LOGINJe ne sais même pas comment je suis descendue de l’immeuble mes jambes bougent toutes seules.
Une marche puis une autre.Le monde autour de moi est flou. Je reste immobile quelques secondes devant l’immeuble. Puis je marche. Je marche sans réfléchir. Je ne sais même pas combien de temps cela me prend pour rentrer. Les voix des gens dans la rue les voitures les klaxons tout semble lointain comme si j’étais sous l’eau. Ma tête me lance quand je touche ma tempe, mes doigts ressortent rouges. Du sang. Quand j’arrive enfin devant la maison, je reste quelques secondes devant la porte. Mes mains tremblent. Je tourne la poignée. La porte s’ouvre. — « Amara ? » La voix de Viktor vient immédiatement du salon. Il apparaît dans l’encadrement de la porte. Et se fige. Son regard tombe sur mon visage sur le sang. Ses yeux s’écarquillent. — « Putain… » Il traverse la pièce en deux secondes et me rejoint en deux temps trois mouvements — « Amara ! » Il attrape doucement mon visage entre ses mains. — « Qu’est-ce qui s’est passé ?! » Je n’arrive pas à répondre. Les images tournent dans ma tête. Lina. Le couteau. Gabriel. La gifle. — « Elle… » Ma voix tremble. — « Lina… » Viktor serre la mâchoire. — « Qu’est-ce qu’elle t’a fait ? » Je secoue la tête. — « C’est pas elle… » Il fronce les sourcils. — « Alors qui ? » Je relève les yeux vers lui et les mots sortent enfin. — « Gabriel. » Le silence tombe dans la pièce je vois immédiatement la colère envahir le visage de Viktor. Ses mains quittent mon visage. — « Il t’a frappée ? » Je n’arrive même pas à répondre mes yeux se remplissent de larmes. Et ça suffit le poing de Viktor se serre. — « Je vais le tuer. » Il se dirige déjà vers la porte. Je crie son nom mais il est déjà dehors je le rejoins il est debout devant la porte d’entrée _«Où est la voiture»me demande t-il «t’es bien partie en voiture Amara je t’ai vue alors elle est où la voiture» Je ne sais pas quoi lui répondre j’ai été tellement boulversé que je suis rentré sans la voiture _«je…je l’ai laissé là bas» _«Quoi?pourquoi?c’est lui qui te l’a demandé » _«Non c’est pas lui» _«Alors quoi??» Je reste silencieuse _«Attends tu vas pas me dire que tu étais tellement secoué que tu as laissé la voiture là bas ?» Je baisse la tête et lui répond _«Si justement» _ «T’es rentré comment alors» _«J’ai marché jusqu’ici» _«Attends quoi??» Je baisse encore la tête _«Je vais me le faire »il est sur le point de partir Je l’attrape par le bras. — « NON. » Il se tourne vers moi. — « Amara lâche-moi. » — « Non ! » Ma voix casse. — « Ça ne sert à rien… » Il me regarde comme s’il ne me reconnaissait plus. — « Il t’a frappée et t’as marché de chez elle jusqu’ici t’imagines la distance !?» Je secoue la tête. — « Il croit que… » Ma gorge se serre. — « Il croit que j’ai attaqué Lina. » Viktor fronce les sourcils. — « Quoi ? » Je raconte tout. Le plan. La gifle. La chute. Le couteau. Le mensonge. Le silence tombe quand j’ai fini. Viktor reste immobile son visage est devenu sombre très sombre. — « Elle s’est planté le couteau… toute seule ? »me demande t-il — « Oui… » Il laisse échapper un rire froid. — « Cette garce… » Je retourne à l’intérieur et m’assois sur le canapé. Je suis épuisée. Viktor me rejoins dans la pièce et marche de long en large dans le salon. — « Et lui… cet idiot l’a crue ? » Je ferme les yeux. — « Il ne m’a même pas laissée parler. » Un silence pesant s’installe. Puis Viktor s’arrête devant moi. — « Amara. » Je relève les yeux. — « Regarde-moi. » Je le regarde. Son regard est sérieux. — « Tu comprends maintenant ? » Je fronce légèrement les sourcils. — « Comprendre quoi ? » Sa voix est calme. Trop calme. — « Que ces deux-là se paient vraiment ta tête » Mon cœur se serre. — « Viktor… » Il secoue la tête. — « Non. Écoute-moi bien. » Il se penche légèrement vers moi. — « Lina t’a piégée Gabriel t’a frappée et les deux ont profiter de toi » Ses yeux brûlent. — « Et ils pensent qu’ils peuvent continuer leur vie tranquillement pendant que toi tu pleures dans un coin. » Je ne réponds pas,je ne sais pas quoi lui répondre . Quelque heures plus tard Viktor a nettoyé la plaie sur ma tempe et a posé un petit pansement. La douleur est encore là mais ce n’est rien comparé au chaos dans ma tête et mon cœur . Je suis assise sur le canapé une tasse de thé refroidie entre les mainsJe n’ai presque pas parlé depuis une heure. Viktor lui