je réponds à son baiser, je réponds de toute mon âme, de tout mon corps, de tout mon être, et je laisse mes lèvres bouger contre les siennes dans un dialogue silencieux qui n'appartient qu'à nous.Mes mains remontent
Chapitre 79AlexanderLes mots de Livia résonnent encore dans l'air du petit matin, ils se mêlent à la lumière dorée qui filtre à travers les fenêtres ogivales, ils dansent autour de nous comme des lucioles invisibles, et je sens mon cœur se gonfler d'une émotion si vaste, si profonde, qu'elle menace de me submerger tout entier. Elle vient de me dire qu'elle ne partira pas, qu'elle restera pour Eleanor, pour Thornfield, pour moi, et ces mots, ces mots simples et puissants, sont en train de détruire les dernières murailles que j'avais érigées autour de mon âme. Elle est là, devant moi, les yeux verts brillants de larmes et d'amour, les mains posées sur mon torse, le visage levé vers le mien, et je sais que c'est le moment, que c'est l'instant que j'ai attendu sans le savoir depuis le premier jour, depuis la première fois q
Chapitre 78LiviaLes mots d'Alexander résonnent encore dans l'air du petit matin, ils flottent autour de nous comme des bulles de savon qui n'éclatent pas, et je sens son regard posé sur moi, ce regard gris qui a tant changé depuis le premier jour, ce regard qui est passé de la glace à la braise, de la haine à l'amour, de la méfiance à la confiance. Il vient de me dire qu'il ne veut plus que je parte, il vient de m'ouvrir son cœur comme il ne l'a jamais fait, il vient de me supplier de rester avec une vulnérabilité qui me bouleverse, et je sais, je sais au plus profond de mon être, que ma place est ici, que je ne partirai jamais, que je ne pourrais pas partir même si je le voulais, parce que cet homme est devenu ma maison, mon refuge, mon avenir.Je m'approche de lui, je me lève du canapé où nous ét
Chapitre 9AlexanderJe reviens dans la chambre une heure plus tard, comme je l'ai promis, comme je l'ai ordonné, et cette fois je ne suis pas seul. Gideon m'accompagne, silhouette noire et silencieuse qui se tient en retrait près de la porte, et dans mes mains gantées de cuir noir, je tiens le con
Chapitre 8LiviaIl est parti. La porte s'est refermée sur lui avec ce bruit sec et définitif que je commence à connaître, ce claquement de loquet qui est devenu la bande-son de mon cauchemar éveillé, et je reste seule dans la chambre glacée, debout près de la fenêtre ogivale, les doigts crispés su
Chapitre 7AlexanderLa question de Livia flotte dans l'air glacé de la chambre, et je la vois, cette femme qui me défie du regard malgré la terreur qui fait trembler ses mains, malgré la pâleur de ses joues, malgré les cernes violettes qui soulignent ses yeux verts et trahissent une nuit de larmes
Chapitre 6LiviaLe nom claque dans l'air glacé de la chambre comme un coup de fouet, et tout mon être se fige, se cristallise, se transforme en une statue de sel et d'effroi. Blackthorn. Ashford. Les deux noms sont une seule et même malédiction dans la bouche de cet homme, et je les reconnais avec







