FAZER LOGINLe trajet a été plutôt rapide je me trouve déjà devant chez Lina,la porte de son immeuble est plus lourde que dans mes souvenirs.
Chaque marche que je monte me donne l’impression de marcher vers quelque chose que je ne pourrai plus jamais ignorer. Mon cœur bat vite. Je m’arrête devant sa porte le numéro 302 s’affiche en pleins milieu Je reste immobile quelques secondes. Puis je frappe,la porte s’ouvre presque immédiatement. Lina apparaît. Ses cheveux sont attachés négligemment, elle porte un grand pull beige et un pantalon large une main repose instinctivement sur son ventre. Mon regard s’arrête là. Trois mois. Je détourne rapidement les yeux. — « Amara… merci d’être venue. » Sa voix est douce. Je reste sur le pas de la porte. — « Tu voulais parler. » Elle s’écarte pour me laisser entrer. — « Oui… entre. » L’appartement est calme. Je remarque immédiatement deux tasses sur la table basse. Elle m’attendait. — « Tu veux du thé ? » — « Non. » Elle hoche doucement la tête et s’assoit en face de moi. Un silence lourd s’installe entre nous. Je finis par parler. — « Alors ? » Elle joue nerveusement avec ses doigts. — « Je sais que tu me détestes. » — « C’est un mot faible. » Elle baisse les yeux. — « Mais je voulais que tu entendes ma version de l’histoire. » Je croise les bras. — « Ta version où tu couches avec le mari de ton amie ? » Elle grimace. — « Ce n’était pas censé se passer comme ça. » Un rire amer m’échappe. — « Ah bon ? » Elle relève les yeux vers moi. — « Gabriel et moi… on se connaît depuis bien avant toi. » Je fronce les sourcils. — « Quoi ? » — « On était ensemble à l’université. » Mon cœur se serre. — « Il ne m’en a jamais parlé. » — « Parce qu’on s’était séparés. » Elle inspire profondément. — « Mais on ne s’est jamais vraiment oubliés. » Le silence tombe brutalement. Je la fixe. — « Donc tu veux me dire que… » Elle termine ma phrase doucement. — « Que quand il t’a rencontrée… j’étais déjà dans sa vie avant. » Une sensation glaciale traverse ma poitrine. — « Mais vous étiez séparés », dis-je sèchement. Elle hoche la tête. — « Oui. Pendant un moment. » — « Et ensuite ? » Elle hésite. Je sens que quelque chose arrive. Quelque chose que je ne veux pas entendre. — « Ensuite… il m’a rappelée. » Mon cœur s’arrête presque. — « Quand ? » Elle baisse les yeux. — « Après votre mariage. » Le monde semble se figer autour de moi. — « Quoi ? » Ma voix est à peine un souffle. — « Il disait que votre mariage était… plus simple,Plus stable. » Je sens la colère monter dans mes veines. — « Plus stable ? » Elle parle plus vite maintenant comme si tout sortait d’un coup. — « Tu avais une situation, une maison, de l’argent de côté… il disait que construire quelque chose avec toi était plus sûr. » Chaque mot me frappe comme une gifle. — « Tu mens. » Elle secoue la tête. — « Non. » Mes mains tremblent. — « Tu es en train de me dire que mon mariage était un… plan ? » Elle me regarde avec une étrange tristesse. — « Disons que… tu étais la partie raisonnable de sa vie. » Le silence devient insupportable. Je me lève brusquement. — « Tu me prends pour une idiote ? » Elle se lève aussi. — « Amara écoute— » — « NON ! » Ma voix éclate dans l’appartement. — « quatre ans ! Quatre ans de mariage ! » Mes yeux brûlent. — « Et toi tu étais où pendant tout ce temps ?! » Elle murmure avec une air sournois — « Pas loin. » Le sol se dérobe sous mes pieds. Je comprends tout à coup. Les appels tardifs les absences les mensonges Mon cœur se brise une deuxième fois. — « Donc tout ce temps… » Ma voix tremble. — « Vous étiez ensemble derrière mon dos ? » Elle pose instinctivement une main sur son ventre avec un sourire encore