LOGIN
Chapitre 1
Point de vue de Milo Les chaînes argentées étaient froides contre ma peau, et leurs extrémités acérées s’enfonçaient dans ma peau tendre et lisse, assez pour laisser des marques, mais je tenais bon. Je refusais d’en parler. De toute façon, ça n’avait plus d’importance à partir d’aujourd’hui. Mon destin était déjà scellé. J’étais assise au milieu du grand salon de mon père, où régnait une tension palpable. Le dos bien droit, le visage impassible, ma robe épousait mon corps comme une seconde peau. Et ce faisant, elle mettait en valeur mes formes et ma silhouette que je m’efforce toujours tant de dissimuler. Je lui ressemblais comme deux gouttes d’eau. Ma sœur, Millen. Aujourd’hui, c’est le jour où je devais être livrée comme un animal de compagnie à l’un des hommes les plus dangereux de la planète. Je m’appelle Milo, même si ça n’a pas vraiment d’importance. Personne ne m’appelle comme ça. Pour eux, je ne suis rien d’autre qu’une abomination. Une honte. Une Oméga. Je mesure 5,5 pieds, ce qui m’évite de justesse d’être considérée comme petite, contrairement à ma sœur jumelle qui mesurait pas moins de 6,0 pieds. Alors que j’étais mince et maigre à cause du manque de nourriture, ma sœur avait une silhouette athlétique et musclée, avec des formes bien dessinées grâce à l’entraînement rigoureux qu’elle s’imposait. Me comparer à Millen, c’était comme comparer une fourmi à un lion. C’était ma triste vie. Un mâle oméga sans défense. Ma sœur et moi, on s’entendait bien quand on était petits. On était super proches, comme des jumeaux, et on faisait tout ensemble. Mais au fil du temps, la disparité entre nous a créé une tension énorme, nous éloignant de plus en plus l’un de l’autre. Comme si ça ne suffisait pas, ma sœur, le joyau de la famille, est mystérieusement tombée gravement malade. Malheureusement, c’était justement à ce moment-là que mon père, l’alpha de ma meute, devait une somme ridicule au roi de la mafia. Un seigneur de la mafia notoire et redouté. N’ayant aucun moyen de rembourser une telle somme en si peu de temps, toute ma meute était plongée dans la peur de ce que le parrain de la mafia pourrait nous faire. Mais alors qu’on semblait voués à une fin tragique, un message nous est parvenu de la part du parrain. Une échappatoire destinée à nous libérer de sa colère, mais à une seule condition. Ma sœur malade. Et sans même y réfléchir à deux fois, j’ai proposé d’aller à sa place. Je suis faible. J’avais une silhouette menue et élancée. Avec des cheveux blancs ondulés qui m’arrivaient dans le dos, et une peau parfaitement lisse et délicate. Je suis né oméga. Une abomination. Un oméga mâle. Quelque chose qui ne s’était jamais produit auparavant. Et comme si ça ne suffisait pas. Le jour de mes 18 ans, je n’ai pas pu me transformer en loup. Le souvenir était encore frais dans mon esprit : le jour où ma sœur et moi avions eu 18 ans, même en tant qu’oméga, on attendait de moi que je me transforme, mais malheureusement, j’avais lamentablement échoué. Comme si ça ne suffisait pas, ma sœur avait trouvé son loup cette même nuit-là, un loup alpha. C’était comme si toutes les vannes de la haine s’étaient ouvertes à partir de ce jour-là, surtout de la part de mon père qui ne pouvait même plus me regarder en face sans grimacer de dégoût. Ma mère faisait la sourde oreille à tous les mauvais traitements que je subissais. Les larmes me piquaient les yeux. J’avais envie de pleurer, mais je n’osais pas le faire, sinon mon père m’aurait roué de coups pour avoir tenté de faire capoter l’accord qui était presque conclu. C’était ma décision… enfin, si j’avais eu le choix, ça n’aurait pas été le cas. « J’avais fait ça pour elle », continuais-je à me dire. Je lui avais promis que je le ferais. Mais ça ne voulait pas dire que je n’avais pas peur