Se connecterAaron Blazer, PDG brillant et passionné, partage depuis six ans sa vie avec Siara Wod, son amour de jeunesse. Leur histoire, née très tôt, semble sortir d’un conte de fées : succès, tendresse, maison somptueuse… Mais derrière les sourires se cache une faille douloureuse. Aaron rêve de devenir père, tandis que Siara lui confie qu’elle ne souhaite pas d’enfant. Déchiré entre son désir de fonder une famille et l’amour sincère qu’il éprouve pour elle, Aaron tente de garder l’équilibre. Jusqu’au jour où il croise la route d’une écrivaine énigmatique, sensible et farouchement libre… Et si cette rencontre inattendue venait réveiller son cœur d’une toute autre façon ?
Voir plusPROLOGUE
Le parfum du mensonge a parfois le goût de l’éternité. Sa peau glisse contre la mienne, un sillage de soie et de braises qui consume mes dernières défenses. Dans la pénombre de notre chambre, je la caresse avec une tendresse presque douloureuse, une ferveur fébrile tandis que nos lèvres se cherchent, s'accrochent et se dévorent avec l'urgence de ceux qui craignent le lever du jour. Je ne me retiens pas. Je refuse de le faire. À cet instant précis, je veux me perdre en elle. Chaque fois que nous fusionnons dans l’intimité de ce lit, le monde extérieur cesse d'exister. Je calque le rythme de mon cœur sur le sien, insufflant dans chaque caresse, dans chaque pression de mes mains sur ses hanches, toute l’immensité de mon amour. Je me donne sans réserve. Corps et âme. Une fièvre brute, un besoin viscéral que rien d'autre ne peut apaiser. Mon plaisir n'est qu'un écho du sien ; ma seule vérité est le frémissement de sa peau sous mes doigts possessifs. Un sentiment de fierté pure, presque sauvage, me submerge : elle est mienne. Ses courbes ambrées, ses soupirs brisés, ce secret que nous partageons entre ces quatre murs... c’est notre sanctuaire. Alors, je reçois cet instant comme une offrande sacrée. Les draps de satin brûlent contre nos corps enfiévrés, et mon âme s’embrase à l’unisson. Lorsque son regard ancré dans le mien chavire, j'y vois une lueur d'une intensité presque effrayante. Une flamme sombre. Celle de la femme que j'idolâtre le jour, celle qui se métamorphose en une amante insatiable la nuit, murmurant mon prénom dans un râle qui me dépouille de toute raison. Elle me fixe comme si j'étais son unique salut, sa seule ancre dans l'univers. — Je t’aime tellement, Aaron... murmure-t-elle, le souffle court, avant d’écraser ses lèvres contre les miennes pour graver sa promesse au plus profond de ma chair. CHAPITRE 1 : Ma femme, mon plus beau cadeau Le lundi matin possède cette froideur routinière qui brise cruellement les idylles nocturnes. Mon corps, lourd et engourdi par la torpeur du sommeil, semble incrusté dans le matelas, refusant d'affronter la réalité. Je laisse échapper un soupir rauque en m'étirant, les muscles endoloris, alors qu'un rayon de soleil perçant à travers les stores de lin vient agresser mes paupières. Je grogne, basculant sur le côté, cherchant instinctivement la chaleur qui m'apaisait quelques heures plus tôt. La place est vide. Seul subsiste son parfum. Cette fragrance de vanille noire et de musc flotte encore sur l'oreiller froissé, m'enveloppant d'une douce ivresse. Inspirer cette odeur, c'est rouvrir le livre de notre histoire, dix ans en arrière. Les bancs de l'université, le brouhaha des couloirs, et puis elle. Il m’avait fallu précisément dix secondes pour comprendre que mon existence venait de basculer. Siara était tout ce dont un homme mûr pouvait rêver : brillante, d’un humour piquant, d’une beauté magnétique et, derrière ses airs de poupée de porcelaine, d'une sensualité dévastatrice. Une tempête imprévisible dissimulée sous le masque d’une épouse parfaite. Je repousse la couette et me lève, le corps simplement vêtu d’un boxer noir, révélant les stigmates de notre nuit sur ma peau. C’est alors que je la perçois. Adossée au chambranle de la porte, les bras croisés sous sa poitrine, elle m’observe en silence. Sa nuisette de soie émeraude caresse subtilement ses cuisses et dévoile le dessin de ses courbes que je connais par cœur. Ses longs cheveux