Mag-log in
Point de vue de Serena
« Salut, Luce, tu veux faire l’amour ce soir ? »
Vêtue uniquement d’une lingerie fine qui dévoilait mes seins, je m’approchai de lui avec un air séducteur.
Ma voix tremblait légèrement.
J’espérais que Lucien ne s’en rendrait pas compte.
Mon cœur battait à tout rompre. Mes mains étaient moites et je serrais les côtés de ma lingerie.
Lucien resta figé sur place. Son regard sombre se posa sur mon décolleté et entre mes cuisses, à peine couverts par un string. Sa gorge montait et descendait.
Une fois debout face à lui, je tentai d’enrouler mes bras autour de son cou, mais Lucien les repoussa immédiatement et recula d’un pas.
« Qu’est-ce que tu fais ? » demanda-t-il d’un ton grave.
J’avalai ma salive.
« Cet après-midi, devant nos clients, on était déjà très proches. Alors pourquoi ne pas continuer à la maison ? » Je gloussai pour masquer ma nervosité.
« Ser, je t’ai dit dès le début que tout ça, c’était juste pour faire illusion devant les autres. N’espère pas plus de moi ! » siffla-t-il en fixant mes lèvres. « Oui, je m’en souviens très bien. Mais c’était ta décision, pas la mienne. Moi, j’ai toujours pris ce mariage au sérieux. Comme papi le voulait », répondis-je à voix basse en caressant son torse. Lucien ferma les yeux. Sa respiration semblait retenue. Ses yeux s’ouvrirent et parurent plus sombres. « Ça suffit, Ser ! Si papi ne m’avait pas imposé cette condition ridicule, je ne t’aurais jamais épousée. » Mon cœur se serra, mais je le dissimulai à nouveau derrière un sourire. C’était difficile. Je commençais à me sentir oppressée. « Luce, je sais que tu as changé depuis un mois. Regarde-moi, mon chéri. Ne me fuis plus. » Je me mis sur la pointe des pieds et passai mes bras autour de son cou. Mes lèvres se posèrent sur les siennes. Un instant, Lucien resta figé, mais il finit par répondre à mon baiser. Il s’empara de mes lèvres. Il me serra fermement dans ses bras. Soudain, il sursauta et s’écarta brusquement. Il me repoussa d’un coup si violent que je titubai de deux pas avant de tomber. « Ce qui s’est passé le mois dernier, c’était une erreur. Alors ne recommence pas avec tes petits jeux ! Tu te comportes comme une prostituée ! » me cria-t-il en me pointant du doigt alors que j’étais encore allongée par terre. Je secouai doucement la tête. Mes lèvres tremblaient. Ma poitrine se serrait de plus en plus. J’avais l’impression qu’un bloc de béton m’écrasait. Mes larmes commencèrent à couler. Après m’avoir lancé un regard perçant, comme pour souligner son avertissement, il s’éloigna à grands pas vers sa chambre. Il claqua la porte si fort que la vibration résonna dans mes oreilles.Je me mis à pleurer à chaudes larmes, me sentant rabaissée et humiliée.
J’étais sa femme, mais j’étais apparemment trop répugnante pour qu’il m’effleure.
Cela faisait trois ans que ça durait.
J’aurais dû comprendre.
Pourquoi avais-je été assez bête pour m’offrir à lui ?
Je pensais qu’il avait changé, alors qu’il commençait déjà à montrer des signes de retour à ses anciennes habitudes.
Lucien était Lucien.
Un roc.
Il ne changerait jamais.
Mes larmes ne cessaient de couler. Ne voulant pas qu’il me voie dans cet état de plus en plus pitoyable, je décidai de me réfugier dans ma chambre.
Mes jambes ne pouvaient plus me porter. Le rejet et les humiliations de Lucien m’avaient anéantie, physiquement et mentalement.
Je me traînai jusqu’à ma chambre. Le sol était mouillé par mes larmes qui continuaient de couler.
Le lendemain, je repris mon attitude professionnelle. Plus aucune larme, même si mes yeux étaient encore un peu gonflés.
Je me rendis dans le bureau de Lucien. En tant qu’assistante personnelle, j’avais l’intention de l’inviter à déjeuner avec notre client norvégien.« Alors, ça te fait quoi de savoir que ton véritable amour est de retour ? »
Je m’arrêtai net et me glissai aussitôt derrière le mur, près de la grande porte qui n’était pas tout à fait fermée. Je tendis l’oreille au maximum pour entendre cette conversation qui me transperçait le cœur.
