Se connecterChapitre 50
Damon
L'entrepôt est encore fumant des cendres de l'assaut lorsque mes hommes entreprennent de fouiller systématiquement chaque recoin, chaque caisse, chaque conteneur abandonné qui pourrait receler un indice sur les commanditaires de l'enlèvement. L'aube blanchit les vitres brisées, projetant des lames de lumière grise sur le béton maculé de sang et de poudre, et l'air est charg&eacut
Chapitre 50DamonL'entrepôt est encore fumant des cendres de l'assaut lorsque mes hommes entreprennent de fouiller systématiquement chaque recoin, chaque caisse, chaque conteneur abandonné qui pourrait receler un indice sur les commanditaires de l'enlèvement. L'aube blanchit les vitres brisées, projetant des lames de lumière grise sur le béton maculé de sang et de poudre, et l'air est chargé d'une odeur âcre de métal chauffé et de cordite qui prend à la gorge. Viktor supervise les recherches avec sa minutie habituelle, son visage fermé ne trahissant aucune émotion, mais je connais assez mon bras droit pour savoir que la fureur qui l'habite n'est pas moins intense que la mienne.Je me tiens près de la chaise renversée où Elena était attachée quelques heures plus tôt, incapable de
Chapitre 49ElenaLe palais est silencieux quand nous franchissons les grilles, un silence de cathédrale que troublent seulement le crissement des pneus sur le gravier et les ordres étouffés que Viktor donne aux gardes qui se déploient autour du périmètre. Damon me porte dans ses bras depuis la voiture, il a refusé que quiconque le fasse à sa place, il a refusé que les médecins appelés en urgence s'occupent de moi avant qu'il ne m'ait déposée lui-même sur le lit de notre chambre, et je n'ai pas protesté, je n'ai pas trouvé la force de protester, je me suis simplement blottie contre sa poitrine en respirant son odeur de poudre et de sueur, cette odeur qui est devenue pour moi le parfum du salut.Les domestiques s'écartent sur notre passage, leurs visages sont pâles et leurs yeux sont baissés,
Chapitre 49ElenaLe palais est silencieux quand nous franchissons les grilles, un silence de cathédrale que troublent seulement le crissement des pneus sur le gravier et les ordres étouffés que Viktor donne aux gardes qui se déploient autour du périmètre. Damon me porte dans ses bras depuis la voiture, il a refusé que quiconque le fasse à sa place, il a refusé que les médecins appelés en urgence s'occupent de moi avant qu'il ne m'ait déposée lui-même sur le lit de notre chambre, et je n'ai pas protesté, je n'ai pas trouvé la force de protester, je me suis simplement blottie contre sa poitrine en respirant son odeur de poudre et de sueur, cette odeur qui est devenue pour moi le parfum du salut.Les domestiques s'écartent sur notre passage, leurs visages sont pâles et leurs yeux sont ba
Chapitre 48DamonL'informateur est un petit homme au visage de fouine et aux yeux fuyants, un trafiquant de bas étage que Viktor a débusqué dans un bar sordide des faubourgs après avoir retourné la ville entière pendant des heures qui m'ont paru des siècles. Il a vu les voitures noires quitter le port, il a reconnu les hommes qui descendaient des véhicules, il a suivi la piste jusqu'à un entrepôt désaffecté de la zone industrielle, un bâtiment de tôle et de béton que mes troupes encerclent à présent avec la précision silencieuse d'un étau qui se referme sur sa proie.La nuit est noire et sans lune, une nuit qui semble s'être faite la complice de mes ennemis mais qui va devenir leur tombeau, et mes hommes se déploient autour du bâtiment comme des ombres liquides, leurs armes
Chapitre 47ElenaL'entrepôt est une cathédrale de rouille et de ténèbres où l'humidité suinte des murs comme une sueur froide, où des chaînes rouillées pendent des poutres métalliques dans un silence que troublent seulement les gouttes d'eau qui tombent une à une des conduites crevées, un bruit régulier et obsédant qui scande les secondes de mon enfermement comme un métronome funèbre. Je suis attachée à une chaise au milieu de cette nef désaffectée, les poignets liés derrière le dossier par des liens de plastique qui scient ma peau à chacun de mes mouvements, creusant des sillons rouges dans ma chair à chaque fois que j'essaie de me libérer, les chevilles entravées aux pieds de la chaise par des cordes épaisses et rugueuses qui m'empêche
Chapitre 46DamonLa nouvelle m'atteint comme une balle en pleine poitrine, une décharge glacée qui traverse ma colonne vertébrale et me fige au milieu du couloir, les doigts crispés sur le rapport que Viktor vient de me tendre, les yeux fixés sur ces mots qui dansent devant mes prunelles sans que je parvienne à en accepter le sens. Elena a disparu, enlevée dans la chapelle du domaine par quatre hommes armés, et les deux gardes qui montaient la garde devant les portes gisent à présent dans une mare de sang qui s'élargit sur les dalles de pierre, leurs corps criblés de balles, leurs visages figés dans une expression de surprise qui en dit long sur la rapidité et le professionnalisme de l'attaque. La chapelle est vide, les bancs renversés dans le chaos de la lutte, les cierges éteints qui fument encore dans leurs photophores de verre