des conséquences de ce que j’avais été forcé d’accepter de faire. Mais même comme ça, je n’avais aucun regret. Je le referais si je devais le faire, pour sauver ma sœur. Le but, c’était bien d’être là pour sa famille, non ? Dans mon monde, c’est la force qui règne. L’idée d’être un animal de compagnie n’avait rien d’étrange, c’était comme être un esclave, ce qui est normal puisque seuls les rois de la mafia dirigent notre monde. Mais un homme pris comme animal de compagnie… Eh bien, ça, on n’en avait jamais entendu parler. C’est pour ça qu’on m’avait maquillé à outrance et habillé avec les vêtements de ma sœur après une longue recherche, vu qu’elle faisait bien plus grande que moi. Je me faisais passer pour ma sœur. Je sais que c’était dangereux, mais mes parents s’en fichaient complètement tant que c’était moi. Me sacrifier permettrait de protéger leur précieuse fille. Mon père se tenait près de la cheminée, les mains jointes derrière le dos, un sourire penaud figé sur le visage, comme s’il n’était pas le même père qui voulait livrer son fils comme une monnaie d’échange. C’était l’Alpha de notre meute. Un homme qui tirait sa fierté de son pouvoir, de son contrôle, mais le voilà, souriant comme un marchand qui venait de conclure une bonne affaire. Dans ce cas précis, c’était la meilleure affaire pour tout le monde. Sa précieuse fille, l’Alpha, est saine et sauve, tandis que la honte et l’abomination de la meute sont balayées. Ma mère était assise, raide, à côté de lui, les mains agrippées au tissu de sa robe. Elle n’avait pas dit un mot. Elle ne m’avait même pas regardé droit dans les yeux. Lâche. J’ai ravalé la bile amère qui me montait à la gorge. C’était nécessaire. Je me le répétais sans cesse. Millen ne survivrait pas en tant qu’animal de compagnie. Pas avec sa maladie. Elle n’était pas faite pour ça. Peut-être que moi, je l’étais. Le coup frappé à la porte résonna comme un coup de feu. Ça fit sursauter tout le monde dans la pièce. Les portes s’ouvrirent en grand, et il entra. Un homme à l’air féroce, large d’épaules et marqué par les combats, avec l’allure de quelqu’un qui avait tué plus d’hommes qu’il ne pouvait en compter, se dressait imposant dans l’embrasure de la porte. Dans ses mains, il tenait un petit revolver brillant. J’ai frissonné de manière incontrôlable tandis que son regard balayait la pièce d’un air froid et scrutateur avant de se poser sur moi. Il a froncé les sourcils l’espace d’une seconde, comme s’il m’évaluait, vérifiant si j’étais un animal de compagnie convenable pour celui qu’il considérait comme son maître. « C’est celle-là ? » Sa voix était grave, dénuée d’émotion. Mon père acquiesça. « Oui. Emmène-la. » Je m’efforçai de garder un visage impassible tandis que l’homme s’avançait vers moi à grands pas. Je m’attendais à ce qu’il détache mes chaînes. Il ne le fit pas. Au lieu de ça, il me tira brutalement pour me remettre debout, comme si je n’étais rien de plus qu’un objet. J’ai trébuché, manquant de me casser les jambes tant marcher en talons me semblait étrange, même après tant d’entraînement. La robe lourde s’est emmêlée sous mes pieds, mais j’ai réussi à me rattraper juste à temps. Mais je n’allais pas reculer. Je protégerais ma sœur jumelle au prix de mon sang. Même si ça signifiait mettre ma liberté en jeu. Je souffrais pour ma famille. Cet homme impitoyable ne m’a même pas jeté un regard. Il s’est juste retourné brusquement et m’a traînée en avant, loin de la maison que j’avais toujours considérée comme la mienne. Le siège confortable de la voiture me faisait l’effet d’épines sous les fesses. Je n’arrivais pas à calmer les battements assourdissants de mon cœur alors que la voiture s’éloignait de ma meute, filant vers une terre inconnue. Comment en étions-nous arrivés là ? La haine, toutes ces