LOGINPVD de Carla
Depuis mon altercation avec la bête, qui a failli me coûter la vie, je n’ai plus tenté de l’approcher. Ce n’est pas qu’il m’ait terrifié, mais simplement qu’il n’y a plus eu d’occasion pour nous de nous croiser. Toute fois, j’admets que j’essaie d’éviter au maximum une nouvelle altercation entre nous, ce qui pourrait réveiller la curiosité des autres. Dès que j’ai mis pieds dans cette entreprise, je n’ai fait que me disputer avec le PDG et je suis persuadée que les autres s’interrogent sur ce qui a bien pu se passer auparavant entre nous. J’avais aussi fait part à la bête, le besoin d’une équipe de marketing et ce dernier m’avait juste dit qu’il verra, rien de plus ! Ça fait plusieurs jours maintenant qu’il n’a pas encore songé à cette requête, qui sera pourtant avantageux pour lui et son entreprise. Je ne suis pas un robot, je ne peux donc pas faire toute seule la tâche de marketing de cette entreprise. J’ignore s’il a oublié ma requête ou s’il fait exprès de ne pas s’en souvenir. Quoiqu’il en soit, je ne me présenterai plus devant lui pour lui plaider une cause qui est bénéfique à tous. Surtout à lui. Nous avons enfin atteint le week-end. J’avais déjà prévenu ma famille que je désire leur présenter une amie à moi et que j’organise un dîner le samedi soir pour l'occasion. Naturellement, ils m’ont trouvé un peu bizarre car ce n’est pas dans mes habitudes de leur présenter mes amies. D’ailleurs j’en ai pas ! J’ai toujours été solitaire et je préférerai encore la solitude qu’à la compagnie, car je me sens bien seule, sans amis et sans copain. Juste la famille et c’est tout ! J’ai toujours eu du mal à socialiser avec mon entourage, malgré tous mes efforts faits pendant ma période scolaire pour avoir des amis, je finissais toujours par m’éloigner d’eux comme une bipolaire. Je n’avais pas besoin de raison pour m’éloigner d’une personne, il suffisait simplement que mes humeurs changent et que je ressente l’envie de rester seule, pour tout rompre. Au début, les autres ne me comprenaient pas, certains m’ont même traité d’orgueilleuse et bien d’autres noms dans ce sens là, mais la vérité est que je suis bipolaire et que je préfère toujours être seule même si des fois, la solitude pèse sur mes épaules et que j’envie les relations amicales et amoureuses de certains. Alors que j'apprête la table à manger, parce que Andrea va arriver d’un moment à l’autre, le carillon de la porte se fait entendre dans toute la maison. Je relève subitement les yeux et situe mon regard sur la porte d’entrée. Ça doit être sûrement elle, nous avons convenu de nous retrouver pour le dîner à 20h. ___ Gabriel va voir qui c’est s’il te plaît, m’adresse je à mon frère alors qu’il est assis devant la télé, entrain de suivre une émission. ___ D’accord bout’chou. Je l’observer se relever du canapé et se diriger vers la porte. Je finis de préparer la table, regagne la cuisine où je me rince les mains et rejoins les autres au salon. Je trouve Gabriel et ma collègue, confortablement assis sur le fauteuil face à la télé. Il est concentré sur son émission, je secoue la tête et vais vers eux. ___ Bonsoir, Andrea ! m’exclame je en souriant. ___ Bonsoir, Carla. Elle se relève et nous nous enlaçons. ___ Gabriel, je te présente Andrea. C’est mon amie et crois-moi, qu’elle est adorable, lui dis-je en faisant un clin d’œil complice à Andrea. Mon frère finit par éteindre la télé, se lève et sourit simplement à ma collègue. ___ Enchanté Andrea, je suis Gabriel, répond t’il d’un air hospitalier. ___ Enchantée, Gabriel. ___ Et si on allait dîner ? leur suggère je. ___ Bonne idée ! lance Gabriel. Nous allons nous mettre à table, ma mère est allée assister la fille. Je nous sers le dîner et nous discutons. ___ Et ta mère ? me demande Andrea. ___ Elle est chez la voisine. Sa fille est malade et comme elle est indisponible, ma mère est allée l’assister le temps que la voisine rentre du travail. ___ Ici, nous sommes comme une famille. Et il n’y a pas de chacun pour soi, les voisins c’est la famille. Alors, on hésite pas à donner un coup de main aux autres en cas de besoin, lui explique mon frère. Effectivement, nous sommes une famille dans cet immeuble et c’est ce qui est vraiment fascinant dans notre quartier, malgré la situation financière de certains. ___ Waouh, je suis fascinée. ___ Et le boulot, j’espère que mon bout’chou ne fait pas de bêtises là-bas ? rétorque mon frère aîné. ___ Quelle bêtise Gabi ? Tu crois peut-être que je suis maladroite comme toi ? Nous nous lançons dans une chamaillerie digne de deux gamins. Andrea ne fait que rire, amusée par notre petite dispute, qui n’a duré qu’un bref moment. Après cela, nous avons passé à autre chose. Je faisais de mon mieux pour déclencher une discussion entre ces deux, puis finalement Gabriel a commencé à discuter avec elle. ___ Dis-moi Andrea, c’est quel genre de taf ma bout’chou fait qui lui coûte même son sommeil ? relance mon frère, entre deux bouchées de son dîner. Ma gorge se noue. Je fixe Andrea qui me lance un regard interrogatif. Jusque là, je n’ai pas osé raconter à Gabriel, ce que j’endure avec mon boss au travail. Je leur ai même caché les traces sur mon cou la dernière fois. Gabriel va peter un plomb s’il le découvrait et j’ai déjà assez d’ennuis pour en rajouter. Je n'imagine même pas mon frère débarquer en fracas dans le bureau de la bête. Une chose est sûre si jamais cela arrive : il y'aura au moins un blessé entre les deux. ___ Euh…commence t’elle, en me fixant. Gabriel fronce légèrement ses sourcils, l’écoutant avec attention. ___ Elle est cheffe de marketing de l’entreprise, lâche t’elle finalement, après avoir raclé sa gorge. ___ Ça, je le sais. Mais, elle veille la moitié de la nuit comme un détective privé ou encore un agent de la FBI qui est chargé de démanteler un réseau de trafiquants. Je roule des yeux, pour lui faire comprendre qu’il exagère dans ses propos. Certes, je ne dors presque plus à cause de mon boulot, mais ce n'est pas pour autant que je ressemble à un agent de la FBI. ___ Bah, c’est le travail et je suis sûre que ça va changer. Étant donnée que Carla est nouvelle, il y’a des petits trucs qu’elle doit remettre en ordre. Je respire profondément, sauvée de cette situation grâce à Andrea. Elle n’a pas évoqué le sujet de la bête et c’est le plus important. ___ Ah je vois ! J’aurai parié sur autre chose. Je me suis même fait l’idée qu’elle a trouvé une personne pour me remplacer dans son petit cœur, dit-il pour plaisanter. ___ Sois pas pressé papi choco, ça ne va plus tarder ! Je vais vite me trouver un compagnon qui va te remplacer, sois-en sûr ! réplique je en mangeant. Gabriel ouvre grandement sa bouche, faisant mine d’être choqué. Je le lorgne du regard et continue de savourer mon plat pendant que Andrea se tord de rire. ___ Papi choco ? répète t’elle, toujours en riant. ___ Mouais… C’est son surnom et si tu veux, je te citerai tous ses petits surnoms d’enfance, continue je, en regardant mon frère du coin de l’œil. ___ Commence d’abord par tenter de séduire un mec à la place des futilités ! contre-attaque t’il. Je suis tellement habituée à ces genres de phrases venant de mon aîné, que ça me fait rire quand il le dit. Au départ, je deprimais pendant plusieurs jours car il avait touché un point sensible et lorsque j’ai compris que je suis solitaire parce que je le veux, je rigole dès qu’il me balance cette phrase. ___ Vous êtes vraiment drôles tous les deux, je parie que votre mère ne s’ennuie jamais à votre présence. ___ S’ennuyer avec nous, jamais ! dit-il, fièrement. Quoique Gabriel et moi, avons tous deux, des caractères différents, nous nous aimons profondément. C’est mon frère et aussi mon père. Nous continuons notre dîner avec divers sujets, avec Andréa qui participe également à la conversation. Il avait raison, personne ne s’ennuie quand Papi choco et Bout’chou sont là. Lorsque nous avons fini de dîner, Andrea et moi, débarrassons la table et allons rincer les assiettes sales dans la cuisine pendant que mon frère est au salon. ___ C’est vrai que tu veilles chaque soir à cause du boulot ? me questionne Andrea, d’une voix basse pour ne pas que Gabriel nous entende. ___ Ouais, soufflé-je. Je m’occupe de passer l'éponge sur les assiettes, tandis qu’elle se charge de les rincer. ___ Je t’ai apporté le bilan total du marketing du dernier trimestre, j’espère que ça te sera utile. Mes yeux brillent subitement de gratitude et je lui offre un large et sincère sourire, surtout soulagée de ne plus avoir à perdre du temps ni de l’énergie dans la salle des archives. ___ Merci énormément