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Chapitre 61 : La Maison 1

Penulis: L'invincible
last update Tanggal publikasi: 2026-04-06 00:32:14

La femme âgée s'appelle Rosa. Elle a connu Maria depuis l'enfance, elles ont grandi ensemble dans ce village où rien ne change jamais. Elle nous regarde, Naya et moi, avec des yeux qui semblent chercher sur nos visages les traces de la femme que nous venons chercher.

— Venez, dit-elle en tagalog. Je vais vous mener à elle.

Elle ne parle pas anglais, mais ses gestes suffisent. Sa main ridée se tend vers nous, puis désigne un chemin qui s'enfonce dans le village. Naya serre mon bras. Ses doigts t
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    Elle lève la tête, me voit, et son sourire s'efface. Pas de panique, pas de colère. Juste une surprise triste, une ombre qui passe sur son visage.— Lyam. Qu'est-ce que tu fais là ?— Je pourrais te poser la même question.— Je me promène. Avec Gabriel.Gabriel me regarde avec curiosité, sans hostilité. Il ne sait pas qui je suis. Il ne sait rien de notre histoire. Il est juste un homme assis sur un banc avec une femme qui lui plaît.— On peut parler ? dis-je. Seuls. Juste une minute.Naya hésite. Elle jette un coup d'œil à Gabriel, qui hausse les épaules, compréhensif.— Je t'attends au café, dit-il en se levant. Prends ton temps.Il s'éloigne, et nous restons seuls au milieu du square, séparés par quelques mètres de gravier et des semaines de silence.— Qu'est-ce que tu veux, Lyam ?— Je t'aime.Les mots sortent avant que j'aie pu les préparer. Bruts, maladroits, désespérés. Je ne les ai jamais dits avant. Pas comme ça. Pas aussi clairement. J'ai toujours tourné autour, toujours uti

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    LioraNaya rentre tard ce soir-là.Je suis assise dans le salon, mes dossiers étalés sur la table basse, un verre de vin blanc à la main. J'ai abandonné l'ordinateur depuis une heure, mais je n'arrive pas à dormir. Je n'arrive jamais à dormir quand Naya n'est pas rentrée.— Désolée, dit-elle en posant son manteau dans l'entrée. Je ne pensais pas rentrer si tard.— Tu étais où ?— Dans une galerie d'art. Puis dans un café. Puis j'ai marché.Elle a une voix que je ne lui connais pas. Plus légère, plus claire. Ses yeux brillent d'une lueur nouvelle, comme si quelque chose s'était allumé en elle pendant son absence.— Une galerie d'art ? C'est nouveau.— J'ai rencontré quelqu'un.Je pose mon verre de vin, me redresse dans le canapé.— Quelqu'un ? Quel genre de quelqu'un ?— Un artiste. Il s'appelle Gabriel. Il peint. Il donne des cours à des enfants.— Et tu l'as rencontré dans une galerie ?— Par hasard. J'étais entrée pour me réchauffer, il était là, on a commencé à parler d'un tableau.

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    NayaJe le rencontre par hasard, un samedi après-midi, dans une petite galerie d'art du Marais.Je ne devrais même pas être là. Je devrais être au bureau, à travailler sur le dossier de presse que Liora m'a confié, à préparer la réunion de lundi, à faire mes preuves. Mais j'avais besoin de prendre l'air, de marcher, de ne penser à rien. Alors j'ai erré dans les rues de Paris, sans but, sans direction, et je suis entrée dans cette galerie parce que la porte était ouverte et qu'il y faisait chaud.Il est debout devant une toile immense, les bras croisés, la tête penchée sur le côté. Il porte un jean taché de peinture et un pull à col roulé troué aux coudes. Ses cheveux bruns sont en bataille, comme s'il ne les avait pas coiffés depuis plusieurs jours, et il a une barbe de quelques jours qui lui mange le visage.Il ne fait pas attention à moi. Il regarde le tableau, absorbé, perdu dans sa contemplation.Je m'approche pour voir ce qu'il regarde.C'est une toile abstraite, immense, pleine

  • Miroirs Contraires   Chapitre 102 : Lyam et Liora

    Liora---Je le vois avant qu'il ne me voie.Il est assis sur un banc, square Louis-XVI, à deux pas de l'immeuble du groupe Delacroix. Le square est presque vide en cette fin d'après-midi de novembre. Les arbres sont nus, squelettiques, leurs branches noires découpées sur le ciel gris. Quelques feuilles mortes tourbillonnent sur le gravier, poussées par un vent froid qui sent la pluie.Lyam ne regarde rien. Il a les yeux fixés sur le sol, les coudes sur les genoux, les mains pendantes. Sa barbe de trois jours s'est transformée en barbe d'une semaine. Son manteau est froissé, comme s'il avait dormi dedans.Je m'assois à côté de lui sans demander la permission.— Tu devrais porter une écharpe, dis-je. Il fait froid.Il tourne la tête vers moi, lentement, comme s'il émergeait d'un très long sommeil. Ses yeux sont rouges, cernés de violet. Il n'a pas dormi. Il n'a probablement pas mangé non plus.— Liora, dit-il d'une voix rauque. Qu'est-ce que tu fais là ?— Je sors du bureau. Je t'ai vu

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