로그인Elle resta immobile.
Vincent poursuivit sans la moindre émotion :
— Nous savions que tu sortirais si je te disais que j'en avais besoin. Tu as toujours été facile à convaincre dès qu'il s'agissait de moi. Il suffisait de te faire croire que je risquais quelque chose.
— Vous aviez prévu de me laisser dehors ?
— Nous avions prévu que tu ne reviendrais pas, répondit-il froidement. C'était beaucoup plus simple ainsi. Une fois que tu serais partie, nous pourrions enfin vivre ensemble sans avoir à nous débarrasser de toi autrement.
Chloé sentit ses yeux se remplir de larmes.
— Vincent, je t'en supplie... Laisse-moi entrer. Je ne te demanderai aucune explication. Je veux seulement me mettre à l'abri.
— Non.
— Je suis blessée ! Je n'ai plus de nourriture ! Je ne peux pas survivre dehors !
Laura posa sa main sur le bras de Vincent.
— Chéri, ferme la porte. Nous n'avons pas besoin de continuer cette conversation.
— Vincent, non ! Attends !
Il commença à refermer l'ouverture.
Chloé posa sa main contre la porte.
— Je suis ta femme ! Tu ne peux pas me faire ça !
Vincent la repoussa sans hésiter.
— Tu ne l'es plus pour moi.
La petite ouverture se referma.
Chloé resta devant la porte, les mains tremblantes. Elle frappa plusieurs fois, mais personne ne répondit.
— Vincent ! Ouvre-moi ! Je t'en prie !
C'est alors qu'un grognement retentit au bout de la rue.
Elle tourna brusquement la tête.
Trois infectés venaient d'apparaître entre les voitures abandonnées. Leurs corps déformés avançaient dans sa direction, attirés par ses cris.
Chloé recula et sortit le petit couteau qu'elle gardait dans sa poche.
— Non... Non, pas maintenant...
Elle frappa à nouveau contre la porte.
— Vincent ! Ils arrivent ! Ouvre !
À travers la petite fenêtre du salon, elle aperçut son mari. Il se tenait près de Laura, qui avait passé ses bras autour de lui. Ils la regardaient.
— Vincent, je t'en supplie !
Il ne bougea pas.
Laura se pencha vers lui et lui murmura quelque chose. Puis elle tira doucement le rideau.
Chloé n'eut plus le temps de les regarder.
Le premier infecté se jeta sur elle. Elle réussit à le repousser avec son couteau, mais les deux autres arrivèrent presque aussitôt. Elle tenta de s'éloigner, trébucha sur un morceau de béton et tomba lourdement sur le dos.
Ses mains se levèrent pour protéger son visage tandis que les créatures s'abattaient sur elle.
— À L'AIDE ! VINCENT !
Elle sentit des dents s'enfoncer dans son bras. Une douleur atroce lui traversa le corps. Elle se débattit, frappa encore avec son couteau, mais ses forces l'abandonnaient rapidement.
Sa tête se tourna une dernière fois vers la maison.
Derrière la fenêtre, le rideau était fermé.
Son mari ne viendrait pas.
Alors que les créatures la dévoraient, Chloé sentit sa vision devenir floue. Ses larmes coulaient sur ses tempes et sa voix, presque étouffée par les grognements, s'éleva une dernière fois.
— Si seulement je pouvais me réincarner... Si seulement je pouvais avoir une seconde chance...
Elle toussa, incapable de reprendre correctement son souffle.
— Je ferais payer à mon mari infidèle tout ce qu'il m'a fait subir ! Je ne lui pardonnerais jamais ! Jamais !
Ses yeux se remplirent d
e haine tandis que les monstres continuaient de la déchirer.
Puis tout devint noir.
