LOGINChapitre 85
Amélia
Je ne dors pas.
Je fixe le plafond. Les ombres. Le silence. Léo dort à côté. Sa main posée sur mon bras. Sa respiration régulière. Innocente. Paisible. Il ne sait pas. Il ne saura jamais. Pas encore. Pas tout. Pas ça.
Les mots de Noah tournent dans ma tête. Les Hayes. Le trafic. Le blanchiment. Les morts. Les trois ans. Les hommes qu'il a tués. Les ordres qu'il a exé
Chapitre 85AméliaJe ne dors pas.Je fixe le plafond. Les ombres. Le silence. Léo dort à côté. Sa main posée sur mon bras. Sa respiration régulière. Innocente. Paisible. Il ne sait pas. Il ne saura jamais. Pas encore. Pas tout. Pas ça.Les mots de Noah tournent dans ma tête. Les Hayes. Le trafic. Le blanchiment. Les morts. Les trois ans. Les hommes qu'il a tués. Les ordres qu'il a exécutés. Les vies qu'il a brisées. Les siennes. Les leurs. Les miennes. Peut-être.Je me lève. Sans bruit. Je marche jusqu'à la fenêtre. La mer est noire. Le ciel aussi. Pas une étoile. Pas une lumière. Juste le vide. Comme le vide qui s'est creusé dans ma poitrine. Depuis qu'il a parlé. Depuis qu'il a tout dit. Depuis qu'il m'a montré l'homme qu'il était. L'homme qu'il est peut-être encore.Je s
Chapitre 84NoahJe vais tout lui dire.Pas parce qu'elle me le demande. Pas parce qu'elle m'a surpris. Pas parce que je n'ai plus le choix. Parce que je veux. Parce que je ne peux plus. Parce que chaque silence me ronge. Chaque omission me détruit. Chaque mensonge par défaut me sépare d'elle. Un peu plus. Chaque jour.Elle est assise dans le salon. Léo dort. La maison est silencieuse. Juste les vagues. Le vent. Nos respirations. Elle me regarde. Ses yeux. Gris. Calmes. Prêts. À tout. Au pire. À moi.Je m'assois en face d'elle. Je pose mes mains sur mes genoux. Je fixe le sol. Les mots sont là. Quelque part. Coincés. Comme toujours. Mais cette fois. Cette fois, je ne les laisserai pas s'échapper.— Mon père. Tu sais déjà. La pression. Le nom. L'héritage. Mais il y a autre chose. Quelque chose que je n'ai jamais dit à personne.
Chapitre 83AméliaIl parle.Assis en face de moi. Les mains ouvertes sur la table. La voix basse. Calme. Il explique. Isabella. Une femme qu'il a connue avant. Avant moi. Avant tout. Une relation sans lendemain. Sans promesse. Sans avenir. Une époque où il essayait de se perdre. De se noyer. Dans les fêtes. Dans les femmes. Dans tout ce qui pouvait l'empêcher de penser. De sentir. De souffrir.J'écoute. Sans l'interrompre. Sans crier. Sans pleurer. J'écoute. Chaque mot. Chaque excuse. Chaque explication. Je les entends. Je les comprends. Même. Je les accepte.— Je ne t'ai pas menti, dit-il. Tu ne m'as jamais demandé.— Je sais.— Ce n'était pas important.— Je sais.— Elle ne compte pas. Elle n'a jamais compté.— Je sais.Il se tait. Il me regarde. Il attend. Une réaction. Une colère.
Chapitre 81AméliaLes photos sont étalées sur le lit.Je les ai sorties de l’enveloppe. Une par une. Lentement. Comme si je pouvais retarder l’inévitable. Comme si je pouvais empêcher la vérité d’exister. Mais elles sont là. Sous mes yeux. Vivantes. Cruelles. Indéniables.Noah. Plus jeune. Le visage ouvert. Le sourire facile. Il rit. Il boit. Il danse. Avec elle. Isabella. Brune. Élégante. Elle a la tête penchée. La main posée sur son torse. Les lèvres tout près de son cou. Ils sont beaux. Ensemble. Trop beaux. Comme un couple. Comme un vrai couple. Comme s’ils s’aimaient.Je retourne la photo. Le message. Toujours le même. « Tu crois connaître l’homme que tu aimes. Tu ignores encore ce qu’il t’a caché. »Qui a envoyé ça ? Pourquoi ? Pour me
Chapitre 81AméliaLes photos sont étalées sur le lit.Je les ai sorties de l’enveloppe. Une par une. Lentement. Comme si je pouvais retarder l’inévitable. Comme si je pouvais empêcher la vérité d’exister. Mais elles sont là. Sous mes yeux. Vivantes. Cruelles. Indéniables.Noah. Plus jeune. Le visage ouvert. Le sourire facile. Il rit. Il boit. Il danse. Avec elle. Isabella. Brune. Élégante. Elle a la tête penchée. La main posée sur son torse. Les lèvres tout près de son cou. Ils sont beaux. Ensemble. Trop beaux. Comme un couple. Comme un vrai couple. Comme s’ils s’aimaient.Je retourne la photo. Le message. Toujours le même. « Tu crois connaître l’homme que tu aimes. Tu ignores encore ce qu’il t’a caché. »Qui a envoyé ça ? Pourquoi ? Pour me
Chapitre 80AméliaJe me réveille avant lui.La lumière entre par les rideaux, pâle, dorée. La mer respire derrière la fenêtre. Noah dort encore. Son visage est détendu. Sans armure. Sans colère. Sans peur. Il ressemble à l’homme que j’ai vu pleurer. À l’enfant blessé. À celui que je commence à peine à connaître.Je me lève sans bruit. Je passe dans la cuisine. Je prépare du café. Je souris toute seule. C’est ridicule. Mais je souris. Parce que pour la première fois depuis longtemps, je crois que c’est possible. Le bonheur. La paix. Une vie simple. Avec lui. Avec Léo.Puis je vois l’enveloppe.Elle est posée sur le paillasson. Devant la porte d’entrée. Blanche. Anonyme. Aucun timbre. Aucun nom. Juste mon prénom. Écrit à la m







