تسجيل الدخولChapitre 52
Amélia
Les regards sont devenus des lames. Chaque fois que je sors de la fondation, chaque fois que je marche dans la rue, chaque fois que je m'arrête au marché pour acheter des légumes, je sens ces yeux posés sur moi comme des aiguilles qui s'enfoncent dans ma peau. Les gens que je connais depuis des années me dévisagent autrement, avec une curiosité malsaine, avec une jalousie &agrav
Chapitre 52AméliaLes regards sont devenus des lames. Chaque fois que je sors de la fondation, chaque fois que je marche dans la rue, chaque fois que je m'arrête au marché pour acheter des légumes, je sens ces yeux posés sur moi comme des aiguilles qui s'enfoncent dans ma peau. Les gens que je connais depuis des années me dévisagent autrement, avec une curiosité malsaine, avec une jalousie à peine dissimulée, avec ce mépris silencieux qui est pire que les insultes. Même les commerçants du quartier, ceux qui me voyaient tous les jours et qui me saluaient d'un signe de tête, semblent maintenant me regarder comme si j'étais devenue une étrangère, comme si le simple fait d'être associée à Noah Hayes m'avait fait changer de camp, m'avait arrachée à leur monde pour me jeter dans celui des riches.
Chapitre 51NoahLa nouvelle de notre relation se répand comme une traînée de poudre dans mon monde. Les réactions ne se font pas attendre, et elles sont exactement ce à quoi je m'attendais, exactement ce que j'avais toujours su qui arriverait si je laissais Amélia entrer dans ma vie. Mes associés me convoquent à une réunion improvisée dans la salle de conférence de Hayes Corporation, cette pièce immense aux murs tapissés de boiseries sombres, où les portraits de mes ancêtres semblent me fixer avec désapprobation. Les visages sont graves, les sourcils froncés, les regards lourds de reproches déguisés en conseils amicaux.— Noah, tu es sûr de ce que tu fais ? Cette femme, cette bénévole, elle n'a aucune expérience des affaires, aucune connaissance de notre mili
Chapitre 50AméliaPour la première fois, j'accepte de sortir officiellement avec Noah. Pas dans un restaurant chic du centre-ville aux nappes blanches et aux couverts en argent, pas dans un gala mondain où les regards se braqueraient sur nous comme des projecteurs, pas dans un endroit où les photographes pourraient nous surprendre et vendre nos photos au plus offrant. Il m'emmène dans un petit café du quartier, un endroit simple avec des tables en bois patiné par les années, des tasses ébréchées qui ont connu des milliers de clients, un comptoir ancien derrière lequel le patron, un homme aux cheveux blancs et au tablier taché de café, le salue par son prénom sans s'incliner ni faire de courbettes. Nous buvons un chocolat chaud dans des bols fumants, et je regarde la mousse de lait qui dessine des arabesques à la surface. Nous parlons de tout et de rien, de nos enfances, de nos rêves, de nos peurs, et pendant quelques heures, je réussis à oublier qui il est, à oublier le monde auquel
Chapitre 49NoahElle a accepté de me donner une chance. Ces mots tournent dans ma tête comme une mélodie douce, comme le tic-tac apaisé du Király contre ma poitrine. Amélia Deschamps, cette femme qui m'a résisté avec une force que je n'avais jamais rencontrée, qui m'a ignoré quand toutes les autres se jetaient à mes pieds, qui m'a tenu tête comme personne ne l'avait jamais fait, a accepté de me laisser entrer dans sa vie, de baisser ses défenses, de m'offrir ce qu'elle n'avait jamais offert à personne. Mais elle a posé ses conditions, claires et nettes comme une lame de cristal, et je les ai acceptées sans hésiter, sans discuter, sans négocier.Nous sommes assis dans son studio, l'un en face de l'autre, elle sur son matelas posé à même le sol, ses jambes rep
Chapitre 48AméliaIl vient me voir sous la pluie, une pluie battante de décembre qui transforme les rues en rivières et les trottoirs en miroirs. Je l'entends frapper à la porte de mon immeuble, le vieux battant de bois qui résonne dans la cage d'escalier, puis monter les marches une à une, ses pas lourds et hésitants sur le bois usé. Je ne bouge pas, recroquevillée sur mon matelas, les bras autour des genoux, le cœur battant si fort que je l'entends dans mes oreilles. Il frappe à ma porte, doucement, presque timidement, trois petits coups à peine audibles, comme s'il craignait de me déranger, comme s'il craignait de me brusquer.— Amélia, je sais que tu es là. La lumière est allumée, j'ai vu la lueur sous la porte. S'il te plaît, ouvre-moi.Sa voix est diff
Chapitre 47NoahL'absence d'Amélia est une douleur physique, constante, une présence négative qui ne me quitte jamais, qui s'accroche à moi comme une ombre. Je la sens au réveil, quand j'ouvre les yeux et que je réalise qu'elle n'est pas là, qu'elle ne sera pas là aujourd'hui, qu'elle ne sera peut-être plus jamais là. Je la sens dans la journée, quand je passe devant la fondation sans oser entrer, quand je regarde mon téléphone en espérant un message qui ne vient pas, un appel qui ne s'affiche pas. Je la sens le soir, quand je m'assois seul dans mon penthouse trop grand, trop vide, trop silencieux, et que je contemple les lumières de la ville qui scintillent au loin comme des étoiles inaccessibles.J'ai tout gâché. Cette pensée tourne dans ma tête comme le tic-tac du Kir&







