INICIAR SESIÓNSoren Kade a passé toute sa vie à entendre une seule chose. Ne jamais faire confiance à un Valez. Depuis des décennies, les familles Kade et Valez sont enfermées dans une guerre impitoyable pour le pouvoir, une lutte qui a détruit des empires et enseveli la vérité sur ce qui s'est réellement passé cette nuit-là, il y a des années. Alors, quand Soren arrive à Blackridge International University, la dernière personne qu'il s'attend à trouver dans sa chambre d'étudiant est Dante Valez. Arrogant, exaspérant et, apparemment... son nouveau colocataire. Contraints de cohabiter et de s'affronter au sein du cursus de commerce le plus prestigieux de l'université, leur rivalité devient rapidement le sujet de conversation numéro un sur le campus. Chaque dispute se transforme en défi, et chaque défi vire à la guerre ouverte. Mais lorsqu'un sabotage au sein du programme les pousse à former une alliance fragile, Soren et Dante découvrent des failles dans l'histoire à laquelle leurs deux familles croient depuis des décennies. Plus ils creusent, plus la vérité devient dangereuse. Et quelque part entre les séances de stratégie nocturnes, les disputes enflammées et les secrets qu'aucun des deux n'avait prévu de révéler, la frontière entre l'ennemi et quelque chose de bien plus complexe commence à s'estomper. Car la personne que Soren a appris à haïr pourrait bien être la seule à le comprendre vraiment. Et tomber amoureux du pire rival de sa famille ? C'est le genre d'erreur qui pourrait tout détruire.
Ver másPOINT DE VUE DE SOREN
« Vous n'êtes pas dans la bonne suite. » La voix perça le léger bourdonnement de la climatisation ; elle était forte, dénuée de la moindre hésitation.
Je resserrai ma prise sur la poignée en cuir de ma valise, pénétrai entièrement dans la chambre 417 et laissai la porte massive se refermer derrière moi.
La suite était immense, bordée de hautes étagères et dotée de deux espaces de vie distincts, mais ces vastes dimensions ne parvenaient en rien à dissiper la tension étouffante qui envahissait instantanément les lieux.
Dante Valez se tenait près de la fenêtre du fond, passant une main dans ses cheveux sombres, volontairement ébouriffés.
Je l'avais reconnu dès l'instant où j'avais franchi le seuil.
Impossible de faire autrement.
J'avais passé ma vie entière à examiner des rapports financiers, des notes juridiques et des dossiers d'acquisitions agressives portant le nom de sa famille en en-tête.
Il était l'héritier de Valez Holdings, le conglomérat que mon père s'était évertué à démanteler systématiquement au cours des vingt dernières années.
Il y a deux décennies, l'empire financier commun à nos deux familles s'était effondré à la suite d'un scandale de fraude retentissant, laissant le grand-père de Dante mort et mon père aux prises avec les décombres.
Mon père m'avait élevé avec une règle absolue et incontestable concernant la famille Valez.
Ils étaient impitoyables.
Ils étaient imprudents, et il ne fallait jamais leur faire confiance.
« Je doute fort que l'université ait commis une erreur », dis-je d'un ton égal, tout en laissant ma valise près de l'entrée et en m'avançant dans la pièce.
Dante pivota complètement vers moi, ses yeux sombres rivés sur ma silhouette alors qu'il m'observait.
Il portait un sweat à capuche sombre et coûteux, les manches relevées jusqu'aux coudes, dégageant une énergie chaotique qui contrastait radicalement avec l'environnement immaculé et aseptisé de la Blackridge International University.
« L'université ne loge pas deux personnes dans une suite individuelle, à moins que quelqu'un n'ait merdé avec la paperasse », rétorqua Dante en croisant les bras sur sa poitrine. « Alors, prends ton sac et redescends au bureau de l'administration. » « Vous faites énormément de suppositions pour quelqu'un qui n'est pas propriétaire de l'immeuble », répondis-je en balayant la pièce du regard.
