LOGIN3 - L'Héritage de Charles Sterling
Le ciel était d'un gris oppressant le jour des funérailles. Comme si la pluie elle-même hésitait à tomber. Vêtue d'une robe noire, Leilani restait immobile devant le cercueil de son père. Ses yeux étaient rougis par les larmes, mais elle n'en versait plus. Elle avait pleuré toute la nuit. Désormais, elle se sentait vide. Autour d'elle, des proches, des voisins et quelques anciens collègues de Charles venaient lui présenter leurs condoléances.
- Toutes nos pensées sont avec vous.
- Votre père était un homme exceptionnel.
- Il parlait de vous avec tellement de fierté.
Leilani répondait par un simple hochement de tête. Les mots n'avaient plus de sens. Lorsque la cérémonie prit fin, elle attendit que tout le monde s'éloigne avant de s'approcher une dernière fois du cercueil. Elle posa délicatement une main dessus.
- Tu m'avais promis qu'on partirait en voyage cet été...
Sa voix se brisa.
- Tu m'avais promis qu'on aurait encore du temps.
Un sanglot lui échappa.
- Pourquoi tu m'as laissée toute seule, papa ?
Le silence fut sa seule réponse.
...
En fin d'après-midi, alors qu'elle s'apprêtait à quitter le cimetière, un homme d'une soixantaine d'années s'approcha d'elle. Il portait un costume sombre parfaitement ajusté et tenait une mallette en cuir.
- Mademoiselle Sterling ?
Leilani essuya discrètement ses larmes.
- Oui.
- Je suis Maître Donovan Hayes... le notaire de votre père.
- Mon père ne m'a jamais parlé de vous.
- C'est normal.
Le vieil homme semblait presque gêné.
- Votre père m'a demandé de vous remettre certains documents uniquement après ses funérailles.
Il ouvrit sa mallette. Leilani s'attendait à voir un testament. Ou des papiers concernant la maison. À la place, le notaire sortit une enveloppe épaisse, d'un noir profond. Elle était fermée par un sceau de cire représentant une rose. Une rose noire. Le souffle de Leilani se coupa. Sans savoir pourquoi, ce symbole lui semblait familier. Comme un souvenir qu'elle n'arrivait pas à retrouver.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Votre père m'a interdit de l'ouvrir.
- Et qu'est-ce qu'elle contient ?
- Je l'ignore.
Il hésita avant d'ajouter :
- Il m'a seulement dit que, lorsque vous la liriez... votre vie ne serait plus jamais la même.
Leilani sentit un frisson parcourir son dos.
- C'est une blague ?
- Je crains que non.
Le notaire lui tendit également une petite clé en argent.
- Il m'a demandé de vous remettre ceci en même temps.
- La clé de quoi ?
- Il ne me l'a jamais dit.
Leilani observa longuement la clé. Elle ressemblait à une ancienne clé de coffre. Ou de meuble. Soudain, une image lui revint. Le bureau de son père. La vieille boîte en bois. Elle leva brusquement les yeux.
- Cette clé...
- Oui ?
- Je crois savoir à quoi elle sert.
Le notaire referma lentement sa mallette.
- Il y a encore une chose.
- Laquelle ?
Son regard devint grave.
- Votre père m'a fait promettre de vous dire une phrase... mot pour mot.
Leilani sentit son cœur battre plus vite.
- Laquelle ?
Le vieil homme inspira profondément.
- "Ne fais confiance à personne avant d'avoir découvert toute la vérité."
Un lourd silence s'installa.
- C'est tout ?
- Oui.
Leilani fronça les sourcils.
- Il ne vous a vraiment rien dit d'autre ?
- Non.
Le notaire sembla hésiter quelques secondes.
- En revanche... il avait peur.
- Peur de quoi ?
- Je ne sais pas.
Il baissa les yeux.
- Mais je ne l'avais jamais vu aussi inquiet.
...
Une heure plus tard, Leilani franchit le seuil de la maison. Pour la première fois de sa vie... Elle était vide. Le silence était insupportable. Plus de musique dans la cuisine. Plus d'odeur de café. Plus de plaisanteries de Charles. Elle referma doucement la porte derrière elle. Son regard se posa presque immédiatement sur le bureau de son père. Elle serra la petite clé dans sa main.