C’était la voix de Daniel, le cousin et meilleur ami de Lucien. Il était également directeur marketing du groupe Hubert, et il se sentait toujours menacé par ma présence.
« J’en sais rien. » La voix de Lucien semblait hésitante.
« Elle t’a déjà contacté ? » demanda à nouveau Daniel.
« Oui, il y a une semaine. »
J’écarquillai les yeux. C’était donc pour ça que Lucien était redevenu froid avec moi.
Camille était de retour.
« Vous vous êtes déjà revus ? » Daniel était toujours curieux.
« Oui… » répondit Lucien à voix basse.
« Et alors ? » insista Daniel.
« Elle n’a pas changé. Je sais pas, Daniel. Arrête un peu avec tes questions ! » protesta Lucien.
Daniel éclata de rire comme s’il s’agissait de la meilleure blague du siècle.
« Luce, depuis que tu as épousé Serena, tu es déjà PDG. Papi ne peut plus rien t’imposer. Alors, franchement, je vois pas ce qui t’empêcherait de te remettre avec Camille. »
Daniel lança cette idée folle avec désinvolture. Il éclata de nouveau de rire.
« Tu crois vraiment ? » demanda Lucien.
« Évidemment ! Tu l’aimes tellement. Garde Serena comme épouse et prends Camille comme maîtresse. Juste le temps que tout se tasse. »
Daniel continua à donner ses conseils farfelus.
« Ou alors, divorce de Serena. Moi, je serai ravi de l’accueillir chez moi. Ha ha ! » Le rire de Daniel résonna à nouveau.
« Toi, tu parles trop ! Allez, va travailler ! » conclut Lucien.
J’entendis le bruit de sa chaise qui glissait. Je me précipitai aussitôt vers les toilettes.
Une fois à l’intérieur, je m’affalai immédiatement derrière la porte.
Et si Lucien suivait les conseils de Daniel ?
Je ne voulais pas que Lucien me trompe.
Sans Camille, j’étais déjà mise à l’écart ; alors imagine s’ils se remettaient ensemble.
Il semblait que je devais me retirer.
Je devais divorcer de Lucien.
SerenaJe me suis aussitôt assise et j’ai crié : « J’ai envie de faire pipi ! »Oh là là, mais quelle excuse !Lucien, qui était en train d’ouvrir le tiroir de la table de chevet, s’est arrêté net. Il a repoussé le tiroir et m’a souri. « Allez, viens », m’a-t-il dit avec enthousiasme. Il s’est tout de suite préparé à me porter.« Je peux marcher toute seule », protestai-je, mais Lucien n’en tint pas compte. Il continua à me porter.Mon cœur se mit aussitôt à battre à tout rompre. Je voulais me débattre, mais mon corps était trop faible.Lucien jeta un coup d’œil vers Aldric, qui dormait encore profondément. Il esquissa un sourire cynique, empreint de triomphe.Mon ex-mari me déposa devant les toilettes. « Tu as besoin d’aide ? », proposa-t-il d’un ton taquin.« Je peux me débrouiller toute seule. Va-t’en ! », le chassai-je, agacée.« J’ai peur qu’il t’arrive quelque chose. Je reste ici », insista-t-il, refusant de céder.Je le poussai hors de la pièce. « Quel tyran ! »Lucien éclata d
SerenaJe retirai doucement ma main. Ce geste réveilla Lucien. Il se redressa d’un bond et me regarda. « Qu’est-ce qui t’arrive ? », demanda-t-il à voix basse. Il jeta spontanément un coup d’œil vers le canapé. Là, Aldric dormait, à demi assis, les bras croisés.« Rien. J’ai soif », répondis-je, n’importe quoi pourvu que ce soit une excuse.Avec dextérité, Lucien prit un verre sur la table de chevet et me le tendit. Il sourit d’un air maladroit, le visage encore froissé par le sommeil, comme souvent au réveil.Je restai bouche bée, le regardant longuement. C’était un geste que je n’aurais jamais imaginé il y a trois ans. Il me semblait impossible qu’un Lucien puisse se mettre à mon service. Il répondit à mon regard par un sourire sincère.« Allez, bois, tu as dit que tu avais soif », dit Lucien en me caressant l’épaule.L’eau qui coulait dans ma gorge me donnait l’impression de m’étouffer. Dès que j’eus fini de boire, Lucien reprit aussitôt le verre et le posa sur la table de chevet.
