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échange

last update تاريخ النشر: 2026-07-26 20:05:14

La mairie du 16e était vide, parsemée de chaises. Quelques invités : ses parents, l’assistant, le notaire, et deux journalistes qu’il avait invités pour la photo.

Le maire avait une voix douce, ennuyeuse.

— Monsieur Delacroix, acceptez-vous de prendre pour épouse…

— Oui.

Laetitia serra la main de son père. Elle fixa le maire, les murs, les fleurs. Partout, sauf Delacroix.

— Et vous, mademoiselle Dubois, acceptez-vous de prendre pour époux…

Elle ouvrit la bouche. Le mot s’étrangla.

— Oui.

Un murmure parcourut l’assistance. Ses parents souriaient, les yeux humides. La photo fut prise.

Le maire les déclara mari et femme. Il ne l’embrassa pas. Il lui serra la main, une pression brève, professionnelle.

— Félicitations, dit le maire.

— Merci, répondit-il.

Elle sortit de la mairie, le voile léger sur les épaules. Il lui offrit son bras. Elle le prit.

— On est mariés, murmura-t-elle.

— On est mariés, répéta-t-il.

— Pourquoi vous ne m’avez pas embrassée ?

— On n’en est pas là.

Elle rit, un rire amer.

— Vous avez raison. On n’en est pas là.

Le flash des journalistes éclata. Et à ce moment-là, elle vit une silhouette au fond de la foule. Thomas. Il la regardait, le visage fermé. Et il tenait un téléphone, qui filmait.

Des jours plus tard après un mariage simple,il fallait entamer un nouveau chapitre,celui de la vie commune.

Elle emménage dans sa prison dorée.

La maison de Delacroix avait une chambre d’amis qui ressemblait à un hôtel cinq étoiles. Lit queen-size, baie vitrée, salle de bain en marbre, et un dressing rempli de vêtements à sa taille.

— Tout est à vous, dit-il sur le seuil. Mon bureau est à l’autre bout du couloir. Je ne viendrai pas vous déranger.

— Et à table ? On dîne ensemble ?

— Si vous voulez. Mais je dîne rarement. Je travaille tard.

Elle posa son sac sur le lit.

— On est mari et femme, et on ne se voit pas ?

— C’est le contrat.

Elle le regarda.

— Vous êtes froid.

— Je suis efficace.

Il sortit, refermant la porte. Elle resta seule dans la chambre, les murs blancs, le silence blanc, la vie blanche. Elle s’assit sur le lit, les mains vides.

Le soir, elle entendit des bruits. Des voix. Elle ouvrit la porte, et elle vit une femme, une blonde aux cheveux longs, en train de sortir de son bureau, les lèvres rouges, les cheveux défaits. Delacroix, derrière elle, une main sur la porte. Laetitia recula. La femme la regarda, un sourire en coin, et murmura : "Je suis son ex, chérie. Et je ne suis pas partie."

De toute façon, ils n'avaient pas décidé de rester seul chacun.Mais elle n'aurait jamais imaginé qu'il le ferait dans leur foyer.

Elle qui priait pour que ces mois passent vite ,et bien elle sent que ça ne sera pas de tout repos.

Le lendemain matin,les journalistes firent un travail extraordinaire pour toujours capter l'attention du public.

La photo de Thomas est publiée dans les tabloïd. Laetitia est accusée de tromperie.

Le matin du deuxième jour, Laetitia ouvrit son téléphone. Le titre était en gras.

"Laetitia Dubois, la mariée du milliardaire, photographiée avec un ex la veille de son mariage. Une romance cachée ?"

Elle se leva d’un bond, courut dans le bureau de Delacroix. Il était là, le visage de marbre.

— Qu’est-ce que c’est que ça ?

— Une photo. Toi et Thomas, dans une voiture. Hier. Avant que je ne te rattrape.

Elle fixa la photo. On ne voyait pas ses traits, mais la voiture était la sienne. La plaque était visible.

— C’est un montage. Ou quelqu’un m’a suivie.

— La veille de notre mariage, tu es partie en train. Et Thomas était à la gare. Il a une photo de toi, portant une robe de mariée, dans la gare. Laetitia, on dirait que tu t’es enfuie avec lui.

— Ce n’est pas vrai.

Il se leva, s’approcha d’elle.

— Je sais que ce n’est pas vrai. Mais la presse ne le sait pas. Et mon concurrent, qui voulait me déstabiliser, va utiliser ça.

— Qu’est-ce qu’on fait ?

— On fait face. Il sortit son téléphone, composa un numéro. Je vais convoquer une conférence de presse. Et toi, tu vas sourire, tu vas tenir ma main, et tu vas nier tout en bloc. Parce que si tu ne le fais pas, mon entreprise s’effondre, ta famille perd sa maison, et le contrat est caduc.

Elle le regarda.

— Et Thomas ?

Il eut un sourire.

— Thomas, je m’en occupe.

Il sortit. Elle resta figée, le téléphone à la main. Un nouveau message, de Thomas, s’affichait.

"Je t’ai prévenue. Il est dangereux. Mais il n’est pas le seul. Viens me voir ce soir. Je te dirai tout."

Elle allait répondre, mais Delacroix réapparut, sans faire de bruit. Il avait tout vu. "Tu ne vas pas le voir, Laetitia. Et si tu le fais, je te jure que je le détruis." Elle déglutit. Elle n’avait pas le choix.

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