Il avait déjà pris possession du côté droit de la suite.
Un sac de sport gisait sur le tapis, une veste en cuir avait été jetée négligemment sur une chaise de bureau et des bouteilles d'eau à moitié vides s'entassaient près d'un ordinateur portable. C'était désordonné, impulsif et franchement agaçant.
Dante fit un pas lent en avant, réduisant la distance qui nous séparait jusqu'à se trouver à quelques pas à peine. « Je n'ai pas besoin d'être propriétaire de l'immeuble pour savoir que vous n'avez pas votre place ici. C'est mon nom qui figure sur le bail de cette suite précise. »
« Le mien aussi », déclarai-je en sortant de la poche de ma veste la feuille imprimée indiquant mon logement et en la brandissant entre nous.
Il ne prit même pas la peine de regarder le papier, gardant au contraire son regard braqué droit dans le mien.
L'hostilité qui émanait de lui semblait presque prendre une forme physique dans la pièce.
Il n'était pas simplement contrarié par une erreur d'attribution de chambre. Il m'avait reconnu, lui aussi.
« Soren Kade », lâcha Dante, prononçant mon nom comme s'il s'agissait d'une amende qu'il était contraint de payer.
« Dante Valez », répondis-je, en adoptant exactement la même attitude que lui.
« Évidemment, mon père avait raison », grommela Dante en se détournant pour faire les cent pas vers son côté de la pièce. « Il m'avait prévenu que Blackridge était gangréné par l'argent des Kade, mais je ne m'attendais pas à ce que l'administration m'oblige réellement à respirer le même air que l'un de vous. »
« Crois-moi, cette situation ne m'enchante pas davantage », dis-je en posant ma sacoche d'ordinateur sur le bureau vide, à gauche de la pièce. « Ma famille attend de moi que j'obtienne la première place à la Vanguard Initiative ; devoir composer avec ton manque total d'organisation est une distraction inutile. »
Dante cessa ses allées et venues et se tourna vers moi avec un rire moqueur. « Tu crois vraiment que tu vas remporter la Vanguard Initiative ? »
« Je ne le crois pas, je le sais », affirmai-je en tirant ma chaise pour m'asseoir.
La Vanguard Initiative était la raison même de ma présence dans ce dortoir.
C'était le programme d'incubation d'entreprise le plus prestigieux au monde ; il offrait à l'étudiant vainqueur un accès direct à des milliards de dollars de capital-risque ainsi qu'un poste au sein d'un conseil d'administration, le tout avant même l'obtention de son diplôme.
Mon père avait été on ne peut plus clair : revenir chez Kade Capital sans le trophée Vanguard était tout bonnement inacceptable.
C'était un impératif lié à l'héritage familial, pas une simple suggestion.
« Vous êtes tous pareils, vous les Kade », lança Dante en s'appuyant contre son bureau tout en m'observant avec méfiance. « Vous fonctionnez comme des robots qui récitent un tableau Excel. Le programme Vanguard exige une véritable stratégie et une prise de risque, pas seulement de réciter les principes d'entreprise que ton père t'a inculqués. »
« Et la stratégie de la famille Valez repose entièrement sur des paris inconsidérés et une chance insolente », rétorquai-je avec calme, tout en empilant parfaitement mes cahiers sur le bureau. « C'est précisément pour cela que ton grand-père a perdu son empire, laissant ta mère tenter désespérément de sauver ce qu'il en restait. » La température dans la pièce chuta dès que les mots eurent franchi mes lèvres.
Dante se détacha du bureau et traversa la pièce en trois grandes enjambées pour venir se planter juste au-dessus de moi.
L'arrogance désinvolte et moqueuse disparut de son visage, remplacée par une intensité froide et dangereuse qui me fit dresser les poils sur la nuque.