sombres, délicieusement emmêlés, encadrent son visage mutin. Un sourire possessif étire mes lèvres alors que je m'avance vers elle. À mon approche, je note le léger frémissement qui parcourt ses épaules et la nuance rosée qui farde ses pommettes. Après toutes ces années, j’ai encore ce pouvoir sur elle. — Aaron, tu vas être en retard au bureau... murmure-t-elle d'une voix feutrée, fuyant mon regard trop lourd de sous-entendus. — Tu devrais être interdite par la loi au réveil, Siara. C’est de la provocation, répliqué-je d'un ton bas, saisissant sa taille pour l'attirer contre mon torse nu. Elle cède avec un faible soupir, ancrant ses mains sur mes hanches. Se hissant sur la pointe des pieds pour combler notre différence de taille — un éternel sujet de frustration pour elle —, elle plonge ses yeux noisette dans les miens. Un rire léger m’échappe devant sa moue boudeuse. Ses sourcils se froncent instantanément. — Qu'est-ce qui te fait rire ? Alerte rouge. La fierté de Siara est un terrain miné. Elle tente de se reculer, les mains sur les hanches, feignant l'indignation, mais le battement rapide de son pouls à la base de son cou la trahit. — Tu te moques de moi, Aaron Blaz ? — Jamais de la vie, mon ange, murmuré-je en la ramenant contre moi, scellant ses lèvres d'un baiser chaste mais prometteur. — Hum, mouais... Bref, je suis venue t'arracher à ton lit. Le café est prêt, on déjeune ensemble. Elle m’offre un sourire radieux avant de se glisser hors de mon étreinte pour disparaître dans le couloir, me laissant de nouveau face à la fraîcheur de la pièce. Je m’appelle Aaron Blaz. À trente ans, j’occupe le poste de directeur régional chez Sleep-Comfort, le leader de la l*****e haut de gamme. On plaisante souvent au bureau en disant que je suis le gardien du sommeil des Américains. Un super-héros en costume trois-pièces. Ce qui est certain, c'est que le modèle king-size qui trône dans notre chambre est une création de ma boîte. Et je peux personnellement attester de sa résistance aux séismes physiques ; Siara et moi l’avons testé jusqu'aux limites de l'acceptable. Notre slogan marketing n’est pas un mensonge : « Vos nuits seront douces… et vos matelas, inébranlables. » Bien sûr, le mot « ouragan » que nous utilisons dans nos spots publicitaires est une métaphore bien polie pour ne pas affoler la censure. Une douche brûlante et un rasage de près plus tard, j’enfile mon costume de combat. Je descends les marches de notre villa contemporaine, un espace de verre et de béton baigné de lumière, situé dans l'un des quartiers les plus huppés de la ville. J’ai tout pour être un homme comblé : une réussite insolente, une maison d'architecte, et une femme sublime. Pourtant, dès que le silence s'installe, ce vide cruel revient me poignarder la poitrine. Dix ans. Dix ans d'amour, et cette maison résonne toujours d'un silence fort. Aucun rire d'enfant. Aucun jouet qui traîne. Devenir père est devenu mon obsession secrète, une blessure ouverte que je panse chaque jour. Je rêve d'être ce pilier, ce père aimant et protecteur que le mien a été pour moi. Apprendre à un petit garçon à dompter un ballon, brosser les cheveux d'une petite fille... Être leur héros. Jeudi. Notre rendez-vous trimestriel chez le spécialiste plane sur ma semaine comme une épée de Damoclès. C’est ce même médecin qui, il y a quelques mois, m'a révélé l'impensable lors d'un examen de routine : Siara prenait la pilule en secret. J'avais été pulvérisé, moi qui culpabilisais depuis des années en me croyant stérile. Elle avait pleuré, m'avouant sa terreur, son sentiment de ne pas être prête. Je l’avais pardonnée. Par amour. Parce qu'elle est ma faiblesse. Mais l'ombre du doute et ce désir viscéral de paternité ne m’ont jamais quitté. — Tout est prêt, mon cœur, lance Siara en m'extrayant de mes sombres pensées. Elle pose une tasse de café fumant et un verre de jus d'orange devant moi, s'asseyant en tailleur sur la chaise adjacente. — C’est un grand jour pour toi, continue-t-elle, ses yeux brillant d'une ambition flatteuse pour moi. Madame Rose doit annoncer le nom du nouveau directeur de la filiale de New York ce