tourne toujours dans le salon comme un lion en cage. — « Je te jure que si je croise Gabriel… » — « Viktor… » Il soupire lourdement et passe une main dans ses cheveux. — « Je sais, je sais La violence ne sert à rien. » Le silence retombe dans la pièce mais pas complètement Parceque j’entends encore les pats de Viktor dans la maison. Puis quelqu’un frappe à la porte. Trois coups secs. Viktor fronce les sourcils. — « Tu attends quelqu’un ? » Je secoue la tête. — « Non… » Il s’approche de la porte, méfiant et l’ouvre deux hommes se tiennent sur le pas de la porte en uniforme des policiers. Mon estomac se noue instantanément. — « Bonsoir », dit l’un d’eux calmement. « Nous cherchons Madame Amara Collins. » Viktor se raidit. — « Pourquoi ? » Le policier regarde derrière lui et me voit dans le salon. — « Madame Collins ? » Je me lève lentement. — « Oui… c’est moi. » L’autre policier sort un petit carnet. — « Nous venons suite à une plainte déposée contre vous pour agression avec arme blanche. » Le monde s’arrête. — « Quoi ? » Ma voix sort à peine. Le policier poursuit calmement : — « Monsieur Gabriel Collins affirme que vous avez attaqué sa compagne avec un couteau cet après-midi. » Viktor explose immédiatement. — « C’est n’importe quoi ! » Il fait un pas vers eux. — « C’est elle qui s’est planté ce foutu couteau toute seule ! » Le policier lève légèrement la main. — « Monsieur, calmez-vous s’il vous plaît. » Je sens mes jambes trembler. — « Gabriel a… porté plainte ? » — « Oui, madame. » Les mots résonne dans ma tête. Plainte Agression Couteau. Tout devient irréel. — « Nous avons également le témoignage de la victime », ajoute le policier. Je comprends. Lina bien sûr,je serre les doigts — « Je n’ai attaqué personne », dis-je faiblement. Le policier hoche la tête. — « Vous aurez l’occasion de vous expliquer au poste. » Viktor se tourne vers moi. — « Tu ne vas nulle part. » Sa voix est ferme. Protectrice. Le policier soupire légèrement. — « Monsieur, nous ne sommes pas là pour créer de problème. Mais Madame Collins doit venir avec nous pour être entendue. » Je sens la panique monter dans ma poitrine. — « Est-ce que… est-ce que je suis arrêtée ? » — « Pour le moment, nous parlons d’une audition », répond-il calmement. Viktor serre les dents. — « C’est un piège. » Je le sais aussi. Mais je n’ai pas le choix. Je prends une respiration tremblante. — « D’accord… je viens. » — « Amara non— » Je pose doucement une main sur son bras. — « Ça va aller. » Mais au fond de moi… je n’en suis pas du tout sûre. Je prends ma veste. Les policiers m’accompagnent jusqu’à la voiture. Quand je monte à l’arrière du véhicule, je jette un dernier regard à Viktor. Il est sur le pas de la porte. Le visage fermé. Impuissant. La voiture démarre. Et alors que les lumières de la ville défilent derrière la vitre… une seule pensée tourne dans ma tête. Gabriel est prêt à me détruire complètement.Je sors du bureau. Le couloir me paraît soudain plus léger, presque vide. Le bruit de mes pas résonne et chaque pas me donne un peu plus de force. Je respire profondément. Pour la première fois depuis des années je sens que je reprends ma vie. Que je reprends ma liberté. Le vent frais m’accueille quand je franchis les portes automatiques. J’inspire l’air de la ville pur et coupant et un léger sourire se dessine sur mes lèvres. Mais derrière moi… je sais qu’il reste là. Gabriel dans ce bureau de treizième étage. Je l’imagine debout, immobile. Le visage fermé, les poings peut-être serrés. Le silence autour de lui est lourd, mais je sais ce qu’il pense. Il est furieux Il se sent humilié mais il est surtout… calculateur. Et ce que je ressens à cet instant me fait frissonner : ce n’est pas fini je sais que ce n’est pas fini Oooh non. Il ne laissera pas cette humiliation passer sans réponse. Je continue à marcher, le regard droit devant mais dans ma tête, une seule pensée résonn