déceptions… Tout ce qui s’était passé ces dernières heures me semblait être un film. J’ai fermé les yeux tandis que les souvenirs des douze dernières heures défilaient dans mon esprit. Mon père avait l’air visiblement soulagé, et ma mère… elle n’avait pas été aussi exubérante que mon père pour montrer sa joie, mais je pouvais sentir son soulagement. La douleur est revenue, comme un couteau enfoncé profondément dans mon cœur. Ils auraient au moins pu faire semblant de s’en soucier. Mais non. Au lieu de ça, ils me voyaient comme un fardeau dont ils avaient hâte de se débarrasser. Alors qu’on s’éloignait de plus en plus de la forêt familière de ma meute, pour s’enfoncer plus profondément dans le fief du roi de la mafia. J’ai enfin laissé couler les larmes que j’avais retenues tout au long du trajet. Elles m’embuaient la vue.Chapitre 129 : Tiraillé entre deux mondes Point de vue de Damon « HOOAH ! » Tous les guerriers de l’ombre, rassemblés, répondirent en chœur, en se frappant la poitrine du poing et en martelant le sol de leurs pieds au rythme de leurs cris. Le son résonna comme des tambours de guerre. D’autres guerriers commencèrent eux aussi à se rassembler, attirés par la prestance imposante de James. Il était doué pour ça… vraiment doué. Et grâce au respect qu’on lui témoignait, il avait tissé un lien plus fort avec les guerriers de la meute… C’était quelque chose que je n’aurais jamais admis à voix haute. « On s’est entraînés pour ça ! » continua James, faisant les cent pas comme un général prononçant un discours. « La Meute des Justes pense pouvoir nous attaquer pendant qu’on est distraits ! Ils pensent qu’on est FAIBLES ! » « On n’est PAS faibles ! » s’écria quelqu’un dans la foule. « OUI, ON NE L’EST PAS ! » acquiesça James en les désignant du doigt. « On est la MEUTE MAFIAN ! On est FORT
Chapitre 128 : La ruse Point de vue de Damon Tout le monde avait les yeux rivés sur Elijah, qui venait de hurler à tout le monde d’arrêter. Elijah m’a montré du doigt d’un doigt épais. « Cet oméga vient d’attaquer une commandante de Luna. Il a failli la tuer. » Elijah m’a montré du doigt, Milo dans les bras. « D’après la nouvelle loi de la meute que t’as mise en place… ta loi, Damon… il doit être arrêté et placé en détention immédiatement pour avoir enfreint les règles du combat à mort. » « Quoi ? Comment oses-tu… », ai-je rugi, peinant à maîtriser ma colère. « Il ne contrôlait pas son loup ! Il était… » « La loi se fiche des excuses », m’interrompit Elijah. « C’est toi qui as établi ces règles, Alpha. Ou alors, les règles ne s’appliquent que quand ça t’arrange ? » La foule s’agita après ses paroles. Les gens se mirent à marmonner, approuvant ce qu’il disait. « Il a raison ! » « L’oméga devrait être puni ! » « Il est trop dangereux ! » J’ai regardé autour de moi, sous le ch
Chapitre 127 : Que personne ne bouge Point de vue de Damon « ALPHA ! » Quelqu’un a crié, mais je n’arrivais pas à identifier de qui il s’agissait. J’ai été désorienté pendant une seconde. J’avais encaissé de plein fouet le coup des pattes du loup de feu, ce qui m’a donné l’impression qu’une remorque lancée à toute vitesse m’avait percuté. Ses griffes ont manqué mes organes vitaux d’à peine un pouce. « Alpha, ça va ? » D’un coup, mes gardes de l’ombre et les guerriers de la meute m’ont encerclé, tandis que le loup de feu continuait à grogner et à montrer les crocs face à leurs armes dégainées. « Reculez ! » a hurlé l’un d’eux à Milo. « Lâche la Danseuse Silencieuse, tout de suite, ou tu subiras toute la fureur de l’unité d’épéistes. » Mais au lieu d’apaiser la situation, ça n’a fait qu’empirer les choses, car un grondement d’avertissement profond est sorti de la poitrine du loup de feu. Son aura s’est intensifiée. « NON ! » ai-je rugi en les bousculant pour passer. « Reculez !
