LOGINElle était son espionne. Il était sa cible. L'amour n'était pas dans le plan. À neuf ans, Jeffrey Kingboy a vu son père assassiné sous ses yeux par William Fristson, le chef de clan le plus cruel de Londres. Ce soir-là, l'innocence est morte avec le patriarche, et un serment s'est inscrit dans le sang : vengeance. Dix ans plus tard, Jeffrey règne sur la mafia londonienne. Froid. Impitoyable. Redouté. Il n'attend qu'une chose : le moment de détruire les Fristson. Mais William ne l'affronte pas avec des armes. Il envoie Sofia.Sofia Coppola. Belle. Intelligente. Mortelle. Officiellement, elle n'est qu'une simple servante entrée au manoir Kingboy. En réalité, elle est l'arme parfaite : formée pour séduire, manipuler, voler les secrets les plus enfouis. Sa mission : infiltrer le cœur de Jeffrey. Le briser. Le détruire.Mais Jeffrey Kingboy n'est pas un homme ordinaire. Ses yeux voient à travers les mensonges. Ses mains connaissent le langage du danger. Et quand il regarde Sofia... quelque chose s'éveille. Quelque chose qu'il croyait mort depuis la nuit où son père est tombé. Le désir. La faim. La vulnérabilité.Entre haine et passion, trahison et amour, Sofia se perd dans un jeu dont elle n'est plus maîtresse. Car comment détruire un homme quand chaque baiser vous rapproche de lui ? Peut-on encore aimer quand la trahison a laissé une cicatrice ? Et comment survivre... quand votre maître découvre que vous êtes tombée amoureuse de son ennemi juré ? Et jusqu’où peut-on haïr, quand son pire ennemi prend les traits de la femme qu’on désire ?
View MoreLe manoir Kingboy n'était pas une maison. C'était une cathédrale de secrets, un tombeau vivant où chaque pierre portait le poids des serments brisés et des trahisons séculaires. Ses murs noirs défiaient le soleil londonien, absorbant la lumière comme une plaie absorbe le poison.
On racontait que ce manoir n'appartenait pas aux Kingboy, mais que les Kingboy lui appartenaient. Une cage de velours tissée de dettes, de rancunes et de non-dits.
Moi, Jeffrey, à neuf ans, je n'y voyais qu'un terrain de jeu immense. Je courais à travers les couloirs tapissés de rouge, mon revolver en bois serré dans ma main droite. Ce n'était qu'un jouet d'anniversaire, mais pour moi, il pesait comme une véritable arme. J'étais un cow-boy solitaire traversant un monde sauvage, un justicier défiant des ennemis invisibles.
—« Pan ! Pan ! » criai-je en visant une immense peinture représentant l'un de nos ancêtres.
Mon rire éclatait, clair et franc, défiant le silence solennel qui régnait sur la maison. À neuf ans, j'étais encore capable de rire.
J'ignorais que ce rire deviendrait bientôt un souvenir lointain.
Dans le grand salon, mon père m'observait. Assis dans son fauteuil de cuir qui avalait sa silhouette massive, ses yeux noirs brillaient d'une intensité glaciale. Cet homme n'était pas seulement mon père : il était le chef devant lequel Londres tout entière s'inclinait.
Pourtant, face à moi, ses yeux s'adoucissaient. Comme si j'étais la seule créature capable de calmer la bête qui grondait en lui.
— Jeffrey, dit-il d'une voix qui roulait comme un tonnerre lointain, n'oublie jamais ceci : une arme n'est jamais un jouet. Chaque balle tirée change un destin.
Je m'arrêtai net. Ses paroles me dépassaient, mais elles s'accrochèrent à moi comme des griffes invisibles. Une balle, un destin... Les mots semblaient trop grands pour mon âge, mais ils s'incrustèrent dans ma mémoire comme une cicatrice qui ne s'effacerait jamais.
Mon père se leva, imposant silence et respect par sa seule présence. Il posa une main lourde sur mon épaule, un poids de pierre doublé de la chaleur d'un rempart protecteur.
— Un jour, tu comprendras, ajouta-t-il. Et ce jour-là, tu seras prêt.
Je levai mes yeux d'enfant vers lui, persuadé que rien ne pouvait m'arriver tant que son regard se posait sur moi.La porte s'ouvrit dans un long grincement. Mon cœur se serra instinctivement.
Elle entra.
Ma grand-mère. La matriarche des Kingboy.
Elle avançait comme une reine dont le royaume était fait de silence et de peur. Sa robe noire absorbait toute lumière. Ses cheveux argentés, tirés en chignon sévère, ressemblaient à des cicatrices du temps dompté.
Mais ce qui glaçait vraiment, c'étaient ses yeux. D'un gris tranchant, impitoyables, ils donnaient l'impression de traverser la chair pour sonder directement l'âme. Même mon père ne pouvait soutenir son regard trop longtemps.
Elle me fixa. Longuement. Comme si elle mesurait déjà l'homme que je deviendrais.
— Ce garçon sera plus fort que toi, dit-elle d'une voix ferme.
Ses mots claquèrent comme une vérité indiscutable.
