LOGINPVD de Raphaël
Encore une journée de merde qui se prépare ! Je ne sais plus pour combien de temps, je vais devoir supporter cette fille. Elle commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Au début, je pensais qu'elle lâcherait prise et qu'elle s'en irait d'elle même de cette entreprise, mais elle est tellement têtue qu'elle croit pouvoir me tenir tête encore longtemps. C'est mal me connaître. Je ne me reposerai que lorsqu'elle aura pris ses clics et ses claques de mon entreprise. Je vais prendre un malin plaisir à lui rendre la vie professionnelle si dure, qu'elle me viendra me supplier de la licencier. Alors que je suis entrain de réfléchir à comment me débarrasser de cette peste, le bruissement que fait la porte de mon bureau, interrompt mes pensées. Je relève mes yeux et les pose sur la porte ouverte légèrement et j'entrevois une silhouette féminine pénétrer mon bureau. Je crispe mon visage et ressens le plissement de mon front en voyant cette personne. Elle avance à pas nonchalant vers moi, tandis que je continue de la scruter. Je contracte furieusement ma mâchoire, mon sang bouillonne et mon cœur se met à battre plus vite. La femme, avoisinant la soixantaine, aux cheveux courts et grisonnants, le visage flétri certainement par les nuits blanches et les regrets qu'elle doit affronter, vient se tenir au centre de la pièce et ses yeux noirs me fixent. Son regard rempli d'émotion, surtout de regret et de fatigue. Je balance ma tête en arrière, soupire d'exaspération en maudissant le début de cette journée. Je croyais que ma peste de cheffe de marketing serait la raison qui va gâcher ma journée, mais elle n'est rien comparée à cette personne que j'ai devant moi. Cette femme dont je ne souhaite ni voir ni parler. ___ J'ai pourtant été clair avec toi, je ne veux pas te voir, lui dis-je sèchement en reportant mon regard sur elle. ___ Je te comprends parfaitement. Tu as toutes tes raisons de me détester, Raphaël, mais laisse-moi au moins une chance de t'expliquer les choses. Elle fait une pause, ferme les yeux et soupire lourdement. Elle fait passer sa main sur son visage, puis elle rouvre ses yeux et me regarde. ___ Je... je n'ai pas été une bonne mère et je le reconnais. Mais je suis là et je veux me rattraper. Je veux réparer les erreurs que j'ai commises dans le passé. Un rire amère s'échappe de ma gorge et je la vois froncer des sourcils d'incompréhension. Je me relève de mon fauteuil, contourne mon bureau et vais me tenir en face d'elle Désormais face à face. Deux parfaits inconnus. Elle est ma génitrice, mais jamais elle aura l'honneur d'être ma mère. Mettre un gosse au monde est une chose et éduquer un gosse, être là quand il a besoin de toi, c'en est une autre. Et cette bonne dame est celle qui m'a mis au monde et ça reste là. J'ai grandi sans elle, sans connaître ce que ça fait d'avoir une mère à ses côtés. J'enfouie mes mains dans mes poches et la détaille avec froideur. J'aurai bien aimé avoir un peu de compassion pour elle, mais je ne peux pas. Elle ne le mérite d'ailleurs pas. ___ J'ai réussi à vivre sans toi... enfin, nous avons réussi à aller de l'avant sans toi, et tu crois que débarquer maintenant changera grande chose dans ma vie ? Mon ton est froid et dur. C'est blessant, mais c'est ce que je cherche : la blesser, la faire saigner avec mes mots. Depuis quelques années, cette femme a refait surface comme une revenante et je l'ai toujours recalé avec la même froideur et indifférence. Elle ne représente rien à mes yeux. ___ Je ne veux plus jamais te revoir, tes excuses et explications, j'en ai que foutre. Je vis bien sans toi et je t'assure que je ne ressens même plus ce vide que t'as laissé dans nos vies. Son visage se déforme par la tristesse et la déception, mais comme je viens de lui faire