plus sournois — « Pas tout le temps… mais oui. » Je reste figée. Puis un rire nerveux m’échappe un rire vide. — « C’est incroyable. » Je la regarde droit dans les yeux. — « Et maintenant tu veux quoi ? » Elle hésite. Puis elle dit doucement : — « Que tu comprennes. » Je la fixe. — « Comprendre quoi ? » Elle murmure : — « Que Gabriel ne t’a jamais vraiment aimée comme il m’aime. » Le silence devient glacial. Et pour la première fois depuis le début… la tristesse disparaît de ma poitrine. Remplacée par quelque chose d’autre. Quelque chose de beaucoup plus dangereux. La colère. Je reste debout au milieu du salon de Lina l’air est lourd.Elle me regarde avec un petit sourire qui me donne envie de vomir.Ce n’est plus le visage de mon amie. C’est celui d’une étrangère. — « Tu sais ce qui est le plus drôle dans tout ça ? » dit-elle soudainement. Je fronce les sourcils. — « Quoi ? » Elle se penche légèrement en arrière sur le canapé, l’air parfaitement détendu. — « C’est que tu n’as jamais rien vu. » Mon cœur se serre. — « Qu’est-ce que tu veux dire ? » Elle rit doucement un rire froid. — « Pendant quatre ans… j’étais là j’ai toujours été là» Elle tapote la table du bout des doigts. — « Les appels tardifs de Gabriel… c’était moi. » Ma gorge se serre. — « Les voyages de travail… c’était moi. » Je sens mes mains trembler. — « Les réunions tardives… c’était encore moi. » Elle penche la tête. — « Et toi… tu l’attendais gentiment à la maison. » Elle éclate de rire Le monde tourne autour de moi. — « Tu mens… » Elle rigole encore plus. — « Oh Amara… » Sa voix est moqueuse. — « Tu étais tellement facile à tromper. » Une vague brûlante traverse mon corps. — « Tu étais juste… pratique. » Chaque mot est une lame. — « Une épouse parfaite avec une maison que tu as mis au nom de ton mari oups ton ex mari excuse moi de l’argent une vie stable. » Elle pose une main sur son ventre. — « Et moi… j’étais la femme qu’il aimait,qu’il aime vraiment et qui le donnera ce que toi tu as été incapable de faire lui rendre enfin père» Quelque chose explose dans ma poitrine. Avant même de réfléchir… Ma main part. CLAC. La gifle résonne dans l’appartement. La tête de Lina tourne sous l’impact et elle perd l’équilibre. Elle tombe au sol.Un silence envahit la pièce,ma respiration est saccadée. — « Tu l’as mérité », murmuré-je. Mais Lina ne se relève pas immédiatement.Elle reste au sol quelques secondes.Puis elle tourne lentement la tête vers moi. Et sourit. Un sourire mauvais. Sournois. Un frisson me traverse. — « Parfait… » Je fronce les sourcils. — « Quoi ? » C’est là que j’entends la porte d’entrée s’ouvrir. Un bruit de clés mon cœur s’arrête,Lina aussi l’a entendu.Je vois quelque chose briller dans ses yeux. Avant que je comprenne quoi que ce soit elle attrape le couteau posé sur la petite tablette du salon. — « Lina, qu’est-ce que tu— » Elle enfonce la lame dans sa propre main. Je sursaute. — « MAIS TU FAIS QUOI ?! » Le sang jaillit immédiatement. Lina pousse un cri strident. — « AAAAAH ! » Je reste figée, paniquée. — « Lina t’es folle ! » Des pas précipités arrivent dans le couloir puis Gabriel apparaît dans le salon. Son regard passe de Lina au sol à moi debout devant elle au couteau ensanglanté. Tout se passe en quelques secondes. — « LINA ! »crie t-il Il se précipite vers elle. Elle sanglote. — « Chéri…cette folle… » Elle pleure bruyamment. — « Elle m’a attaquée… » Je secoue la tête. — « Gabriel non écoute— » Mais il ne me regarde même pas. Il me pousse violemment Je tombe en arrière. Ma tête heurte violemment la petite table derrière moi. CRAC. Une douleur fulgurante traverse mon crâne.Je sens quelque chose de chaud couler le long de ma