LOGINChapitre 58
Éléonore
Il ne part pas. Il reste là, sa main sur mon bras, son regard planté dans le mien.
— Tu ne vas pas me répondre ? Tu ne vas pas me parler ?
Je ne dis rien.
— Très bien. Alors je vais rester. Jusqu'à ce que tu m'écoutes. Jusqu'à ce que tu comprennes.
La colère monte en moi, lente, sourde, brûlante. Une colère que je refoulais depuis des mo
Chapitre 59DamienJ'arrive dans le couloir et je les vois. Julien, debout devant Éléonore, sa main posée sur son bras. Elle, adossée au mur, les joues mouillées, les lèvres tremblantes, le regard vide. Elle ne parle pas. Elle ne bouge pas. Elle tremble. Et lui, il attend. Il attend qu'elle cède. Je sens la colère monter en moi, froide, dangereuse. Je pourrais traverser ce couloir, le jeter contre le mur, lui faire payer chaque larme qu'elle verse. Mais je m'arrête. Parce que ce n'est pas ma bataille. C'est la sienne.— Tiens, le sauveur, dit Julien en me voyant. Tu viens jouer les héros ?Je ne réponds pas. Je regarde Éléonore. Elle lève les yeux vers moi. Je vois dans son regard une supplique, une peur, mais aussi quelque chose d'autre. Une force fragile. Une détermination qui cherche à émerger.— Éléonore, dis-je doucement. Tu veux que je parte ?Elle secoue la tête. Un mouvement infime, mais clair.— Non.— Tu veux que je r
Chapitre 58ÉléonoreIl ne part pas. Il reste là, sa main sur mon bras, son regard planté dans le mien.— Tu ne vas pas me répondre ? Tu ne vas pas me parler ?Je ne dis rien.— Très bien. Alors je vais rester. Jusqu'à ce que tu m'écoutes. Jusqu'à ce que tu comprennes.La colère monte en moi, lente, sourde, brûlante. Une colère que je refoulais depuis des mois.— Je ne veux pas de toi. Je ne veux plus jamais te revoir.— Tu ne le penses pas. Tu es en colère. C'est normal. Mais tu ne peux pas me chasser comme ça.— Je viens de le faire.— Non. Tu cries, tu trembles, tu pleures. Mais tu ne me chasses pas. Parce que tu sais que je suis le seul à t'aimer vraiment.— Tu ne m'as jamais aimée.— Si. Je t'aimais. Mais tu étais froide, Él&
Chapitre 57ÉléonoreJe sors du bureau, les jambes lourdes, l'esprit encore embrumé par les mots de Damien, par cette nouvelle qui a tout fissuré. Je ne vois pas le piège se refermer. Je ne le vois pas parce que je regarde mes pieds, parce que je cherche mon souffle, parce que je porte sur mes épaules le poids de la peur qu'il m'a transmise. Et puis je le sens. Ce parfum. Ce parfum boisé, capiteux, que je connais par cœur, que j'ai respiré pendant des années, qui a imprégné mes draps, mes vêtements, ma peau. Je m'arrête net, le cœur suspendu, et je lève les yeux.Il est là. Debout devant moi, à quelques mètres, les mains dans les poches, le sourire aux lèvres. Julien. Le même visage, les mêmes yeux clairs, la même élégance décontractée qui m'a fait chavirer autrefois. Il est là
Chapitre 56DamienJe la regarde dormir, la lumière du matin caresse son visage, et pour la première fois de ma vie, je me surprends à imaginer un avenir. Pas un avenir abstrait, fait de réussites professionnelles et de conquêtes, mais un avenir concret, tangible, avec elle. Une maison, pourquoi pas. Quelque chose de simple, avec un jardin, une cuisine où elle préparerait son thé, une chambre où je la regarderais m'endormir chaque nuit. Des projets. Des voyages. Des matins comme celui-ci, silencieux et doux.— Tu penses à quoi ? murmure-t-elle, les yeux encore fermés.— À toi.— Tu mens.— Je ne mens jamais.Elle ouvre un œil, un sourire au coin des lèvres.— Alors dis-moi.— Je pense à une maison. Avec un jardin. Assez grand pour qu'on puisse s'y perdre. Et une cuisine où tu f
Chapitre 55ÉléonoreLa nuit s'étire autour de nous, et je me surprends à ne plus vouloir qu'elle se termine. Damien est allongé près de moi, sa main posée sur mon ventre, son pouce dessinant des cercles lents sur ma peau. Nous ne faisons rien. Nous ne disons rien. Et pourtant, c'est la nuit la plus intime de ma vie.— Tu es calme, murmure-t-il.— Je sais.— Ça t'arrive souvent ?— Jamais.Il tourne la tête vers moi, et je vois dans ses yeux une curiosité tendre.— Pourquoi ce soir ?— Parce que tu es là. Parce que je n'ai pas besoin de faire semblant. Parce que je n'ai pas peur.— Peur de quoi ?— De toi. De moi. De ce que je ressens. De ce que ça pourrait devenir.Il ne dit rien, il attend. Alors je continue.— Avant, j'avais peur de tout. Peur de m'attache
Chapitre 54DamienJe la regarde, assise en face de moi, les yeux encore brillants des larmes qu'elle vient de verser. Elle m'a dit qu'elle m'aime, elle a prononcé les mots qui la terrifiaient, et maintenant, c'est à moi de lui offrir quelque chose en retour. Pas une promesse creuse. La vérité.— Éléonore.— Oui ?— Il faut que je te dise quelque chose. Quelque chose que je n'ai jamais avoué à personne.Elle se redresse, essuie ses joues, et me fixe avec cette intensité qui me met à nu.— Je t'écoute.— Je suis tombé amoureux de toi bien avant que tu ne t'en rendes compte.Elle cligne des paupières, surprise.— Quoi ?— La première fois que je t'ai vue, sur cette terrasse. Tu pleurais, tu étais brisée, et pourtant tu te tenais droite. Tu ne t'es pas effond







