LOGINJe m'assieds en face de lui, sur le bord du lit. Mes mains sont posées sur mes cuisses, mes doigts s'agitent, cherchent quelque chose à faire, un pinceau, un crayon, n'importe quoi pour occuper ce vide.— Parle-moi, dit-il.— De quoi ?— De toi. De ce que tu penses. De ce que tu veux. De ce que tu attends.— Je ne sais pas quoi te dire.— Alors dis-moi ce que tu fais. Dans la journée. Quand je ne suis pas là.— Tu es toujours là.— Quand je dors, alors. Quand je suis dans mes cauchemars. Quand je suis perdu dans ma tête. Qu'est-ce que tu fais ?Je réfléchis. C'est une question étrange. Je n'avais jamais pensé à ce que je faisais quand il n'était pas là, quand il était dans ses cauchemars, quand il était perdu dans sa tête.— Je peins, dis-je.&m
Puis son corps s'effondre sur le mien. Il est lourd, brûlant, trempé de sueur. Sa tête repose sur ma poitrine, ses mains sur mes hanches, ses jambes mêlées aux miennes.— Je t'ai fait mal, dit-il.— Un peu.— Pardon.— Ce n'est rien.— Si. C'est quelque chose. C'est tout ce que je ne voulais pas être.Je passe ma main dans ses cheveux, ses épaules, son dos. Mes doigts suivent les cicatrices, les bandages, les marques que j'ai laissées sur sa peau.— Pourquoi tu ne m'as pas frappée ? demande-t-il.— Quoi ?— Pourquoi tu ne m'as pas rendu les coups ? Pourquoi tu ne t'es pas défendue ?— Parce que je n'avais pas à me défendre.— Je t'ai fait du mal.— Tu m'as prise violemment. Mais tu ne m'as pas frappée. Tu ne m'as pas insultée. Tu
Je réponds avec la même violence. Mes ongles s'enfoncent dans sa nuque, mes dents mordent sa lèvre, ma langue combat la sienne. Ce n'est plus un baiser, c'est un combat. Un combat pour voir qui dominera, qui cédera, qui survivra.— Je te hais, murmure-t-il contre ma bouche.— Je sais.— Je t'aime.— Je sais.Il déchire ma chemise de nuit. Le tissu cède sous ses doigts, se déchire le long de ma poitrine, de mon ventre, de mes cuisses. Je suis nue devant lui, offerte, vulnérable.— Regarde-moi, dit-il.— Je te regarde.— Qu'est-ce que tu vois ?— Un homme qui a peur.— Et quoi d'autre ?— Un homme qui veut me faire du mal.— Et quoi d'autre ?— Un homme qui m'aime.Il pose sa main sur ma gorge. Pas assez fort pour m'étrangler, juste assez pour
Cette fois, je ne mens pas. Pour cette nuit, c'est assez. Pour cette nuit, je peux dormir. Pour cette nuit, je peux oublier les cauchemars. Pour cette nuit, je peux croire que tout est possible.Je ferme les yeux. Dans le noir, ses mains me tiennent. Et pour cette nuit, c'est assez.ValentinaLe réveil est brutal. Pas de transition entre le sommeil et l'éveil, juste un passage à vide, une chute, un réveil en sursaut avec le cœur qui bat trop vite et la sensation que quelque chose ne va pas.Diego n'est plus dans le lit.Je me redresse, cherche sa silhouette dans la pénombre. Il est debout près de la fenêtre, le dos tourné, les mains appuyées contre le mur. Ses épaules sont tendues, ses poings serrés, sa respiration saccadée.— Diego ?Il ne répond pas. Il ne se retourne pas. Ses mains frappent le mur, une f
Je me jette sur elle. Mes bras l'entourent, la serrent contre moi, l'écrasent presque. Je sens son corps contre le mien, ses seins sur ma poitrine, ses jambes mêlées aux miennes. Elle est chaude, elle est vivante, elle est à moi.— Trop fort, murmure-t-elle. Tu me serres trop fort.Je desserre mon étreinte, mais je ne la lâche pas. Je ne peux pas la lâcher. J'ai peur qu'elle disparaisse, qu'elle se transforme, qu'elle devienne cette chose blanche et vide qui me regardait avec les yeux de Chiara.— Désolé, dis-je. Je suis désolé.— Ce n'est rien.— Je t'ai fait mal ?— Non. Ce n'est rien.Elle ne recule pas. Ses mains se posent sur mon dos, caressent mes cicatrices, suivent les bandages que j'ai oublié d'enlever. Ses doigts sont doux, lents, apaisants. Je pose ma tête sur son épaule, ma bouche contre son cou, mes larmes qui coulent sur sa peau.— C'était quoi ? demande-t-elle.— Toi. Toi qui devenais elle. T
Cette fois, c'est lui qui ment. Mais je le laisse faire. Parce que c'est ça, peut-être, aimer un homme brisé. Accepter ses mensonges. Fermer les yeux sur ses faiblesses. Rester, même quand tout te dit de partir.Je ferme les yeux. Dans le noir, nos mains s'enlacent. Et pour cette nuit, c'est assez.DiegoJe suis dans une pièce que je ne connais pas. Les murs sont blancs, trop blancs, éclatants. Il n'y a pas de fenêtres, pas de portes, pas d'issue. Juste le blanc. Infini. Absolu.Et elle est là.Valentina est devant moi, en robe blanche, ses cheveux défaits, ses mains ouvertes. Elle ne bouge pas. Elle me regarde avec ses yeux noirs, ces yeux qui ont vu le pire de moi et qui sont restés. Ces yeux que j'ai appris à aimer avant même de savoir les mériter.— Valentina, dis-je.Elle ne répond pas. Ses lèvres
Je retire la compresse. Le saignement a cessé. La plaie est propre, nette, comme une cicatrice qui n'aurait pas encore eu le temps de se former. Je prends la pommade, l'applique en couche fine, mes doigts suivant les contours de sa colonne vertébrale, de ses omoplates,
ValentinaL'eau coule sur ses épaules, fine, chaude, obstinée. La salle de bain est plongée dans une pénombre que j'ai voulue, que j'ai choisie, parce que la lumière crue révélerait trop de choses. Trop de cicatrices. Trop de f
Elle tombe à genoux, ses mains sur la chaîne, ses yeux fous levés vers moi.— Tu es un monstre. Un vrai monstre.— Oui. Je suis un monstre. Mais c'est toi qui m'as fabriqué. Toi et ta folie. Toi et ton amour. Toi et ta destruction
DiegoLe soleil se lève sur Mexico. Les premières lueurs du jour percent les rideaux de la chambre, dessinent des ombres sur le mur, réveillent doucement la ville. Valentina dort encore, ses cheveux éparpillés sur l'oreiller, ses lèvres entrouvertes, sa respiration lente et p