Andréa, j’ai galéré à le retrouver. La bête ne désirait pas me donner un coup de main. ___ Pour commencer, cesse de l’appeler ainsi. Je parie qu’il ne sait même pas que tu lui as donné un tel surnom, me dit-elle en riant légèrement. Nous finissons de rincer les plats, toutes les deux. Nous nous essuyons les mains avec des torchons. ___ Comment dois-je l’appeler ? Je trouve que ce surnom lui va parfaitement bien, ça correspond à sa personnalité. Je n’oublie pas que ce fou a failli me broyer les os du cou, et cela sans même éprouver des regrets ni présenter des excuses. ___ Tu ne connais vraiment pas Raphaël. Bien vrai qu’il a un caractère froid et sévère, cependant c’est une bonne personne, essaie t’elle de me convaincre sur la gentillesse de ce type. Je lève les yeux au ciel en réponse. ___ Je n’ai même pas une équipe de marketing et ce type exige de moi, une meilleure performance sur ce projet, raconte-je à Andrea. Cette dernière reste bée pendant quelques secondes. ___ Mais il y’a une équipe de marketing. J’ai omis de te le dire mais je croyais que vous aurez une réelle conversation où il t’expliquera certains détails en profondeur. Je reste sans réaction, submergée par l’incompréhension. Raphaël a préféré me laisser tourner en rond plutôt que de m’aider. Mais à qui pense t’il faire du mal ? C’est son entreprise et si jamais je réussis à ce projet, il en bénéficiera plus que moi. Au lieu de me rendre les tâches faciles, il préfère me laisser tourner en rond et me casser le sommeil pour un travail en équipe. ___ Ce type est vraiment pas bien dans sa tête, marmonne je, toujours choquée. ___ Ça doit être parce qu’il ne te veut pas dans son entreprise qu’il agit de cette manière. ___ Il n’est juste pas professionnel. Je lâche un soupir, reconnaissant quand même que cet homme ne souhaite pas que je fasse partie de son personnel. ___ J'ai besoin d'argent, je ne peux pas continuer de dépendre de mon frère et de ma mère. Les petits boulots, ça ne rapportent pas, alors que je veux aussi pouvoir participer aux dépenses de la maison. Je prends une pause. Je ne suis plus une enfant qu'on doit prendre en charge et tout le monde a suffisamment de dépenses, surtout Gabriel. Il ne peut pas dépenser tout ce qu'il gagne alors qu'il doit aussi construire sa famille. ___ Que Raphaël m'apprécie ou non, je m'en bats les reins. Qu'il me mette à la porte pour lui faciliter la tâche, mais s'il attend des résultats pour me foutre à la porte, alors il peut toujours attendre. Parce que je ne vais pas lui faire ce plaisir. Je ne fais pas des nuits blanches pour rien, reprends-je, déterminée plus que jamais. *** Nous racccompagnons Andrea à la porte puis je monte dans ma chambre pour fouiner dans le document que m’a donné Andrea en partant.Clara Le reste de la journée s’est déroulé tranquille. J’ai évité Raphaël autant que possible. Avec Andrea, on n’a pas beaucoup parlé non plus, pas parce que je lui en voulais encore, mais simplement parce qu’elle était occupée… et moi aussi, à me plonger dans les rapports marketing des trois derniers mois.Je ferme enfin le document, souffle de fatigue et repose ma tête sur l'appuie-tête de mon fauteuil et réfléchis à comment relever le défis que m'a lancé Raphaël. Alors que je suis perdue dans mes pensées, on toque à la porte de mon bureau. Mes pensées s'interomptent.___ Oui, entrez ! La porte s'ouvre et j'avise Markus, dans sa tenue de travail, entrer. Il referme la porte derrière lui et avance avec un petit sourire gêné. ___ Salut.___ Oui, salut. Tu as besoin de quelque chose ? Il secoue instantanément la tête. ___ Non. Au contraire, je suis là pour savoir si t'as besoin de moi. Je plisse légèrement mon front, regarde autour de moi pour
PVD de Carla Mon patron me foudroie du regard, ses yeux rougissant de colère. J'avale difficilement ma salive, un peu embarrassée par la situation. Je me redresse et opte une position plus confortable. Du coin de l'œil, je le fixe en frottant mon cou, appréhendant sa réaction. ___ Alors, comme ça tu prends tes aises dans mon entreprise ? Aurais-tu oublié ce pour quoi, tu es là ? Je porte mon regard honteux sur lui et murmure : ___ Je suis désolée. Il fait un rire cynique, qui me fait froncer des sourcils. Son rire s'éteint et son regard devient plus sombre qu'il ne l'était. Sa mâchoire se contracte et il se penche par dessus mon bureau et plonge son regard dangereux dans le mien. ___ Tu es désolée ? répète t’il d'un ton lent. Je me tue. Andrea m'avait déjà prévenu concernant les règles de cette entreprise et je suis consciente que je viens d'enfreindre l'une d'elles. Et c'est d'ailleurs pour cela, que je me tais. ___ Que ce soit la dernière fois
