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Chapitre 8 : Le Poids de la Couronne

Author: Déesse
last update Last Updated: 2025-12-04 16:23:34

Clara

Le silence qui tombe sur le hangar est plus assourdissant que les coups de feu. Une fumée âcre flotte, mêlée à l'odeur de poudre et de sang. Les corps des hommes de Marco gisent, immobiles, dans des poses grotesques. Au centre, Marco se tord de douleur, geignant, une main pressée sur son épaule déchiquetée.

Clara respire à grands coups, les poumons brûlants, les oreilles bourdonnantes. Son cœur bat à tout rompre, mais son esprit est d'un calme glaçial. Elle baisse son arme, le canon encore fumant, et se tourne vers Alyss.

Sans un mot, elle traverse la distance qui les sépare. Ses doigts se referment sur le col du sweat-shirt d'Alyss, serrant le tissu, attirant son visage tout près du sien. La fureur et l'adrénaline forment un cocktail explosif dans ses veines.

— Tu as osé, souffle-t-elle, sa voix rauque, chargée d'une colère qui pourrait réduire l'acier en poussière. Tu as osé me trahir. Même pour une fraction de seconde.

Son autre main se lève, non pas pour gifler, mais pour sa
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    AlyssTu veux savoir d'où tu viens ? Viens.Seule.Demain, 16h. Marché aux épices, stand de safran. Demande le « thé des souvenirs ».Pas de signature. Juste ces mots. Une invitation. Un piège.Ou les deux.Le sol se dérobe. Toutes les certitudes que j'avais laborieusement construites , mon identité d'arme, d'outil, d'ombre , volent en éclats. Si cette photo est vraie… je n'ai pas été créée à l'Institut. J'y ai été amenée. Modifiée, peut-être. Mais j'existais avant. J'avais un visage d'enfant. J'avais… quoi ? Une famille ? Un nom ? Une vie ?Le besoin de savoir est une lame de fond, si violent qu'il me coupe le souffle. C'est une faim cannibale, qui dévore tout sur son passage. La prudence, la peur, la raison.— C'est un piège, dit Clara, la voix tremblante. Tu le vois bien. Ils veulent te séparer de moi. Te faire sortir.— Oui, dis-je, la voix rauque.— Tu n’iras pas.Je lève les yeux vers elle. Elle lit la réponse dans mon regard avant même que je ne parle. Son visage se décompose.

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    AlyssMa voix est calme, un contrepoint glacial à la tempête en moi. L’Ombre calcule férocement. Ports surveillés. Aéroports impraticables. Contacts potentiellement compromis. Risque d’exfiltration : élevé.— Le café… le contact… souffle Clara.— Compromis. Ils auront couvert toutes les issues logiques.Je scrute la ruelle. Un chat fouille une poubelle. Une vieille femme observe derrière un rideau de perles. Le risque est partout.C’est alors que je le vois. De l’autre côté de la ruelle, en face d’une échoppe de réparateur de radios, un homme. Il est assis sur une chaise en plastique, semblant lire un journal. Rien de remarquable. Jeans, veste légère, casquette. Sauf que son journal est à l’envers. Et son regard, à peine levé, ne balaie pas la foule. Il est braqué, fixe, sur l’entrée de la ruelle par laquelle nous sommes entrées.Un guetteur.Je serre le bras de Clara plus fort.— On est repérés. Ne regarde pas. À ma droite, l’homme au journal.Sa respiration se bloque, puis elle resp

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