LOGINJohn arriva chez lui vers 22h passées.
Il coupa le moteur lentement, resta quelques secondes immobile dans la voiture.
La réalité revenait d’un coup : sa maison, son mariage, ses responsabilités… et ce qu’il venait de vivre.
Son cœur battait vite, pas à cause de l’alcool, mais du mélange de culpabilité et de douceur qui l’envahissait.
Il inspira profondément, sortit du véhicule et entra discrètement.
Mais Joseanne n’était pas endormie — elle l’attendait.
Dans le salon à demi éclairé, elle leva brusquement la tête en le voyant.
— Tu étais où tout ce temps, John ? demanda-t-elle, sèchement, les bras croisés.
John, épuisé, ne chercha même pas à se justifier.
— Je suis soul, Joseanne… j’ai juste besoin de repos, s’il te plaît… pas de questions.
Elle fronça les sourcils, méprisante.
— Et je ne sais même pas pourquoi je te demande, répondit-elle en tournant la tête.
— Tu fais déjà ce que tu veux…
John ne répliqua pas.
Il sentit une douleur dans sa poitrine — plus forte que l’alcool.
Il entra dans la chambre, posa son téléphone sur la table de nuit et s’allongea.
Quelques secondes plus tard, son téléphone vibra.
FALONNE :
« Tu es bien arrivé ? »
Il ferma les yeux un instant.
Une voix douce résonna dans sa mémoire, la voix de Falonne, celle qui lui avait apporté un peu d’humanité.
Il répondit :
JOHN :
« Oui… Merci beaucoup pour tout. »
Quelques secondes passèrent.
Puis un nouveau message arriva :
FALONNE :
« C’est rien… j’espère que tu vas bien dormir.
Je ne voulais pas te déranger… tu avais besoin de repos. »
John sentit quelque chose de chaud au fond de lui.
Quelque chose qu’il n’avait plus ressenti depuis longtemps.
Il écrivit :
JOHN :
« Oui… vraiment. Merci beaucoup. »
Il resta là, le téléphone sur sa poitrine, respirant lentement.
Une part de lui culpabilisait.
Une autre se sentait vivante pour la première fois depuis des années.
Dans la pièce d’à côté, Joseanne, pourtant réveillée, l’observait à travers la porte légère.
Elle ne voyait pas les messages, mais elle voyait une chose :
John souriait.
Un sourire qu’elle n’avait plus vu depuis longtemps…
et qui n’était pas pour elle.
Elle fronça les sourcils et referma la porte en silence.
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Pendant ce temps… Jonathan, le père de John
À plusieurs kilomètres de là, Jonathan rentrait aussi chez lui.
Il avait encore en tête ce qui s’était passé quelques jours plus tôt avec la jeune femme de la pharmacie… Falonne.
Son histoire l’avait touché profondément.
Une jeune mère, seule, respectueuse, polie, courageuse…
Elle l’avait marqué.
Une idée lui trottait dans la tête depuis.
Peut-être une folie.
Peut-être une intuition de père.
En entrant dans son salon, il attrapa son Téléphone et appela son fils cadet, Lewis, qui vivait au Canada.
— Allô, papa ? Tu m’appelles tard… tout va bien ?
Jonathan sourit.
— Fiston… écoute bien ce que je vais te dire.
— Je crois que j’ai trouvé ta future femme.
Lewis éclata de rire.
— Papa ! Tu recommences ! Encore une de tes idées ?
Jonathan s’assit dans son fauteuil, l’air sérieux.
— Je te parle sérieusement, Lewis.
— Elle s’appelle Falonne. Une jeune femme correcte, calme, très respectueuse. Une fille qui se bat seule pour élever son fils. Une femme de valeur.
Lewis resta silencieux un instant.
— Et tu la connais comment ?
Jonathan inspira.
— Je l’ai rencontrée par hasard. Elle a failli perdre son enfant en pleine route… je l’ai aidée.
— Et j’ai vu une lumière chez elle. Une force. Une douceur que je ne vois plus souvent aujourd’hui.
Lewis répondit d’un ton taquin :
— Papa… tu veux me marier ou tu veux adopter la fille ?
Jonathan éclata de rire.
— Je veux juste quelqu’un de bien pour toi, fiston.
— Et crois-moi… cette fille mérite un avenir. Elle mérite un homme qui la respecte… et qui l’aime vraiment.
Lewis soupira doucement.
— On verra, papa… Envoie-moi sa photo quand tu en auras une.
Avec plaisir, répondit Jonathan.
Dans son esprit, tout semblait évident.
Mais ce que Jonathan ignorait encore…
c’est que la même jeune femme qu’il voulait présenter à son fils…
… était celle que son autre fils, John, venait de tenir dans ses bras quelques heures plus tôt.