« Ne prononce plus jamais le nom de mon grand-père », avertit Dante, sa voix descendant alors dans un registre grave et menaçant. « Ton père a volé cette entreprise à ma famille, en enterrant les preuves derrière une armée d'avocats hors de prix. Ne viens pas jouer les moralisateurs ici. »
Je me levai lentement, refusant de rompre le contact visuel ou de reculer face à sa stature imposante.
Il me dépassait d'une tête, ses épaules élargies par des heures évidentes passées à la salle de sport, mais je n'allais pas le laisser m'intimider au point de me faire quitter mon propre logement.
« Je m'en tiens aux faits, Valez », dis-je calmement, en gardant une posture parfaitement rigide. « Et le fait est que nous avons été affectés à la même chambre. Aucun de nous deux ne partira. »
« Regarde-moi faire », rétorqua sèchement Dante en saisissant la clé de la chambre sur la table et en se dirigeant vers la porte. « Je descends immédiatement au bureau des logements pour régler ça. Ne déballe pas tes affaires. »
Il ouvrit la porte d'un geste brusque et sortit dans le couloir sans attendre ma réponse.
J'attendis exactement trois secondes avant de le suivre, refusant de laisser un Valez imposer sa version des faits au personnel de l'université sans que je sois présente pour défendre ma position.
Le couloir était rempli d'autres étudiants fortunés, chargés de bagages de marque et se plaignant de leurs emplois du temps, mais ils s'écartaient instinctivement sur le passage de Dante alors qu'il marchait d'un pas décidé vers les ascenseurs.
La colère qui émanait de lui était évidente pour quiconque y prêtait attention. Je restai juste derrière lui, gardant le silence alors que les portes de l'ascenseur s'ouvraient et que nous y pénétrions.
Nous descendîmes jusqu'au hall sans échanger un mot, l'espace clos et silencieux amplifiant l'hostilité entre nous.
Lorsque les portes s'écartèrent, Dante se dirigea droit vers le guichet de l'administration, passant devant une fille qui se plaignait de son permis de stationnement. « Il y a un grave problème avec la suite 417 », lança Dante à l'employé posté derrière le comptoir en acajou poli, en claquant sa clé de chambre sur le bois. « J'ai besoin qu'on m'attribue immédiatement une autre chambre. Pour une personne seule, comme l'a demandé Valez Holdings. »
L'employé, un homme d'un certain âge à l'uniforme impeccable, tapa quelques touches sur son ordinateur avant de lever les yeux, le visage totalement impassible.
— Monsieur Valez et Monsieur Kade, dit l'employé en prenant acte de mon arrivée alors que je m'avançais aux côtés de Dante. Il n'y a aucune erreur dans le système.
— C'est impossible, rétorqua Dante en appuyant les mains sur le comptoir. Ma famille a spécifiquement payé pour un hébergement privé. Je ne partagerai pas de suite avec lui.
— L'administration de Blackridge a finalisé la répartition il y a trois mois, répondit l'homme en rajustant ses lunettes. L'Initiative Vanguard exige que les candidats d'élite soient soumis à des tests de résistance au stress rigoureux. Le conseil a délibérément associé des rivaux historiques dans des suites communes afin d'évaluer leur capacité à résoudre les conflits et leur endurance psychologique.
Un silence glacial s'abattit sur le comptoir d'accueil.
— Associés délibérément ? répétai-je d'une voix tendue alors que je prenais enfin conscience de la réalité de la situation.
— Exactement, Monsieur Kade, affirma l'employé en faisant glisser un document imprimé vers nous sur le comptoir. Vous ne partagez pas seulement un dortoir. Le conseil vous a également désignés tous deux comme codirecteurs du projet commercial Vanguard. Soit vous coopérez et concourez en tant qu'unité unique, soit vous êtes tous deux immédiatement exclus du programme.
