LOGINChloéIls viennent vers moi en même temps.Matthias par-devant, ses yeux gris fixés sur les miens. Raphaël par-derrière, ses mains déjà sur mes hanches. Leurs corps se pressent contre le mien. Leurs souffles se mêlent. Leurs mains sur mon corps. Leurs bouches sur ma peau. Leurs cœurs qui battent la chamade.--- On va le faire, dit Matthias.Sa voix est grave, rauque, chargée de désir et de peur.--- On va le faire, dit Raphaël.Sa voix est douce, calme, apaisante.--- Ensemble.--- Ensemble.Ils me déshabillent lentement, comme on dépouille un fruit mûr, avec précaution, avec dévotion, avec amour. Ma robe tombe à mes pieds dans un froissement de soie. Mon soutien-gorge glisse sur mes épaules, libère mes seins. Ma culotte est retirée d'un geste doux, presque tendre, presque religieux.Je suis nue entre eux. Offerte. Vulnérable. Aimée.Matthias me prend par-devant. Sa bouche sur la
ChloéJe n'ai pas le choix ?Il a dit que je n'ai pas le choix ?La phrase résonne dans ma tête comme un coup de gong, comme un marteau sur une enclume, comme une porte qu'on claque. Je n'ai pas le choix. Comme si j'étais une enfant à qui on donne des ordres. Comme si je n'avais pas mon mot à dire. Comme si je n'étais pas une partenaire à part entière de cette histoire. Comme si je n'étais pas leur égale.--- Qu'est-ce que tu veux dire par "je n'ai pas le choix" ?Ma voix est calme. Trop calme. C'est le signe que je suis en colère. Une colère blanche, froide, dangereuse. Matthias le sait. Il recule d'un pas. Il a peur. Je le vois.--- Je veux dire que cette réunion est dangereuse. Que je ne veux pas te mettre en danger. Que tu dois rester ici, en sécurité, pendant que Raphaël et moi on va régl
MatthiasL'affaire Delmas est classée. L'homme est parti. Il a vendu son appartement dans la nuit, sans prévenir personne, sans laisser d'adresse. Il a disparu de nos vies comme une ombre chassée par la lumière. Nous n'avons pas porté plainte. Nous n'avons pas appelé la police. Nous avons choisi la clémence, la pitié, l'oubli.Mais les menaces, elles, n'ont pas complètement disparu. Elles ont changé de visage, de voix, de mains.Car Delmas n'était qu'un exécutant. Un homme de paille. Une main tendue par quelqu'un d'autre. Le vrai cerveau est ailleurs, tapi dans l'ombre des hautes sphères de la finance, dans les conseils d'administration aux murs capitonnés, dans les dîners en ville où l'on parle de nous sans nous connaître, où l'on juge notre amour sans l'avoir jamais vu.Un concurrent. Un rival. Un ennemi
Raphaël---C'est moi qui trouve.Les jours passent. Les nuits aussi. Nous travaillons sans relâche, Matthias et moi, comme des forcenés, comme des possédés. Les pistes se multiplient, puis s'effondrent. Les suspects apparaissent, puis disparaissent. La frustration monte.Et puis, un soir, je tombe sur un nom.Un nom que je ne connais pas. Un nom que Matthias ne connaît pas non plus. Un nom qui n'apparaît dans aucun dossier officiel, aucune base de données, aucun fichier.Jean-Philippe Delmas.Soixante-deux ans. Ancien bras droit d'Auguste Delacroix.Il a travaillé pour mon père pendant vingt ans. Il était son homme de confiance, son conseiller, son ami. Il gérait les dossiers sensibles, les contrats secrets, les alliances stratégiques.Et puis, un jour, il a disparu.Écarté. Viré. Rayé d
Et lentement, doucement, comme une prière, ils font l'amour avec moi.Matthias d'abord. Il écarte mes cuisses, glisse sa main entre mes jambes. Il me caresse, me prépare, me fait gémir. Puis il me pénètre par-derrière, doucement, profondément, en une seule fois.Ses mains sont sur mes hanches. Sa bouche sur ma nuque. Son souffle chaud contre ma peau.Raphaël est devant. Il me caresse les seins, les pétrit doucement, joue avec mes tétons durcis. Il m'embrasse, me murmure des mots doux, des mots tendres, des mots d'amour.--- Tu es belle, dit-il. Tu es tellement belle. Tu es tout pour nous.Matthias bouge en moi. Lentement. Profondément. Chaque va-et-vient est une caresse, une promesse, une déclaration.Puis c'est au tour de Raphaël. Il se glisse entre mes jambes, me pénètre par-devant, lentement, tendrement. Ses yeux dans
Leurs voix montent. Elles se heurtent, se répondent, se cognent comme des vagues contre un rocher. Ils sont debout face à face, Matthias les poings serrés le long du corps, Raphaël les bras croisés sur la poitrine. La tension est électrique, violente, prête à exploser. Je la sens dans l'air, comme avant un orage.Matthias fait un pas en avant. Raphaël ne recule pas. Leurs visages sont à quelques centimètres l'un de l'autre.--- Tu veux quoi, au juste ? demande Matthias. Qu'elle reste chez toi pour que tu puisses jouer les chevaliers servants ? Pour que tu puisses te sentir utile ? Pour que tu puisses la garder pour toi tout seul ?--- C'est toi qui veux la garder pour toi tout seul, Matthias. C'est toi qui n'as jamais supporté l'idée de partager. C'est toi qui es jaloux de chaque instant qu'elle passe avec moi.--- Jaloux ? Je ne suis pas jaloux. Je suis r&
REINELe goût de lui reste sur ma langue , métal, café, pouvoir. Je grimpe les marches, une à une, chaque pas une bataille contre la faiblesse qui tremble dans mes genoux. L’air frais de l’escalier ne parvient pas à effacer la chaleur de sa peau sur la mienne, l’empreinte de ses doigts sur mes hanc
REINELe message arrive comme un coup de fouet, vibrant contre l’écran de mon téléphone posé sur la coiffeuse. — Tu as cinq minutes. Après, je monte. Et tu sais très bien ce qui se passera si je dois venir te chercher. Les mots de Gabriel s’affichent en noir sur blanc, sans émoticône, sans adoucis
REINELe jour se lève, froid et gris, sur la façade de la maison. Je reste immobile devant la fenêtre de la cuisine, une tasse de café brûlant entre les mains qui ne parviennent pas à cesser de trembler. Ce n’est pas le froid. C’est le séisme intérieur. Mes yeux sont cernés, mon corps n’est qu’un é
La journée est un long supplice d’anticipation.Chaque rayon du supermarché, chaque légume pesé dans ma main, chaque produit déposé dans le chariot se teinte d’une double réalité. Je suis l’épouse qui fait les courses pour le dîner, et je suis la femme dont le corps garde l’empreinte sourde, brûlan







