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Chapitre 4 : Impénétrable 2

Penulis: Déesse
last update Terakhir Diperbarui: 2025-12-02 21:05:11

Anouk 

Je regarde l’évier débordant. L’idée qu’il y touche est plus terrifiante que tout.

— Vous ne touchez pas à mon désordre ! C’est mon écosystème créatif !

— C’est un biohazard, Anouk. Point final.

Il se lève, retire sa veste de costume, la plie soigneusement sur le dossier d’une chaise, et roule ses manches de chemise avec une précision militaire. Il a des avant-bras fermes, parcourus de veines, et une montre qui coûte sûrement plus cher que cinq ans de mon loyer.

— Que faites-vous ?

— Mise en œuvre du protocole, phase un : assainissement du milieu. Où sont vos produits de nettoyage ?

— Sous l’évier. Mais il y a aussi des romans inachevés, faites attention !

Il s’approche de l’évier et ouvre la porte. Un tas de papiers, d’éponges sèches et de bouteilles à moitié vides dégringole. Je le vois tressaillir, comme physiquement blessé par ce spectacle.

— Mon Dieu.

Il souffle.

— C’est une insulte à la logistique.

Pendant l’heure qui suit, je vis l’expérience la plus surréaliste de ma vie : regarder un parrain de la pègre nettoyer mon appartement avec l’efficacité brutale d’un commando. Il ne range pas, il décime. Il crée des piles carrées, aligne les livres par ordre alphabétique, récure la plaque de cuisson avec une férocité qui me fait craindre pour l’émail. Il jette mes tasses préférées avec des fissures parce que, dit-il, elles constituent un risque bactérien et esthétique. Il passe l’aspirateur avec une concentration qui ferait pâlir un neurochirurgien.

Je reste assise, tétanisée, à le regarder. Mon stylo vert a roulé par terre. Je n’écris rien. Je suis en état de choc créatif.

— Vous.

Il dit soudain en se penchant pour ramasser un manuscrit tombé.

— Les Soupirs de l’Aube. C’est le titre ?

— Oui. Mon deuxième roman. Un drame historique.

— Il est mauvais. Le premier chapitre est alambiqué et le personnage masculin manque de cohérence psychologique.

— Comment osez-vous ?

— Je le dis. Vous voulez de la vérité ? La voici. Vos hommes sont des fantasmes sans colonne vertébrale. Des amoureux transis, pas des prédateurs. C’est pour ça que vous êtes venue me chercher.

Je n’ai rien à répondre. C’est atrocement vrai.

Il termine par la table basse, essuyant la tache de vin avec un produit spécial qu’il a trouvé on ne sait où. L’appartement sent le citron et la terreur propre.

— Voilà.

Il annonce, se lavant les mains au savon pendant exactement trente secondes.

— Un environnement de travail minimal est maintenant établi.

Mon sanctuaire de chaos ressemble à une chambre d’hôtel stérile et dépressive. Je me sens violée. Et étrangement… soulagée.

— Maintenant.

Il dit en se rasseyant, les mains sur les genoux.

— Inspirons-nous. Vous aviez des questions pour votre kidnappé. Posez-les.

Je le dévisage. C’est une offre trop étrange pour la refuser. Mon instinct d’écrivain reprend le dessus, malgré la peur. Je me penche pour ramasser mon stylo vert, et dans ce mouvement, ma manche effleure la tasse de thé qu’il n’a pas fini.

Le liquide tiède se renverse sur ses genoux impeccables.

Un silence de mort s’abat sur la pièce.

Il regarde la tache sombre qui s’étend sur le tissu beige de son pantalon. Puis il lève les yeux vers moi. Ce n’est plus de l’intérêt clinique. C’est quelque chose de plus profond, de plus froid. Une décision qui vient de basculer.

— Je vois.

Il dit d’une voix trop calme.

— Le désordre n’est pas environnemental. Il est systémique. Il suinte de vous. Il est incontrôlable.

Il se lève lentement, regardant la tache.

— L’option de coopération requiert un niveau de discipline minimal que vous semblez incapable de fournir, même de manière passive. Nous passons donc à l’option alternative. Version révisée.

— L’option alternative ? C’est… le démembrement ?

— Trop désordonné. Trop de variables. L’option alternative révisée est : extraction et confinement.

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