PVD de Raphaël Encore une journée de merde qui se prépare ! Je ne sais plus pour combien de temps, je vais devoir supporter cette fille. Elle commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Au début, je pensais qu'elle lâcherait prise et qu'elle s'en irait d'elle même de cette entreprise, mais elle est tellement têtue qu'elle croit pouvoir me tenir tête encore longtemps. C'est mal me connaître. Je ne me reposerai que lorsqu'elle aura pris ses clics et ses claques de mon entreprise. Je vais prendre un malin plaisir à lui rendre la vie professionnelle si dure, qu'elle me viendra me supplier de la licencier. Alors que je suis entrain de réfléchir à comment me débarrasser de cette peste, le bruissement que fait la porte de mon bureau, interrompt mes pensées. Je relève mes yeux et les pose sur la porte ouverte légèrement et j'entrevois une silhouette féminine pénétrer mon bureau. Je crispe mon visage et ressens le plissement de mon front en voyant cette perso
PVD de Carla Depuis mon altercation avec la bête, qui a failli me coûter la vie, je n’ai plus tenté de l’approcher. Ce n’est pas qu’il m’ait terrifié, mais simplement qu’il n’y a plus eu d’occasion pour nous de nous croiser. Toute fois, j’admets que j’essaie d’éviter au maximum une nouvelle altercation entre nous, ce qui pourrait réveiller la curiosité des autres. Dès que j’ai mis pieds dans cette entreprise, je n’ai fait que me disputer avec le PDG et je suis persuadée que les autres s’interrogent sur ce qui a bien pu se passer auparavant entre nous. J’avais aussi fait part à la bête, le besoin d’une équipe de marketing et ce dernier m’avait juste dit qu’il verra, rien de plus ! Ça fait plusieurs jours maintenant qu’il n’a pas encore songé à cette requête, qui sera pourtant avantageux pour lui et son entreprise. Je ne suis pas un robot, je ne peux donc pas faire toute seule la tâche de marketing de cette entreprise. J’ignore s’il a oublié ma requête ou s’il
PVD de CarlaJe rentre chez moi, toute exténuée par la première journée au travail. Non, seulement c’était une journée de mésentente entre mon patron et moi, mais aussi une journée consacrée à retrouver le bilan complet de cette application dans la salle des archives, chose qui n’est pas un jeu d’enfant. Je ne suis pas parvenue à retrouver ce que je voulais dans les archives car la salle est un peu vaste avec plusieurs étagères contenant des dossiers. Toute fois, je m’y remets demain et je prierai Dieu, espérant qu’Il me file un coup de main à retrouver ce que je veux. Après avoir pris une douche qui m’a redonné l’impression de revivre depuis que je suis rentrée du bureau, j’enfile immédiatement un jogging et un tee-shirt basique puis je quitte ma chambre. Je vois mon frère Gabriel et ma mère qui sont déjà à table. Je me joigne à eux, tout en maintenant une distance entre mon frère et moi, je n’ai pas encore avalé la pilule. S’il ne m’avait pas laissé en p
PVD de Carla Je suis toujours entrain de discuter avec Andréa dans mon bureau. J’ai jeté un coup d’œil sur les dossiers qu’elle m’a rapportés, question de savoir au moins dans quoi je m’aventure. ___ Il y’a quelques mois, Raphaël a voulu conquérir le marché mondial en mettant en place une intelligence artificielle pour combattre la solitude, relate t’elle. Une intelligence artificielle qui pourrait combattre la solitude ? Je suis peu déconcertée par cette idée, cependant je trouve que c’est une bonne initiative si seulement ça marche. Car de nos jours, plusieurs personnes se sentent seules même en étant entourées. Et même si certains ont beau voulu faire croire au monde entier que la solitude est une bonne chose et que nous pouvons être éternellement heureux en étant solitaire, moi, je dirai que c’est totalement faux. Que nous l’ayons choisi ou pas, nous ressentirons forcément le besoin d’être entouré, d’avoir une famille, des amis… Enfin, de trouver la bonne