matin. — J’ai sacrifié mes week-ends et mes nuits sur ce dossier. J'espère que le travail paie encore. — Il paiera, assure-t-elle en posant sa main douce sur la mienne. Si quelqu’un mérite cette promotion, c’est toi. Et puis, si tu arrives à gérer une femme aussi volcanique et complexe que moi, diriger Manhattan sera un jeu d'enfant. — Complexe ? Non. Tu es juste la créature la plus fascinante de ma vie. Son regard se voile d'une émotion étrange, presque coupable, avant qu'elle ne m'offre un sourire d'une tendresse infinie. Vingt minutes plus tard, je quitte la propriété. Le ciel est d'un bleu insolent, le soleil fait miroiter la carrosserie noire de ma berline allemande garée dans l'allée. Je ne cache pas ma réussite. Certains voisins y voient de l'arrogance ; pour moi, c'est une revanche légitime. Je viens des quartiers populaires, j'ai connu la faim et les fins de mois à l'encre rouge. Aujourd'hui, je mène la danse, et je n'ai aucune intention de m'en excuser. Alors que je démarre le moteur, une silhouette familière déboule de la maison voisine. Joey. Mon ami d’enfance, mon voisin, et sans conteste l'homme le plus bruyant de la banlieue. Vêtu de son éternel tablier de cuisine, les cheveux en bataille, il arbore un sourire d’une oreille à l’autre. — Aaron ! Hey, minute le businessman ! Il faut absolument que tu passes à mon restaurant ce soir. J’ai une annonce monumentale à faire. Et interdiction de venir sans Siara ! — Ça marche, Joey, réponds-je en souriant, habitué à ses éclats. Je verrai avec elle. Pourtant, au lieu de reculer, il reste planté contre ma portière, le regard soudain fuyant, une hésitation inhabituelle peinte sur les traits. — Autre chose ? demandé-je, le sourcil froncé. Il cligne des yeux, chassant une ombre invisible. — Non, non... Juste... bonne chance pour ton entretien de ce matin. Décroche ce poste à New York, mec. — Comment tu sais pour New York ? — Tu plaisantes ? Siara l'a dit à ma femme, qui me l'a répété sur l'oreiller. Le téléphone arabe du quartier, tu connais. Je secoue la tête en souriant, passe la première et m'éloigne. Je viendrai à sa soirée. Pas pour la cuisine — parfois douteuse — de Joey, mais pour faire plaisir à Siara. Sa femme et la mienne sont comme les deux doigts de la main. 12h01. Le pneu de ma berline mord le bitume du parking de YGS Corporated. Le quartier des affaires de la métropole transpire l'argent et le pouvoir. Ici, le costume sur mesure est une armure et le cynisme, une seconde nature. Les cadres pressés s'échangent des graphiques de croissance autour de cafés hors de prix. À peine ai-je posé le pied au sol qu'une main ferme s'abat sur mon épaule. Je pivote, sur la défensive. — Du calme, Blaz, c’est juste moi, lance Teyanah d'un ton goguenard. Mon amie et collègue est d'une élégance stricte aujourd'hui. Tailleur-pantalon de haute couture, cheveux blonds impeccablement tirés en une queue de cheval haute. Elle dégage la froide assurance d'une négociatrice du FBI. — Dis-moi que tu n'as pas mis ce costume juste pour m'humilier devant le conseil d'administration ? Parce que si tu décroches New York, je demande ma mutation en Alaska, plaisante-t-elle en ajustant ma cravate avec une familiarité fraternelle. Je laisse échapper un rire franc. Teyanah est brute de décoffrage, mais c'est mon alliée la plus fidèle dans ce nid de vipères. Une femme capable de boire plus de scotch que les directeurs financiers tout en récitant les statistiques de la Ligue des Champions. — Nous sommes une équipe, Tey. Si je monte, tu montes aussi. — Joli discours. Mais il n'y a qu'un seul siège exécutif dans l'avion pour Manhattan, Aaron. Et mon mari commence sérieusement à saturer de la météo locale. Nous pénétrons dans le hall de marbre et rejoignons la salle du conseil au dernier étage. L’atmosphère y est lourde, presque suffocante. Je prends place autour de la table en acajou. À mes côtés, Teyanah sort un poudrier pour ajuster son maquillage — un signe de nervosité rare chez elle qui me met immédiatement la puce à l'oreille. Soudain, je subis une onde de chaleur hostile. En face de moi, Saoul Hernandez me fixe avec une animosité non