- C'est là...
Elle entra dans la pièce. Tout était resté exactement comme le jour où les inconnus l'avaient fouillée. Elle s'agenouilla devant le vieux meuble. Introduisit la clé dans un petit compartiment presque invisible.
Clique.
Un tiroir secret s'ouvrit lentement. Le cœur de Leilani accéléra. À l'intérieur se trouvait un unique dossier. Relié d'un ruban noir. Et posé dessus... Le même symbole. Une rose noire. Ses mains commencèrent à trembler. Elle détacha le ruban. Au moment où elle allait ouvrir le dossier...
La sonnette de la maison retentit.
Une fois.
Puis une deuxième.
Puis une troisième.
Leilani releva lentement la tête. Personne ne venait jamais lui rendre visite. Encore moins aujourd'hui. Elle s'approcha de la porte. Regarda discrètement par le judas. Son souffle se bloqua. À l'extérieur se tenaient plusieurs hommes vêtus de costumes noirs. Immobiles. Les mains croisées devant eux. Comme s'ils attendaient qu'on leur ouvre. Le plus âgé leva lentement les yeux vers la porte. Puis, d'une voix calme, il déclara :
- Mademoiselle Leilani Sterling... nous savons que vous êtes chez vous.
Le cœur de Leilani se mit à battre si fort qu'elle crut qu'il allait sortir de sa poitrine. Comment connaissaient-ils son nom ?
A SUIVRE
Chapitre 20Le silence qui suivit la révélation de Blanche fut assourdissant. Leilani la regardait sans parvenir à comprendre ce qu’elle venait d’entendre. Elena Sterling.Sa mère.La femme qu’elle croyait morte depuis dix-neuf ans. La mère de Blanche. Les deux informations semblaient impossibles à faire tenir dans la même réalité.– Répète.Blanche essuya rapidement ses larmes.– Ma mère s’appelle Elena Sterling.– Ce n’est pas possible.– Je sais.– Non.Leilani secoua la tête.– Tu es en train de me dire que ma mère est aussi ta mère ?Blanche baissa les yeux.– Oui.Un rire nerveux échappa à Leilani.– Alors pourquoi est-ce que je ne t’ai jamais vue avant ?– Parce que je ne savais pas qui tu étais.– Tu mens.– Non !Blanche s’approcha.– Je te le jure, Leilani. Je ne savais pas que tu étais ma sœur.Le mot resta suspendu dans l’air.Sœur.Leilani sentit son cœur se serrer.Elle regarda Gabriel.– Est-ce vrai ?L’homme acquiesça.– Oui.– Comment ?Gabriel prit une profonde inspira
Chapitre 19 Le téléphone de Leilani tremblait entre ses doigts. La vidéo continuait de tourner. Le visage d’Elena occupait tout l’écran. Sa mère. La femme qu’elle avait passée vingt-quatre années à croire morte ou disparue. Et maintenant, elle était là. Vivante. Terrifiée.– Leilani, si tu regardes cette vidéo, c’est que Charles est mort.Leilani sentit ses jambes faiblir. Blanche lui attrapa doucement le bras.– Assieds-toi.– Non.Elle secoua la tête.– Je veux l’entendre.Sur l’écran, Elena inspira difficilement.– Je n’ai pas beaucoup de temps. Tu dois m’écouter jusqu’au bout. Ne coupe pas cette vidéo, même si certaines choses te font mal.Leilani fixa Cameron.Il n’avait pas bougé.Son visage était devenu complètement fermé.Elena poursuivit :– Si Cameron est avec toi…Elle hésita.Ses yeux se remplirent de larmes.– Ne lui fais surtout pas confiance.Leilani releva lentement les yeux vers lui.Personne ne parla.Cameron baissa son arme.– Leilani…– Ne parle pas.Sa voix était