tempe. Du sang. Lina continue de pleurer. — « Elle est jalouse que je te donne un enfant ! » Gabriel devient livide. — « Elle a voulu tuer notre bébé ! »ajoute t-elle Je reste au sol, étourdie. — « NON ! » Lina sanglote encore plus. — « elle voulait me le planter en plein ventre J’ai essayé de me défendre et elle m’a planté ce couteau dans la main… » Gabriel se lève d’un bond.Ses yeux brûlent de colère.Il s’approche de moi. — « Espèce de folle ! » Je tente de me relever. — « Gabriel je te jure que— » CLAC. Sa gifle me coupe la parole. Ma tête tourne sous la violence du coup. Je reste figée. Je ne comprends plus rien. — « Tu oses venir chez nous et attaquer Lina ?! » Chez nous. Ces mots me transpercent. — « Non… écoute-moi… »insistai-je Mais il ne me laisse pas parler. — « SORS D’ICI ! » Sa voix explose dans l’appartement. — « Tu n’as plus rien à faire dans notre vie ! » Je reste immobile quelques secondes. Le cœur battant et la tête qui tourne.Le sang qui coule le long de mon visage. Puis je me relève lentement.Personne ne me retient.Personne ne me regarde vraiment. Lina sanglote dans les bras de Gabriel.Je marche jusqu’à la porte mes jambes tremblent. Je sors de l’appartement la porte se referme derrière moi et je reste là, dans le couloir. Perdue. Je ne comprends rien,c’est moi qui étais venue pour comprendre.C’est moi qui étais censée être en colère. Alors pourquoi… Pourquoi est-ce que j’ai l’impression que tout vient encore de m’exploser au visage ?Je me réveille avec un léger mal de tête. L’horloge sur la table de chevet indique midi passé Je n’ai jamais dormi aussi longtemps. La pièce est plongée dans l’obscurité, mais pas totalement. La lumière du jour transperce à peine les rideaux dessinant des bandes pâles sur le sol. Je reste un moment assise sur le lit regardant un point invisible dans le vide Mon esprit tourne mais rien ne se forme vraiment. Des coups légers à la porte me sortent de ma rêverie. — « Oui ? » La porte s’ouvre doucement. Viktor apparaît un sourire doux sur le visage. — « Ah… te voilà réveillée à ce que je vois. » — « Oui… » dis-je à peine. Il s’approche un peu, la voix calme : — « Je voulais pas te déranger dans ton sommeil… tu as dû en baver dans ces cellules Désolé de pas t’avoir sortie plus tôt. » Je baisse les yeux un instant puis réponds doucement : — « T’inquiète… tu en as déjà fait énormément. Ne t’inquiète pas pour ça. » Il hoche la tête, satisfait. — « Okay… au fait je suis e
La cellule est plongée dans une lumière pâle, Je ne sais pas quelle heure il est. Peut-être minuit,Peut-être plus tard. Le temps semble s’être arrêté entre ces murs gris. Je suis assise contre le mur froid, les genoux ramenés contre moi. Viktor est assis à côté, les bras croisés, la tête légèrement penchée en arrière. Gabriel, lui est allongé sur le banc en face. Comme s’il dormait dans un hôtel.Comme si cette nuit n’avait aucune importance. Je n’ai pas fermé l’œil Chaque fois que je ferme les yeux, je revois Lina tomber le couteau le sang le regard de Gabriel. Puis ses mots. Un bruit de pas résonne dans le couloir. Des clés. La porte de la cellule s’ouvre. Un policier regarde à l’intérieur. — « Gabriel Collins. » Gabriel ouvre les yeux immédiatement. Comme s’il attendait ce moment Il se redresse tranquillement. — « Oui ? » Le policier soupire. — « Votre caution a été payée. Vous pouvez sortir. » Le silence tombe dans la cellule. Je sens Viktor s
