Se connecterChapitre 53
Soren
Je reçois un message crypté d'Éléna.
New York est une fourmilière de gratte-ciel et de lumières, mais je ne vois rien, je ne suis nulle part ailleurs que dans cette suite d'hôtel où je dors à peine, où je ne mange pas, où je ne vis que pour contrer les attaques de Dimitri et rentrer chez moi.
Puis le mes
Chapitre 57SorenJe veille son sommeil, rongé de culpabilité.La chambre d'hôpital est plongée dans une obscurité seulement troublée par la lueur bleutée des moniteurs qui tracent les battements de son cœur, chaque courbe une promesse, chaque pic une vie qui s'accroche, chaque ligne une prière silencieuse que je répète sans fin. Les rideaux sont tirés, les murs sont blancs, trop blancs, comme un linceul qui attend, et l'odeur des antiseptiques flotte dans l'air, mêlée à celle des fleurs que Kael a apportées, un bouquet de pivoines roses qu'il a cueillies lui-même dans le jardin de Valdoria, avant de comprendre que sa mère ne les verrait pas avant plusieurs jours.Elle est étendue sur le lit, ses cheveux courts é
Chapitre 56ÉlénaLa douleur est fulgurante, mais je tiens bon.Une déchirure dans mon bras, un incendie qui remonte le long de mon épaule, un rouge qui coule, qui coule, qui coule sur mes doigts, sur ma robe, sur le sol. Mais je ne lâche pas. Je ne peux pas lâcher. Pas tant que Dimitri tient encore cette arme, pas tant que Soren est encore debout, pas tant que Kael est encore vivant.Je serre plus fort, mes doigts enroulés autour du poignet de Dimitri, ma voix est un cri, un hurlement, un appel.Soren maîtrise Dimitri, les secours arrivent.Je le vois, dans un flou rouge et blanc, Soren qui bondit, ses bras qui s'abattent sur Dimitri, le corps du mafioso qui s'effondre, l'arme qui tombe, des hommes en noir qui surgissent de l'ombre, qui immobilisent, qui sécurisent, qui sauvent.— Éléna ! crie Soren, sa voix déchirée.— Je vais bien, je vais bien, je vais bien.Mais ce n'est pas vrai. Mon bras est en feu, mon sang coule trop vite, mes jambes flageolent, le monde tourne autour de moi.
Chapitre 55SorenGrâce à un traceur dans la robe d'Éléna, nous localisons l'entrepôt.L'appareil est minuscule, un bijou de technologie que j'ai fait coudre dans la doublure de sa robe, sans qu'elle le sache, par précaution, par peur, par cet instinct de protection qui n'a jamais cessé de me guider même quand je refusais de l'écouter. Le signal est faible, intermittent, brouillé par les murs de métal et les interférences de la zone industrielle, mais il est là, une lumière clignotante sur l'écran de mon téléphone, une promesse de vie, une preuve qu'elle est encore quelque part, qu'elle respire, qu'elle existe.Les hommes de mon équipe sont en position autour de l'entrepôt, silhouettes noires dans la nuit, fusils prêts, regards vigilants. Ils se sont déploy&eac
Chapitre 54ÉlénaSéquestrée avec Kael dans un entrepôt, je garde mon calme pour mon fils.L'endroit est glacial, immense, plongé dans une pénombre humide où se mêlent les odeurs de rouille, de poussière et de moisi, les murs de métal suintent une condensation qui goutte lentement sur le sol cimenté, les hautes fenêtres sales laissent filtrer une lumière blafarde qui dessine des rayures pâles sur le béton.Mes poignets sont ligotés derrière le dos, la corde est rugueuse, trop serrée, et la douleur est une présence constante qui me rappelle que je ne suis pas maîtresse de ma situation, que je suis prisonnière, que mon fils est prisonnier avec moi, que nous sommes à la merci d'un homme qui ne connaît ni pitié ni remords.
Chapitre 53SorenJe reçois un message crypté d'Éléna.New York est une fourmilière de gratte-ciel et de lumières, mais je ne vois rien, je ne suis nulle part ailleurs que dans cette suite d'hôtel où je dors à peine, où je ne mange pas, où je ne vis que pour contrer les attaques de Dimitri et rentrer chez moi.Puis le message arrive.Un texto crypté, court, urgent."Trahison imminente, protège Kael."Les mots défilent sur l'écran, s'impriment dans ma rétine, et mon sang se glace. Trahison. Imminente. Protège Kael.Je comprends qu'elle est en danger.Elle ne m'enverrait pas ce message si elle ne l'était pas. Elle ne me supplierait pas de protéger notre fi
Chapitre 52ÉlénaSeule, j'étouffe d'angoisse.L'avion de Soren a disparu dans le ciel depuis des heures, et Valdoria est soudainement devenue une prison silencieuse, trop grande, trop vide, trop lourde. Les couloirs que j'ai parcourus en fantôme pendant sept ans résonnent aujourd'hui d'un silence assourdissant, chaque pas que je fais écho à mes pensées les plus sombres.Les affaires, je les gère depuis le bureau de Soren, assise dans son fauteuil, devant son ordinateur, entourée de ses dossiers. Les écrans s'allument, les chiffres défilent, les appels s'enchaînent, et je fais ce que je dois faire, je tiens le gouvernail de notre empire commun, je protège ce que nous avons bâti.Mais l'angoisse est là, tapie dans l'ombre, prête à bo
Chapitre 6ÉlénaLa tempête a tout effacé.Le ciel et la terre ne font plus qu'un, une seule étendue blanche, mouvante, aveuglante, et ma voiture roule dans ce néant depuis des heures – ou peut-être seulement depuis quelques minutes, je ne sais plus. Le temps s'est brisé comme le reste. Comme moi.
Chapitre 5ÉlénaLa neige commence à tomber aux abords d'Eryndor.De gros flocons silencieux, lents et lourds, qui sortent de la brume du crépuscule comme des plumes d'oie échappées d'un oreiller céleste. Le chemin de traverse débouche sur une crête qui surplombe la forteresse, et je retiens mon so
Chapitre 4ÉlénaL'aube me trouve assise au bord du lit, les mains croisées sur mes genoux, la robe de la veille encore froissée à mes pieds.Je n'ai pas dormi. Le sommeil s'est refusé à moi comme un amant capricieux, me laissant seule dans l'obscurité de la chambre conjugale à écouter le silence v
Chapitre 3SorenJe ne dors pas.Le bureau est plongé dans l’obscurité, éclairé seulement par la lueur vacillante d’une chandelle qui achève de se consumer sur le coin de ma table de travail. Les dossiers du Nord sont empilés devant moi, parchemins jaunis et cartes déployées, mais je ne les vois pl







