MasukChapitre 78
Livia
Les mots d'Alexander résonnent encore dans l'air du petit matin, ils flottent autour de nous comme des bulles de savon qui n'éclatent pas, et je sens son regard posé sur moi, ce regard gris qui a tant changé depuis le premier jour, ce regard qui est passé de la glace à la braise, de la haine à l'amour, de la méfiance à la confiance. Il vient de me dire qu'il ne veut plus
Chapitre 81AlexanderLe baiser s'achève, nos lèvres se séparent, et le silence retombe sur la bibliothèque comme un voile, chargé de tout ce qui vient de se passer, de tout ce que nous venons de nous dire sans mots, de tout cet amour qui a éclaté entre nous comme une digue qui cède. Mais alors que je devrais me sentir comblé, apaisé, vivant, quelque chose se brise en moi, une pensée parasite s'insinue dans mon esprit, une pensée qui me glace le sang et qui fait vaciller mon bonheur naissant. Je recule, je fais un pas en arrière, je détache mes mains de sa taille, et je baisse les yeux, incapable de soutenir son regard, incapable de supporter la douceur qui émane d'elle, incapable d'accepter ce que je viens de faire.— Pardonnez-moi, murmuré-je d'une voix brisée, une voix qui n'est plus qu'un filet
Chapitre 80LiviaLe baiser d'Alexander est une révélation, une renaissance, un bouleversement si total que je sens le monde entier vaciller autour de moi, et je m'accroche à lui comme une naufragée à une bouée, les doigts crispés sur ses épaules, le cœur battant à tout rompre dans ma poitrine. Ses lèvres sont douces contre les miennes, ses mains tremblent légèrement sur mes joues, et je sens dans ce baiser toute la peur et tout l'amour qu'il a retenus pendant des années, toute la tendresse qu'il n'a jamais osé offrir, toute la confiance qu'il m'accorde enfin. Je réponds à son baiser, je réponds de toute mon âme, de tout mon corps, de tout mon être, et je laisse mes lèvres bouger contre les siennes dans un dialogue silencieux qui n'appartient qu'à nous.Mes mains remontent
Chapitre 79AlexanderLes mots de Livia résonnent encore dans l'air du petit matin, ils se mêlent à la lumière dorée qui filtre à travers les fenêtres ogivales, ils dansent autour de nous comme des lucioles invisibles, et je sens mon cœur se gonfler d'une émotion si vaste, si profonde, qu'elle menace de me submerger tout entier. Elle vient de me dire qu'elle ne partira pas, qu'elle restera pour Eleanor, pour Thornfield, pour moi, et ces mots, ces mots simples et puissants, sont en train de détruire les dernières murailles que j'avais érigées autour de mon âme. Elle est là, devant moi, les yeux verts brillants de larmes et d'amour, les mains posées sur mon torse, le visage levé vers le mien, et je sais que c'est le moment, que c'est l'instant que j'ai attendu sans le savoir depuis le premier jour, depuis la première fois q
Chapitre 78LiviaLes mots d'Alexander résonnent encore dans l'air du petit matin, ils flottent autour de nous comme des bulles de savon qui n'éclatent pas, et je sens son regard posé sur moi, ce regard gris qui a tant changé depuis le premier jour, ce regard qui est passé de la glace à la braise, de la haine à l'amour, de la méfiance à la confiance. Il vient de me dire qu'il ne veut plus que je parte, il vient de m'ouvrir son cœur comme il ne l'a jamais fait, il vient de me supplier de rester avec une vulnérabilité qui me bouleverse, et je sais, je sais au plus profond de mon être, que ma place est ici, que je ne partirai jamais, que je ne pourrais pas partir même si je le voulais, parce que cet homme est devenu ma maison, mon refuge, mon avenir.Je m'approche de lui, je me lève du canapé où nous ét
Chapitre 77AlexanderLes mots de Livia résonnent encore en moi, ils se mêlent aux battements de mon cœur et à la chaleur de son corps blotti contre le mien, et je reste un long moment silencieux, les bras refermés autour d'elle, le visage enfoui dans ses cheveux bruns qui sentent la lavande et le feu de cheminée. Elle est là, elle est réelle, elle n'est pas partie, elle a veillé sur moi toute la nuit et elle m'a couvert quand j'avais froid, et maintenant elle est dans mes bras, chaude et vivante et aimante, et je ne veux plus jamais la laisser partir. Cette vérité s'impose à moi avec la force d'une évidence, elle monte des profondeurs de mon âme comme une vague qui balaie tout sur son passage, et je la serre un peu plus fort contre moi, comme si ma seule étreinte pouvait la retenir, comme si mes bras pouvaient devenir une forteresse imprena
Chapitre 76LiviaLa lumière grise de l'aube baigne la bibliothèque d'une clarté douce et pâle qui filtre à travers les fenêtres ogivales, et je suis assise dans le fauteuil de cuir face au canapé où Alexander s'est endormi la veille au soir, le recueil de poésie d'Elara posé sur mes genoux, les mains croisées sur la couverture de cuir rouge. Je me suis assoupie quelques heures, bercée par le crépitement du feu et par le souffle régulier de son sommeil, mais je me suis réveillée avant lui, et je le regarde maintenant dormir, enveloppé dans la couverture de laine que j'ai posée sur lui au milieu de la nuit, quand le froid est descendu sur la bibliothèque. Son visage est détendu, paisible, comme je ne l'ai jamais vu, et ses longs cils noirs projettent des ombres légères sur ses pommettes hautes
Chapitre 5AlexanderL'aube est grise, une aube sans soleil, sans éclat, une simple dilution de l'obscurité en un jour pâle et maladif qui semble hésiter à se lever tout à fait. Je n'ai pas dormi, je n'ai même pas essayé, et mon corps tout entier est tendu comme la corde d'un arc juste avant la déc
Chapitre 4LiviaJe me réveille dans une chambre inconnue.L'odeur est la première chose qui me frappe. Une odeur de pierre humide, de cendre froide, de métal rouilli et de renfermé. Mes narines se pincent. Ma gorge se serre. J'ouvre les yeux lentement, avec peine, comme si mes paupières étaient en
Chapitre 3AlexanderLa route de Sterling est déserte.Je le sais sans y être. Je connais cette route par cœur. Je l’ai arpentée des dizaines de fois, à cheval, de nuit, à l’affût, à guetter le bon moment, la bonne date, la bonne heure. Ce soir est le bon soir. Livia Deveraux quitte le manoir famil
Chapitre 2LiviaManoir Deveraux, veille de noces.La dentelle gratte ma gorge. Je tourne la tête vers la gauche, puis vers la droite. La robe est belle. On me l’a dit cent fois aujourd’hui. Belle. Ravissante. Éclatante. Les mots tournent dans ma tête comme des mouches autour d’un cadavre. Je les c







