LOGINJe pose la paume sur sa poitrine, je sens son cœur battre sous mes doigts, je descends lentement sur son ventre, je sens ses muscles se contracter sous ma caresse, je descends encore, et je m'arrête, je regarde son sexe, il est dur, il est plus grand que je ne l'imaginais, il n'est pas plus grand que celui de la vidéo, non, il est comme celui de la vidéo, mais il est vivant, il est chaud sous mes doigts, il tressaille quand je le touche, et je referme ma main dessus, doucement, maladroitement, et il ferme les yeux, il dit Aurora, et je réponds oui, et il dit doucement, et je réponds pardon, et je desserre, et il dit non, ne t'excuse pas, simplement, oui, doucement, et je bouge ma main, une fois, deux fois, j'apprends, je découvre la texture, la chaleur, la dureté, et je vois qu'il ferme les yeux quand je serre à un certain endroit, et je note, je note tout, je veux tout apprendre de lui, tout savoir de son corps, comme il a tout appris du mien. Il m'arrête, il d
Je m'en aperçois d'un coup, il pleure, une larme tombe sur ma joue, chaude et salée, puis une autre, puis une autre, et je demande Lorenzo, et il répond oui, et je demande pourquoi tu pleures, et il répond parce que, et je demande parce que quoi, et il répond parce que tu as dit c'est bon, parce que c'est la première fois que quelqu'un me dit cela sans mentir, parce que je le sens, cette fois, que ce n'est pas un mensonge, et je pose les deux mains sur son visage, je passe les pouces sous ses yeux, j'essuie les larmes, et je dis ce n'est pas un mensonge, Lorenzo, c'est bon, c'est bon avec toi, c'est vrai, et il continue à bouger, il pleure et il bouge, ses larmes tombent sur ma poitrine, sur mon cou, sur mes cheveux, et je pleure aussi, et nous rions un peu à travers les larmes, et je gémis à mesure que quelque chose remonte en moi, et je sens que je vais jouir encore, et ce n'est pas comme la première fois, sous sa bouche, c'est autre chose, c'est plus lent à venir, c'est plu
Aurora Sa bouche est chaude, c'est ma première pensée, elle est plus chaude que je ne l'imaginais, plus chaude que le reste de son visage, plus chaude que sa peau à lui, et cette chaleur se pose sur un endroit qui n'a jamais été touché par personne, un endroit dont j'ignorais jusqu'au nom il y a encore quelques semaines, un endroit que j'ai seulement commencé à explorer seule dans le secret de mes nuits, et sa langue passe une première fois, du bas vers le haut, très doucement, dans une caresse longue et lente et précise qui m'arrache un cri, un vrai cri, pas un cri prévu, un cri qui vient sans que je le contrôle, un cri court, un cri de surprise absolue, un cri qui s'échappe de ma bouche comme une porte qu'un coup de vent aurait ouverte brutalement, et je porte immédiatement la main à ma bouche pour l'étouffer, par réflexe, par habitude, par cette pudeur que les sœurs ont gravée en moi comme on grave une inscription dans la pierre. Il
Il dit : Aurora, d'une voix étranglée, et je réponds oui, et il dit tu ne portes rien, et je réponds non, et il dit depuis le début, et je réponds depuis vingt et une heures, et il dit tu es venue ainsi de ta chambre à la mienne, et je réponds oui, et il dit de ta chambre à la serre, et je réponds oui, et il ferme les yeux, il pose son front contre mon ventre nu, et je sens sa respiration chaude sur ma peau, sur mon nombril, sur cette partie de moi qui n'a jamais senti de souffle d'homme, et il respire, il respire longuement, comme s'il voulait mémoriser mon odeur, et il dit Aurora, et je réponds oui, et il dit je ne mérite pas ce cadeau, et je réponds si, et il dit non, et je réponds si, et je pose la main sur sa tête, je caresse ses cheveux noirs, doucement, comme on calme un enfant, comme on apaise une bête, comme on bénit un homme. Il relève le visage, il repousse la robe complètement, elle glisse de mes épaules, tombe derrière moi sur le lit de foin dans un frois
Puis il baisse la main qu'il avait derrière ma nuque, il la fait glisser lentement sur mon épaule, sur mon bras, jusqu'à ma main qu'il prend dans la sienne, et ce geste simple, ce geste de tous les amoureux du monde, me paraît plus intime que tous les baisers échangés depuis que je le connais, parce qu'il signifie que nous allons avancer ensemble, que nous allons franchir ensemble la prochaine porte, que je ne suis plus seule. Il dit Aurora, et sa voix est grave, changée, pleine d'une émotion qu'il ne cherche plus à cacher, et je réponds oui, et il dit viens, un seul mot, une invitation autant qu'un ordre, mais un ordre si doux qu'il ressemble à une supplique, et il me guide vers le lit, ce lit de foin et de couvertures blanches que nous avons fait ensemble il y a dix minutes à peine, ce lit semé de pétales de rose blanche qui luisent faiblement sous les lampes à huile, ce lit qui nous attend comme un écrin attend son joyau, et je me laisse guider, je me la
AuroraJe viens de le dire, embrasse-moi, sans réfléchir, sans peser, sans calculer, et ces deux mots sont sortis de ma bouche comme une évidence trop longtemps retenue, comme une porte qui cède enfin sous le poids de tout ce qu'elle contient depuis des semaines, et je sens encore leur vibration dans l'air tiède de la serre, entre les murs de verre couverts de buée, entre les lampes à huile qui jettent leurs halos tremblants sur les feuillages alanguis, et je me tiens là, debout face à lui, le cœur si rapide que je l'entends battre dans mes oreilles, les mains ouvertes le long du corps comme pour lui montrer que je n'ai plus rien à cacher, que je ne veux plus rien cacher, que ce geste minuscule, ce baiser demandé à voix nue, est la première chose que je fais vraiment de moi-même, sans qu'il me la demande, sans qu'il guide ma main, sans qu'il décide à ma place, et cette pensée me traverse comme un frisson de fierté mêlée de terreur, parce que demander, c'







