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Chapitre 4 : Le marché 2

Author: L'invincible
last update Last Updated: 2025-10-28 03:08:28

Luck

La voir se décomposer est un chef-d’œuvre. Les larmes qui brillent, la fierté qui se dissout. C’est encore plus beau que dans mes rêves.

— Parce que je vais vous offrir un marché, dis-je en me penchant en avant, la voix devenue un murmure confidentiel et venimeux. Un seul. Prenez-le ou laissez-le.

Je prends une feuille blanche, immaculée, et la pousse vers elle.

—Voici mon offre : Un an à être à moi et à genoux.

Elle cligne des yeux, ne comprenant pas.

—Je… Je ne…

— Pas comme une employée. Cela serait trop simple. Pas même comme une maîtresse. Cela serait vous faire trop d’honneur.

Je marque une pause, savourant l’instant où la compréhension va la frapper de plein fouet.

—Non , un an.....comme ma pute.

Alessandra

Le choc est si violent que j’en ai le souffle coupé. Le bureau, la ville, son visage… tout vacille. Un bruit blanc emplit ma tête. J’ai mal entendu. Je dois avoir mal entendu.

— Quoi ? je souffle, la voix brisée.

— Vous m’avez bien entendu, dit-il, implacable. Un an de soumission absolue. Vous serez à moi. Votre corps, votre volonté, votre dignité. Vous ferez ce que je veux, quand je le veux, comme je le veux. En échange, tous les problèmes financiers de votre frère disparaissent. Il aura les meilleurs soins. Il vivra.

La nausée monte, brûlante. La rage aussi. Une rage ancienne, celle de la fille que j’étais, qui n’aurait jamais permis une telle insulte.

— Vous êtes… vous êtes un monstre, je halète, me levant d’un bond, les jambes tremblantes. Un sale monstre !

Luck

La rage , excellente , la fierté blessée qui se rebiffe. Je l’avais anticipée. Je la souhaitais.

— Je suis un homme d’affaires, je corrige calmement. Je vois un besoin. Je propose une solution.

— Une solution ? ! crache-t-elle, les yeux maintenant injectés de sang. Vous pensez que je vais accepter ça ? Me vendre à vous ? À vous ? L’ordure que j’ai…

Elle s’interrompt, réalisant trop tard qu’elle vient de reconnaître le passé.

Je me lève à mon tour, plus lentement, dominant la pièce de ma stature.

—L’ordure que vous avez piétinée, oui, achevé-je pour elle. La boue sous vos escarpins. Regardez où nous en sommes aujourd’hui, Alessandra. La boue a séché. Et c’est vous qui êtes en train de vous enfoncer.

— Jamais, souffle-t-elle, reculant d’un pas. J’aimerais mieux mourir.

Alessandra

La fureur me donne des ailes. L’humiliation est un feu dans mes veines. Lui ? Me proposer ça ? C’est au-delà de l’horreur. C’est une profanation.

— Vous vous croyez victorieux ? je ricane, le mépris ruisselant de ma voix comme autrefois. Vous pensez que votre argent et cette tour vous donnent le droit de me traiter comme un bout de viande ? Vous n’êtes rien. Vous n’avez toujours été rien. Un rat qui a appris à porter un costume.

Je crache. Littéralement. Un crachat plein de haine et de dégoût qui atterrit sur le marbre immaculé de son bureau, à quelques centimètres de sa main.

— Voilà ma réponse. Allez vous faire pendre.

Je me tourne pour partir, le corps vibrant d’une colère sacrée.

Luck

Le crachat , parfait. C’était la touche finale. La preuve que la fierté, cette vieille ennemie, était toujours vivante. Qu’il restait du travail.

Je ne bouge pas. Je ne m’essuie pas. Je la regarde marcher vers la porte, droite dans sa fureur impuissante.

— Vous reviendrez, dis-je, ma voix claire et calme portant dans le vaste bureau.

Elle s’arrête, sans se retourner.

— Vous reviendrez, répété-je, et cette fois, il y a une certitude absolue dans mon ton. Pas demain. Pas la semaine prochaine. Mais vous reviendrez. L’échéance de l’hôpital approche. L’argent de vos petits boulots misérables se tarira. La santé de votre frère se dégradera. Et vous repenserez à ce bureau. Vous repenserez à mon offre.

Je marche lentement jusqu’à elle. Je ne la touche pas, mais je me tiens assez près pour qu’elle sente ma présence, mon pouvoir.

— Et quand vous reviendrez, le marché aura changé. Ce ne sera plus moi qui vous le proposerai. Ce sera vous qui me suppliera de le prendre. Vous vous agenouillerez. Vous pleurerez. Vous mendierez. Vous me supplierez de vous prendre comme ma pute.

Je me penche et chuchote à son oreille, mes lèvres effleurant presque sa peau.

—Et vous savez la meilleure part,

Alessandra ? Ce jour-là, je vous trouverai encore plus belle qu’aujourd’hui.

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