로그인La mairie du 16e était vide, parsemée de chaises. Quelques invités : ses parents, l’assistant, le notaire, et deux journalistes qu’il avait invités pour la photo.
Le maire avait une voix douce, ennuyeuse. — Monsieur Delacroix, acceptez-vous de prendre pour épouse… — Oui. Laetitia serra la main de son père. Elle fixa le maire, les murs, les fleurs. Partout, sauf Delacroix. — Et vous, mademoiselle Dubois, acceptez-vous de prendre pour époux… Elle ouvrit la bouche. Le mot s’étrangla. — Oui. Un murmure parcourut l’assistance. Ses parents souriaient, les yeux humides. La photo fut prise. Le maire les déclara mari et femme. Il ne l’embrassa pas. Il lui serra la main, une pression brève, professionnelle. — Félicitations, dit le maire. — Merci, répondit-il. Elle sortit de la mairie, le voile léger sur les épaules. Il lui offrit son bras. Elle le prit. — On est mariés, murmura-t-elle. — On est mariés, répéta-t-il. — Pourquoi vous ne m’avez pas embrassée ? — On n’en est pas là. Elle rit, un rire amer. — Vous avez raison. On n’en est pas là. Le flash des journalistes éclata. Et à ce moment-là, elle vit une silhouette au fond de la foule. Thomas. Il la regardait, le visage fermé. Et il tenait un téléphone, qui filmait. Des jours plus tard après un mariage simple,il fallait entamer un nouveau chapitre,celui de la vie commune. Elle emménage dans sa prison dorée. La maison de Delacroix avait une chambre d’amis qui ressemblait à un hôtel cinq étoiles. Lit queen-size, baie vitrée, salle de bain en marbre, et un dressing rempli de vêtements à sa taille. — Tout est à vous, dit-il sur le seuil. Mon bureau est à l’autre bout du couloir. Je ne viendrai pas vous déranger. — Et à table ? On dîne ensemble ? — Si vous voulez. Mais je dîne rarement. Je travaille tard. Elle posa son sac sur le lit. — On est mari et femme, et on ne se voit pas ? — C’est le contrat. Elle le regarda. — Vous êtes froid. — Je suis efficace. Il sortit, refermant la porte. Elle resta seule dans la chambre, les murs blancs, le silence blanc, la vie blanche. Elle s’assit sur le lit, les mains vides. Le soir, elle entendit des bruits. Des voix. Elle ouvrit la porte, et elle vit une femme, une blonde aux cheveux longs, en train de sortir de son bureau, les lèvres rouges, les cheveux défaits. Delacroix, derrière elle, une main sur la porte. Laetitia recula. La femme la regarda, un sourire en coin, et murmura : "Je suis son ex, chérie. Et je ne suis pas partie." De toute façon, ils n'avaient pas décidé de rester seul chacun.Mais elle n'aurait jamais imaginé qu'il le ferait dans leur foyer. Elle qui priait pour que ces mois passent vite ,et bien elle sent que ça ne sera pas de tout repos. Le lendemain matin,les journalistes firent un travail extraordinaire pour toujours capter l'attention du public. La photo de Thomas est publiée dans les tabloïd. Laetitia est accusée de tromperie. Le matin du deuxième jour, Laetitia ouvrit son téléphone. Le titre était en gras. "Laetitia Dubois, la mariée du milliardaire, photographiée avec un ex la veille de son mariage. Une romance cachée ?" Elle se leva d’un bond, courut dans le bureau de Delacroix. Il était là, le visage de marbre. — Qu’est-ce que c’est que ça ? — Une photo. Toi et Thomas, dans une voiture. Hier. Avant que je ne te rattrape. Elle fixa la photo. On ne voyait pas ses traits, mais la voiture était la sienne. La plaque était visible. — C’est un montage. Ou quelqu’un m’a suivie. — La veille de notre mariage, tu