登入**Steven Watson**
Les autres ont forcément perçu quelque chose. Le silence qui s’est abattu sur la table n'a rien de naturel. Les conversations se sont éteintes une à une, comme si quelqu’un avait abaissé un variateur invisible. Et tous les regards ont glissé de Diana à Oliver, puis de lui à moi. La tension est devenue un convive à part entière. _ Vous savez quoi ? annonce Freya en se levant brusquement. On devrait aller dans la salle deLa menace est vague. Il n'a toujours envoyé aucune preuve, ni aucun élément tangible. Elle tente juste d’instaurer un rapport de force. Erreur classique. Je bloque la deuxième adresse. S’il veut jouer à l’hydre, nous verrons combien de têtes il est capable de créer. Je me détourne de l’écran et ouvre un dossier financier. L’expansion asiatique ne va pas s’analyser toute seule. Je refuse de donner plus d’espace mental que nécessaire à un corbeau numérique. La porte s’ouvre doucement. _ Monsieur Watson. Stella entre avec mon café. Je hoche la tête tandis qu’elle le dépose devant moi. _ Mon planning, demandé-je. Elle hésite. _ Je dois d’abord consulter Sienna pour… Je lève les yeux vers elle. _ Faites-le. Et revenez avec une version consolidée dans quinze minutes. _ Bien, monsieur. Elle quitte le bureau. Je prends une gorgée de café,
**Steven Watson** J’arrive au siège de Watson Companies aux environs de huit heures, après avoir déposé Diana chez elle. Le trajet m’a semblé étrangement court. Peut-être parce que, pour la première fois depuis longtemps, je me suis réveillé avec le sentiment d’avoir quelque chose, quelqu’un, à protéger. À peine les portes de l’ascenseur du dernier étage s’ouvrent-elles que je remarque que le bureau de Sienna est vide. Sa chaise est soigneusement repoussée, son écran noir rt son mug absent. J’entends les salutations des employés qui se lèvent sur mon passage, mais je n’y réponds pas. Mon regard glisse encore une fois vers ce bureau désert. Une tension diffuse s’insinue dans ma poitrine, que je rejette aussitôt. Je pénètre dans mon bureau et referme la porte derrière moi. Je m'installe et constate que tout est propre. Le service d’entretien a fait son travail, mais Sienna n’a manifestement pas fait le sien. Aucun dossier pri
* **Steven Watson** La sonnerie devient plus insistante. J’active l’écran mural pour voir qui se tient derrière la porte. Et je me fige. Sienna ? Je compose le code d’accès et les portes de l’ascenseur s’ouvrent sur elle. Elle a manifestement fait un effort. Elle porte une petite robe noire ajustée, a les cheveux relevés et maquillage discret mais soigné. Et le parfum qu'elle a porté... Je reconnaîtrais cette fragrance entre mille. J'aimais cette odeur à une époque... _ Mademoiselle Mitchell ? dis-je, volontairement formel. Elle esquisse un sourire qui se veut léger. _ Steven. Tu as oublié ce dossier au bureau. Je me suis dit que tu en aurais peut-être besoin ce soir. Je tends la main et prends le dossier. _ Merci. C'est gentil. Un silence s’installe. Elle ne bouge pas. _ Tu ne m’invites pas à entrer ? demande-t-elle finalem
**Diana Moran** Je suis blottie contre Steven dans son lit, la joue posée sur son torse encore chaud. Sa respiration est lente et régulière. Ses doigts tracent des cercles distraits dans le creux de mes reins, comme s’il cherchait inconsciemment à m’ancrer à lui. La pièce est plongée dans une pénombre apaisante. Tout semble calme, à l’extérieur. Parce qu’à l’intérieur, mes pensées s’entrechoquent. Oui, j’ai encore fini dans son lit. Et oui, on ne s’est pas protégés, encore. _ Steven ? murmuré-je. _ Hm ? répond-il sans ouvrir les yeux. Je me redresse légèrement pour pouvoir le regarder. _ On ne s’est pas protégés. Un léger rire vibre dans sa poitrine sous ma joue. _ Je sais. _ Et on ne l’a pas fait non plus à Chicago. Il dépose un baiser distrait dans mes cheveux. _ Je sais. Je me redresse complètement c
Elle est assise dans le canapé, comme si elle m'attendait. Elle se redresse davantage, comme si ma simple présence intensifiait sa colère. _ Je t’attendais. Son ton est glacial. Je referme la porte derrière moi sans la quitter des yeux. _ Vraiment ? dis-je, prudent. Elle se lève et fait un pas vers moi. _ Comment tu as pu me cacher que Sabrina a versé un million de dollars en dommages et intérêts pour les rumeurs qu’elle a fait circuler sur moi ? Je me fige intérieurement. Mais mon visage reste impassible. Comment l'a-t-elle appris ? _ Qui te l’a dit ? demandé-je calmement. Ses yeux s’embrasent. _ Ah, donc tu ne vas pas le nier ? Je la fixe un instant. À quoi bon mentir ? Elle me connaît déjà trop bien. _ Non. Sabrina t’a bel et bien versé un million de dollars. Le silence qui suit est électrique. Sa colère devient pr
Un silence s’installe entre nous, moins hostile que quelques minutes plus tôt. Je l’observe plus attentivement. Et, lorsque sa manche remonte légèrement, j’aperçois des marques violacées sur son avant-bras. Des marques beaucoup plus prononcées que celles sur son cou et ses mains. Mon regard s’y attarde malgré moi. _ Qu’est-ce qui s’est passé ? demandé-je d’une voix plus douce en désignant ses marques. Elle suit mon regard. _ Ça ? J’acquiesce. Un léger sourire amer étire ses lèvres. _ Ce n’est que ce que je mérite pour ce que j’ai fait. _ Qui t’a fait ça ? insisté-je. Elle hésite. Puis répond : _ Des détenues. Elles ont été payées pour s’assurer que je comprenne que je ne suis pas en vacances ici. Un frisson me parcourt. _ Payées ? Par qui ? Elle me regarde droit dans les yeux. _ Tu sais bien qui.