dissimulée. Ses yeux sombres me harponnent, chargés d'une promesse de destruction. Ce type est un requin. Excellent technicien, mais un véritable désastre humain. Et sa cravate d'un rouge criard ressemble à une provocation sanglante dans ce décor épuré. Les portes s'ouvrent à la volée. Madame Rose entre. La cinquantenaire dégage un charisme écrasant. Grande, le regard d'acier, elle est de cette race de dirigeants dont le moindre murmure fait trembler les marchés. Autour de la table, les sourires hypocrites se figent. Les lèche-bottes de service s’empressent de hocher la tête. Saoul, lui, se renfrogne sur son siège, les bras croisés. Madame Rose ne s'assied pas. Elle pose ses mains sur la table et plante son regard dans l'assemblée. — Je ne suis pas d'humeur à faire durer un suspense inutile. Ma décision est prise, et elle est irrévocable. Il n'y aura pas de vote aujourd'hui. J’ai choisi de nommer la personne qui possède la vision la plus agressive pour représenter YGS à New York. Félicitations à... Teyanah Nara. La pièce explose en applaudissements polis. Teyanah lâche un soupir de soulagement, un sourire radieux illuminant son visage. Malgré le coup de poignard que je prends en plein cœur, malgré ma déception qui me tord l'estomac, je me force à applaudir chaleureusement. Elle a saigné pour cette boîte. Elle le mérite. Mais la détonation vient d'en face. Saoul se lève brusquement, sa chaise raclant le sol dans un bruit strident. — C’est une mascarade ! hurle-t-il, le visage empourpré par la rage. Où est la démocratie interne dont vous vous vantez dans les médias ? Vous annulez un processus de sélection unilatéralement ! À mon grand regret, le salaud a raison. La méthode est d'une brutalité managériale rare. Madame Rose ne cille même pas. Ses yeux d'un bleu polaire se fixent sur l'insurgé. — Ma décision est finale, Monsieur Hernandez. Si les méthodes de cette entreprise ne s'alignent plus avec vos valeurs... la porte est ouverte. La séance est levée. Elle tourne les talons et quitte la pièce, laissant derrière elle un parfum de scandale. Saoul quitte la salle en tempêtant, murmurant des menaces de poursuites judiciaires. Je sais lire le regard de ce homme : il vient d'ouvrir la boîte de Pandore de sa prochaine vengeance. — Ce soir, open bar chez moi ! On fête ça ! s’exclame Teyanah, tentant de dissiper la tension résiduelle alors que les collègues l'entourent. Elle se tourne vers moi, ses yeux brillant d'une sincère sollicitude. — Sans moi, évidemment, crache Saoul avant de franchir le seuil. — Et toi, Aaron ? Tu viens, dis-moi que tu ne vas pas me snober ? me demande-t-elle, une moue suppliante sur les lèvres. Je passe une main lasse sur mon visage, songeant à la déception que je vais devoir annoncer à Siara. — Je dois appeler ma femme d'abord, Tey... Elle insiste d'un regard appuyé. Je soupire, vaincu par son enthousiasme légitime. Dans ce milieu, on ne tourne pas le dos à un vainqueur, encore moins quand c'est sa meilleure amie. — D'accord. Juste un verre. Mais je ne m'éternise pas.Deux ans plus tardÉcole élémentaire Saint-Exupéry — 12h45Ah, les mioches. Ça court partout, ça bave comme des limaces. Sans oublier qu’ils crient… et ça commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Mais aujourd’hui est un jour important pour Veronika, alors je suis là pour elle.Ça fait deux ans qu’on est ensemble. Deux ans que je vis avec cette femme merveilleuse, et je peux encore dire que j’en suis follement amoureux. Je suis fier de la personne qu’elle devient chaque jour. Elle est épanouie, et c’est tout ce qui compte pour moi.Nous sommes à l’école élémentaire Saint-Exupéry. Veronika doit lire un extrait de son nouveau livre devant une classe de jeunes élèves. La plupart ont entre cinq et sept ans. Une vraie garderie.Je suis adossé contre un mur crème. À côté de moi, une institutrice intime le silence à ses élèves. La salle se calme aussitôt. Veronika me cherche du regard. D’ailleurs, depuis que nous sommes arrivés, elle n’a fait que ça : me regarder.Ses yeux descendent v