À plusieurs reprises, elle remarqua la façon dont Vincent regardait Laura. Ce n'était pas encore quelque chose qu'un étranger aurait pu facilement interpréter, mais elle connaissait désormais la vérité derrière ces gestes.Elle se rappelait aussi certaines conversations qu'elle avait surprises dans son ancienne vie. Vincent qui baissait la voix lorsqu'il recevait un appel, son téléphone qu'il emportait partout et les explications qu'il inventait lorsqu'elle lui posait des questions.Elle avait tout laissé passer parce qu'elle l'aimait. Elle avait préféré croire ses explications plutôt que d'accepter que l'homme avec qui elle partageait sa vie puisse la tromper.Cette fois, elle ne se laisserait plus aveugler.— Ton repas est vraiment délicieux, Chloé, complimenta Laura.— Merci. Sers-toi encore si tu en veux.— Tu cuisines très bien. Vincent a beaucoup de chance.— Je le pense aussi, ajouta Vincent en souriant.Chloé leva les yeux vers lui.— Tu devrais surtout profiter de ton repas a
Vincent prit le petit sac de Laura et le déposa à l'intérieur avant de refermer la porte. Chloé les observa rejoindre le salon. Son mari semblait parfaitement détendu, tandis que Laura regardait les lieux avec un sourire satisfait.Elle les avait accueillis ainsi autrefois. Elle leur avait ouvert sa maison sans imaginer une seule seconde ce qu'ils faisaient derrière son dos.Cette fois, elle savait.— Installe-toi, Laura, dit-elle en désignant le canapé. Tu veux boire quelque chose ?— Un verre d'eau, si possible. Merci.— Bien sûr.Chloé se dirigea vers la cuisine. Elle avait besoin de quelques instants pour remettre de l'ordre dans ses pensées. Ses mains tremblaient légèrement lorsqu'elle prit un verre dans le placard, mais elle se força à rester calme.Quatre-vingt-dix jours.C'était le temps dont elle disposait avant que le monde ne bascule. Elle ne pouvait pas se permettre de perdre une seule journée. Elle devait préparer son avenir, mettre de l'argent de côté et trouver un endro
Chloé ouvrit la porte et se retrouva face à Vincent. Mais son attention fut immédiatement attirée par la jeune femme qui se tenait à ses côtés.Son sourire s'effaça.Elle sentit son cœur faire un bond et resta figée, incapable de détourner les yeux. Ce visage… Elle avait l'impression de l'avoir déjà vu, mais pas dans les circonstances ordinaires d'une première rencontre.Pendant un bref instant, une image traversa son esprit : une femme debout près de Vincent, devant la porte de leur ancienne maison. Puis une autre image surgit, beaucoup plus douloureuse. Cette même femme dans les bras de son mari, tandis qu'elle-même, épuisée et blessée, suppliait qu'on lui ouvre la porte.Chloé recula légèrement.— Chérie ? Qu'est-ce qui t'arrive ? demanda Vincent.Elle cligna des yeux et revint à la réalité.— Rien… Je ne m'attendais simplement pas à recevoir de la visite.Vincent sourit, puis désigna la jeune femme à côté de lui.— Je te présente Laura, ma cousine.Chloé tourna lentement la tête v
Chloé ouvrit brusquement les yeux.— Non !Elle se redressa dans son lit, le souffle coupé. Ses mains se portèrent instinctivement à son cou, puis à ses bras. Elle s'attendait à sentir le sang couler sur sa peau et les blessures que les infectés lui avaient infligées. Pourtant, elle ne trouva rien.Elle resta assise quelques secondes, le regard perdu dans la chambre.Elle était vivante.La lumière qui traversait les rideaux lui fit plisser les yeux. Elle regarda autour d'elle et reconnut immédiatement les meubles, les tableaux accrochés aux murs et la petite table de chevet sur laquelle elle posait habituellement son téléphone.Elle passa une main sur son visage.— J'ai fait un cauchemar...Les images étaient encore présentes dans son esprit. Elle revoyait Vincent lui refuser l'entrée, Laura se blottir contre lui et les deux amants la regarder mourir derrière leur fenêtre. Elle se souvenait aussi de la douleur provoquée par les morsures des infectés.Elle baissa les yeux vers ses bras
Elle resta immobile.Vincent poursuivit sans la moindre émotion :— Nous savions que tu sortirais si je te disais que j'en avais besoin. Tu as toujours été facile à convaincre dès qu'il s'agissait de moi. Il suffisait de te faire croire que je risquais quelque chose.— Vous aviez prévu de me laisser dehors ?— Nous avions prévu que tu ne reviendrais pas, répondit-il froidement. C'était beaucoup plus simple ainsi. Une fois que tu serais partie, nous pourrions enfin vivre ensemble sans avoir à nous débarrasser de toi autrement.Chloé sentit ses yeux se remplir de larmes.— Vincent, je t'en supplie... Laisse-moi entrer. Je ne te demanderai aucune explication. Je veux seulement me mettre à l'abri.— Non.— Je suis blessée ! Je n'ai plus de nourriture ! Je ne peux pas survivre dehors !Laura posa sa main sur le bras de Vincent.— Chéri, ferme la porte. Nous n'avons pas besoin de continuer cette conversation.— Vincent, non ! Attends !Il commença à refermer l'ouverture.Chloé posa sa main
Chloé resta assise quelques instants sur le sol, la main posée sur sa jambe blessée. Elle avait été projetée contre des débris de verre et une profonde entaille lui faisait terriblement mal.Elle aurait voulu pleurer, mais elle n'avait plus le temps de s'apitoyer sur son sort.Elle devait rentrer.Vincent devait l'attendre. Il devait sûrement s'inquiéter, surtout après deux jours sans nouvelles.Elle se raccrocha à cette pensée pour continuer à avancer.Le troisième jour, Chloé atteignit enfin sa rue.Elle était méconnaissable. Des voitures abandonnées bloquaient la chaussée, plusieurs maisons avaient leurs fenêtres brisées et une odeur insupportable flottait dans l'air.Lorsqu'elle aperçut leur maison, les larmes lui montèrent aux yeux.Elle accéléra malgré sa jambe douloureuse et frappa à la porte.— Vincent ! C'est moi ! Ouvre-moi !Aucune réponse.Elle frappa encore, cette fois plus fort.— Vincent, s'il te plaît ! Je suis rentrée !Quelques secondes plus tard, une petite ouvertur







