تسجيل الدخولLe mercredi soir, ils se retrouvèrent chez Adrien.Il n'y avait pas de raison particulière. Pas de dîner prévu, pas de soirée organisée, pas de défi lancé. Juste l'envie d'être ensemble après une longue journée de travail. Élena était arrivée avec un sac de provisions — du pain, du fromage, une bouteille de vin — et ils avaient improvisé un pique-nique sur la table basse du salon, face à la baie vitrée ouverte sur les toits de Lyon.La ville scintillait dans la nuit. Le vin était bon. La conversation coulait, légère, entrecoupée de silences confortables. Ils parlaient de tout et de rien, de leurs journées, de leurs projets, de ce voyage en Italie qu'ils évoquaient sans jamais le planifier. Et puis le silence s'installa, plus long que les autres.Adrien regardait Élena. Elle était assise en tailleur sur le canapé, un verre de vin à la main, les yeux perdus dans les lumières de la ville. Elle portait un pull gris tout simple et un jean, ses cheveux étaient détachés, et elle était si bel
Le mardi matin, Élena entra dans le Café des Augustins avec une humeur étrange.La veille, Adrien lui avait dit qu'il commençait à comprendre. Il avait parlé de ses murs, de ses peurs, de cette façon qu'elle avait de se protéger d'elle-même plus que des autres. Il avait mis des mots sur des blessures qu'elle n'avait jamais su exprimer. Et depuis, elle se sentait nue. Pas vulnérable. Nue. Comme s'il avait retiré une couche de protection qu'elle portait depuis des années.Il était déjà là, à sa place habituelle, son carnet neuf ouvert devant lui. Il écrivait, concentré, et elle s'arrêta un instant pour le regarder sans qu'il la voie. Ses cheveux légèrement en désordre, ses sourcils froncés par la réflexion, ses doigts qui tenaient le stylo avec une précision presque tendre. Il était beau. Elle l'avait toujours su. Mais ce matin, il était plus que beau. Il était précieux.Il leva les yeux et la vit. Il sourit. Ce sourire à fossette qu'elle aimait tant.— Bonjour, dit-il.— Bonjour.— Tu
Le dimanche midi, ils quittèrent le penthouse pour aller bruncher dans un petit café du Vieux Lyon.Le soleil de décembre était pâle mais doux, et les rues pavées scintillaient d'une lumière presque printanière. Ils marchaient main dans la main, sans se presser, savourant ce moment de calme après la tempête de la nuit. Ils n'avaient pas dormi. Ils avaient parlé, ri, s'étaient tus, s'étaient aimés sans rien faire d'autre que d'être ensemble. Et ce matin, quelque chose avait changé. Une barrière était tombée.Ils s'assirent à une table près de la fenêtre. Le café était presque vide, baigné dans une odeur de pain frais et de chocolat chaud. Élena portait un pull emprunté à Adrien — son propre chemisier de la veille était trop habillé pour un dimanche matin — et cette simple vue, elle dans ses vêtements à lui, le remplissait d'une joie qu'il n'aurait pas su exprimer.— À quoi tu penses ? demanda-t-elle.— À toi. Dans mon pull.— Il est trop grand.— Il est parfait.— Tu dis toujours que t
Le silence s'installa dans le penthouse.Les tasses de thé refroidissaient sur la table basse. La ville scintillait derrière la baie vitrée, indifférente à ce qui se jouait à l'intérieur. Assis aux deux extrémités du canapé, Adrien et Élena se regardaient sans un mot. Il était une heure et demie du matin. La nuit s'étirait, interminable, et avec elle la tension qui montait entre eux comme une marée silencieuse.— Je n'arrive pas à dormir, dit Élena.— Moi non plus.— C'est à cause de toi.— Pourquoi ?— Parce que tu es là. Parce que je te sens. Parce que je sais que tu es à quelques centimètres et que je n'ai pas le droit de te toucher.— C'est toi qui as fixé les règles.— Je sais. C'est moi.— Pourquoi tu les as fixées, alors ?— Pour me protéger. Pour nous protéger. Pour ne pas brûler les étapes.— Et maintenant, tu regrettes ?— Non. Je ne regrette rien. Mais c'est difficile.— Pour moi aussi.— Vraiment ?— Vraiment. Tu crois que c'est facile de te voir allongée sur mon canapé, d
Le samedi soir, le destin décida de s'en mêler.Ils avaient dîné dans un restaurant des quais de Saône, Élena dans sa robe noire, Adrien dans son costume sombre. La soirée avait été parfaite. Les chandelles, le vin, les regards qui se croisaient par-dessus la table. Il avait résisté, comme promis. Elle avait testé sa résistance, comme prévu. Le jeu continuait, exquis et frustrant.Ils sortirent du restaurant vers minuit, main dans la main, et marchèrent le long des quais déserts. La nuit était froide, le ciel criblé d'étoiles, la Saône scintillait sous la lune. Tout était calme. Trop calme.— On va chez toi ? proposa Adrien.— Non. On va chez moi.— Pourquoi ?— Parce que j'ai envie de continuer la soirée. Juste parler. Rien d'autre.— Rien d'autre ?— Rien d'autre. Tu as promis de résister.— Je tiendrai ma promesse.Ils arrivèrent devant son immeuble. Elle chercha ses clés dans son sac. Elle ne les trouva pas. Elle chercha encore, fouilla chaque poche, chaque compartiment. Rien.— Q
Le samedi matin, Élena se réveilla avec le sentiment d'avoir marqué un point décisif.La veille, Adrien avait résisté. Il avait passé toute la soirée à la regarder sans la toucher, à la désirer sans céder. Elle avait vu la tension dans ses poings crispés sur le volant, dans ses mâchoires serrées au restaurant, dans son souffle court quand il l'avait raccompagnée chez elle. Il avait souffert. Et il avait tenu bon.Elle en était fière. Et en même temps, elle en voulait plus.Elle arriva au Café des Augustins à huit heures précises. Adrien était déjà là, son allongé fumant devant lui. Il portait un pull gris à col roulé et cette veste en cuir qu'elle aimait. En la voyant entrer, il sourit — mais ce sourire était différent. Plus retenu. Plus intense.— Bonjour, dit-elle en s'asseyant.— Bonjour.— Bien dormi ?— Pas vraiment.— Pourquoi ?— Devine.— La robe rouge ?— La robe rouge.— Tu n'as pas résisté mentalement, alors.— J'ai résisté physiquement. Mentalement, c'était impossible.— C







