MasukJe suis abasourdie. Je regarde ma sœur en silence, comme si je la rencontrais pour la première fois.
Ma sœur aînée que j’aime tant ne peut pas sortir de telles inepties. Ce n’est pas possible. Elle relègue aux oubliettes notre éducation chrétienne, les valeurs que nos parents nous ont inculqués.
Sidérée, je lui rétorque, en essuyant mes larmes :
- Béa, jamais je ne deviendrai une infidèle invétérée comme ce que tu décris. Tu as pensé à Maman et à papa
- Hé Angélique, fais comme bon te semble, si tu veux tu divorces, si tu veux tu lui pardonnes. Mais moi je t’ai dit ce que j’en pense.
Je quitte l’appartement de Béatrice comme on sort d’un rêve étrange.
Le soleil tape fort dehors, mais je frissonne.
Tout est flou dans ma tête.
Tout vacille.
Je n’ai presque pas prononcé un mot pendant le reste de notre échange. J’étais incapable de dire quoi que ce soit.
Ses paroles résonnent encore :
“Soit tu divorces , soit tu lui pardonnes .”
Je monte dans ma voiture, le regard vide.
Je n’arrive même plus à pleurer.
Je suis au-delà des larmes.
Richard et Edith.
Je les revois, là, dans cette voiture, dans cette bulle que je n’étais pas censée voir.
Et moi, dans tout ça ?
La femme fidèle. La vierge offerte à son époux.
La confidente trahie.
L’amie sacrifiée.
Que devrais je faire ? Le confronter et tout pardonner…Trop facile.
Je serre le volant, les jointures blanchies.
Divorcer et tout recommencer..non..Je ne m’en sentais pas capable..
Si Béatrice peut avoir un amant… pourquoi pas moi ?
Pourquoi devrais-je continuer à souffrir en silence, à m’accrocher à des principes que plus personne ne respecte ?
Pour le meilleur et le pire. Accepter l’infidélité de son partenaire, c’était peut être cela le pire dans un mariage.
Non.
Je ne vais pas le confronter.
Pas encore.
Je veux qu’il ressente ce que je ressens.
Je veux qu’il doute. Qu’il s’interroge.
Qu’il se torde les tripes, comme moi.
Et puis, il y a Eric.
Le fiancé d’Edith. Un homme doux, poli, charmant…
Un homme trompé lui aussi.
Edith l’avait rencontré au sortir d’une boulangerie. Ils avaient sympathisé. Elle avait jeté son dévolu sur lui quand elle a su qu’il était héritier d’une famille aisée et célèbre du pays. Il était plutôt taciturne, et dirigeait sa propre entreprise dans le négoce de cacao.
Mon cœur s’accélère. Une idée se forme.
Terrible.
Brillante.
Froide.
« Œil pour œil. »La loi du talion, comme dans l’ancien testament. Je ne me laisserai pas faire si facilement.
Je ne serai plus la même femme qu’hier.
Quelque chose s’est réveillé en moi. Quelque chose de noir et de puissant.
Une force nouvelle.
Ce soir, je le regarderai dans les yeux.
Et il ne verra rien.
Rien d’autre qu’un sourire.
Mais à l’intérieur, je viens de tracer une ligne.
La nuit est tombée depuis longtemps.
Je suis assise dans l’obscurité du salon, une tasse de thé froid entre les mains.
Je n’ai pas allumé la lumière.
J’ai besoin de cette pénombre. De cette zone grise qui ressemble à mon esprit.
Richard dors déjà.
La soirée s’était déroulée tranquillement, comme d’habitude
Il était calme, comme si rien n’avait changé.
Je pense à ses “ma chérie” mécaniques, à ses caresses trop parfaites.
Et je pense à Edith. Ma sœur de cœur. Ma Judas personnelle.
Je revois leurs gestes dans cette voiture.
Leur bulle.
Leur monde à deux.
Et moi, dehors.
Je serre les dents.
J’ai toujours été la gentille. La loyale. La femme correcte.
Mais à quoi m’a servi ma droiture ?