es partie en train. Et Thomas était à la gare. Il a une photo de toi, portant une robe de mariée, dans la gare. Laetitia, on dirait que tu t’es enfuie avec lui. — Ce n’est pas vrai. Il se leva, s’approcha d’elle. — Je sais que ce n’est pas vrai. Mais la presse ne le sait pas. Et mon concurrent, qui voulait me déstabiliser, va utiliser ça. — Qu’est-ce qu’on fait ? — On fait face. Il sortit son téléphone, composa un numéro. Je vais convoquer une conférence de presse. Et toi, tu vas sourire, tu vas tenir ma main, et tu vas nier tout en bloc. Parce que si tu ne le fais pas, mon entreprise s’effondre, ta famille perd sa maison, et le contrat est caduc. Elle le regarda. — Et Thomas ? Il eut un sourire. — Thomas, je m’en occupe. Il sortit. Elle resta figée, le téléphone à la main. Un nouveau message, de Thomas, s’affichait. "Je t’ai prévenue. Il est dangereux. Mais il n’est pas le seul. Viens me voir ce soir. Je te dirai tout." Elle allait répondre, mais Delacroix réapparut, sans faire de bruit. Il avait tout vu. "Tu ne vas pas le voir, Laetitia. Et si tu le fais, je te jure que je le détruis." Elle déglutit. Elle n’avait pas le choix.2h13. La pluie cognait contre les vitres du manoir. Dans le noir, deux ombres. Thomas. Élodie. — 3 minutes avant que les caméras reviennent, a chuchoté Thomas. Les mains moites. — Alors dépêche-toi, a répondu Élodie. Froide.Ils sont entrés par la porte de service. En haut, Laetitia dormait d’un sommeil agité. Depuis la dispute, elle ne dormait plus vraiment.Elle s’est réveillée avec une main sur la bouche. — Chut, c’est moi, a murmuré Thomas. Son cœur s’est brisé en mille. — Thomas... pourquoi ? — Parce que si je ne peux pas t’avoir, personne ne t’aura.Élodie a sorti un chiffon. Odeur chimique. Laetitia a lutté. En vain. Le noir.Elle s’est réveillée dans une camionnette. Poignets liés. Élodie en face, les jambes croisées. Un sourire. — Bienvenue dans le plan B, ma chérie.Ils l’ont retenue 6 heures. Dans un entrepôt. Puis les sirènes. La police. Appel anonyme de Mathias. De retour au manoir, le chaos. Élodie, en larmes, s’est jetée dans les bras de
La nuit était tombée. Lourde. Électrique. Dans un petit appartement mal éclairé, Thomas marchait de long en large. Ses poings étaient serrés. En face, Élodie sirotait du vin rouge. Calme. Dangereuse.— Tu as compris ? a-t-elle dit en posant son verre. Sa voix était douce. Trop douce. — Si tu ne peux pas l’avoir... alors personne ne l’aura.Thomas s’est arrêté net. — Tu parles de quoi ? — De Laetitia. Élodie s’est levée. Sa robe noire collait à sa peau. — Mathias l’a enfermée dans cette maison comme un trophée. Il l’humilie. Il la possède. Et toi tu restes là à l’appeler sans réponse ? Non. On la prend. On la kidnappe. On fait en sorte que Mathias perde tout. Et après... elle reviendra vers toi. Par peur. Par gratitude.Thomas a dégluti. Kidnapper. Le mot lui a brûlé la gorge. Mais l’image de Mathias au téléphone : *"Je n’aime pas partager"* lui est revenue. Il a hoché la tête. Une fois. — Ok. On fait ça.Dehors, la pluie a commencé à tomber.Laetitia vena