POINT DE VUE DE SORENLes portes de l'ascenseur s'écartèrent, nous exposant instantanément au son assourdissant de basses électroniques. Le penthouse de Julian Croft occupait le dernier étage d’une tour du centre-ville, bondée au point d’enfreindre plusieurs normes de sécurité incendie.La chaleur émanant de cette foule compacte frappa ma veste dès que je sortis de la cabine en acier.Dante se fraya un chemin sans hésiter à travers l’entrée encombrée de monde.Je le suivais de près, attentif à l'agencement de l'immense pièce à vivre plutôt qu'aux centaines d'étudiants qui traitaient ce mardi soir comme un week-end.« Il a loué tout l'étage », cria Dante par-dessus la musique. « Croft tient vraiment à ce que tout le monde sache qu'il a accès à des fonds offshore. »« C'est une manifestation flagrante d'insécurité », répondis-je en haussant le ton pour me faire entendre. « Une fortune solide n'a pas besoin de stroboscopes ni d'un bar ouvert pour attirer l'attention. »Dante rit ; ce rir
POINT DE VUE DE DANTE« Tu gères le capital comme un comptable terrorisé », dis-je en jetant mon stylo sur les documents financiers éparpillés sur le bureau.« Si on suit ta stratégie, Meridian Ventures survit six mois de plus avant de mourir à petit feu, dans la misère. C'est totalement dénué d'originalité. »Cela faisait trois heures d'affilée que nous nous disputions.L'horloge de mon ordinateur indiquait seize heures ; il nous restait donc exactement huit heures pour présenter au conseil d'administration de Vanguard une proposition commune de restructuration.La suite semblait de plus en plus étouffante ; l'atmosphère était saturée d'une hostilité latente et de la réalité frustrante que Soren Kade était totalement imperméable à l'intimidation.Soren ne haussa pas le ton et ne réagit pas à mon insulte flagrante.Il se tenait parfaitement droit sur sa chaise, faisant tourner un stylo en argent entre ses longs doigts calculateurs tout en fixant un tableau numérique à l'écran.« Je gè
POINT DE VUE DE SOREN— Meridian Ventures, lut Dante à voix haute ; ces mots résonnaient comme une malédiction absolue dans le silence oppressant de notre chambre.Le nom de la société disparue s'affichait sur l'écran de mon ordinateur portable, s'imposant à moi en lettres noires et nettes.Meridian Ventures était la coentreprise à l'origine de la rupture entre nos familles ; c'était l'entreprise même dont mon père accusait le patriarche Valez d'avoir provoqué la faillite par des détournements de fonds massifs. C’était l’épicentre d’une guerre d’entreprises qui avait duré vingt ans, et voilà que la Blackridge International University nous le présentait comme un simple exercice universitaire.« L’administration se moque ouvertement de nous », lança Dante en traversant la pièce pour s’arrêter pile à la limite invisible séparant nos espaces respectifs. « Il est absolument impossible que cette répartition soit le fruit du hasard. »« C’est un test de résistance psychologique », répondis-j
POINT DE VUE DE SOREN— Vous avez perdu la tête ? lança Dante, sa voix résonnant sur le sol en marbre du hall.L'employé se contenta de rajuster ses lunettes, nullement décontenancé par cet accès de colère soudain. — Je ne conçois pas le programme, Monsieur Valez. Je ne fais qu'appliquer le règlement concernant l'hébergement. Vous êtes tous deux affectés à la suite 417 et officiellement enregistrés comme codirecteurs de l'Initiative Vanguard.— Je ne m'associerai pas à un Kade, déclara Dante en tournant le dos à la réception et en passant la main dans ses cheveux sombres. Appelez le doyen. Faites venir l'équipe juridique de ma famille au téléphone. C'est un conflit d'intérêts majeur.— C'est le doyen qui a approuvé ce binôme, répondit calmement l'homme âgé en rapprochant le document imprimé du bord du comptoir. « Le conseil estime que si les héritiers de deux empires financiers rivaux sont incapables de gérer un simple incubateur universitaire, aucun des deux n'est apte à diriger de v
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