Mon monde s’est effondré, et je n’ai rien vu venir.
Si Béatrice a pu survivre à son mariage en trichant un peu…
Si même mon Dieu semble silencieux en ce moment…
Pourquoi ne pas tricher, moi aussi ?
Juste une fois.
Juste pour équilibrer les comptes.
Je pense à Éric.
Il est droit, direct, gentil, et surtout… trahi. Edith m’a souvent vanté ses aptitudes sexuelles. Elle qui avait connu plusieurs hommes, ne tarissait pas d’éloges envers Éric. Je me demande bien ce qu’elle était venu rechercher chez mon Richard. Éric était bien plus beau ( le genre de beauté ostentatoire qui me déplaisait), plus nanti, et c’était un étalon.
Que Diantre ! voulait Edith en couchant avec Richard ? Si ce n’est braver l’interdit, me faire du mal…
Eric était lui aussi trahi dans cette histoire, peut-être que lui aussi a besoin de comprendre ce que c’est : qu’on vous arrache vos repères…
Peut-être qu’il mérite la vérité.
Ou… une autre vérité : lui révéler tout les coups tordus qu’ Edith avait fait par le passé, avant et au début de leur relation.
Je finis par me lever et attraper mon téléphone.
Je n’avais pas son numéro. Mais j’avais Edith.
Et j’ai toujours su lire entre les lignes de ses messages.
Je saurai le trouver.
Je caressai la tête d’Henri, et mon autre main se glissa dans les cheveux de Richard. Je tirai doucement Richard derrière moi. Je sentis ses lèvres se poser contre ma nuque, ce baiser lent, chaud, qui fit courir un frisson électrique le long de ma colonne Henri se baissa légèrement afin d'emprisonné ma poitrine dans sa bouche. C'était le nirvana. Mes tétons se dressèrent. Il souffla légèrement dessus, mordilla, tandis que Richard s'occupait de ma bouche de mon dos. Henri me regardait avec une admiration fébrile. Richard, avec une passion débordante. Henri se saisit du lobe de mon oreille, Richard fit de même. En fait, cette nuit, il s'agissait aussi pour moi de redécouvrir mon corps. Ses deux hommes sur mes oreilles, Henri jouant avec mes tétons. Richard qui profita, pour enfoncer ses deux doigts en moi, les faisant tourner. Je ne pu retenir un gémissement. Mes jambes voulait me lâcher. Je murmurai à Henri: — Allonge-toi. Henri obéit, lentement, le cœur battant.
Richard m’attendait, assis sur le lit. Il se leva en me voyant entrer. — Alors ? demanda-t-il, inquiet. Je refermai la porte, lentement. J'ôtai mon peignoir délicatement. Richard était intrigué par mon calme. J'avançai près de lui. Je me mis nue à la hâte, puis je posai le pied sur sa jambe, en me baissant pour prendre son menton - Fais moi confiance, mon Petit cœur. Rien ne t'arriveras, au contraire, j'ai de parfait plan pour nous. Je l'embrassai. Puis je lui dis: maintenant fais plaisir à maman, bouffe moi la chatte ! Il y avait un mélange de peur, et d'excitation dans les yeux de Richard. Il ne se fit pas prier et me renversa sur le lit Il était comme hypnotisé par moi. J'ordonnais et il executais. Moi même je ne me reconnaissais pas. Une telle audace, une perversion, un désir inappropriée... Être prise par deux hommes en même temps : mon mari et mon amant! Qu'est ce que Richard pensait de moi? Qu'est-ce qu' Henri décidera ? Pour être franche je n'en avait cure à cet in