On arrive enfin au commissariat,il sent le café froid et le papier. Les néons au plafond diffusent une lumière blanche qui me donne mal à la tête. Ma tempe pulse encore sous le pansement et chaque battement de mon cœur résonne dans mon crâne. On me fait asseoir sur une chaise métallique dans une petite salle d’attente.Les policiers échangent quelques mots à voix basse derrière un bureau. Je serre mes mains entre mes genoux pour éviter qu’elles tremblent. Tout paraît irréel. Comme si je regardais la vie de quelqu’un d’autre. Une porte s’ouvre dans le couloir. Des pas. Je lève les yeux et mon souffle se coupe. Gabriel. Il marche dans le couloir avec ce même costume sombre qu’il portait toujours pour le travail,il est calme comme si rien de tout ça ne le concernait. À côté de lui… Lina. Son bras est enveloppé dans un bandage épais. Elle joue parfaitement son rôle le visage pâle les yeux rougis. Quand elle me voit, ses lèvres se courbent très légèrement. Un
Je ne sais même pas comment je suis descendue de l’immeuble mes jambes bougent toutes seules. Une marche puis une autre.Le monde autour de moi est flou. Je reste immobile quelques secondes devant l’immeuble. Puis je marche. Je marche sans réfléchir. Je ne sais même pas combien de temps cela me prend pour rentrer. Les voix des gens dans la rue les voitures les klaxons tout semble lointain comme si j’étais sous l’eau. Ma tête me lance quand je touche ma tempe, mes doigts ressortent rouges. Du sang. Quand j’arrive enfin devant la maison, je reste quelques secondes devant la porte. Mes mains tremblent. Je tourne la poignée. La porte s’ouvre. — « Amara ? » La voix de Viktor vient immédiatement du salon. Il apparaît dans l’encadrement de la porte. Et se fige. Son regard tombe sur mon visage sur le sang. Ses yeux s’écarquillent. — « Putain… » Il traverse la pièce en deux secondes et me rejoint en deux temps trois mouvements — « Amara ! » Il attrape doucement mon visage
Le trajet a été plutôt rapide je me trouve déjà devant chez Lina,la porte de son immeuble est plus lourde que dans mes souvenirs.Chaque marche que je monte me donne l’impression de marcher vers quelque chose que je ne pourrai plus jamais ignorer.Mon cœur bat vite.Je m’arrête devant sa porte le numéro 302 s’affiche en pleins milieuJe reste immobile quelques secondes.Puis je frappe,la porte s’ouvre presque immédiatement.Lina apparaît.Ses cheveux sont attachés négligemment, elle porte un grand pull beige et un pantalon large une main repose instinctivement sur son ventre.Mon regard s’arrête là.Trois mois.Je détourne rapidement les yeux.— « Amara… merci d’être venue. »Sa voix est douce.Je reste sur le pas de la porte.— « Tu voulais parler. »Elle s’écarte pour me laisser entrer.— « Oui… entre. »L’appartement est calme. Je remarque immédiatement deux tasses sur la table basse.Elle m’attendait.— « Tu veux du thé ? »— « Non. »Elle hoche doucement la tête et s’assoit en f
Le parfum du café emplit la cuisine je sens mes épaules se détendre un peu Viktor s’affaire derrière la cafetière concentré et moi je m’assois à table encore engourdie par la nuit blanche et les larmes.— « Tu devrais manger quelque chose », dit-il en me posant une tasse fumante devant moi.— « J’ai pas faim », murmurai-je mais je porte la tasse à mes lèvres malgré tout la chaleur me fait un bien fou.Il me regarde silencieux mais je sais qu’il lit en moi comme dans un livre ouvert. Sa présence est rassurante comme un bouclier invisible contre le chaos de ma vie.— « Amara… » commence-t-il doucement « on va pas pouvoir rester enfermés ici à se morfondre. Gabriel… il a peut-être volé ton passé ton mais il ne volera pas ton futur. »Je baisse les yeux. J’aimerais le croire, mais la douleur est encore trop fraîche et surtout trop brûlante.— « Et Lina… » murmurai-je la gorge serréeIl pose sa main sur la mienne. « que ce soit Lina Gabriel ou son bébé ils n’ont qu’à aller se faire foutre