La maison était encore plongée dans la pénombre du petit matin.Il était 6 h 45, et seuls les oiseaux dehors semblaient avoir le droit de faire du bruit.À l’intérieur, Joseanne, toujours accrochée à son ordinateur, s’était endormie vers 3 h du matin après des heures de discussions, d’appels, de projets… sans jamais se soucier de John, isolé dans la chambre d’amis.Le message de FALONEAu même moment, dans un tout autre quartier, FALONE venait de se réveiller.La première pensée dans son cœur fut pour John.Elle composa un message :> FALONE : « Bonjour John… comment as-tu passé ta nuit ? Ne dors pas trop, hein… tu risques d’être en retard au travail. »Elle hésita un instant, puis envoya.John se réveilleJohn, lui, était déjà éveillé depuis quelques minutes.Il avait mal dormi, seul, sur un matelas trop dur, dans une chambre trop froide, mais surtout avec un cœur trop lourd.Il s’étira, posa les pieds au sol et poussa un long soupir.Sans regarder son téléphone, il se leva et sortit
La porte de la chambre d’amis se referma derrière lui dans un silence lourd, presque étouffant.John resta debout quelques secondes, comme un homme qui cherche où poser sa peine.La lumière faible donnait à la pièce une ambiance froide.Ce lit… ce n’était pas le sien.Ce n’était pas leur lit.Il posa son téléphone sur la petite table, enleva ses chaussures et s'assit lentement sur le matelas.Le silence s'étira.Puis, comme un barrage qui cède, son cœur se serra violemment.---Ses pensées tournaient en bouclePourquoi elle me parle comme ça ?Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter un tel mépris ?Est-ce que je suis devenu un étranger dans ma propre maison ?Est-ce que quelqu’un peut détester son mari à ce point… sans raison ?Il se coucha sur le dos, les yeux fixés sur le plafond.La robe rouge bordeaux revenait dans son esprit.Il l’avait imaginée si belle dedans…Il s’était dit : Peut-être que si je lui offre quelque chose de joli, elle sourira. Peut-être qu’elle sentira que je l’aim
Il était 19h passées quand John poussa la porte de la maison.Il avait encore dans la main un petit sachet soigneusement fermé : le cadeau qu’il avait choisi pour Joseanne, espérant… peut-être… rallumer quelque chose entre eux.En entrant, il trouva sa femme affalée sur le canapé, les jambes croisées, les yeux rivés sur son téléphone.Elle riait toute seule, tapant des messages à une vitesse qui montrait clairement qu’elle était plongée ailleurs… loin de lui.John inspira doucement.— Mon amour… tu as déjà préparé à manger ?Sans même tourner la tête, elle répondit :— Oui. Ta nourriture est à table.John s’approcha de la table.Il regarda l’assiette.Encore la même chose.Du riz blanc bouilli… sans saveur.Un morceau de poisson sec… presque brûlé.Exactement le même repas qu’il mangeait depuis deux semaines.Son cœur se serra.— C’est quoi ça encore, Joseanne ? demanda-t-il calmement.— La même nourriture… encore ?Elle haussa les épaules, visiblement agacée.— Mais oui ! Il faut éco
La maison de Falone sentait le calme et la simplicité.Elle posa son sac, défit rapidement son foulard et passa un torchon autour de sa taille.Le cœur un peu serré, les mains légèrement tremblantes, elle sortit les œufs, les pommes de terre, l’huile et les épices.— Pourquoi je fais ça…? murmura-t-elle pour elle-même.— Ce n’est pas mon mari. Je ne devrais pas…Mais malgré ses pensées, ses gestes étaient doux, précis, presque instinctifs.Elle voulait qu’il mange bien.Qu’il se sente mieux.Elle ne comprenait pas pourquoi.---L’arrivée de JohnÀ peine avait-elle commencé à couper les pommes de terre que l’on frappa doucement à la porte.Falone essuya ses mains et alla ouvrir.John se tenait là, l’air fatigué, les yeux un peu rouges, mais apaisés en la voyant.Avant même qu’elle ne parle, un petit cri retentit :— PAPA !Wesley, son petit garçon de trois ans, accourut et se jeta sur les jambes de John.John sourit malgré lui.Il le porta, l’embrassa sur la joue.— Bonsoir, champion.
Ce que l’amour ne suffit plus à réparerFalone marchait dans sa petite pharmacie, Rangeant distraitement quelques boîtes.Son cœur battait un peu trop vite.Depuis la veille, quelque chose en elle avait changé.Elle avait passé la nuit à revoir chaque mot de John, chaque remerciement, chaque regard.Et cela l’effrayait.Elle posa une boîte dans son rayon, puis murmura, toute seule :— Mais qu’est-ce qui me prend ? Qu’est-ce que je veux au juste ?Wesley, son fils, partait toujours à l’école avec un taxi.Elle n’avait jamais demandé à John de l’aider.Pourquoi, d’un coup, l’idée même de lui demander de conduire Wesley l’avait traversée ?Elle secoua la tête.— Non… je ne peux pas lui demander ça. Je ne veux pas déranger cet homme.Elle se sentait déjà trop impliquée sans même comprendre comment cela avait commencé.Pendant ce temps-là, Joseanne n’avait même pas tenté de préparer un repas.Elle ouvrit une application, commanda un plat pour elle et l’enfant, puis s’habilla rapidement.U
La cafétéria À Votre Service était déjà animée quand John franchit la porte.L’odeur du pain chaud, du café qui venait de couler…Tout cela aurait pu être apaisant, si son cœur n’était pas un champ de bataille.Il choisit une table discrète près de la fenêtre.Quelques minutes plus tard, il aperçut Christophe entrer, l’air fatigué, les épaules tombantes.— Mon frère…, dit Christophe en s’asseyant.— Tu as une sale tête, répondit John.Christophe rit nerveusement et posa ses mains sur son visage.— J’en peux plus, John…John le regarda, surpris. Christophe n’était pas du genre dramatique.— Qu’est-ce qui se passe ?Christophe inspira profondément.— C’est Sandrine. On fait que se disputer.Elle est distante, froide… On vit sous le même toit mais on dirait deux étrangers.»John comprit trop bien ce sentiment.— Ça fait longtemps ?— Des mois. Et hier… j’ai découvert quelque chose.John se redressa.— Quoi ?Christophe serra les dents.— Elle parle à quelqu’un. Un gars.— T’es sûr ?— Ou