Les jours qui suivirent étaient éprouvants pour moi. J'étais tiraillé par mon désir ardent de garder ces deux hommes dans ma vie, et par la peur de blesser et de perdre Richard. Il fallait jongler entre les deux. Oui parce que Henri n'était plus le même avec moi. J'avais retrouvé le partenaire du début de notre relation : pro actif, prévenant, attentif, tendre, à l'écoute. Richard quand à lui apprenait à gérer sa jalousie. Il acceptait de me partager avec mes enfants. Il était loin de se douter, qu' Henri avait repris sa place dans mon lit. C'était quelque peu épuisant, car il m'arrivait de me faire prendre par Richard au déjeuner, et de servir de 4 heures à Henri. Il fallait que je trouve le courage d'aborder le sujet avec Richard. Comment lui dire qu'il était hors de question d'officialiser notre idylle. J'aimais ma vie comme elle était. Après tout, tout le monde a des secrets. Je serais la respectable épouse d'Henri aux yeux de tous, et l'amante de Richard entre quatre murs. T
Au lieu de retomber, quelque chose en moi… monta.Une braise se transforma en flamme.Une chaleur vive, impulsive.Une énergie presque sauvage.Je me levai du lit. J'ajustai ma nuisette, j'enfilai mes chaussons.Mes pas étaient silencieux.Le couloir plongé dans la pénombre.La maison endormie.Mais mon corps…Lui, était éveillé.Terriblement éveillé.Je m’arrêtai devant la porte de la chambre d’amis, où Henri dormait.Ou du moins… où je pensais le trouver endormi.Mon cœur battait vite, mais pas de peur.D’une forme de puissance que je ne comprenais qu’à moitié.J’ouvris doucement la porte de la chambre d'ami.Henri se redressa aussitôt, surpris.— Béa ? Tout va bien ?Il avait sa voix de mari inquiet, sa posture de père fatigué.Mais ses yeux…Ses yeux glissèrent immédiatement sur mon corps.Je restai dans l’embrasure, sans sourire, sans hésitation.— Tu dors ?— Non… je… je pensais.Je m’avançai, refermai la porte derrière moi.— Tu veux… parler ?— Non.Ma voix était basse.Sûre.
Le samedi qui suiva, la maison résonnait de rires, de pas précipités, de ballons qu’on gonflait et de petits cris excités.C’était l’anniversaire de notre dernière, ma petite Jade, et j’avais promis d’être là.Elle ne voulait pas de grande fête. Elle voulait juste une journée avec son papa et sa maman Henri n'avait pas lesiné sur les moyens. Il était arrivé chargé de sacs, de cadeaux, jouant parfaitement son rôle de père attentionné. Il avait salué tout le monde avec cette chaleur théâtrale qu’il maîtrisait si bien depuis que je menaçais de le quitter.Je jouai le jeu.Je souris pour les photos.Je l’aidai à installer les décorations.Je lui parlai avec douceur, comme s’il ne m’avait jamais brisée.Nos familles, nos proches amis étaient présents. Il fallait donner le change.Les enfants s’y laissaient prendre.Ils riaient, nous regardaient avec leurs yeux brillants.Pour tous, nous étions encore… une famille.Je sentais parfois le regard lourd d’Henri sur moi.Un regard qui insistait
— Je ne supporte plus ça, Béa.Je levai la tête de mes documents, surprise.— Richard… pas maintenant. Tu sais que…— NON, pas "je sais" !gronda-t-il en faisant les cent pas.— Henri passe son temps à te toucher, à te coller, à t’étouffer ! Et tu fais comme si de rien n’était ! Comme si tu lui appartenais encore !Mais tu es mienne. Tu m'appartiens!Je soupirai, lasse, mais surtout fatiguée de marcher sur un fil.— Je n’appartiens à personne, Richard.— Alors pourquoi tu le laisses faire ? Pourquoi tu ne le repousses pas ? Pourquoi tu joues encore à son épouse modèle devant tout le monde ?Je baissai les yeux.Les mots étaient simples.La réalité, beaucoup moins.— Parce qu’il y a les enfants, lâchai-je.Parce qu’il y a l’entreprise.Parce que le divorce est en cours et que j’ai besoin qu’il reste… prévisible.Richard s’arrêta net.— Prévisible ?répéta-t-il, blessé.Donc je dois te partager avec un homme… parce que c’est plus pratique pour toi ?Je sentis ma gorge se serrer.— Richa