Serena« Lucien va donc venir ici ? », demanda Émilie tout en rangeant le contenu de son sac.J’acquiesçai.Émilie fit la moue. « Tu es sûre de pouvoir supporter qu’il t’approche à nouveau ? Et si vous finissiez par vous remettre ensemble ? », me lança-t-elle en me regardant d’un air sceptique.Je restai silencieuse un instant. « Non. Ne sois pas naïve. Toutes les relations qui se passent bien ne se terminent pas forcément par une réconciliation. Et puis, de toute façon, notre relation n’est pas si bonne que ça. On est juste en trêve », répondis-je d’un ton désinvolte.Émilie fit à nouveau la moue, croisa les bras et m’adressa un sourire en coin.Aldric et Jimmy entrèrent dans la chambre d’hôpital. Je ne savais pas de quoi ils parlaient dehors.« Allez, Ém », dit Jimmy. Il allait raccompagner Émilie chez elle.« D’accord », répondit ma meilleure amie avec enthousiasme. Elle faillit même bondir de la chaise sur laquelle elle était assise.Émilie et moi échangeâmes un regard. Je lui adr
LucienDeux femmes se trouvent dans la même situation, hospitalisées, mais cela me touche différemment.Je ne suis pas venu ici pour Camille.C’est pour moi.Gabriel marche légèrement derrière moi. Je me retourne vers lui et il hoche la tête. « Je m’en occupe tout de suite, Monsieur », dit-il à voix basse.Je lui réponds par un signe de tête, puis il se retourne aussitôt. Je continue mon chemin vers la salle d’attente réservée aux patients privilégiés des urgences. C’est l’hôpital habituel de la famille Hubert. Dans cette pièce, maman et Niki sont assises, les yeux remplis de larmes.Il s’avère qu’elles aimaient vraiment Camille.Pourquoi ne pouvaient-elles pas être comme ça avec Serena ?Maman s’est précipitée vers moi dès qu’elle m’a vu arriver. « Lucien, tu es enfin là », m’a-t-elle dit en me serrant dans ses bras. Son visage semblait un peu plus soulagé.Niki s’est également levée du banc où elle ét
SerenaLe gynécologue posa une sonde sur mon ventre et la fit glisser.J’eus le souffle coupé.Avant même que l’image n’apparaisse à l’écran, j’entendis un son qui me fit retenir mon souffle.Un son tellement beau.Des battements de cœur.J’avais les larmes aux yeux.Ce son semblait plus rapide que le rythme cardiaque que je ressentais d’habitude.« Le voilà », dit le médecin en regardant l’écran. « Félicitations, vous en êtes à 15 semaines de grossesse », ajouta-t-il.J’étais fascinée par l’image qui s’affichait. Cela ne ressemblait pas encore tout à fait à un être humain.« Ce fœtus a encore la taille d’une pomme, mais tous ses organes sont déjà formés. Regardez ses yeux, son nez », expliqua le médecin en désignant l’écran.J’écarquillai les yeux, fascinée par ce que je voyais à l’écran. Des larmes coulaient sur mes joues sans que je puisse les retenir.Mon enfant était si b
SerenaJ’avais toujours les yeux fermés. À vrai dire, je n’avais pas du tout sommeil. Je faisais semblant de dormir parce que je me sentais mal à l’aise face aux battements de mon cœur provoqués par la présence de Lucien.J’avais l’impression que de petites bulles éclataient dans mon ventre lorsque Lucien me caressait les pieds. Je ne savais pas si c’était simplement mon imagination ou si c’était une façon pour mon bébé de confirmer ma grossesse en envoyant un signal à son père.Je sentis quelqu’un s’approcher de moi. Je connaissais très bien son odeur.Lucien.« Ser, je dois d’abord régler une affaire. Je reviendrai tout à l’heure. Raconte-moi les résultats de tes examens, d’accord ? », me chuchota-t-il à l’oreille.Il caressa mon sourcil et l’embrassa. « Salut », dit Lucien en prenant congé.Mon cœur fit un bond lorsque ses lèvres touchèrent mon visage. J’espérais que mes yeux ne bougeraient pas, de peur que mon jeu d’actrice ne soit démasqué.« Hé, n’embrasse pas Serena comme ça, h







