Se connecterChapitre 49 : La veilleJe prends mon téléphone, les mains tremblantes, les yeux brouillés de larmes. Je compose son numéro. Il décroche à la première sonnerie.— Tu l'as lue ?, demande-t-il, la voix grave et douce.— Oui.— Et ?— Et je pleure. Tu es content ?— Ravissi. Vraiment.— Tu n'as pas le droit d'être aussi beau dans tes mots. Pas toi. Toi, l'homme qui ne sait pas dire. Toi, l'homme qui bredouille et qui se tait.— J'ai appris. Grâce à toi.— Alexandre...— Ne dis rien. Pas maintenant. Demain. On se dira tout demain. Pour l'instant, essaie de dormir. Rêve de nous. Moi, je vais rêver de toi.— Je ne pourrai pas dormir. Pas après cette lettre.— Alors reste éveillée. Pense à nous. Imagine demain. Imagine tous les demains
Je commence à lire. Et dès les premiers mots, les larmes montent.Clara,Je t'écris cette lettre la veille de notre mariage, dans notre appartement vide, assis sur le canapé où nous avons passé tant d'heures à parler, à nous taire, à nous aimer. Il est tard. La ville brille derrière la verrière, comme elle brillait le premier soir où nous sommes venus visiter ce loft, tu te souviens ? Tu avais dit : « C'est trop grand pour nous. » Et moi, j'avais pensé : « Rien n'est jamais trop grand pour nous. »Je ne sais pas bien dire les choses. Tu le sais depuis le début. Les mots me manquent souvent, ou bien ils arrivent trop tard, ou trop fort, ou de travers. Je suis plus à l'aise dans le silence que dans les discours, plus à l'aise dans l'action que dans la déclaration. Mais aujourd'hui, j'ai besoin de te dire. De t
Quand il arrive à ma hauteur, il me plaque contre le mur d'un geste sûr et me prend la bouche avec une faim qui n'a rien de feint. Son baiser est profond, vorace, impérieux. Ses mains descendent le long de mon dos, attrapent mes fesses, me soulèvent sans effort. J'enroule mes jambes autour de sa taille, je m'agrippe à ses épaules.— La soirée était bien ?, murmure-t-il entre deux baisers.— Excellente. Et la tienne ?— Excellente aussi. Mais là, c'est mieux. Infiniment mieux.Il me porte jusqu'à la chambre, me jette sur le lit, se penche sur moi. Son corps est chaud contre le mien, ses doigts s'égarent sur ma peau, sa bouche descend le long de mon cou. Son collier de perles est resté sur la table du salon, le mien roule sur l'oreiller. Nos vêtements volent à travers la pièce, la couette se froisse sous nos corps emmê
Nous rions aux larmes. Les serveurs nous regardent avec un mélange d'amusement et d'inquiétude. Nous commandons une autre bouteille de prosecco, des desserts supplémentaires, des cafés, des digestifs. La soirée est douce, chaude, joyeuse. Exactement ce dont j'avais besoin.Soudain, mon téléphone vibre. Une notification discrète. Je regarde sous la table, par réflexe. C'est Alexandre. Il m'a envoyé une photo.Je l'ouvre. Je manque de m'étouffer avec ma gorgée de prosecco.C'est lui, torse nu, debout dans ce qui semble être les toilettes du bar où il passe sa soirée. La lumière est tamisée, dorée, elle sculpte ses abdos et ses pectoraux avec une précision de photographe professionnel. Son pantalon est déboutonné juste assez pour suggérer sans montrer, pour évoquer sans dévoiler. Ses che
La phrase m'échappe. Je ne l'avais pas préméditée, elle est sortie toute seule, comme une évidence longtemps contenue qui trouve enfin une issue. Maxime repose son verre, se tourne vers moi, me fixe avec une intensité inhabituelle. Je soutiens son regard, mal à l'aise mais déterminé.— Tu m'as bien entendu. Elle est... trop bien pour moi. Trop pure, trop forte, trop lumineuse. Je suis un type compliqué, jaloux, possessif. Je lui ai menti, je l'ai blessée, je l'ai fait douter. Je l'ai mise en danger par mes secrets et mes silences. Elle mérite quelqu'un de mieux. Quelqu'un de plus simple. Quelqu'un qui ne porte pas des casseroles aussi lourdes que les miennes.— Quelqu'un comme moi, par exemple ?, dit Maxime avec un demi-sourire triste.— Oui. Quelqu'un comme toi.Maxime soupire, se renverse dans son fauteuil, regarde le ciel. Les étoi
AlexandreMaxime a tout organisé. C'est lui qui a choisi le lieu, un bar à cocktails dans le onzième arrondissement, planqué au fond d'une cour pavée, inaccessible aux non-initiés. C'est lui qui a dressé la liste des invités, une dizaine de types triés sur le volet. C'est lui qui a décrété que ce serait une soirée « sobre et élégante ». Je le soupçonne de mentir depuis le début.Quand j'arrive, à vingt heures précises, je découvre un lieu somptueux. Pas le bouge glauque que je redoutais, pas la boîte de nuit bruyante avec strip-teaseuse et vodka frelatée. Un bar cossu, feutré, avec des fauteuils en cuir, des murs en briques apparentes, une lumière tamisée par des lampes Tiffany. Derrière le comptoir, un barman en gilet noir prépare des cocktails avec des gestes de chirurgien. Au fond, une petite scène vide, avec un piano à queue poussiéreux.— Pas de strip-teaseuse, je te rassure tout de suite, dit Maxime en m'accueillant avec une coupe de champagne. J'ai pensé que tu serais plus à l'