Chapitre 126 : Combat mental Point de vue de Damon Le cri a jailli de ma bouche avant même que j’aie eu le temps d’y réfléchir. Il était fort et puissant, et il portait toute ma force d’Alpha. Le genre de cri qui fait que les loups arrêtent tout ce qu’ils sont en train de faire et tendent l’oreille. Même Milo s’est figé, ses yeux brillants plissés, le regard rivé sur moi. Tout le monde avait les yeux rivés sur moi. Tous ceux qui étaient dans les gradins. Tous mes commandants et anciens, assis dans leurs loges réservées. Les gardes, les guerriers… Tout le monde. Et comme je le craignais, une série de halètements et de murmures stupéfaits s’éleva de la foule. J’ai baissé les yeux vers mes mains et j’ai compris la raison de leur réaction. J’étais toujours en mode mi-bête : à la place de mes doigts, il y avait de longues griffes acérées, et tout mon corps était recouvert d’une fourrure noire qui me faisait ressembler à un gorille. Même quand j’essayais de parler, je sentais mes ca
Point de vue de Damon Le Loup de Feu L’arène était assez loin de l’endroit où je me cachais tout seul dans la forêt, mais j’entendais quand même tout comme si j’étais tout près. Les acclamations de la foule. Le cliquetis des épées. L’annonce faite par le présentateur. Tout le monde pensait que j’étais à une conférence spéciale, comme je te l’avais toujours dit à cette période de l’année. C’était un mensonge, tout n’était qu’un mensonge. En réalité, je cachais mon côté le plus sombre à tout le monde. Et c’est ainsi que je me voyais, observant de loin avec mes yeux de loup spéciaux, capables de voir des choses même quand elles étaient très éloignées. À travers les arbres, je voyais l’arène toute illuminée par les torches, et je voyais Milo, appelé sur la scène. Mon cœur s’est mis à trembler. C’était le moment. Je me suis dit ça, mais alors que je n’étais pas prêt à subir un autre choc de ma vie, j’ai découvert que son adversaire était ma sœur, la tristement célèbre Danseuse silen
Chapitre 124 : Première transformation Point de vue de Milo La foule s’est figée. Séléné !! La sœur de Damon était donc la Danseuse silencieuse depuis tout ce temps !! Toutes mes forces m’ont quitté d’un seul coup. J’avais l’impression que le monde venait de basculer sur son axe. J’entendais les cris de stupeur de la foule en arrière-plan, mais tout ça s’est estompé, « Non… non, c’est pas… », ai-je murmuré en secouant désespérément la tête. Peut-être que j’avais mal vu pendant une seconde… Mais la vérité était là, juste devant moi, me fixant d’un regard mêlé de fureur et de douleur. Ma gorge s’est serrée : « C’est toi… ? » Le mot sortait à peine. Elle sourit. Mais ce n’était pas le genre de sourire qui allait jusqu’aux yeux. C’était un sourire froid, tranchant et cruel. « Oui, c’est moi, petit Oméga, surpris ? » Sa voix résonna dans l’arène, douce mais pleine de venin. Elle tourna lentement autour de moi, son visage nu brillant au clair de lune comme de la glace sculptée