Un mois, deux mois, trois mois. Je ne compte même plus. Trente jours. Soixante jours. Quatre-vingt-dix jours. Je crois que j’ai assez compté. Ça fait trois mois qu’elle n’est pas revenue. Pourtant, elle me l’avait promis. Sans elle, j’ai recommencé ma vie comme si nous ne nous étions jamais connus. Je suis retourné vivre dans ma maison, car rester dans la sienne me perturbait. Elle ne m’a pas envoyé un seul message. J’ai tenté de l’appeler, mais je tombe sur son répondeur à chaque fois. J’ai fini par abandonner et par me faire à l’idée qu’elle ne reviendra pas. Je vis ma petite vie : maison-boulot. C’est ma routine et plus rien ne l’égaye. Trois mois. Quatre-vingt-dix jours après son départ, je réalise que je suis amoureux d’elle. Si seulement je lui avais avoué mes sentiments avant qu’elle ne parte, je n’aurais pas à vivre avec ce sentiment constant de regret. C’est amer, c’est excessif. C’est trop. Je ne l’attends plus. Je préfère vivre avec nos souvenirs. Ces quelques jour
SentimentÉtat affectif ou affection profondeÊtre amoureux« Sentiments forts éprouvés pour une personne. L’amour nous fait l’idéaliser, d’où l’expression : l’amour rend aveugle. C’est un désir profond qui grandit avec le temps. Quand on est amoureux, on a sans cesse envie de voir l’être aimé, de le serrer dans nos bras. Sa simple présence suffit à nous rassurer et à nous apaiser. La personne amoureuse a peur de perdre celui ou celle qu’elle aime et serait prête à se sacrifier pour lui/elle. »⸻Où en sommes-nous, elle et moi ?Pourquoi je n’arrive pas à lui répondre clairement ?Elle se lève. Elle ne veut pas de réponse, elle l’a dit. Elle s’en va, me laissant seul. J’en profite pour réfléchir, mais c’est un vrai casse-tête. C’est compliqué…Les sentiments sont difficiles à comprendre. Il y a l’amour, l’amitié, et bien d’autres nuances. Tellement de choses dans lesquelles on se perd. J’y cogite longtemps, avant que le sommeil ne m’emporte.⸻Le jour se lève.J’ai dormi sur le canapé
Il faut que je lui dise au revoir. Oui, il le faut, pour que nos souvenirs ne deviennent pas des cauchemars et que le pardon ait raison de nous.Je veux dire au revoir aux mensonges, à la rancœur qui nous a séparés, car j’aime encore cette femme et je l’aimerai à jamais. Elle fait partie de moi.Autrefois, elle a été ma chair, mon âme sœur, ma côte, ma moitié. Je veux dire adieu à ses yeux verts émeraude, ceux qui me faisaient vriller à une époque. Ceux dont je suis tombé amoureux. Je l’ai aimée jusqu’à l’épuisement. Jusqu’à ce que mon cœur n’en puisse plus. Mais aujourd’hui, ce soir, il est temps de tourner définitivement la page.Un simple papier nous a séparés, mais nos mots, eux, n’ont pas été entendus. Non, nous n’avons pas su faire ressortir toutes ces choses que nous avions en nous. Et puisque nos chemins vont prendre des directions différentes, il est temps de le faire.La voiture de Jared roule sur la route. C’est lui qui conduit. Je suis assis à l’avant, côté passager. Je su
Silence.Toujours ce silence qu’elle trimballe partout où elle va. Il ne l’épuise pas. Il est son échappatoire… ou peut-être son châtiment. Veronica Hughes. C’est comme ça qu’elle s’appelle.Elle m’a entraîné dans un jardin public, calme et désert, baigné par une brise fraîche. On est assis côte à
Nous sommes à table. Comme d’habitude, la viande est délicieuse, bien épicée, exactement comme je l’aime. Jared dévore son plat comme un ogre, aspirant ses nouilles à une vitesse surréaliste. Siara, en face de lui, sourit en voyant à quel point ses plats nous font plaisir.— Oh mon Dieu ! C’est une
⸻Jared et moi étions à la même université. Après la remise des diplômes, il a choisi de s’installer à Los Angeles, et depuis, on ne s’était plus revus. Il a fondé sa propre maison d’édition, et aujourd’hui, il encadre de jeunes auteurs japonais, les forme, les pousse à aller au bout de leurs proje
12h46 Hôpital St Christophe Je coupe le moteur. Nous sommes enfin arrivés : l’hôpital central de la ville. L’endroit est réputé pour la qualité de ses soins. Les avis sont excellents, et l’atmosphère ici est étonnamment paisible malgré le cœur animé de la ville. Nous franchissons les portes ense












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