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Chapitre 18

last update publish date: 2026-03-19 01:59:51

Chapitre 18

Du point de vue de Maya

Le restaurant de Léa était toujours parfait.

Elle avait ce talent trouver les endroits avant tout le monde, ces petites salles italiennes avec des nappes en papier et des bougies dans des bouteilles de vin et une carte qui tenait sur un seul côté d'une feuille A4. Celui-là s'appelait Enzo et sentait l'ail et la tomate mijotée et le parmesan chaud, et j'avais commandé des pâtes aux palourdes parce que c'était mercredi et que le mercredi j'avais besoin de quelq
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    Chapitre 10ElaraLe bandage était fini. Je suis restée agenouillée près du canapé une seconde de trop, à regarder mes doigts encore posés sur le bord de la compresse, comme si je n'arrivais pas à me détacher de lui.Killian avait fermé les yeux. Sa respiration était lente, régulière. La douleur semblait s'être apaisée, ou peut-être qu'il faisait juste semblant de dormir pour me laisser le temps de me reprendre.Je me suis levée sans bruit. J'ai retiré les gants, rangé le matériel dans son sac en cuir, remis la trousse à sa place près de la porte. Tout ça en automatique, le corps qui fonctionne pendant que la tête est ailleurs.Ailleurs.Mon téléphone était sur la table basse. Je l'ai regardé comme s'il allait sonner pour m'annoncer que tout ça était un rêve. Que ma mère était toujours dans sa chambre standard, que les quarante mille euros n'existaient pas, que Killian n'était qu'un inconnu croisé dans une rue.Mais il était là. Sur mon canapé. Respirant doucement.J'ai attrapé mon po

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    Chapitre 9ElaraJ'ai enfilé les gants qu'il avait sortis de son sac. Du matériel médical de qualité, pas le truc bas de gamme de ma trousse de secours. Des compresses stériles, du désinfectant qui sentait bon, des bandes neuves.— Je peux ? j'ai demandé en désignant sa chemise.Il a acquiescé. Ses doigts ont défait les premiers boutons, puis il a laissé tomber ses mains, comme si l'effort était trop grand. J'ai terminé le travail, écartant le tissu avec précaution.Son torse est apparu.J'avais déjà vu des hommes torse nu, à la télé, dans les magazines. Mais jamais en vrai. Jamais comme ça.C'était... impressionnant. Des muscles dessinés sous la peau, pas ceux des salles de sport gonflées à la protéine, mais ceux des hommes qui se battent vraiment. Des muscles longs, secs, efficaces. Et des cicatrices. Partout. Certaines anciennes, blanches, d'autres plus récentes, roses. Une cartographie de violence sur sa peau.Mon regard est tombé sur son ventre. Son abdomen. Ces muscles qui desce

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    Chapitre 8ElaraJ'ai regardé l'écran. Le numéro. Pas celui de Bouchard.Mes doigts tremblaient. Mes joues étaient trempées. J'avais encore le souffle court, comme après une course poursuite, et je venais de passer trois minutes à insulter un homme qui n'avait rien demandé.— Je... Killian ?— Lui-même.Sa voix était calme. Trop calme. Est-ce qu'il avait tout entendu ? Bien sûr qu'il avait tout entendu. J'avais hurlé comme une folle.— Je suis désolée, j'ai articulé. Je suis vraiment désolée. Je croyais que c'était... mon patron. Il m'avait appelée juste avant et...— Je sais.— Vous savez quoi ?— J'ai entendu. La fin, au moins. Assez pour comprendre.J'ai fermé les yeux. La honte me brûlait le ventre. Il avait entendu. Il savait pour Bouchard. Pour la proposition. Pour ma virginité. Pour tout.— Je suis vraiment désolée, j'ai répété, la voix plus petite.— Ne le soyez pas. C'était... instructif.Il y avait quelque chose dans sa voix. Pas du rire, pas de la moquerie. De l'intérêt, pe

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    Chapitre 7ElaraL'appartement était silencieux. Trop silencieux. Le genre de silence qui amplifie tout, qui donne l'impression que les murs se rapprochent.J'étais assise en tailleur sur mon lit, le dos contre le mur humide, les genoux remontés contre ma poitrine. La nuit était tombée depuis longtemps. Dehors, la rue faisait son cinéma habituel : des moteurs qui pétaradent, des rires avinés, une sirène au loin.Chez moi, il n'y avait que le ronronnement du vieux frigo et ma respiration.Mes yeux étaient fixés sur la boîte en fer sous le lit. Celle avec les économies. Quarante-deux euros et des poussières. Plus les cinq cents de Killian. Moins de cinq cent cinquante euros pour sauver ma mère.Quarante mille.Le chiffre tournait dans ma tête depuis des heures. Depuis que j'avais quitté le café, depuis que j'étais passée à l'hôpital voir maman qui dormait, depuis que j'avais marché jusqu'ici sans même sentir mes jambes.Quarante mille.Je repensais aux mots du docteur Roussel. "Des prot

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    Chapitre 6KillianLa portière s'est refermée dans un bruit sourd, étouffé par l'épaisseur des vitres. Le café avait disparu derrière le reflet teinté, mais je voyais encore son visage. Cette fille. Elara.Mes hommes attendaient que je parle, que je donne des ordres. C'était leur rôle. Anticiper, exécuter, se taire.— Andreï.— Patron.Il s'est retourné à demi depuis le siège passager. Un cou épais, des mains qui avaient cassé plus d'os que je n'en comptais, mais des yeux intelligents. C'est pour ça qu'il était encore là.— La fille. Celle au comptoir. Tu l'as vue ?— Oui.— Je veux tout savoir. Dans les moindres détails.Andreï a sorti son téléphone, les doigts déjà sur l'écran.— Son nom, c'est Elara. Elara Morel. Je veux savoir où elle est née, ce qu'elle mange au petit-déjeuner, le nom de son poisson rouge si elle en a un. Je veux savoir...J'ai marqué une pause. L'image de ses yeux traversait mon esprit. Fatigués, mais pas vaincus. Des yeux qui avaient vu la merde et qui continua

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