Appartement d’Élodie. Lumière tamisée. Bouteille de vin à moitié vide. Thomas faisait les cent pas. Les nerfs à vif. — Il m’a dit de disparaître. "Je n’aime pas partager". Élodie, assise sur le canapé, robe noire, jambes croisées. Elle souriait. — Parfait. Il a mordu. Elle s’est levée. S’est approchée de lui. — On va lui donner une raison de la garder près de lui. Et une raison de te détester. — Comment ? — Toi tu joues le mec épris, désespéré. Tu l’appelles, tu la supplie. Et moi... moi je m’occupe du reste. Elle a posé sa main sur sa poitrine. — Tu me fais confiance ? Thomas a hoché la tête. Il n’avait plus rien à perdre. Cette nuit-là, ils ont couché ensemble. Par vengeance. Par calcul. Au matin, Élodie l’a regardé et a dit, toute douce : — Thomas... je suis enceinte. De toi. Il est resté figé. Et elle a souri. Le piège venait de se refermer. Le soir même. Manoir Delacroix. Dîner. Silence. Encore. Laetitia a craqué la première. — Tu peux ar
Thomas a raccroché. Sa main tremblait. "Je n’aime pas partager." La phrase de Mathias tournait en boucle dans sa tête. Il a balancé son téléphone contre le mur. L’écran a explosé. — Salaud ! Il a donné un coup de pied dans la table. -Perdu. Encore. Comme à la fac. Comme avec sa meilleure amie. Toujours le second. Et là, le souvenir est revenu. Élodie. Au bar. Son sourire. *"C’est une opportunité, Thomas. Pour toi. Pour Laetitia."* Il a ramassé les débris du téléphone. Le cœur en feu. Si Mathias voulait jouer au propriétaire... Lui allait jouer au sauveur. Il a rappelé Élodie. — On fait comme tu as dit. La voiture s’est arrêtée devant le portail. Le manoir. Immense. Froid. Les rideaux tirés. Dès que Laetitia est descendue, les domestiques étaient là. Dans le hall. Alignés. Les regards. Ceux qui disent : *"C’est elle. La meurtrière."* Aucun "bonjour". Aucun sourire. Juste le silence. Mira est passée devant elle avec un plateau. Elle s
La voiture était silencieuse. Personne n'osait faire quoi que ce soit. respirer même était difficile à faire.Cuir noir. Odeur de parfum cher. Mathias conduisait. il avait laissé son chauffeur pour être seul avec elle dans cette voiture. Les deux mains sur le volant. Les yeux droit devant. Droit devant ? quelques instants seulement car de temps en temps il l' observait dans la voiture. il voulait savoir ce qu'elle faisait.Laetitia, côté passager, regardait par la fenêtre. Les bras croisés. le regard droit devant mais, elle observait chaque détail de son visage pour savoir si il était en colère par jalousie ou si il l'a considère juste comme une propriété.Aucun des deux ne parlait. Dehors, la ville défilait. Les embouteillages, la poussière, les klaxons. Dedans, le silence pesait 10 tonnes.Au bout de 10 minutes, Mathias a brisé le silence. — Tu as mangé ? Elle n’a pas répondu. Pourquoi cette question ? qui plus est, elle était stupide ! jusqu'à preuve du contraire el
Thomas et Laetitia. Ça datait de l’université. Quelques mois. Des rires dans les amphis, des nuits à réviser, des promesses idiotes. Une vraie histoire d’amour.Jusqu’au jour où elle a appris. Il l’avait trompée. Avec sa meilleure amie. Elle n’avait rien dit. Elle avait juste fait ses valises. Et depuis, plus rien. Silence radio.Puis elle avait fait la une des journaux. "Disparue. Présumée morte." Et lui avait compris qu’elle était vivante. Il l’avait cherchée. Suppliée. Demandé pardon. Elle l’avait repoussé. A chaque fois.Mais la prison avait tout changé. Les barreaux, les visites, les avocats. Lui était là. Tous les jours. Et à force, un mur était tombé. Si proche qu’il se voyait déjà avec elle. Un appart. Un avenir. *Sa* Laetitia.Alors quand Élodie lui avait tendu cette perche... il l’avait saisie. Une occasion de se rapprocher. De redevenir indispensable.De l’autre côté, Laetitia se préparait. Sortie dans quelques jours. Et il y a trois jours,