Chapitre 18 Le trajet jusqu’au parc se fit dans un silence lourd. Leilani regardait les rues défiler derrière la vitre, le téléphone serré entre ses doigts. La photographie envoyée par Adrian était toujours affichée à l’écran. Son père. Sa mère. Et cet homme dont le visage avait été volontairement rayé. Une seule phrase tournait dans son esprit.« Tu cherches ton père. Mais tu devrais chercher celui qui l’a tué. »Elle finit par se tourner vers Cameron.– Tu savais que mon père avait caché quelque chose dans ce parc ?– Je savais qu’il y avait laissé une piste.– Quelle piste ?– Je ne sais pas.– Tu mens.Cameron soupira.– Je ne te mens pas.– Alors pourquoi as-tu eu peur quand tu as vu la photographie ?Il ne répondit pas immédiatement.– Parce que je connais cet homme.Le cœur de Leilani se serra.– Qui est-ce ?– Je ne peux pas te le dire.– Encore cette phrase…Elle détourna le regard.– Je commence à en avoir assez.Blanche, assise à côté d’elle, intervint doucement.– Cameron
Chapitre 17Le silence qui suivit les dernières paroles d’Adrian fut plus violent qu’un coup de feu. Charles le fixait. Son visage était devenu livide.– Tais-toi.Adrian sourit.– Pourquoi ? Tu as peur qu’elle l’apprenne ?– Je t’ai dit de te taire.– Après vingt-quatre ans de mensonges, tu veux encore lui cacher la vérité ?Charles serra les poings. À quelques mètres d’eux, les hommes de la Rose Noire avaient cessé de tirer. La tension était devenue presque insupportable. Adrian regarda Charles avec une satisfaction froide.– Tu lui as raconté que sa mère avait disparu.– Elle avait disparu.– Tu lui as dit qu’elle était malade.– Elle l’était.– Tu lui as dit qu’elle devait rester loin de toi pour sa sécurité.Charles ne répondit pas.Adrian pencha légèrement la tête.– Mais tu ne lui as jamais dit qu’Elena était ma petite sœur.Charles ferma les yeux.Vingt-quatre années de secrets semblaient peser sur ses épaules.– Elle n’avait rien à voir avec toi.– Elle avait tout à voir avec
Chapitre 16Le monde de Leilani venait de s’arrêter. Elle fixait l’homme debout sur la passerelle. Son visage. Sa silhouette. Cette façon de tenir son arme. Même à cette distance, elle aurait reconnu ces traits entre mille.– Papa…Le mot sortit de ses lèvres dans un souffle. Personne ne bougea. Même Adrian semblait avoir perdu son sourire. L’homme descendit lentement les marches. Un pas. Puis un autre. Leilani avait les yeux remplis de larmes.– Papa ?Il continua d’avancer. Elle ne pouvait plus réfléchir. Son père était mort. Elle l’avait vu. Elle avait tenu sa main à l’hôpital. Elle avait entendu le médecin prononcer l’heure de son décès. Elle avait assisté à ses funérailles. Elle avait vu son cercueil disparaître sous terre. Alors cet homme ne pouvait pas être Charles. Et pourtant… Il lui ressemblait parfaitement. Lorsqu’il arriva au bas des escaliers, il s’arrêta à quelques mètres d’elle. Son regard rencontra celui de Leilani. Elle sentit ses jambes trembler.– Papa…Cette fois,
Chapitre 15La vidéo avait disparu de l’écran. Leilani fixait toujours son téléphone. Elle entendait les autres parler autour d’elle, mais leurs voix semblaient lointaines. Shelly était prisonnière. Et quelqu’un les avait trahis. Mais qui ? Elle leva lentement les yeux vers Cameron.– Je veux la retrouver.– Nous allons la retrouver.– Alors faisons-le maintenant.Cameron hocha la tête.– Martin, Diaz, préparez deux voitures.– Où allons-nous ? demanda Martin.Cameron regarda l’écran de surveillance.– Là où Adrian pense que nous irons.Leilani fronça les sourcils.– Vous avez une idée de l’endroit où il retient Shelly ?– Plusieurs.– Et laquelle est la bonne ?– Je ne sais pas encore.Il se tourna vers elle.– Mais Adrian vient de faire une erreur.– Laquelle ?– Il t’a envoyé cette vidéo.Leilani ne comprit pas.– Et alors ?– Il voulait que tu aies peur.Cameron prit son téléphone.– Mais il a également montré une partie du décor.Il agrandit une image arrêtée de la vidéo.Derrièr