savoir : J'en ai que faire de lui, de ce qu'elle ressent. Je me rapproche d'elle d'un pas lent, ne laissant qu'une infime distance entre nous. Je plonge mon regard sombre dans le sien et rajoute sur un ton encore plus dur : ___ Il y'a longtemps tu es morte pour moi. J'ai fait ton deuil, j'ai pleuré ta mort et maintenant je suis un orphelin. Je n'ai plus de mère car celle qui m'as mise au monde, est décédée. Et sa disparition tragique a énormément causé des dégâts, mais je m'en suis remis. Alors madame, j'ignore qui est votre fils. Mais moi, ma mère a une tombe. Aussi crue soit elle, c'est la vérité et elle doit l'accepter. Pour moi, elle est morte. Je constate ses yeux rougir puis s'humidifier, son visage meurtri pendant qu'elle me fixe comme si je viens d'éteindre la petite étincelle d'espoir qu'elle avait encore. Elle renifle et une larme perle sa joue, mais je ne ressens quasiment rien. Des larmes, j'en ai versée quand elle nous a abandonnés sans remords. ___ Snif... sniff... Je me tourne et vais appuyer sur l'interphone et ordonne à mon assistante de venir dans mon bureau la minute suivante. Après, je vais me replacer sur mon fauteuil pendant qu'elle continue de se lamenter. Je ne suis pas un monstre. Je trouve juste qu'il est trop tard pour les regrets. Mon assistante ne tarde pas à se pointer devant moi. ___ Nina, je souhaite que tu raccompagnes cette femme. Et surtout, tâche toi de ne plus commettre l'erreur de la laisser entrer dans mon bureau. Mon assistante hausse ses sourcils, stupéfaite. ___ Mais monsieur... c'est votre mère, bégaie t’elle. Je lui lance un regard noir, qui l'intimide. Elle déglutit et incline sa tête deux fois à titre de compréhension, puis elle se retourne vers cette femme. ___ Je vous prie de me suivre. Quand je sens les yeux de cette femme se tourner vers moi pour une dernière fois, je me contente de regarder ailleurs pour ne pas croiser son regard. Néanmoins je sens son regard peiné sur moi, avant qu'elle ne se mette à suivre Nina. ___ Aussi... leur interromps je. Nina se retourne pour m'écouter. ___ Dis à la sécurité que cette femme ne doit plus jamais remettre les pieds dans cette entreprise. Elle acquiesce de la tête, puis elles s'en vont complètement. Une fois seul, je défais ma cravate pour mieux respirer et me libérer de toute cette frustration et colère qui commençaient à me ronger. *** Trois heures. Trois bonnes heures se sont écoulées depuis le départ de cette femme, mais je n'arrive plus à me concentrer sur autre chose que sur ces foutus souvenirs de mon enfance. J'expire pour la énième fois d'ennuis, balance le stylo que je tiens, sur le bureau et me relève du fauteuil. Je quitte le bureau, dans l'espoir de pouvoir me changer les idées, une fois hors de ces bâtiments. Pendant que je réfléchis à l'endroit où je pourrai aller, j'entends une voix fine m'interpeller par derrière : ___ Monsieur Salvador... Je me retourne et tombe nez à nez avec Andrea. Elle tient quelques documents dans ses mains. Je la questionne du regard, impatient de m'en aller. ___ Hier, j'ai dîné avec Mlle Cruz... Je hausse imperceptiblement un sourcil, déconcerté mais aussi curieux. ___ Son frère est inquiet pour elle. Il dit qu'elle dort très peu à cause de son travail, me raconte-t-elle. ___ Et en quoi, cela me concerne ? ___ Vous savez le repos est très crucial. Et si elle ne dort pas suffisamment, elle risque de tomber malade. Je reste bée. Elle ne dort pas et qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Elle ne dort pas, parce qu'elle n'a pas sommeil. Et si elle tombe malade, cela n'engage qu'elle. ___ Andrea ? Tu... tu m'accuses de lui voler son sommeil ? Ou suis-je un docteur ? Cette fille est assez grande pour savoir ce qui est bien pour sa santé ou pas. Elle se mord les lèvres de culpabilité. ___ Elle ne dort pas, tout simplement parce que vous lui confiez trop de tâches, remarque t'elle. Je reste figé. Même quand cette fille ne dort pas, je suis le responsable ? ___ Si elle veut recevoir un salaire, faut bien qu'elle travaille. Maintenant, qu'elle dorme suffisamment ou pas, c'est son choix. Ce n'est pas en dormant sur mes deux oreilles que j'ai réussi à bâtir cette entreprise. Je fais une pause. Andrea a la chance d'être en quelque sorte une connaissance, sinon elle aurait déjà dit adieu à son poste. ___ La prochaine fois que tu me stoppes pour des futilités, tu sais déjà à quoi t'attendre. La peur traverse son regard et je la vois trembler. Elle se pince les lèvres et se presse de regagner son bureau. Lorsqu'elle disparaît de mon champ de vision, je me retourne pour reprendre ma route mais une idée traverse mon esprit et m'oblige à faire un détour. Je dois toucher deux mots à cette nouvelle employée qui pense qu'elle aura des faveurs professionnelles. Si elle croit que je serai plus indulgent avec elle à travers Andrea, elle se fourre le doigt dans l'œil. Je fais irruption dans son bureau et je tombe sur elle, la tête reposée sur l'appuie-tête de son fauteuil, les paupières fermées et les traits de son visage semblent relâchés. Elle dort. Je tente de rester calme un instant à l'entrée, les sourcils froncés et la dévisage. Je me rapproche lentement d'elle, le regard braqué sur la belle au bois dormant. Quelques mèches de cheveux viennent traîner sur son front. Je ne puis m'empêcher de soupirer. Ses sourcils fins dessinent deux arcs subtil au-dessus de ses paupières closes, ajoutant à la sérénité de son visage endormi. Je déglutis, la fixant encore et une colère soudaine m'envahit. Je lève mon bras et abats mon poing avec force sur son bureau.Clara Le reste de la journée s’est déroulé tranquille. J’ai évité Raphaël autant que possible. Avec Andrea, on n’a pas beaucoup parlé non plus, pas parce que je lui en voulais encore, mais simplement parce qu’elle était occupée… et moi aussi, à me plonger dans les rapports marketing des trois derniers mois.Je ferme enfin le document, souffle de fatigue et repose ma tête sur l'appuie-tête de mon fauteuil et réfléchis à comment relever le défis que m'a lancé Raphaël. Alors que je suis perdue dans mes pensées, on toque à la porte de mon bureau. Mes pensées s'interomptent.___ Oui, entrez ! La porte s'ouvre et j'avise Markus, dans sa tenue de travail, entrer. Il referme la porte derrière lui et avance avec un petit sourire gêné. ___ Salut.___ Oui, salut. Tu as besoin de quelque chose ? Il secoue instantanément la tête. ___ Non. Au contraire, je suis là pour savoir si t'as besoin de moi. Je plisse légèrement mon front, regarde autour de moi pour
PVD de Carla Mon patron me foudroie du regard, ses yeux rougissant de colère. J'avale difficilement ma salive, un peu embarrassée par la situation. Je me redresse et opte une position plus confortable. Du coin de l'œil, je le fixe en frottant mon cou, appréhendant sa réaction. ___ Alors, comme ça tu prends tes aises dans mon entreprise ? Aurais-tu oublié ce pour quoi, tu es là ? Je porte mon regard honteux sur lui et murmure : ___ Je suis désolée. Il fait un rire cynique, qui me fait froncer des sourcils. Son rire s'éteint et son regard devient plus sombre qu'il ne l'était. Sa mâchoire se contracte et il se penche par dessus mon bureau et plonge son regard dangereux dans le mien. ___ Tu es désolée ? répète t’il d'un ton lent. Je me tue. Andrea m'avait déjà prévenu concernant les règles de cette entreprise et je suis consciente que je viens d'enfreindre l'une d'elles. Et c'est d'ailleurs pour cela, que je me tais. ___ Que ce soit la dernière fois