Trois jours plus tard Je reste quelques secondes devant le miroir avant de quitter l’appartement de Viktor. La femme qui me regarde me semble presque étrangère. J’ai choisi une robe beige à manches longues et légèrement évasée simple, élégante. Mes cheveux sont lâchés sur mes épaules tombant en vagues naturelles dans mon dos. Pas maquillée c’est le cadet de mes soucis actuellement À quinze heures précises, je me tiens devant l’immeuble où travaille mon mari. Celui qui ne le sera bientôt plus. Le bâtiment de verre se dresse devant moi il est immense Le logo argenté de Hartwell Capital brille au-dessus des portes automatiques. L’une des plus grandes sociétés d’investissement du pays. Des milliards et des milliards circulent entre ces murs. Et quelque part là-haut…Il y a Gabriel. Directeur général adjoint de la société. Je serre légèrement les doigts autour de mon sac. L’image de Viktor me revient immédiatement. Sa mâchoire s’était contractée quand je lui ai
Je me réveille avec un léger mal de tête. L’horloge sur la table de chevet indique midi passé Je n’ai jamais dormi aussi longtemps. La pièce est plongée dans l’obscurité, mais pas totalement. La lumière du jour transperce à peine les rideaux dessinant des bandes pâles sur le sol. Je reste un moment assise sur le lit regardant un point invisible dans le vide Mon esprit tourne mais rien ne se forme vraiment. Des coups légers à la porte me sortent de ma rêverie. — « Oui ? » La porte s’ouvre doucement. Viktor apparaît un sourire doux sur le visage. — « Ah… te voilà réveillée à ce que je vois. » — « Oui… » dis-je à peine. Il s’approche un peu, la voix calme : — « Je voulais pas te déranger dans ton sommeil… tu as dû en baver dans ces cellules Désolé de pas t’avoir sortie plus tôt. » Je baisse les yeux un instant puis réponds doucement : — « T’inquiète… tu en as déjà fait énormément. Ne t’inquiète pas pour ça. » Il hoche la tête, satisfait. — « Okay… au fait je suis e
La cellule est plongée dans une lumière pâle, Je ne sais pas quelle heure il est. Peut-être minuit,Peut-être plus tard. Le temps semble s’être arrêté entre ces murs gris. Je suis assise contre le mur froid, les genoux ramenés contre moi. Viktor est assis à côté, les bras croisés, la tête légèrement penchée en arrière. Gabriel, lui est allongé sur le banc en face. Comme s’il dormait dans un hôtel.Comme si cette nuit n’avait aucune importance. Je n’ai pas fermé l’œil Chaque fois que je ferme les yeux, je revois Lina tomber le couteau le sang le regard de Gabriel. Puis ses mots. Un bruit de pas résonne dans le couloir. Des clés. La porte de la cellule s’ouvre. Un policier regarde à l’intérieur. — « Gabriel Collins. » Gabriel ouvre les yeux immédiatement. Comme s’il attendait ce moment Il se redresse tranquillement. — « Oui ? » Le policier soupire. — « Votre caution a été payée. Vous pouvez sortir. » Le silence tombe dans la cellule. Je sens Viktor s
On arrive enfin au commissariat,il sent le café froid et le papier. Les néons au plafond diffusent une lumière blanche qui me donne mal à la tête. Ma tempe pulse encore sous le pansement et chaque battement de mon cœur résonne dans mon crâne. On me fait asseoir sur une chaise métallique dans une petite salle d’attente.Les policiers échangent quelques mots à voix basse derrière un bureau. Je serre mes mains entre mes genoux pour éviter qu’elles tremblent. Tout paraît irréel. Comme si je regardais la vie de quelqu’un d’autre. Une porte s’ouvre dans le couloir. Des pas. Je lève les yeux et mon souffle se coupe. Gabriel. Il marche dans le couloir avec ce même costume sombre qu’il portait toujours pour le travail,il est calme comme si rien de tout ça ne le concernait. À côté de lui… Lina. Son bras est enveloppé dans un bandage épais. Elle joue parfaitement son rôle le visage pâle les yeux rougis. Quand elle me voit, ses lèvres se courbent très légèrement. Un
Je ne sais même pas comment je suis descendue de l’immeuble mes jambes bougent toutes seules. Une marche puis une autre.Le monde autour de moi est flou. Je reste immobile quelques secondes devant l’immeuble. Puis je marche. Je marche sans réfléchir. Je ne sais même pas combien de temps cela me prend pour rentrer. Les voix des gens dans la rue les voitures les klaxons tout semble lointain comme si j’étais sous l’eau. Ma tête me lance quand je touche ma tempe, mes doigts ressortent rouges. Du sang. Quand j’arrive enfin devant la maison, je reste quelques secondes devant la porte. Mes mains tremblent. Je tourne la poignée. La porte s’ouvre. — « Amara ? » La voix de Viktor vient immédiatement du salon. Il apparaît dans l’encadrement de la porte. Et se fige. Son regard tombe sur mon visage sur le sang. Ses yeux s’écarquillent. — « Putain… » Il traverse la pièce en deux secondes et me rejoint en deux temps trois mouvements — « Amara ! » Il attrape doucement mon visage







