LOGINElle ferme les yeux. Ses mains sont plaquées contre la porte, de chaque côté de son corps, comme si elle s'y accrochait pour ne pas tomber.
— Je ne voulais pas qu'il te le dise.
— Je sais. Mais je suis content qu'il l'ait fait.
— Content ? Tu es content ?
— Oui. Parce que maintenant je comprends. Maintenant je sais pourquoi tu étais comme ça. Pourquoi tu encaissais tout. Pourquoi tu revenais to
Elle ferme les yeux. Une larme coule sur sa joue. Elle l'essuie rapidement, d'un geste brusque, presque violent. Comme si pleurer était une faiblesse. Comme si montrer ses émotions était un crime.— D'accord, murmure-t-elle. D'accord. Pour Leo. Pour qu'il soit en sécurité.Je hoche la tête. Je ne dis rien. Je la prends dans mes bras. Elle se laisse faire. Son corps est tendu, rigide, puis peu à peu, il se relâche. Sa tête se pose sur mon épaule. Ses mains s'accrochent à ma veste. Elle respire contre moi, lentement, profondément.— Je suis désolé, dis-je dans ses cheveux. Je suis désolé de t'imposer ça. Je suis désolé de ne pas pouvoir te laisser tranquille. Je suis désolé d'être comme je suis.— Tais-toi, Luck. Tais-toi et tiens-moi.Je la tiens.Longtemps.
LuckJe ne dors plus.La nuit, je reste éveillé dans mon lit, les yeux fixés sur le plafond, à écouter les bruits de la ville, à guetter le moindre craquement, la moindre ombre, le moindre signe que quelque chose ne va pas. Mon téléphone est posé sur la table de chevet, l'écran allumé, prêt à vibrer. Je l'ai réglé pour qu'il sonne même en mode silencieux quand c'est elle. Alessandra. Son nom est une prière, une obsession, une raison de vivre.Cormac est toujours là.Je le sais. Je le sens. Je le traque. Mes hommes le cherchent jour et nuit, mais il est comme un fantôme, insaisissable, partout et nulle part à la fois. Il connaît la ville mieux que nous. Il connaît les angles morts, les passages secrets, les endroits où personne ne regarde. Il a grandi dans ces rues, dans ces
Jamais. Tu m'entends ? Jamais. Je ne te laisserai pas tranquille. Tu es à moi. Tu as toujours été à moi. Depuis le premier jour où je t'ai vue. Depuis cette photo, quand tu étais petite, quand tu souriais en ouvrant mes lettres. Tu es à moi, Alessandra. Tu le sais. Au fond de toi, tu le sais.Je bloque. Il revient.Et Leo ? Comment va-t-il ? Les traitements sont durs, non ? Il tousse encore ? Il crache du sang ? J'ai des contacts. Les meilleurs médecins. Les meilleurs hôpitaux. Ce que tu veux. Je peux l'aider. Je peux le sauver. Je peux lui donner une chance que personne d'autre ne peut lui donner.Mon cœur s'arrête.Leo.Toujours Leo.Je regarde l'écran. Mes doigts hésitent au-dessus du clavier. Je pense à mon frère. À ses joues creuses. À ses yeux trop brillants. À ses mains trop fines sur l
Elle relève la tête.Ses yeux sont rouges, gonflés, mais ils me regardent. Vraiment. Pour la première fois depuis des jours, depuis des semaines, depuis des années peut-être, elle me regarde. Pas à travers la peur, pas à travers la colère, pas à travers le mensonge. Elle me regarde, moi.— Et Leo ? demande-t-elle.— On ira le voir ensemble. Si tu veux.— Ensemble ?— Si tu veux. Si tu es prête. Si tu as envie. Si tu as besoin. On y va quand tu veux. Maintenant, demain, dans une semaine. On y va ensemble. Comme une famille.Elle hoche la tête. Lentement. Comme si elle sortait d'un rêve, comme si elle se réveillait d'un long sommeil, comme si elle voyait la lumière pour la première fois.— Ensemble, répète-t-elle.Je souris. Le premier vrai sourire depui
Elle ferme les yeux. Ses mains sont plaquées contre la porte, de chaque côté de son corps, comme si elle s'y accrochait pour ne pas tomber.— Je ne voulais pas qu'il te le dise.— Je sais. Mais je suis content qu'il l'ait fait.— Content ? Tu es content ?— Oui. Parce que maintenant je comprends. Maintenant je sais pourquoi tu étais comme ça. Pourquoi tu encaissais tout. Pourquoi tu revenais toujours. Pourquoi tu ne disais rien. Pourquoi tu ne criais pas. Pourquoi tu ne te défendais jamais.— Et ça change quoi ?— Ça change que je ne te vois plus comme une victime. Je te vois comme une survivante. Comme quelqu'un qui a traversé l'enfer et qui en est sortie vivante. Comme quelqu'un qui a été brisée mille fois et qui s'est relevée mille fois.— Je ne suis pas sortie vivante, Luck. Je suis mort
Cher Luck,Je t'ai écrit une lettre, mais je ne te l'ai pas donnée. J'ai eu peur...Je lis toutes les lettres. Toutes celles que j'ai écrites. Toutes celles que ma mère a lues. Toutes celles qui ont servi de preuves, de condamnations, de chaînes. Je lis les mots de la petite fille qui croyait à l'amour. De l'adolescente qui espérait encore. De la jeune femme qui a renoncé.Quand j'ai fini, mes joues sont trempées. Mes mains tremblent. Mon cœur est trop lourd. Trop lourd pour ma poitrine. Trop lourd pour mes épaules. Trop lourd pour moi toute seule.— Je t'aimais, Luck, murmure-je dans le vide. Je t'aimais et tu m'as détruite.Personne ne répond.La nuit est silencieuse. La ville est silencieuse. Le monde est silencieux.Je suis seule.Comme toujours.Comme depuis toujours.Luck
AlessandraLa fraîcheur du cuir contre ma peau nue se dissipe, remplacée par la moiteur de l’air et celle, plus intime, qui colle à mes cuisses. Le silence est un linceut lourd. Puis, de la chambre, le bruit de l’eau qui se met à couler. Un jet puissant, régulier.Je ferme les yeux, souhaitant que
AlessandraLe choc de l’eau est tiède, mais il me fait frissonner. Ce n’est pas la température. C’est l’inversion. Le renversement complet. Je suis devenue l’objet à nettoyer, la toile sur laquelle il étend ses mains avec une intention nouvelle, terrifiante.Il ne prend pas l’éponge. Il utilise ses
AlessandraIl redescend alors. Sa bouche quitte mes seins, emprunte le chemin plat de mon ventre, et avant que je ne réalise son intention, elle est là, à la place de ses doigts.Le choc est absolu.C’est une sensation que je n’ai jamais connue, que je n’aurais jamais pu imaginer. La chaleur humide
AlessandraMa main tremble. Une vibration incontrôlable qui part de mon poignet et se propage jusqu’au bout de mes doigts. La crème, d’un blanc laiteux, contraste violemment avec la peau sombre et tendue de son sexe. Je respire un grand coup, l’air sifflant entre mes dents serrées.Je le touche.Le