PVD de Raphaël Encore une journée de merde qui se prépare ! Je ne sais plus pour combien de temps, je vais devoir supporter cette fille. Elle commence sérieusement à me taper sur les nerfs. Au début, je pensais qu'elle lâcherait prise et qu'elle s'en irait d'elle même de cette entreprise, mais elle est tellement têtue qu'elle croit pouvoir me tenir tête encore longtemps. C'est mal me connaître. Je ne me reposerai que lorsqu'elle aura pris ses clics et ses claques de mon entreprise. Je vais prendre un malin plaisir à lui rendre la vie professionnelle si dure, qu'elle me viendra me supplier de la licencier. Alors que je suis entrain de réfléchir à comment me débarrasser de cette peste, le bruissement que fait la porte de mon bureau, interrompt mes pensées. Je relève mes yeux et les pose sur la porte ouverte légèrement et j'entrevois une silhouette féminine pénétrer mon bureau. Je crispe mon visage et ressens le plissement de mon front en voyant cette perso
PVD de Carla Depuis mon altercation avec la bête, qui a failli me coûter la vie, je n’ai plus tenté de l’approcher. Ce n’est pas qu’il m’ait terrifié, mais simplement qu’il n’y a plus eu d’occasion pour nous de nous croiser. Toute fois, j’admets que j’essaie d’éviter au maximum une nouvelle altercation entre nous, ce qui pourrait réveiller la curiosité des autres. Dès que j’ai mis pieds dans cette entreprise, je n’ai fait que me disputer avec le PDG et je suis persuadée que les autres s’interrogent sur ce qui a bien pu se passer auparavant entre nous. J’avais aussi fait part à la bête, le besoin d’une équipe de marketing et ce dernier m’avait juste dit qu’il verra, rien de plus ! Ça fait plusieurs jours maintenant qu’il n’a pas encore songé à cette requête, qui sera pourtant avantageux pour lui et son entreprise. Je ne suis pas un robot, je ne peux donc pas faire toute seule la tâche de marketing de cette entreprise. J’ignore s’il a oublié ma requête ou s’il
PVD de CarlaJe rentre chez moi, toute exténuée par la première journée au travail. Non, seulement c’était une journée de mésentente entre mon patron et moi, mais aussi une journée consacrée à retrouver le bilan complet de cette application dans la salle des archives, chose qui n’est pas un jeu d’enfant. Je ne suis pas parvenue à retrouver ce que je voulais dans les archives car la salle est un peu vaste avec plusieurs étagères contenant des dossiers. Toute fois, je m’y remets demain et je prierai Dieu, espérant qu’Il me file un coup de main à retrouver ce que je veux. Après avoir pris une douche qui m’a redonné l’impression de revivre depuis que je suis rentrée du bureau, j’enfile immédiatement un jogging et un tee-shirt basique puis je quitte ma chambre. Je vois mon frère Gabriel et ma mère qui sont déjà à table. Je me joigne à eux, tout en maintenant une distance entre mon frère et moi, je n’ai pas encore avalé la pilule. S’il ne m’avait pas laissé en p
PVD de Carla Je suis toujours entrain de discuter avec Andréa dans mon bureau. J’ai jeté un coup d’œil sur les dossiers qu’elle m’a rapportés, question de savoir au moins dans quoi je m’aventure. ___ Il y’a quelques mois, Raphaël a voulu conquérir le marché mondial en mettant en place une intelligence artificielle pour combattre la solitude, relate t’elle. Une intelligence artificielle qui pourrait combattre la solitude ? Je suis peu déconcertée par cette idée, cependant je trouve que c’est une bonne initiative si seulement ça marche. Car de nos jours, plusieurs personnes se sentent seules même en étant entourées. Et même si certains ont beau voulu faire croire au monde entier que la solitude est une bonne chose et que nous pouvons être éternellement heureux en étant solitaire, moi, je dirai que c’est totalement faux. Que nous l’ayons choisi ou pas, nous ressentirons forcément le besoin d’être entouré, d’avoir une famille, des amis… Enfin, de trouver la bonne