Mon père haussa un sourcil, une lueur ironique dans les yeux.
— Plus fort que moi ? Tu crois vraiment qu'un enfant peut dépasser l'homme que je suis ?
Ma grand-mère s'avança, sa canne frappant le sol de marbre à chaque pas. Toc. Toc. Toc. Comme les battements d'une horloge annonçant une sentence inévitable.
Elle s'accroupit près de moi et posa une main ridée sur ma joue. Son contact était glacé. Ce n'était pas le geste tendre d'une grand-mère : c'était celui d'une prophétesse prononçant un verdict.
— «Oui,» murmura-t-elle. «Parce qu'il est né dans le sang. Et les enfants qui grandissent dans le sang deviennent toujours soit des rois... soit des monstres.»
Un silence épais s'abattit. Ses mots, lourds comme une malédiction, semblèrent s'imprimer dans les murs du manoir.
Mon père soupira profondément.
— «Alors il devra être les deux. Un roi et un monstre, si c'est le prix à payer pour protéger notre nom.»
Je ne comprenais pas vraiment. Pour moi, mon père était déjà un roi, et il n'avait rien d'un monstre... du moins, pas lorsqu'il me souriait.
La porte du bureau s'ouvrit brusquement. Un homme essoufflé entra, le front perlé de sueur.
— «Chef...» annonça-t-il, la voix basse. Les clans ont confirmé. La grande réunion aura lieu demain soir.
Aussitôt, l'air changea. La tension s'épaissit, lourde comme un ciel d'orage. Mon père redressa son buste et tambourina de ses doigts sur le bois du bureau.
Je connaissais ce geste : c'était le prélude aux décisions qui changeaient des vies.
Derrière lui, ma grand-mère eut un sourire glacé.
— «Voilà l'orage. Un roi ne rit jamais longtemps.
Je levai les yeux vers mon père, fasciné et inquiet.»
— «Papa... c'est quoi, une réunion des clans ?»
Il s'agenouilla à ma hauteur et plongea ses yeux noirs dans les miens. J'y vis une flamme mystérieuse qui me fit trembler.
— «C'est le moment où les loups s'assoient à la même table. On y parle de paix... mais souvent, c'est là que naissent les guerres.»
Un frisson me parcourut l'échine.
— «Et tu vas y aller ?» soufflai-je, partagé entre peur et excitation.
Un sourire triste effleura ses lèvres.
— «Oui. J'y serai.»
.
Il m'embrassa sur le front. Je sentis son souffle contre ma peau, mais plus que tout, j'entendis son cœur battre violemment, comme un tambour de guerre.
Je m'accrochai à lui sans comprendre pourquoi une angoisse sourde naissait en moi. Comme si, dans mes os d'enfant, je pressentais que rien ne serait plus jamais pareil après demain.
Rassemblant mon courage, je murmurai :
— «Alors moi aussi... je veux venir.»
Le silence qui suivit fut presque sacré. Mon père se figea. Derrière lui, ma grand-mère esquissa un sourire énigmatique.
Mon père me regarda longtemps. Trop longtemps. Ses yeux semblaient chercher dans les miens un reflet de l'avenir.
Puis enfin, il hocha lentement la tête.
— «D'accord. Tu viendras.»
Ce simple mot, prononcé ce soir-là, scella mon destin.
Car demain soir, je ne serais plus un enfant.
Et demain soir, le monstre en moi naîtrait dans le sang.
POV : JEFFREY – EXTÉRIEUR DU MANOIRLa nuit était froide, le baiser de la chaleur nous caressait le visage. Nous nous tenions dehors, à distance sécuritaire, regardant le manoir brûler. Derrière nous, la forêt retenait son souffle ; devant nous, l'enfer.Les flammes s'élevaient dans le ciel comme des langues de dragons, déchirant la voûte noire d'une lueur orange et rouge. Des étincelles montaient en tourbillonnant, pareilles à des lucioles enragées, avant de retomber en cendres sur nos épaules. Le bâtiment entier était embrasé. Chaque fenêtre crachait un souffle de fournaise, chaque pierre semblait suer la chaleur. Les murs que j'avais tant haïs, ces murs qui avaient abrité tant de souffrances, se désagrégeaient sous mes yeux.À l'intérieur, William avait cessé de hurler.Ce silence était plus terrible que ses cris. Pendant de longues secondes, je crus entendre encore l'écho de sa voix déchirée par les flammes, mais non. Il n'y avait plus que le rugissement du feu, le craquement des
POV William Exactement comme ils l'avaient fait à lui.Jeffrey s'approcha lentement. Il prit une barre de métal. La même que j'avais utilisée sur lui.— Tu sais ce qui est magnifique avec la vengeance, William ? C'est qu'on peut prendre son temps.Il frappa.La douleur explosa dans mes côtes.— Ahhhhh ! hurlai-je.— Oh, tu cries déjà ? Mais on ne fait que commencer.Il frappa encore. Et encore. Et encore.Mon nez explosa. Mes dents se brisèrent. Mes côtes craquèrent une par une.— Arrête ! Pitié ! Arrête !— Pitié ? cracha-t-il. Comme tu as eu pitié de moi ? De Sofia ? D'Elena ? De mon père ? De ma grande mère? De mes hommes ?Il jeta la barre et prit quelque chose d'autre.Le sécateur.Mon sang se glaça.— Non... non, pas ça...— Oh si. Exactement ça. Il saisit ma main droite.— Tu m'as pris un pouce. Il me semble juste de te rendre la pareille. Avec intérêts.— Jeffrey, non ! Je t'en supplie !Il positionna les lames autour de mon pouce.— Tu te souviens de ce que tu as dit ? Que l
POV : SOFIALes explosions me réveillèrent.J'avais presque réussi à défaire mes liens. Encore quelques minutes et j'aurais été libre.Mais maintenant, le chaos régnait au-dessus.Qu'est-ce qui se passait ?La porte de ma cellule explosa littéralement. Mika entra, suivi de...Mon cœur s'arrêta.Jeffrey.Couvert de sang séché. Visage tuméfié. Main mutilée. Mais vivant. Debout. Tenant une arme.Et dans ses yeux... mon Dieu, dans ses yeux, je vis quelque chose qui me glaça.Pas de la peur. Pas du soulagement.De la rage pure. Froide. Absolue.Le Boucher de Londres était de retour.— Jeffrey... soufflai-je.Il s'approcha, coupant rapidement mes liens avec le couteau que lui tendit Mika.— Tu es blessée ? demanda-t-il d'une voix plate.— Non, je...— Le bébé ?— Il va bien.Il hocha simplement la tête.— Bien. Mika, libère Elena. — Restez derrière moi, ordonna Mika. Et si vous voyez un garde de William, vous tirez. Pas de questions. Pas d'hésitation.Nous montâmes les escaliers des caves.
POV : WILLIAM - CHAMBRE PRINCIPALE - 3H15 DU MATINJe retournai dans ma chambre, encore souriant de ma visite à Jeffrey.Une surprise. Ha ! Pathétique.L'homme était complètement brisé. Délirant. Probablement en train de perdre la raison à cause de la douleur.Je me versai un verre de whisky. Le savourai.Tout se passait exactement comme prévu.Jeffrey était détruit. Sofia et Elena étaient terrifiées. Mon empire était intact.J'avais gagné.Complètement. Totalement. Définitivement.Je levai mon verre vers la fenêtre.— À toi, Jeffrey. Merci pour cette victoire si douce.Je bus, puis retournai me coucher à côté de ma maîtresse.Demain serait un grand jour.Le jour où je tuerais définitivement le Boucher de Londres.POV : VINCENT - EXTÉRIEUR DU MANOIR FRISTSON - 3H45 DU MATINLa nuit était noire comme de l'encre. Pas de lune. Pas d'étoiles. Comme si le ciel lui-même se détournait de ce qui allait se passer.Soixante hommes. Les meilleurs. Les plus loyaux. Les plus dangereux. Tous cachés
POV : JEFFREY - LE LENDEMAINMATIN, 8H00Je n'avais pas dormi.Comment aurais-je pu ?Dans moins de 36 heures, je devais signer un contrat qui me lierait à Viktor Volkov pour récupérer Sofia et Elena.Mon bureau était transformé en centre de commandement. Des avocats allaient et venaient, apportant
POV : WILLIAMScarlett se tenait près du lit, vêtue d'une nuisette rouge transparente qui ne cachait absolument rien de son corps sculptural.Grande. Cheveux noirs cascadant sur ses épaules. Lèvres pulpeuses peintes d'un rouge profond. Seins généreux débordant du tissu fin. Hanches larges, taille f
POV : JeffreyLes véhicules démarrèrent, faisant demi-tour, disparaissant dans la nuit aussi soudainement qu'ils étaient apparus.Je restai là, Marcel appuyé contre moi, regardant leurs feux arrière s'éloigner.48 heures. Pour préparer un contrat commercial avec un mafieux russe. Sauver Sofia et El
POV : VIKTOR VOLKOVParfait. Il mord à l'hameçon.— Ce que je veux ? C'est simple.Je m'approchai encore, jusqu'à sentir son souffle.— Je veux un partenariat. Toi et moi. Les Kingboy et les Volkov. Association commerciale.Je vis la surprise traverser ses yeux.Oui. Tu as bien entendu.— Quoi ?—
Bienvenue dans Goodnovel monde de fiction. Si vous aimez ce roman, ou si vous êtes un idéaliste espérant explorer un monde parfait, et que vous souhaitez également devenir un auteur de roman original en ligne pour augmenter vos revenus, vous pouvez rejoindre notre famille pour lire ou créer différents types de livres, tels que le roman d'amour, la lecture épique, le roman de loup-garou, le roman fantastique, le roman historique et ainsi de suite. Si vous êtes un lecteur, vous pouvez choisir des romans de haute qualité ici. Si vous êtes un auteur, vous pouvez obtenir plus d'inspiration des autres pour créer des œuvres plus brillantes. De plus, vos œuvres sur notre plateforme attireront plus d'attention et gagneront plus d'adimiration des lecteurs.